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ISBN : 2070304329
Éditeur : Gallimard (09/10/2003)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 156 notes)
Résumé :
À travers les destins de Jacques Thibault, idéaliste et révolté, et d'Antoine, sérieux, conservateur, deux frères que tout oppose, Roger Martin du Gard nous entraîne dans une vaste fresque sociale et historique. Dans une famille déchirée par l'autorité d'un père égoïste et brutal, le jeune Jacques vit une amitié passionnée avec Daniel de Fontanin ; la découverte de leur correspondance conduira au drame, tandis qu'Antoine, partagé entre la tendresse qu'il porte à son... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
sylvaine
04 mars 2017
Depuis le temps que j'en avais envie ! Voilà c'est chose faite , et je ne suis vraiment pas déçue . Parus entre 1922 et 1928 les 5 premiers romans de cette saga romanesque couvrent une période allant de 1905 à fin 1913. On y fait la connaissance de deux frères Antoine l'aîné et de Jacques Thibault son cadet de 10 ans. Orphelins de mère ils sont sous la férule de leur père , membre de l'institut, catholique vindicatif et engagé. Cet homme autoritaire, orgueilleux, ne supporte aucune contradiction , et impose à ses fils sa propre vision d'un monde bourgeois englué dans une bondieuserie qu'il juge de bon aloi. Si Antoine vaille que vaille supporte le caractère de son père dont on retrouve chez lui la volonté et l'orgueil de la réussite, il n'en est pas de même pour Jacques ,le cadet, à la sensibilité exacerbée et qui ,pour attirer l'attention et l'affection de son père, est par principe en rébellion constante. le cahier gris est consacré à Jacques ce jeune garçon à la recherche d'une amitié , d'une complicité qui lui permettent de "survivre" dans ce monde hostile. Il va faire la connaissance de Daniel Fontanin. Une amitié passionnelle va bientôt les unir; devant l'incompréhension de son père et des pères de son internat ils fuguent .La famille Fontanin attire Jacques. Il y trouve affection, tolérance, complicité familiale. Mais aux yeux de son père c'est intolérable ils sont protestants ....
La vie de Jacques est donc vouée à la solitude . le pénitencier en est la triste narration. Puis les beaux jours reviennent La belle saison se consacre d'avantage au devenir d'Antoine le médecin qui va découvrir la vie et l'amour avec Rachel. On retrouve Antoine établi, installé dans la consultation et enfin Jacques devenu romancier dans La Sorellina qui rentre à Paris au chevet de son père mourant.
Comme dans toute saga certaines pages ont moins retenu mon attention que d'autres mais elles ont toutes leur raison d'être et ces romans se lisent avec facilité. Bien sûr l'écriture nous semble traditionnelle mais la densité de certains pages vaut largement le détour. Derrière l'histoire des Thibault c'est l'histoire d'une époque, d'un mode de vie et de pensées appelé à disparaître , d'un monde qui est sur le point d'imploser et qui n'en a pas conscience . la génération de Jacques est celle qui va partir au front quelques mois plus tard ....
Cette saga vaudra à Roger Martin du Gard de recevoir le prix Nobel de Littérature en 1937.
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Goldlead
29 mars 2015
Je n'avais jamais encore pris le temps de lire les huit tomes de cette longue chronique familiale qui faisait référence auprès de nos professeurs, dans les pensionnats religieux de mon adolescence, et, pour cette même raison certainement, je m'imaginais un roman d'initiation et d'édification pour jeunes gens de bonnes familles, aussi moralisateur et bien-pensant que trop pesant d'atmosphères surannées.
