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EAN : 9782226279583
474 pages
Albin Michel (19/03/2013)
4.28/5   23 notes
Résumé :
Invasion 14 est un roman de Maxence Van der Meersch paru en 1935, qui manqua d'une voix le Prix Goncourt. Comme son nom l'indique, le roman retrace les années d'occupation allemande dans le Nord de la France pendant la Première Guerre mondiale. C'est un roman fresque aux personnages multiples qui s'inspire de témoignages, d'anecdotes et de faits réels recueillis par l'écrivain lors de l'occupation partielle de la France par l'armée allemande.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Merci Monsieur Maxence van der Meersch de m'avoir fait découvrir cet épisode douloureux de la guerre 14/18 que j'ignorais.

Il a beaucoup été écrit sur la guerre des tranchées et le sort abominable des poilus.

Mais ce que les gens du Nord, " les envahis " ont subi l'était tout autant.
Ils ne faisaient plus partie de la France, aucune information ne filtrait. Ils vivaient littéralement sous la botte prussienne.

Tous essayaient de survivre, soit en restant " digne ", soit en pactisant avec
« l'ennemi ». Et si je mets ce terme entre guillemets, c'est volontairement.
Certes, certains envahisseurs commettaient d'horribles exactions.
Mais l'auteur a su ne pas être manichéen : d'un côté, les méchants, les Allemands ; de l'autre côté, les gentils, les " envahis ".

Ce n'était pas ça du tout. Tout le monde souffrait du froid, de la faim, de la peur... sauf dans les hautes sphères, bien entendu.
Car, comme d'habitude, les riches s'en sortent alors que les pauvres crèvent.

Il s'agit d'un roman. Les personnages sont donc fictifs mais extrêmement bien campés par l'auteur. Je me suis attachée à certains, j'en ai haï d'autres.

Les faits, eux, sont réels. le Nord a subi ce que ce livre narre avec un talent extraordinaire. C'est souvent avec les yeux embués que je lisais la description de ces souffrances inouïes.

Je me suis abstenue de faire trop de citations. J'avais envie de partager tant de choses avec vous !

Mais si je me suis retenue, c'est, qu'en fait, je voudrais que le plus grand nombre de Babeliotes lise ce livre, en souvenir de tous ces morts pour rien.

Quelle connerie la guerre !!!
( dixit Jacques Prévert )

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Le livre en mains on se dit : « c'est un pavé ! ». On commence à le lire et on pense : « on n'écrit plus comme ça ! ». Puis, peu à peu on est accroché.
Voilà un roman polyphonique, sans personnage principal, avec plus de cent personnages, un « roman choral » comme il y a des « films chorals ».
Pas de personnage central donc, mais des groupes représentatifs d'une société : des industriels, des paysans, des élus politiques, des pauvres gens et des riches, des marlous, chaque groupe essayant de faire sa vie, sinon de survivre dans la France du nord, occupée par les Allemands de 1914 à 1918. L'auteur a la volonté de mettre les âmes à nu. La psychologie des personnages est sommaire et parfois à la limite du cliché, mais les tableaux d'ensemble paraissent criants de vérité.
Le livre se lit avec intérêt, la guerre de 14-18, nous ayant le plus souvent été montrée par les écrivains sur le front ou à l'arrière. Le lecteur d'aujourd'hui ne peut pas éviter de faire la comparaison avec l'occupation de 1940 à 1944, et on y retrouve bien souvent les mêmes comportements.
Finalement l'intérêt de ce livre est autant littéraire qu'historique.
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Nordiste, je ne connaissais pourtant jusqu'alors Maxence van der Meersch que de nom. Je répare donc cette lacune avec quelques titres dont celui-ci qui est une fresque historique brassant de nombreux protagonistes. Une liste des personnages est même proposée pour aider le lecteur à s'y retrouver mais elle se révèle inutile tant ceux-ci sont rapidement campés à partir d'une scène qui nous renseigne sur leur psychologie.

