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ISBN : 207269681X
Éditeur : Gallimard (13/04/2017)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 29 notes)
Résumé :
"À l'étroit dans le ventre de ma mère, alors qu'il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J'entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l'aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j'apprends que Claude n'est autre que mon oncle : le frère de mon père. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
15 avril 2017
Le narrateur du dernier livre de Ian McEwan est... un foetus, à moins d'un mois du terme. Quand au sujet, un remake de Hamlet, donc originalité garantie.
Installé bien au chaud, " par-dessus les bruits de laverie automatique de l'estomac et des intestins" de sa mère, non seulement il perçoit tout mais il semble aussi avoir une connaissance du monde non négligeable. Nous voici embarqués dans une histoire loufoque où l'oreille plaqué contre la paroi utérine gluante, il apprend que sa mère complote de tuer son père avec l'aide de son amant qui n'est autre que son oncle, le demeuré.......
Dans une maison appartenant au père, une ruine de style georgien dans Hamilton Terrace, rue prétentieuse de Londres, notre foetus Sherlock mène l'enquête dans une décrépitude ambiante et une position physiologique des moins agréables, pris entre deux feux, copulation et complot, -"Tout le monde ne sait pas quel effet ça fait, d'avoir le pénis du rival de votre père à quelques centimètres de votre nez....". Quand au père, ironie du sort, evicté de sa propre maison, négocie son retour par le biais de poèmes peu inspirés, cas sans issu........comment intervenir pour éviter le pire ? Foetus Sherlock a du pain sur la planche. Ce n'est que le préambule.
J'ai beaucoup ri, car notre embryon qui joue la carte de l'innocence, un brin intello ( euh, il peut citer Ulysse de Joyce ) et fin connaisseur en vins ( une connaissance des cépages impressionnante), ne manque pas d'humour. Pour relever plus d'indices sur le complot, il réveille sa mère la nuit,en lui donnant des coups de pied, mais manque de pot celle-là ne veut pas déranger son amant. À défaut, elle se plaque sur les oreilles une conférence podcastée et s'adonne à la magie d'Internet. Elle zappe. -"J'ai déjà tout entendu. Élevage d'asticots dans l'Utah. Randonnées sur le plateau irlandais du Burren. L'offensive de la dernière chance pour Hitler dans les Ardennes. Parades amoureuses chez les Yanomamis. Comment Poggio Bracciolini a sauvé Lucrèce de l'oubli. Les lois du tennis.....-", notre embryon écoute et s'instruit à merveille, sauf qu'il commence à réaliser, qu'avoir une conscience dans sa futur vie va être un cadeau empoisonné.
L'imagination de l'auteur est sans borne, pourtant il ne tombe jamais dans l'absurde ni le n'importe quoi. En lisant certains passages on y oublierait presque que le narrateur est un embryon, et quand ce dernier nous rappelle qu'il baigne toujours dans son liquide amniotique, cela paraît presque naturel....... la créativité, l'intelligence de McEwan y brille.
À travers les pérégrinations du foetus Sherlock, l'écrivain touche aussi aux divers dilemmes de la vie et balaie du regard l'actualité politique et sociale nationale et internationale, avec quelques piques à son pays , -"......la commissaire. Je me demande si elle est armée. Trop voyant. Comme pour la reine qui n'a jamais d'argent sur elle. Ce sont les brigadiers et leurs subalternes qui tirent sur les voyous."-
Comme dans "L'intérêt de l'enfant", on penserait que c'est trop, mais non tout est à sa place, juste et précis.
Imagination et humour noir avec un zest de suspens dans une mise en scène originale,
un très bon moment de lecture que je conseille !


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aider
28 avril 2017
Pauvre petit foetus alcoolisé et déprimé. ....
Alcoolisé, par la faute de sa mère....
Déprimé par la faute de son oncle
( le frère de son père ) qui couche avec sa mère. ... Tellement déprimé qu'il essaie même de se suicider en s'étranglant avec son cordon ombilical.
Les deux amants complotent en vue de supprimer le mari gênant mais propriétaire d'une maison à forte valeur ajoutée.
Bien évidemment ce foetus déjà très malin , il philosophe sur :
- le réchauffement climatique
- la montée de l'intégrisme
- la théorie des genres .....
(grâce à la manie de sa mère de regarder non stop des documentaires en podcast ) va essayer en vain de les en empêcher. Les coups de pieds , cest très limité pour communiquer! !!!
En résumé : roman noir à l'humour tout aussi noir.