Et il est vrai que ces adolescents qui se vouvoient (entre garçons ou entre filles, comme d'un sexe à l'autre), qui parlent et se comportent comme des adultes, bref, qui n'ont pas encore constitué socialement un monde à part, avec ses codes et ses valeurs ; que la religion socialement et culturellement omniprésente, jusque dans la virulence des anticléricaux ; que les débats sur Dieu ou la science ou sur les moyens et les fins du socialisme révolutionnaire (qui, s'ils n'ont rien perdu de leur justesse et de leur pertinence, font quand même aujourd'hui un peu resucée), tout cela nous renvoie à des temps révolus, à cette vieille société bourgeoise et cléricale qui prolonge le dix-neuvième siècle au tout début du vingtième, avant le grand choc des deux guerres mondiales. Mais, nonobstant ces marques un peu désuètes, on a vite fait de se laisser gagner par l'assiduité et la familiarité qui font tout le charme des séries télévisées modernes. On se laisse alors porter par ce temps long… qui ne coule pourtant guère que sur une dizaine ou une douzaine d'années, creusant du coup d'autant plus profondément son lit et s'étalant à l'aise dans la sensibilité du lecteur. Car il ne s'agit pas du temps collectif et historique qui traverse les générations (même s'il sinue ici au milieu des écueils et des événements d'une période particulièrement tragique de notre histoire), mais d'un temps ou d'une durée intime qui va, pas à pas, au rythme de notre vie à chacun. Aussi ne faut-il pas chercher de rebondissements dans l'action et les aventures extérieures ; mais plutôt se laisser gagner par le subtil développement des émotions, des états de conscience et de tout ce qui fait le tissu personnel des personnages. Roman psychologique donc, plus qu'historique ou social… malgré son intérêt documentaire aussi, par exemple sur l'état d'esprit dans les années de la Grande Guerre.
Les Thibault : deux frères, Antoine et Jacques, neuf ans d'écart, jeunes pousses vigoureuses qui, chacune à sa façon, cherchent l'air et la lumière dans l'ombre asphyxiante d'Oscar, le patriarche, grand bourgeois catholique et dévot (mais aussi lettré), obsédé d'ordre et de respectabilité, dans ses activités sociales comme dans sa vie familiale ou sa philosophie de la vie. L'aîné, jeune médecin promis à une brillante carrière, solide, raisonnable, positiviste ; Jacques, le cadet, écorché vif, idéaliste et anarchiste, rêvant d'une grande oeuvre littéraire et d'un monde utopique. Deux frères que nous suivons du sortir de l'enfance jusqu'aux grandes décisions qui jettent les fondations de l'âge adulte ; dans cette période charnière et clé où se soldent et parfois se consument tous les destins… On y retrouve tout : les troubles, les révoltes et les grands dangers de l'adolescence ; le passage de frontière, de la clôture familiale à la société ouverte ; les premiers tâtonnements qui fraient les chemins de vie définitifs ; les confrontations et les collusions avec les règles du jeu ambiantes ; l'effondrement, à la mort du père, d'un mur qui est à la fois prison et rempart ; le poids des choses et la charge des autres qui lestent de responsabilités écrasantes les élans et les ivresses de la liberté toute neuve ; les rêves ou les projets personnels, brutalement rabattus par les vents de l'histoire ou les avaries du corps et qui sont contraints de se poser en catastrophe au sol des réalités, quand ils ne viennent pas simplement s'y fracasser ; les enthousiasmes et les certitudes bientôt échaudés par l'expérience et les doutes ; mais les idéaux et les espoirs aussi, qui refusent de plier à la logique et aux accommodements du réel… Et tout cela, bien sûr, au milieu du ballet des amours, des rencontres, des ruptures, des souffrances, des naissances, des maladies, des morts, des tâches, des obligations et des engagements, des interrogations sans fin et des possibles envisagés ou regrettés, et qui sont comme des linéaments de vies ou de mondes parallèles…
Car il faut dire que, fouillés, analysés, décapés par ce fin psychologue qu'est Roger Martin du Gard, les personnages (et pas seulement les deux héros) apparaissent à nu dans leur spontanéité et leur complexité : ingénus, bruts, transparents, authentiques jusque dans leurs contradictions. Naturellement (à focaliser ainsi sur les âmes… et dans une langue châtiée, domestiquée, sublimée par la même ascèse que les corps et les moeurs qu'elle décrit), il y a beaucoup d'âmes pures et généreuses dans cette galerie de portraits… attachantes et agaçantes comme sont les figures de saints des histoires pieuses ! Mais, même les personnages les plus rébarbatifs (comme le vieux tyran domestique ou l'incorrigible séducteur-escroc Jérôme de Fontanin), éclairés de l'intérieur, finissent par révéler une complexité ou une logique de construction qui les sauve malgré eux et malgré tout. J'ai particulièrement apprécié, de ce point de vue, le récit de la lente et pathétique agonie du père Thibault. Mais cette même lorgnette psychologique, appliquée cette fois aux situations socio-historiques, nous découvre aussi, sous le mécanisme des conjonctures et des rapports de forces, l'état et l'évolution de ce que les historiens appellent les « mentalités » et qui ne sont rien d'autre que les facteurs et les enjeux humains pris dans la tourmente des événements. Au moment où, un siècle après, nous commémorons la première guerre mondiale, on retrouve, "comme si on y était", les espoirs, les angoisses, les débats, les souffrances et les drames des contemporains. D'autant plus vifs et communicatifs qu'ils perdent leur anonymat et leur éloignement en étant ici incarnés et individualisés (L'Été 14 : un des tomes les plus denses, où la petite histoire rejoint la grande).
