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ISBN : 207269681X
Éditeur : Gallimard (13/04/2017)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 114 notes)
Résumé :
"À l'étroit dans le ventre de ma mère, alors qu'il ne reste plus que quelques semaines avant mon entrée dans le monde, je veille. J'entends tout. Un complot se trame contre mon père. Ma mère et son amant veulent se débarrasser de lui. La belle, si belle Trudy préfère à mon père, John, poète talentueux en mal de reconnaissance et qui pourtant l'aime à la folie, cet ignare de Claude. Et voilà que j'apprends que Claude n'est autre que mon oncle : le frère de mon père. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
15 avril 2017
Le narrateur du dernier livre de Ian McEwan est... un foetus, à moins d'un mois du terme. Quand au sujet, un remake de Hamlet, donc originalité garantie.
Installé bien au chaud, " par-dessus les bruits de laverie automatique de l'estomac et des intestins" de sa mère, non seulement il perçoit tout mais il semble aussi avoir une connaissance du monde non négligeable. Nous voici embarqués dans une histoire loufoque où l'oreille plaqué contre la paroi utérine gluante, il apprend que sa mère complote de tuer son père avec l'aide de son amant qui n'est autre que son oncle, le demeuré.......
Dans une maison appartenant au père, une ruine de style georgien dans Hamilton Terrace, rue prétentieuse de Londres, notre foetus Sherlock mène l'enquête dans une décrépitude ambiante et une position physiologique des moins agréables, pris entre deux feux, copulation et complot, -"Tout le monde ne sait pas quel effet ça fait, d'avoir le pénis du rival de votre père à quelques centimètres de votre nez....". Quand au père, ironie du sort, evicté de sa propre maison, négocie son retour par le biais de poèmes peu inspirés, cas sans issu........comment intervenir pour éviter le pire ? Foetus Sherlock a du pain sur la planche. Ce n'est que le préambule.
J'ai beaucoup ri, car notre embryon qui joue la carte de l'innocence, un brin intello ( euh, il peut citer Ulysse de Joyce ) et fin connaisseur en vins ( une connaissance des cépages impressionnante), ne manque pas d'humour. Pour relever plus d'indices sur le complot, il réveille sa mère la nuit,en lui donnant des coups de pied, mais manque de pot celle-là ne veut pas déranger son amant. À défaut, elle se plaque sur les oreilles une conférence podcastée et s'adonne à la magie d'Internet. Elle zappe. -"J'ai déjà tout entendu. Élevage d'asticots dans l'Utah. Randonnées sur le plateau irlandais du Burren. L'offensive de la dernière chance pour Hitler dans les Ardennes. Parades amoureuses chez les Yanomamis. Comment Poggio Bracciolini a sauvé Lucrèce de l'oubli. Les lois du tennis.....-", notre embryon écoute et s'instruit à merveille, sauf qu'il commence à réaliser, qu'avoir une conscience dans sa futur vie va être un cadeau empoisonné.
L'imagination de l'auteur est sans borne, pourtant il ne tombe jamais dans l'absurde ni le n'importe quoi. En lisant certains passages on y oublierait presque que le narrateur est un embryon, et quand ce dernier nous rappelle qu'il baigne toujours dans son liquide amniotique, cela paraît presque naturel....... la créativité, l'intelligence de McEwan y brille.
À travers les pérégrinations du foetus Sherlock, l'écrivain touche aussi aux divers dilemmes de la vie et balaie du regard l'actualité politique et sociale nationale et internationale, avec quelques piques à son pays , -"......la commissaire. Je me demande si elle est armée. Trop voyant. Comme pour la reine qui n'a jamais d'argent sur elle. Ce sont les brigadiers et leurs subalternes qui tirent sur les voyous."-
Comme dans "L'intérêt de l'enfant", on penserait que c'est trop, mais non tout est à sa place, juste et précis.
Imagination et humour noir avec un zest de suspens dans une mise en scène originale,
un très bon moment de lecture que je conseille !


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palamede
28 juillet 2017
Il cogite beaucoup dans sa coque de noix, en fait bien au chaud dans l'utérus maternel le fœtus, qui ne manque pas d'acuité, observe le monde qui l'attend à sa sortie.
