AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 207269681X
Éditeur : Gallimard (13/04/2017)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 70 notes)
Résumé :
"À l'étroit dans le ventre de ma mère, alors qu'il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J'entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l'aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j'apprends que Claude n'est autre que mon oncle : le frère de mon père. ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (25) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
15 avril 2017
Le narrateur du dernier livre de Ian McEwan est... un foetus, à moins d'un mois du terme. Quand au sujet, un remake de Hamlet, donc originalité garantie.
Installé bien au chaud, " par-dessus les bruits de laverie automatique de l'estomac et des intestins" de sa mère, non seulement il perçoit tout mais il semble aussi avoir une connaissance du monde non négligeable. Nous voici embarqués dans une histoire loufoque où l'oreille plaqué contre la paroi utérine gluante, il apprend que sa mère complote de tuer son père avec l'aide de son amant qui n'est autre que son oncle, le demeuré.......
Dans une maison appartenant au père, une ruine de style georgien dans Hamilton Terrace, rue prétentieuse de Londres, notre foetus Sherlock mène l'enquête dans une décrépitude ambiante et une position physiologique des moins agréables, pris entre deux feux, copulation et complot, -"Tout le monde ne sait pas quel effet ça fait, d'avoir le pénis du rival de votre père à quelques centimètres de votre nez....". Quand au père, ironie du sort, evicté de sa propre maison, négocie son retour par le biais de poèmes peu inspirés, cas sans issu........comment intervenir pour éviter le pire ? Foetus Sherlock a du pain sur la planche. Ce n'est que le préambule.
J'ai beaucoup ri, car notre embryon qui joue la carte de l'innocence, un brin intello ( euh, il peut citer Ulysse de Joyce ) et fin connaisseur en vins ( une connaissance des cépages impressionnante), ne manque pas d'humour. Pour relever plus d'indices sur le complot, il réveille sa mère la nuit,en lui donnant des coups de pied, mais manque de pot celle-là ne veut pas déranger son amant. À défaut, elle se plaque sur les oreilles une conférence podcastée et s'adonne à la magie d'Internet. Elle zappe. -"J'ai déjà tout entendu. Élevage d'asticots dans l'Utah. Randonnées sur le plateau irlandais du Burren. L'offensive de la dernière chance pour Hitler dans les Ardennes. Parades amoureuses chez les Yanomamis. Comment Poggio Bracciolini a sauvé Lucrèce de l'oubli. Les lois du tennis.....-", notre embryon écoute et s'instruit à merveille, sauf qu'il commence à réaliser, qu'avoir une conscience dans sa futur vie va être un cadeau empoisonné.
L'imagination de l'auteur est sans borne, pourtant il ne tombe jamais dans l'absurde ni le n'importe quoi. En lisant certains passages on y oublierait presque que le narrateur est un embryon, et quand ce dernier nous rappelle qu'il baigne toujours dans son liquide amniotique, cela paraît presque naturel....... la créativité, l'intelligence de McEwan y brille.
À travers les pérégrinations du foetus Sherlock, l'écrivain touche aussi aux divers dilemmes de la vie et balaie du regard l'actualité politique et sociale nationale et internationale, avec quelques piques à son pays , -"......la commissaire. Je me demande si elle est armée. Trop voyant. Comme pour la reine qui n'a jamais d'argent sur elle. Ce sont les brigadiers et leurs subalternes qui tirent sur les voyous."-
Comme dans "L'intérêt de l'enfant", on penserait que c'est trop, mais non tout est à sa place, juste et précis.
Imagination et humour noir avec un zest de suspens dans une mise en scène originale,
un très bon moment de lecture que je conseille !


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          8710
isabelleisapure
05 juin 2017
Il faut de l'imagination, du talent et de l'audace pour imaginer un tel huis clos : le ventre maternel !
Assurément Ian McEwan ne manque d'aucune de ces qualités propre à un grand écrivain et c'est un héros hors norme qu'il nous propose de découvrir.