Hamlet revisité paraît -il , je ne sais pas , je n'ai pas lu Hamlet (ignare que je suis. ...)
J'ai passé un bon moment à lire ce livre. .... pour l'originalité du point de vue ...et un humour décalé. ..
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motspourmots
19 avril 2017
Il est comme le bon vin, Ian McEwan, il se bonifie d'année en année. Ce qui ne veut pas dire que son dernier roman est meilleur que les autres mais simplement que l'auteur peut désormais tout se permettre tant sa maîtrise est grande. Comme de rejouer Hamlet par la voix d'un foetus et de nous offrir ainsi une vision du monde aussi féroce que comique en parvenant à mâtiner son pessimisme d'une touche d'ironie. Quitte à faire pleurer autant se moquer...
"Tout le monde ne sait pas quel effet ça fait, d'avoir le pénis du rival de votre père à quelques centimètres de votre nez. Si tard dans la grossesse, ils devraient réfréner leurs élans par égard pour moi. La courtoisie, à défaut de discernement médical, l'exige. Je ferme les yeux, serre les gencives, me recroqueville contre la paroi utérine. Ces turbulences arracheraient les ailes d'un Boeing."
Vous vous souvenez, vous de ces neuf mois passés dans le ventre de votre mère ? Notre héros, qui n'a pas encore de prénom puisqu'il n'est pas encore né semble avoir mis à profit ces quelques mois pour s'enrichir d'une connaissance du monde qui le prépare à une vie plus compliquée qu'il ne l'aurait pensé. Sa mère, Trudy étant une adepte des émissions culturelles, scientifiques et d'actualité à la radio, il en sait déjà beaucoup sur les différents Etats, les inégalités, les menaces climatiques, les guerres, les querelles religieuses et autres réjouissances qui l'attendent. Mais il en a également beaucoup appris sur la nature humaine puisque sa mère trompe son père avec le frère de celui-ci, Claude et que les deux amants projettent d'assassiner le mari afin de mettre la main sur sa seule richesse, une maison certes délabrée mais estimée à plus de sept millions de livres. Ca vous rappelle quelque chose cette histoire ? Imaginez dans quel état se trouve notre héros, témoin des passions violentes qui agitent sa famille, au courant de tout mais sans aucune possibilité d'intervenir. A moins que...
Il s'en donne à coeur joie Ian McEwan. Il a dû étudier avec minutie le comportement d'un foetus au cours des mois, ses positions, les étapes de son développement, les différentes interactions avec le corps nourricier et transmetteur de sa mère. du coup, on y croit sans problème. Et il y a de quoi être horrifié en découvrant la laideur de ce qu'un être encore pas tout à fait né peut percevoir de notre monde. Et qui pourtant tient à prendre la part de vie qui lui est dévolue. Même si c'est moche et que les perspectives sont pires encore.
Tout comme Jonathan Coe l'a fait avec Numéro 11, Ian McEwan n'hésite pas à convoquer le surnaturel ou plutôt à tordre quelque peu le réel pour nous offrir le décalage nécessaire pour une meilleure appréhension du monde. C'est noir, féroce, mordant. C'est brillant, comme d'habitude.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Lucillius
23 mai 2017
J'ai beaucoup aimé ce roman de Ian McEwan, qui rend hommage à Hamlet de William Shakespeare.
Quelle bonne idée de prendre pour héros, un foetus ! Ce choix singulier mène à des situations cocasses. Cet enfant à naître s'interroge sur le monde et son entourage et surtout comment éviter l'assassinat de son père.
De plus, nous avons là un foetus philosophe et fin gourmet, qui sait apprécier un bon verre de vin. Il apprécie moins la lubricité de sa mère et de son oncle à un stade si poussé de la grossesse, ce qui donne des passages savoureux.
Je trouve malin de nous faire nous interroger sur le sens et le non-sens du monde de façon si légère et jouissive. Si je ne vous ai pas convaincu, je vous laisse écouter l'émission " ça peut pas faire de mal" de Guillaume Galienne, que j'ai mise en lien.
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brdmathias
29 mai 2017
Loin d'être un adepte de Ian McEwan dont je n'ai lu auparavant que L'intérêt de l'enfant, j'ai voulu me lancer dans cette nouvelle expérience.
La quatrième de couverture, particulièrement perturbante du fait du sujet traité m'a longuement intrigué.
L'auteur, faisant preuve d'une grande imagination tout en restant très proche du réel, se permet des choses que de nombreux autres écrivains ne se permettraient pas, ou qui livreraient alors des romans loin d'être aussi abouti.
