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Éric Beaumatin (Traducteur)
ISBN : 2264036133
Éditeur : 10-18 (04/09/2003)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Vingt-cinq ans après avoir écrit un roman d'amour, un commis aux écritures revient sur ce traumatisme ancien et démarre une sorte de journal, à la recherche de ces innombrables écrivains négatifs qui emplissent de leur assourdissant silence l'histoire de l'écriture. Livres inachevés ou inachevables, échecs éditoriaux, succès posthumes, auteurs d'un seul livre, confession tardives d'une vocation inaboutie, maniaque du pseudonyme, incapables majeurs, désespérés a prio... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Pirouette0001
  25 juillet 2016
Certainement, le livre le moins accessible de Vila-Matas parmi ceux que j'ai lus jusqu'à présent.
L'auteur d'un livre unique, écrit il y a déjà vingt-cinq ans, entreprend de rassembler sous la forme de notes tous les écrivains qui comme lui, pour une raison ou pour une autre, ont arrêté d'écrire à un moment donné. le plus célèbre est certes Rimbaud, mais Vila-Matas nous livre, sous la plume de son protagoniste, une pléthore d'auteurs qui ont renoncé à l'écriture. Le titre se réfère au Bartleby de Melville, qui devient la figure de proue du négativisme version Vila-Matas.
On retrouve dans ce livre toutes les marottes de l'écrivain, car pour ceux qui le connaissent, il commence très vite à rappeler Robert Walser à notre bon souvenir. Surgissent également des éléments qui réapparaîtront dans le Docteur Pasavento. Mais j'ai de loin préféré ce dernier qui, sous sa forme romancée, contenait une histoire qui permettait davantage de suivre le chemin où nous emmenait Vila-Matas. Ce livre-ci m'est véritablement apparu plus ardu.
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Charybde7
  26 avril 2013
« I would prefer not to. »
Le narrateur de Bartleby et compagnie a renoncé à la littérature depuis vingt-cinq ans, suite au traumatisme de la réaction de son père à la publication de son premier roman, un roman sur l'impossibilité de l'amour. Il commence en ce jour de Juillet 1999 un nouvel écrit consacré aux écrivains qui ont renoncé à la littérature, sous l'ombre du Bartleby de Melville et grâce aux notes sur les "écrivains négatifs" qu'il a accumulées au cours de toutes ces années de silence littéraire.
« Je m'apprête donc à partir en promenade à travers le labyrinthe de la Négation, sur les sentiers de la plus troublante et de la plus vertigineuse tentation des littératures contemporaines : une tentation d'où part le seul chemin encore ouvert à la création authentique ; la tentation de s'interroger sur ce qu'est l'écriture et de se demander où elle se trouve, et de rôder autour de son impossibilité – mais aussi quant au caractère on ne peut plus stimulant – du pronostic que l'on peut porter sur la littérature en cette fin de millénaire. »
Renoncer à l'écriture par folie comme Walser, par vanité comme Maupassant, parce que les mots l'abandonnent comme Tolstoï, parce qu'un autre (Saramago) publie vos romans avant vous, comme ce personnage d'une nouvelle d'Antonio de la Mota Ruiz, par escroquerie, par imposture, parce que, ayant compris le sens de la vie, on n'a plus rien à écrire, comme Wilde, parce qu'on cherche indéfiniment un mot ou un lieu pour écrire, ce livre est comme un immense labyrinthe qui n'aurait pas de centre.
« Je suis comme un explorateur qui avance vers le vide. C'est tout. »
Bartleby et compagnie nous emporte dans un tourbillon d'érudition sur la littérature. Mais il n'est jamais trop savant, jamais excluant grâce à sa forme - les notes, car il ne nous parle que de cet art de l'égarement, de ces grands livres absents, en suspension dans l'histoire des Arts Négatifs, car il n'est ni pompeux ni condescendant, et car il est écrit du point de vue de celui qui se présente sous les traits d'un modeste dénicheur de Bartlebys.
Un livre sur la non-littérature qui donne envie de ne jamais cesser de lire.
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Charybde7
  26 avril 2013
« I would prefer not to. »
Le narrateur de Bartleby et compagnie a renoncé à la littérature depuis vingt-cinq ans, suite au traumatisme de la réaction de son père à la publication de son premier roman, un roman sur l'impossibilité de l'amour. Il commence en ce jour de Juillet 1999 un nouvel écrit consacré aux écrivains qui ont renoncé à la littérature, sous l'ombre du Bartleby de Melville et grâce aux notes sur les "écrivains négatifs" qu'il a accumulées au cours de toutes ces années de silence littéraire.