Vous l'aurez compris, le narrateur est un foetus !
Intelligent, curieux de tout, il écoute attentivement les émissions culturelles que choisit Trudy, sa mère, ce qui enrichit ses connaissances.
Il est au fait des problèmes du monde, le réchauffement climatique, la misère des migrants n'ont pas de secret pour lui et lui causent quelques soucis et interrogations.
Comme si cela ne suffisait pas, voilà qu'il découvre que sa propre mère envisage d'assassiner son père avec la complicité de son amant qui n'est autre que son oncle !
Quel est donc le monde qui lui est promis ?
Ian McEwan met l'accent sur la psychologie de ses personnages : Trudy qui apparaît comme un personnage peu responsable et plutôt immature avec un penchant pour l'alcool, et à chaque verre qu'elle boit, son enfant ressent aussi une légère ivresse ce qui ne semble pas lui déplaire.
John, le père passionné de poésie a une sensibilité exacerbé, bien loin de la personnalité vulgaire et plouc de son frère et rival.
Ce roman est original, drôle, féroce, j'ai adoré.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          411
aider
28 avril 2017
Pauvre petit foetus alcoolisé et déprimé. ....
Alcoolisé, par la faute de sa mère....
Déprimé par la faute de son oncle
( le frère de son père ) qui couche avec sa mère. ... Tellement déprimé qu'il essaie même de se suicider en s'étranglant avec son cordon ombilical.
Les deux amants complotent en vue de supprimer le mari gênant mais propriétaire d'une maison à forte valeur ajoutée.
Bien évidemment ce foetus déjà très malin , il philosophe sur :
- le réchauffement climatique
- la montée de l'intégrisme
- la théorie des genres .....
(grâce à la manie de sa mère de regarder non stop des documentaires en podcast ) va essayer en vain de les en empêcher. Les coups de pieds , c'est très limité pour communiquer! !!!
En résumé : roman noir à l'humour tout aussi noir.
Hamlet revisité paraît -il , je ne sais pas , je n'ai pas lu Hamlet (ignare que je suis. ...)
J'ai passé un bon moment à lire ce livre. .... pour l'originalité du point de vue ...et un humour décalé. ..
Commenter  J’apprécie          300
motspourmots
19 avril 2017
Il est comme le bon vin, Ian McEwan, il se bonifie d'année en année. Ce qui ne veut pas dire que son dernier roman est meilleur que les autres mais simplement que l'auteur peut désormais tout se permettre tant sa maîtrise est grande. Comme de rejouer Hamlet par la voix d'un foetus et de nous offrir ainsi une vision du monde aussi féroce que comique en parvenant à mâtiner son pessimisme d'une touche d'ironie. Quitte à faire pleurer autant se moquer...
"Tout le monde ne sait pas quel effet ça fait, d'avoir le pénis du rival de votre père à quelques centimètres de votre nez. Si tard dans la grossesse, ils devraient réfréner leurs élans par égard pour moi. La courtoisie, à défaut de discernement médical, l'exige. Je ferme les yeux, serre les gencives, me recroqueville contre la paroi utérine. Ces turbulences arracheraient les ailes d'un Boeing."
Vous vous souvenez, vous de ces neuf mois passés dans le ventre de votre mère ? Notre héros, qui n'a pas encore de prénom puisqu'il n'est pas encore né semble avoir mis à profit ces quelques mois pour s'enrichir d'une connaissance du monde qui le prépare à une vie plus compliquée qu'il ne l'aurait pensé. Sa mère, Trudy étant une adepte des émissions culturelles, scientifiques et d'actualité à la radio, il en sait déjà beaucoup sur les différents Etats, les inégalités, les menaces climatiques, les guerres, les querelles religieuses et autres réjouissances qui l'attendent. Mais il en a également beaucoup appris sur la nature humaine puisque sa mère trompe son père avec le frère de celui-ci, Claude et que les deux amants projettent d'assassiner le mari afin de mettre la main sur sa seule richesse, une maison certes délabrée mais estimée à plus de sept millions de livres. Ca vous rappelle quelque chose cette histoire ? Imaginez dans quel état se trouve notre héros, témoin des passions violentes qui agitent sa famille, au courant de tout mais sans aucune possibilité d'intervenir. A moins que...