Ce récit décrit, durant laguerre 14-18, l'invasion et l'occupation de Roubaix et de ses environs par l'armée allemande et son administration par la Kommandantur. Des couples et des familles nordistes qui sont séparés, se retrouvent et doivent faire face au rationnement, à la famine, à l'emprisonnement, à la survie.

On glisse d'un personnage à l'autre et on suit des tranches de vie ou se mêlent les classes populaires, moyennes et bourgeoises. Chacun essaie de faire face à la misère et aux restrictions soit en endurant stoïquement, fièrement la situation, soit en prenant des risques, soit en profitant des accointances avec des allemands mais chacun cherchant finalement à subsister.

Par sa qualité d'écriture remplie d'humanisme chrétien en quelques lignes brèves, Van der Meersch sait décrire brutalement une action et mettre en scène un drame. Il offre au lecteur des images marquantes qui jalonnent la destinée des différents personnages et les épreuves terribles subies par toute la population dans un souffle romanesque .
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Un roman dense pour une vision de l'été 14 par les civils. C'est puissant .
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Je ne connaissais pas du tout cette évocation de notre histoire de France...je pensais que l'occupation n'avait été que celle vécue en 39/45... allez voire celle de 1870 ...mais alors celle de 14, et le nord vivant comme la France plus tard, je l'ignorais.
Ce livre fut très intéressant à lire et je me suis attaché à ses héros. Des histoires très poignantes.
Des beaux Destins pour certains et d'autres moins héroïques dans la mesure où collaborateurs dans un premier puis honnis.
Je recommande ce livre dont l'auteur s'attache à pleins de personnages qu'il décrit super bien.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
L'hiver 1917 fut effroyable à Roubaix. Dès le début, il s'annonça sévère, d'autant plus qu'on avait le ventre vide. La misère à Roubaix, à l’Épeule, était inimaginable. La ville paraissait une cité de moribonds. On ne voyait que mines hâves, faces blêmes, yeux tirés, maigreurs effrayantes. Les vieillard mourraient, la tuberculose ravageait l'enfance et l'adolescence. Au cimetière, on contemplait avec stupeur les innombrables tombes de jeunes gens de dix-huit à vingt ans . Des gens qui s'étaient perdus de vue quelques semaines se retrouvaient, se reconnaissaient avec effarement. Il y avait, dans le Nord, avant la guerre, beaucoup de buveurs de bière, gens à vastes panses, à mines fleuries. Ceux-là surtout étaient lamentables. Faute de bière généreuse, leur embonpoint avait fondu, et cette débâcle les laissait vides, flasques, incroyablement vieillis.
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Ou bien, dans le silence, au milieu d'une paix nocturne fugitive, montait un roulement sourd, plus tragique encore que tout le reste, le roulement des trams, des camions, des trains s'en allant vers le front porter leurs charges d'hommes ou ramener des blessés et des morts tandis que Roubaix dormait. Les Allemands cachaient les mouvements de troupes à la population. On écoutait cela avec angoisse. Quand cela finirait-il ? Serait-on délivrés un jour ? Et si les Français rentraient par miracle à Roubaix, y resterait-il des vivants pour raconter ce qu'on avait souffert ?
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Elle eut soudain l'horrible et précis rappel de tout ce qu'elle avait fait pour cet homme, de leurs nuits, de cet amour insensé, de cette adoration d'une chair méprisable où elle s'était abaissée et prostituée. Jusqu'où n'avait-elle pas abdiqué sa pudeur et sa dignité, quel stupre n'avait-elle pas accepté pour susciter en lui le frisson du plaisir
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Villard, ne me fait pas rire. Tu les as brûlés comme Decraemer, tes stocks ? Tu n'as pas installé chez toi un « Service Bruxelles », avec des employés qui connaissent le flamand ? Moi, je veux bien, il faut vivre, je n'ai rien à dire. Mais j'aimerais mieux un peu plus de franchise et pas tant de grimaces. Vous êtes les mauvais riches. Vous imposez au pauvre populo des principes et des haines que vous n'avez pas. Il y a pour vous deux guerres, celle des pauvres bougres et celle des riches, et vous prêchez la morale sans la respecter.
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La maison dans la dune (1988), extrait.
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