Faire parler un non-né est un risque que McEwan a pris et qu'il a eu raison de prendre !
Ce roman plutôt court surprend. J'ai été étonné, à chaque page tournée, de la justesse de cet écrit, de l'intensité des émotions retranscrites. Plus encore la force réside dans l'ironie présente de manière fine. Ainsi, l'impasse n'est pas faite sur les scènes de sexe que le foetus "subit" en raison de la proximité.
L'intelligence est retranscrite également par l'intermédiaire de ce foetus qui bien que non-né, a déjà des connaissances poussés dans bon nombre de sujets. Adepte des podcasts que sa mère écoute, des documentaires, à l'affut de toutes les conversations, ce jeune personnage possède un discernement remarquable.
Il en vient même à vouloir apprendre comment faire pour sortir afin de faciliter l'entreprise de sa mère.
Pour ce qu'il est de notre expérience face à cette histoire, nous sommes "bloqués" dans l'espace du narrateur. Les images qu'il ne connait pas et qu'il imagine, deviennent alors celles qui se dessinent à nos yeux. Sa (notre) place particulière nous amène à être d'autant plus spectateurs de l'action. En effet, nous sommes confrontés à notre propre incapacité à réagir, à ne pouvoir interférer. Ainsi les différentes pensées qui traversent l'esprit de ce foetus, prennent une autre dimension en raison de la compréhension que l'on peut en avoir.
Ce que je retiendrai de ce roman est le tiraillement du foetus dans ce qu'il ressent. Partagé entre l'amour entre sa mère et son père, il désire agir dans l'intérêt de l'un, puis dans l'interêt de l'autre ; tout en se prenant en compte et en imaginant la vie qu'il peut avoir dans les différents cas de figure. Cependant, incapable de prendre part à cette action, il n'en devient que plus perturbé.
Un roman magistral car unique et magnifiquement bien mis en place.
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Les critiques presse (1)
LeMonde13 avril 2017
Le romancier britannique se met à la place d’un bébé à naître plongé dans une intrigue shakespearienne. Et on y croit !
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations & extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
LucilliusLucillius22 mai 2017
Nous nous aimions, et maintenant je la déteste autant qu'elle me déteste. Trudy, ma chérie, je supporte à peine ta présence. Il y a eu des moments où j'aurais pu t'étrangler. J'ai fait des rêves, de beaux rêves, où je me voyais enfoncer mes pouces dans tes carotides. Je sais que tu éprouves la même chose pour moi.
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LucilliusLucillius23 mai 2017
L'altruisme à l'envers. Se couper le nez pour défigurer autrui.
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LucilliusLucillius22 mai 2017
Alors à quoi servent les maux de tête, les peines de cœur ? Contre quoi me met-on en garde, que me dit-on de faire ? Ne laisse pas ton oncle incestueux et ta mère empoisonner ton père. Ne perds pas de précieuses journées à rester oisif, la tête en bas. Nais et agis !
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LucilliusLucillius22 mai 2017
Quelle mère cruelle ! Cela causera ma perte, ma déchéance, car il n'y a que dans les contes de fées que les bébés non désirés sont adoptés par des familles mieux nées. La duchesse de Cambridge ne va pas se charger de moi.
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LucilliusLucillius19 mai 2017
Voici deux propositions divergentes. La première: une personnalité plus affirmée se dissimule à l'intérieur d'une coquille anodine. Être aussi insipide paraît à peine plausible. Quelqu'un d'intelligent, de ténébreux et de calculateur se cache là-dedans. En tant qu'homme c'est un chef-d’œuvre, un dispositif dont il est l'auteur, une machine à trahir qui conspire à la fois contre Trudy et avec elle. Seconde proposition: il est tel qu'il paraît, la coquille est vide, c'est un conspirateur aussi honnête que Trudy, en plus terne. Pour sa part, elle préfère ne pas se méfier d'un homme qui la propulse au septième ciel en moins de trois minutes. Alors que moi, je reste ouvert à toutes les hypothèses.
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Video de Ian McEwan (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ian McEwan
Ian Mc Ewan, Sweet tooth et guerre froide .Ian Mc Ewan parle de son dernier roman, Opération sweet tooth ( éditions Gallimard) , vrai-faux roman d'espionnage, de la guerre froide, du MI5, de la CIA, de George Orwell, de l'amour menteur et du monde comme il va. Entretien Dominique Conil. Vidéo de Nicolas Serve.
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