Il s'en donne à coeur joie Ian McEwan. Il a dû étudier avec minutie le comportement d'un foetus au cours des mois, ses positions, les étapes de son développement, les différentes interactions avec le corps nourricier et transmetteur de sa mère. du coup, on y croit sans problème. Et il y a de quoi être horrifié en découvrant la laideur de ce qu'un être encore pas tout à fait né peut percevoir de notre monde. Et qui pourtant tient à prendre la part de vie qui lui est dévolue. Même si c'est moche et que les perspectives sont pires encore.
Tout comme Jonathan Coe l'a fait avec Numéro 11, Ian McEwan n'hésite pas à convoquer le surnaturel ou plutôt à tordre quelque peu le réel pour nous offrir le décalage nécessaire pour une meilleure appréhension du monde. C'est noir, féroce, mordant. C'est brillant, comme d'habitude.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          173
spleen
17 juin 2017
Difficile d'ignorer l' intrigue et l'originalité du narrateur du dernier roman de Ian Mc Ewan  et je trouve cela dommage car cela gâche un peu la surprise ...
Ceci dit, la base de l'intrigue en soi est plutôt classique : une transposition moderne d'Hamlet mais la plume alerte de l'auteur et son humour rendent la lecture amusante et il en profite pour donner son opinion à travers les pensées de son foetus , qui suit avec intérêt les émissions podcastées écoutées par la future maman sur l'état du monde en nous assénant quelques vérités ou leçons de philosophie facile et en poussant le décalage entre un foetus érudit et réfléchi et sa mère immature  .
J'ai bien aimé mais cela restera pour moi un roman plutôt secondaire, sans la profondeur de son précédent livre , L'intérêt de l'enfant
Commenter  J’apprécie          130

Les critiques presse (3)
LaPresse28 juin 2017
Si on accepte la proposition de base et ses quelques incohérences, on se laisse transporter par ce roman intrigant et original.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec12 juin 2017
Sourires garantis avec ce nouveau Ian McEwan, le romancier britannique ayant eu la fantasque idée de plonger un fœtus en plein complot shakespearien.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeMonde13 avril 2017
Le romancier britannique se met à la place d’un bébé à naître plongé dans une intrigue shakespearienne. Et on y croit !
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations & extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
aideraider24 avril 2017
Quand l'amour meurt et que la vie conjugale est un champ de ruines , les premières victimes sont l'honnêteté de la mémoire, l'impartialité et la pudeur des souvenirs. Trop importuns, trop accablants pour le présent, ils sont le spectre d'un bonheur ancien au festin de l'échec et de la désolation.