Et aux yeux du futur nouveau-né on ne peut pas dire que l'état de l'humanité et de la terre soit folichon. Et encore cela n'est rien à côté du sort que sa mère et son amant, en fait le frère de son père, réservent à son géniteur ! Lui le tout petit, le pas-né, il va falloir qu'il intervienne pour sauver son adorable poète de père.
Donner la parole à ceux qui n'ont jamais voix au chapitre, et pour cause puisqu'il s'agit des enfants à naître, à l'heure où on nous explique que les foetus entendent et ressentent tout de la vie de la mère qui les porte, est instructif. Celui-là non content de tenter de sauver son père et apprécier les verres de vins que sa mère ingurgite, philosophe et écoute les informations qu'il commente. L'occasion pour l'auteur d'envoyer quelques piques et réfléchir sur des questions morales et sociétales.
Un sacré farceur ce Ian McEwan et un immense talent, en revisitant le thème d'Hamlet - le fils venge son père tué par son propre frère, amant de sa mère - il peut même faire agir, parler et réfléchir les fœtus sans que cela paraisse extravagant.
Un roman original, délicieusement drôle et inventif.
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isabelleisapure
05 juin 2017
Il faut de l'imagination, du talent et de l'audace pour imaginer un tel huis clos : le ventre maternel !
Assurément Ian McEwan ne manque d'aucune de ces qualités propre à un grand écrivain et c'est un héros hors norme qu'il nous propose de découvrir.
Vous l'aurez compris, le narrateur est un foetus !
Intelligent, curieux de tout, il écoute attentivement les émissions culturelles que choisit Trudy, sa mère, ce qui enrichit ses connaissances.
Il est au fait des problèmes du monde, le réchauffement climatique, la misère des migrants n'ont pas de secret pour lui et lui causent quelques soucis et interrogations.
Comme si cela ne suffisait pas, voilà qu'il découvre que sa propre mère envisage d'assassiner son père avec la complicité de son amant qui n'est autre que son oncle !
Quel est donc le monde qui lui est promis ?
Ian McEwan met l'accent sur la psychologie de ses personnages : Trudy qui apparaît comme un personnage peu responsable et plutôt immature avec un penchant pour l'alcool, et à chaque verre qu'elle boit, son enfant ressent aussi une légère ivresse ce qui ne semble pas lui déplaire.
John, le père passionné de poésie a une sensibilité exacerbé, bien loin de la personnalité vulgaire et plouc de son frère et rival.
Ce roman est original, drôle, féroce, j'ai adoré.
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Kittiwake
16 septembre 2017
Déçue. J'avais tellement apprécié le Divin Enfant de Pascal Bruckner, sorti dans les années 80, que je me réjouissais de tourner les pages en compagnie d'un foetus qui me confierait ses états d'âme, avec ses immenses connaissances (qu'il perd à la naissance lorsque l'ange efface sa mémoire d'une simple pichenette en dessous du nez) et sa naïveté bien naturelle au vu de son inexpérience.
Et bien ici, il m'a barbé le foetus qui se prend pour Hamlet. Il est présomptueux, bavard, et pas du tout naïf. Et pour ce qui est de sa mémoire, l'ange n'aura pas beaucoup à faire pour effacer ce qui restera de ses souvenirs confits dans les crus millésimés ou pas qu'ingurgite sa mère (il faut dire qu'elle y va gaiement avec un coude bien huilé!)
L'inceste, le projet de meurtre, c'est la trame suivie pour évoquer le drame shakespearien, mais sur le reste, mieux vaut s'en tenir à la version originale.
Le foetus n'est qu'un prétexte pour modifier le point de vue du témoin. Cela aurait pu marcher sauf que les règles ne sont pas respectées. La grandiloquence du discours , même s'il est alimenté par les podcasts que la future mère écoute, ne colle pas avec la situation, et s''il n'y avait pas régulièrement quelques termes pour nous rappeler que grossesse en cours il y a , on pourrait imaginer que le narrateur est un quidam planqué dans la maison.