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Nadouch
31 mai 2017
On connaît les Thibault de nom, surtout à cause de la série TV (au Panthéon de celles regardées par mes parents...). Et quand on se lance, on n'est pas déçus : cette saga familiale (dont le premier tome correspond à l'adolescence et au passage à l'âge adulte de Jacques et Antoine, les deux fils Thibault, l'un futur médecin, l'autre en proie aux affres de la vie, inquiet, insoumis, indomptable...) emporte au gré de ses pages dans cet avant-guerre bourgeois, aux préoccupations de bienséance qui paraîtront bien futiles quelques années plus tard...
Un style on ne peut plus classique, une histoire carrément désuète, mais les personnages ne sont pas caricaturaux, on sent parfois une certaine poésie, beaucoup de tendresse pour les hommes. Bon, bien entendu, les femmes n'ont qu'un rôle de faire-valoir ou d'amoureuses, mais c'est lié à l'époque et au milieu.
Au final, à la fin de ce premier tome, début 1014, on sent à la fois le revirement et les complications familiales (le père est très malade, les frères se retrouvent) et on appréhende la marche de l'Histoire... Comment va-t-elle cueillir tout ce beau monde ?
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jsgandalf
25 mai 2012
La grande oeuvre romanesque « les Thibault a valu à son auteur le prix Nobel en 1937. Cette oeuvre diversement apprécier à son époque divise encore actuellement ses lecteurs. Les critiques sont toujours les mêmes : écriture trop classique, thème exposé sur un ton docte et j'en passe. Pour une fois je voudrais m'éloigner de la guerre des modernes et des classiques qui depuis mon adolescence, dépassé depuis longtemps, m'a toujours semblée stupidement stérile, aussi bien en peinture, qu'en musique, qu'en écriture. Il est vrai que ces romans sont écrit sur un style classique, et alors est ce parce qu'on est par exemple en période beat generation que l'on doit écrire comme Kerouac, qu'en période impressionniste que l'on ne pouvait pas peindre des chef-d'oeuvre classiques. Non bien sûr. le thème même de l'affrontement de deux mondes sur le long du roman y gagne même en clarté. Il ne faut pas oublier la longueur.
En tout cas dans ce premier tome regroupant cinq des romans nous faisons connaissance avec les personnages principaux. D'abord les deux frères, Antoine plus proche du père et Jacques l'idéaliste. le père grand bourgeois, fervent catholique qui veut faire oeuvre en créant un centre de rééducation de la délinquance juvénile, ainsi qu'on le dirait aujourd'hui. Centre dans lequel sont testé ses méthodes. Il y a aussi la famille Fontanin de confession protestante.
Les caractères des deux frères sont marqués par leur père. L'un veut suivre son exemple en devenant médecin, il est travailleur acharné, l'autre est comme nous l'avons déjà dit un idéaliste qui cherche à fuir son père. Un grand livre ou s'affronte deux visions du monde Dans un seul but gangé quoi qu'on l'en dise l'amour du père.