Commenter  J’apprécie          210
SZRAMOWOSZRAMOWO12 avril 2017
Me voici donc, la tête en bas dans une femme. Les bras patiemment croisés, attendant, attendant et me demandant à l’intérieur de qui je suis, dans quoi je suis embarqué. Mes yeux se ferment avec nostalgie au souvenir de l’époque où je dérivais dans mon enveloppe translucide, où je flottais rêveusement dans la bulle de mes pensées à travers mon océan privé, entre deux sauts périlleux au ralenti, heurtant doucement les limites transparentes de ma réclusion, la membrane révélatrice qui résonnait, tout en les atténuant, des voix de comploteurs unis par un projet ignoble. C’était au temps de ma jeunesse insouciante. Là, entièrement retourné, sans un centimètre à moi, les genoux repliés contre mon ventre, mes pensées comme ma tête sont bien engagées. Je n’ai pas le choix, mon oreille est plaquée jour et nuit contre ces parois sanguinolentes. J’écoute, je prends mentalement des notes, et je suis troublé. Je distingue des confidences funestes sur l’oreiller et je suis terrifié par ce qui m’attend, par ce à quoi je risque d’être mêlé. Je suis immergé dans des abstractions, et seules leurs relations proliférantes créent l’illusion d’un monde connu. Quand j’entends « bleu », que je n’ai jamais vu, j’imagine une sorte d’événement mental assez proche de « vert » — que je n’ai jamais vu. Je me considère comme un innocent sur qui ne pèsent ni allégeances ni obligations, un esprit libre, malgré l’exiguïté de mon séjour. Personne pour me contredire ou me réprimander, pas de nom ni d’ancienne adresse, pas de religion, de dettes, d’ennemis. Sur mon agenda, s’il existait, ne serait notée que ma date de naissance à venir. Je suis, ou j’étais, contrairement à ce que disent aujourd’hui les généticiens, une ardoise vierge. Mais une ardoise glissante, poreuse, dont aucune salle de classe ni aucun toit de cottage n’aurait l’usage, une ardoise qui se couvrirait elle-même de caractères jour après jour, à mesure qu’elle grandirait et deviendrait moins vierge. Je me considère comme un innocent, mais il semble que je sois mêlé à un complot. Ma mère, béni soit son cœur à l’incessant bruit de pompe, semble impliquée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
motspourmotsmotspourmots19 avril 2017
Tout le monde ne sait pas quel effet ça fait, d'avoir le pénis du rival de votre père à quelques centimètres de votre nez. Si tard dans la grossesse, ils devraient réfréner leurs élans par égard pour moi. La courtoisie, à défaut de discernement médical, l'exige. Je ferme les yeux, serre les gencives, me recroqueville contre la paroi utérine. Ces turbulences arracheraient les ailes d'un Boeing.
Commenter  J’apprécie          70
LeugimpimentelLeugimpimentel30 mai 2017
C'est le premier livre de Ian McEwan que je lis (oui honte sur moi) sur le conseil avisé de ma libraire.
Comme vous l'aurez sans doute dans les autres critiques, c'est le point de vue du narrateur qui détonne dans ce roman. Quelle imagination ! Etre dans la pot d'un fœtus pour empêcher un meurtre. Rien que pour cette histoire décalée, le livre vaut la peine d'être lu.
Le ton, l'écriture imagée drôle et surtout très imaginative (on semble vraiment être dans la tête de ce fœtus), l'envie d'agir comme le narrateur... tout fait qu'on lâche difficilement ce livre.
Un seul bémol, on aimerait qu'il aille encore plus loin, mais cela ira peut-être au détriment de la crédibilité de l'histoire :)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
LucilliusLucillius22 mai 2017
Nous nous aimions, et maintenant je la déteste autant qu'elle me déteste. Trudy, ma chérie, je supporte à peine ta présence. Il y a eu des moments où j'aurais pu t'étrangler. J'ai fait des rêves, de beaux rêves, où je me voyais enfoncer mes pouces dans tes carotides. Je sais que tu éprouves la même chose pour moi.
Commenter  J’apprécie          62
Videos de Ian McEwan (109) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian McEwan
L'auteur britannique Ian McEwan, invité de François Busnel, publie «Dans une coque de noix», court roman drôle et érudit, version inattendue de «Hamlet» donnant la parole à un foetus. Jean-Marie Rouart explore les secrets du plaisir dans «Une jeunesse perdue». Gonzague Saint Bris revisite l'histoire de France sous l'angle sulfureux des passions plus ou moins avouables des grands hommes. Dans «Colette et les siennes», Dominique Bona raconte l'histoire de quatre beautés libres à Paris en août 1914. Mariette Darrigrand, sémiologue, signe «J'te kiffe Je t'aime», un essai drôle et instructif sur le langage de l'amour.
+ Lire la suite
autres livres classés : foetusVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Test

ds

d
d
d
d

1 questions
0 lecteurs ont répondu
Thème : Opération Sweet Tooth de Ian McEwanCréer un quiz sur ce livre
. .