« Je m'apprête donc à partir en promenade à travers le labyrinthe de la Négation, sur les sentiers de la plus troublante et de la plus vertigineuse tentation des littératures contemporaines : une tentation d'où part le seul chemin encore ouvert à la création authentique ; la tentation de s'interroger sur ce qu'est l'écriture et de se demander où elle se trouve, et de rôder autour de son impossibilité – mais aussi quant au caractère on ne peut plus stimulant – du pronostic que l'on peut porter sur la littérature en cette fin de millénaire. »
Renoncer à l'écriture par folie comme Walser, par vanité comme Maupassant, parce que les mots l'abandonnent comme Tolstoï, parce qu'un autre (Saramago) publie vos romans avant vous, comme ce personnage d'une nouvelle d'Antonio de la Mota Ruiz, par escroquerie, par imposture, parce que, ayant compris le sens de la vie, on n'a plus rien à écrire, comme Wilde, parce qu'on cherche indéfiniment un mot ou un lieu pour écrire, ce livre est comme un immense labyrinthe qui n'aurait pas de centre.
« Je suis comme un explorateur qui avance vers le vide. C'est tout. »
Bartleby et compagnie nous emporte dans un tourbillon d'érudition sur la littérature. Mais il n'est jamais trop savant, jamais excluant grâce à sa forme - les notes, car il ne nous parle que de cet art de l'égarement, de ces grands livres absents, en suspension dans l'histoire des Arts Négatifs, car il n'est ni pompeux ni condescendant, et car il est écrit du point de vue de celui qui se présente sous les traits d'un modeste dénicheur de Bartlebys.
Un livre sur la non-littérature qui donne envie de ne jamais cesser de lire.
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LucienRaphmaj
  28 mars 2013

Cette enquête fantaisiste se fonde sur l'interrogation suivante : pourquoi certains écrivains cessent-ils à un moment d'écrire ? Pourquoi écrit-on plutôt que rien ? pourrait-on pasticher.
Pour mener l'enquête, le narrateur déploie un journal-catalogue d'anecdotes et d'extraits littéraires sur cette nébuleuse d'écrivains sans liens entre eux, si ce n'est leur modernité ; catalogue auquel s'ajoute une mise en abyme, le narrateur étant supposé aussi faire oeuvre d'une non-oeuvre en nous proposant ses notes de travail sur les écrivains dits du « refus ».
Tant pour le côté critique que le côté fiction j'ai été assez déçu.
Du point de vue critique, bien sûr, la question « pourquoi n'écrivez-vous plus ? » est encore moins intéressante que l'enquête parue dans la « Révolution Surréaliste » : « pourquoi écrivez-vous ? » (question métalittéraire passée dans les moeurs du journaliste désormais). le constat final est par ailleurs le même : mystère et silence. Nihi novi... comme disait Qohélet.
Les raisons si variées que convoque le narrateur peinent à faire sens, unité, comme peut le faire un recueil fragmentaire, ou une suite d'aphorisme. Refus, négation, silence, renoncement ; assentiment, prolixité, tout cela n'est évidemment pas travaillé (certes ce n'est pas un ouvrage fait pour ça me dira-t-on) mais pas non plus mis en scène.
Pour le coup Bartleby est bien un syndrome si on accepte la définition du Vulgaris Médical : « syndrome : ensemble de symptômes (signes) sans cause spécifique, que le malade est susceptible d'avoir en même temps lors de certaines maladies. » Ce vague au niveau conceptuel m'a gêné, tandis que je suis passé à côté de la fantaisie supposée de l'anecdote littéraire à la Umberto Eco. Un manque de profondeur, peu de découvertes (toujours Rimbaud, Sallinger, Gracq, les lettres de Lord Chandos...) et même des contresens m'ont gâché la lecture. Ainsi à citer Pessoa en oubliant le fragment 14 du « Livre de l'intranquillité » : « Savoir que sera mauvaise l'oeuvre que nous ne réaliserons jamais. Plus mauvaise encore, malgré tout, serait celle que nous ne réaliserions jamais. Celle que nous réalisons a au moins le mérite d'exister. Elle ne vaut pas grand-chose, mais elle existe, comme la plante rabougrie du seul et unique pot de fleurs de ma voisine infirme. »
Certes, ce livre a a le mérite de pouvoir un pied de nez à des analystes comme Todorov et sa compagne, mais tout de même : c'est bien un livre raté...

Lien : http://www.senscritique.com/..