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Akajou
18 février 2010
Premièrement, il est assez difficile de comprendre le pénitencier si l'on n'a pas lu le cahier gris. Mais pour faire simple, bien qu'étant une suite, l'histoire raconte les efforts fait par Antoine, l'aîné de la famille Thibault, pour sortir son petit frère, Jacques, d'une sorte de pénitencier – d'où le nom du livre –. Après cela, il va falloir le réhabituer à vivre normalement et à avoir des relations sociales … Bonne chance Antoine …
Sachant que c'était le premier roman (après plusieurs pièces) que j'allais étudier en cours, je me suis réjouie … Pas pour très longtemps, je vous l'accorde, mais cela me change des pièces de théâtre imposées. Pour passer sur les points positifs du livre – qui, pour moi, n'en sont pas -, nous dirons qu'il est bien écrit et que les descriptions sont réalistes et bien dosées. Passons à ce qui m'a déplu. Quelque chose d'évident pour moi : le comportement de Jacques, énervant, enfantin et insupportable. Je n'accepte pas l'excuse qui dit qu'il a vécu dans sa petite prison dorée. Il ne vivait pas si seul que ça, il était surveillé, avait son valet/domestique et sortait parfois en ville – même si il passait son temps caché il aurait pu protester un peu ! -. Mais ce n'est pas seulement ça qui m'a rebuté, il ne faut pas prendre les femmes pour des poires – au sens propre comme au sens figuré -, on ne qualifie pas les femmes d' "Appétissante ", ni les forcer à un baiser langoureux dans un petit placard de développement photos ! Ce n'est pas fini, je voudrais parler de Lisbeth – merci pour cette superbe représentation de l'Alsace … - : elle a vraiment une relation suspecte avec Jacques, des habitudes plus que bizarres même … Tout ça pour dire, que même si c'est un roman, je ne l'aime pas.
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Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
annieannie23 mars 2009
Il y a deux façons d'être spirituel : par l'esprit qu'on met dans ce qu'on dit, et par celui qu'on met dans sa manière de le dire.
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LavieestunlongfleuvetranquilleLavieestunlongfleuvetranquille09 octobre 2014
"Dans l'ascension sans fin des êtres vers l'Esprit", songeait-elle, accablée, "chacun de nous doit s'avancer seul, d'épreuve en épreuve et souvent d'erreur en erreur, sur le chemin qui, de toute éternité, lui est réservé comme sien..."
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GODINHOGODINHO10 août 2015
« J’ai horreur du dimanche : tous ces gens qui encombrent les rues, sous prétexte de se reposer. »
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annieannie23 mars 2009
Aucun Dieu n'a jamais répondu aux appels, aux interrogations de l'homme. Ce qu'il prend pour des réponses, c'est seulement l'écho de sa voix.
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annieannie23 mars 2009
Où qu'il soit, où qu'il aille, l'homme continue à penser avec les mots, avec la syntaxe de son pays.
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Videos de Roger Martin du Gard (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roger Martin du Gard
Maarten 't Hart over De Thibaults van Roger Martin du Gard
In dit filmpje is Maarten 't Hart lovend over het werk De Thibaults van Roger Martin du Gard. Hij las de acht delen al eerder in het Frans en nu is deel 1 als Nederlandse vertaling uitgekomen. Het eerste deel van De Thibaults bestrijkt de jaren 1905-1914 en beschrijft aan de hand van twee broers de Franse bourgeoisie vlak voor de Eerste Wereldoorlog. De oudste, Antoine, studeert medicijnen, is evenwichtig, gewetensvol en vrij conservatief. Jacques, de jongste, is weerbarstig, lichtgeraakt, ongelukkig en alleen, en droomt van een schrijverscarrière.Hun lotgevallen brengen hen tot uiteenlopende keuzes en de broers raken vervreemd van elkaar, tot het moment dat vader Thibault op zijn sterfbed ligt. Na twee dagen en twee nachten aan het bed van hun vader, die afschuwelijk lijdt, besluit Antoine zijn doodsstrijd met een injectie te verkorten. Na de begrafenis vindt hij in het bureau een aantal papieren waaruit blijkt dat zijn vader, onvermoed, een heel verborgen leven had. De Thibaults is een uitgave van uitgeverij J.M. Meulenhoff. De film is opgenomen door Boekhandel De Kler b.v.
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