Vite lu, vite oublié sûrement.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Eve-Yeshe
27 août 2017
Quand l'auteur est venu présenté son roman à La Grande Librairie, j'ai senti la tentation s'installer car son idée était originale: le narrateur est un foetus dans le ventre de sa mère, qui nous raconte ses perceptions, ses états d'âme et surtout comment sa mère va commettre un meurtre.
Confortablement installé dans l'utérus de Trudy, il découvre que sa mère à un amant et il cherche à l'identifier, et surprise, il s'agit du frère de son père, Claude, qu'il tient en piètre estime, trahison supplémentaire.
« Les amants arrivent à leur premier baiser avec autant de cicatrices que de désirs. »
Le temps de se faire à cette idée, il apprend que ces deux infâmes veulent assassiner son père, le poète John et va tout mettre en oeuvre pour éviter ce crime, tout en dissertant sur l'amour, la trahison, le réchauffement climatique, la nature des hommes, tout ce qu'il capte sur les ondes et sur Internet au fil des connexions de sa mère.
Une mère qui avale quantité de vins de toutes sortes, enivrant son foetus au passage , sans se préoccuper un seul instant des conséquences éventuelles sur son bébé à venir, bébé dont elle se fout éperdument d'ailleurs toute à son histoire d'amour…ce qui donne des phrases de ce style:
« J'aime bien partager un verre avec ma mère. Peut-être n'avez-vous jamais goûté, à moins que nous ne l'ayez oublié, un bon bourgogne (son préféré) ou un bon sancerre (autre préférence) décanté à travers un placenta sain. » P 19
Ce foetus est drôle lorsqu'il essaie d'intervenir, en donnant des coups de pieds, ou quand il se montre jaloux, amoureux de sa mère, admirateur des poèmes de son père et haïssant le rival de ce dernier, ou lorsqu'il capte la jalousie de sa mère envers une jeune poétesse qui accompagne son père un soir. Il l'est un peu moins lorsqu'il tente de se suicider…
Ce roman est drôle, mais peut devenir un peu lassant lorsque, parfois, notre foetus part trop dans ses envolées « philosophiques », nous livrant une conception pessimiste mais réaliste de l'état de la planète et de l'humanité:
« Donc, on est seuls, tous autant qu'on est, même moi, chacun marchant sur une route déserte, trimballant dans un baluchon sur son épaule les projets, les courbes prévisionnelles d'une progression inconsciente. » P 46
On retrouve la thématique d'Hamlet (le fils qui veut venger le meurtre de son père par l'amant de sa mère), Ian McEwan ayant souhaité rendre hommage à Shakespeare, pour les quatre-cent ans de sa mort.
J'ai aimé, j'ai passé un bon moment, car cet auteur est surprenant, mais je suis un peu déçue, je m'attendais à plus avec un sujet comme celui-ci, ce n'est donc pas un coup de coeur.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Les critiques presse (3)
LaPresse28 juin 2017
Si on accepte la proposition de base et ses quelques incohérences, on se laisse transporter par ce roman intrigant et original.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeJournaldeQuebec12 juin 2017
Sourires garantis avec ce nouveau Ian McEwan, le romancier britannique ayant eu la fantasque idée de plonger un fœtus en plein complot shakespearien.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeMonde13 avril 2017
Le romancier britannique se met à la place d’un bébé à naître plongé dans une intrigue shakespearienne. Et on y croit !
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations & extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede08 août 2017
... la voix est chaleureuse. Sonore pour une femme mince, détendue malgré la charge de la fonction. Son léger accent cockney reflète parfaitement l'assurance de la citadine qui ne s'en laissera pas compter. Pas la diction soignée de ma mère, en tous cas. Inutile de recourir à cette vieille ficelle. Les temps ont changé. Un jour la plupart des hommes d'Etat britanniques parleront comme le commissaire. Je me demande si elle est armée. Trop voyant. Comme pour la reine qui n'a jamais d'argent sur elle. Ce sont les brigadiers et leurs subalternes qui tirent sur les voyous.