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andras
  06 janvier 2017
Écrire sur les écrivains qui ont décidé de ne pas (ou plus) écrire est le but que se propose l'écrivain catalan Enrique Vila-Matas en partant de la figure de Bartleby, le personnage de la nouvelle de Melville et son fameux "je préfèrerais ne pas le faire". L'auteur entame donc une série de "notes de bas de page" pour des oeuvres qui n'ont pas été écrites par des auteurs qui vont de Walser à Maupassant en passant par Socrate, Rimbaud, Kafka, Musil, Pessoa, Melville, Salinger, Beckett, et plusieurs autres bien moins connus. C'est une très belle enquête au pays de ce que l'auteur appelle la "Littérature du Refus" et qui nous donne à comprendre la littérature par la musique qu'elle fait entendre lorsqu'elle s'absente. Un livre envoûtant.
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Citations & extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
andrasandras   06 janvier 2017
Julio Ramon Ribeyro - écrivain péruvien d'une discrétion toute walsérienne, toujours à écrire sur la pointe des peids pour ne pas se heurter à sa propre pudeur ou pour éviter de se heurter, qui sait, à Vargas Llosa - a longtemps nourri ce soupçon, bientôt devenu conviction, que beaucoup de livres, même inexistants, relèvent bel et bien de l'histoire du Refus. Ces livres fantômes, ces textes invisibles seraient ceux qui un beau jour viennent frapper à votre porte et qui, alors qu'on s'apprête à les recevoir, s'évanouissent sous le prétexte le plus futile; a peine ouvre-t-on la porte qu'ils ne sont déjà plus là. Partis. C'était sûrement un grand livre, ce grand livre qu'on portait en soi, celui qu'on était réellement destiné à écrire, le livre, le livre qu'on ne pourra plus jamais écrire ni lire. Mais ce livre existe, que personne n'en doute, est comme en suspension dans l'histoire des Arts Négatifs.
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MessagerMessager   07 juin 2011
Chamfort alla si loin dans la voie du Refus que, le jour où il se crut condamné par la Révolution française, il tira un coup de pistolet qui lui brisa le nez et lui creva l’œil droit. Toujours en vie, il revint à la charge, saisit un couteau, s’égorgea et se poignarda. Baignant dans son sang, il remua encore son arme dans sa poitrine et, après s’être tailladé mollets et poignets, s’effondra dans une véritable mare.
Mais, tout cela n’est rien à côté de la sauvage désintégration de son esprit.
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Pirouette0001Pirouette0001   18 juillet 2016
La littérature, quelque passion que nous mettions à le nier, permet de sauver de l'oubli tout ce sur quoi le regard contemporain, de plus en plus immoral, prétend glisser dans l'indifférence absolue.
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MessagerMessager   07 juin 2011
« Ce dont on ne peut parler, il faut le taire », a dit Wittgenstein. Cette formule mérite certainement une place d’honneur dans l’histoire de la Négation, mais on se demande si ce ne serait pas celle du ridicule. Car, comme l’a écrit Maurice Blanchot, « le précepte de Wittgenstein, trop fameux et tellement rebattu, montre en effet que, puisque c’est en l’énonçant qu’il aura pu s’imposer le silence, c’est donc que pour se taire il faut parler. Mais avec quelle sorte de mots ? »
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MessagerMessager   07 juin 2011
Dans une description bien faite, même obscène, il y a quelque chose de moral : la volonté de dire la vérité. Quand on n’use de langage que pour obtenir un effet, que pour ne pas dépasser les limites permises, on commet paradoxalement un acte immoral […] La littérature, quelque passion que nous mettions à la nier, permet de sauver de l’oubli tout ce sur quoi le regard contemporain, de plus en plus immoral, prétend glisser dans l’indifférence absolue.
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Videos de Enrique Vila-Matas (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Enrique Vila-Matas
Enrique Vila-Matas - Marienbad électrique .Enrique Vila-Matas vous présente son ouvrage "Marienbad électrique, Dominique Gonzalez-Foerster" aux éditions Bourgois. Traduit de l'espagnol par André Gabastou. Rentrée littéraire automne 2015. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/vila-matas-enrique-marienbad-electrique-9782267028874.html Exposition Dominique Gonzalez-Foerster au Musée Beaubourg du 23 septembre 2015 au 1er février 2016 : https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cLboMKK/rrXMkod Notes de Musique : Vibe Ace by Kevin MacLeod. Free Music Archive. www.mollat.com Retrouvez la librairie Mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat You Tube : https://www.youtube.com/user/LibrairieMollat Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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