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palamedepalamede06 août 2017
Quant à l'espoir : j'ai entendu beaucoup de choses sur les récents massacres au nom d'une vie rêvée dans l'au-delà. Chaos dans ce monde, béatitude dans le suivant. Des jeunes gens avec une barbe toute neuve, une peau magnifique et des armes de guerre sur le boulevard Voltaire, qui regardaient dans les yeux magnifiques, incrédules, d'autres jeunes de la même génération. Ce n'est pas la haine qui a tué des innocents, mais la foi, ce fantôme insatiable encore vénéré, même dans les quartiers les plus paisibles.
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aideraider24 avril 2017
Quand l'amour meurt et que la vie conjugale est un champ de ruines , les premières victimes sont l'honnêteté de la mémoire, l'impartialité et la pudeur des souvenirs. Trop importuns, trop accablants pour le présent, ils sont le spectre d'un bonheur ancien au festin de l'échec et de la désolation.
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SZRAMOWOSZRAMOWO12 avril 2017
Me voici donc, la tête en bas dans une femme. Les bras patiemment croisés, attendant, attendant et me demandant à l’intérieur de qui je suis, dans quoi je suis embarqué. Mes yeux se ferment avec nostalgie au souvenir de l’époque où je dérivais dans mon enveloppe translucide, où je flottais rêveusement dans la bulle de mes pensées à travers mon océan privé, entre deux sauts périlleux au ralenti, heurtant doucement les limites transparentes de ma réclusion, la membrane révélatrice qui résonnait, tout en les atténuant, des voix de comploteurs unis par un projet ignoble. C’était au temps de ma jeunesse insouciante. Là, entièrement retourné, sans un centimètre à moi, les genoux repliés contre mon ventre, mes pensées comme ma tête sont bien engagées. Je n’ai pas le choix, mon oreille est plaquée jour et nuit contre ces parois sanguinolentes. J’écoute, je prends mentalement des notes, et je suis troublé. Je distingue des confidences funestes sur l’oreiller et je suis terrifié par ce qui m’attend, par ce à quoi je risque d’être mêlé. Je suis immergé dans des abstractions, et seules leurs relations proliférantes créent l’illusion d’un monde connu. Quand j’entends « bleu », que je n’ai jamais vu, j’imagine une sorte d’événement mental assez proche de « vert » — que je n’ai jamais vu. Je me considère comme un innocent sur qui ne pèsent ni allégeances ni obligations, un esprit libre, malgré l’exiguïté de mon séjour. Personne pour me contredire ou me réprimander, pas de nom ni d’ancienne adresse, pas de religion, de dettes, d’ennemis. Sur mon agenda, s’il existait, ne serait notée que ma date de naissance à venir. Je suis, ou j’étais, contrairement à ce que disent aujourd’hui les généticiens, une ardoise vierge. Mais une ardoise glissante, poreuse, dont aucune salle de classe ni aucun toit de cottage n’aurait l’usage, une ardoise qui se couvrirait elle-même de caractères jour après jour, à mesure qu’elle grandirait et deviendrait moins vierge. Je me considère comme un innocent, mais il semble que je sois mêlé à un complot. Ma mère, béni soit son cœur à l’incessant bruit de pompe, semble impliquée.
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KittiwakeKittiwake24 août 2017
Nous avons construit un monde trop dangereux et trop compliqué pour être gouverné par notre tempérament querelleur. En désespoir de cause, tous les suffrages vont au surnaturel. C'est le crépuscule du deuxième âge e la raison.
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Vidéo de Ian McEwan
L'auteur britannique Ian McEwan, invité de François Busnel, publie «Dans une coque de noix», court roman drôle et érudit, version inattendue de «Hamlet» donnant la parole à un foetus. Jean-Marie Rouart explore les secrets du plaisir dans «Une jeunesse perdue». Gonzague Saint Bris revisite l'histoire de France sous l'angle sulfureux des passions plus ou moins avouables des grands hommes. Dans «Colette et les siennes», Dominique Bona raconte l'histoire de quatre beautés libres à Paris en août 1914. Mariette Darrigrand, sémiologue, signe «J'te kiffe Je t'aime», un essai drôle et instructif sur le langage de l'amour.
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