AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253109088
Éditeur : Le Livre de Poche (01/03/2006)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.86/5 (sur 1679 notes)
Résumé :
Une jeune enfant est retrouvée morte, assassinée sur les berges engourdies par le gel d’un petit cours d’eau. Nous sommes en hiver 1917.

C’est la Grande Guerre. La boucherie méthodique. On ne la voit jamais mais elle est là, comme un monstre caché. Que l’on tue des fillettes, ou que des hommes meurent par milliers, il n’est rien de plus tragiquement humain.

Qui a tué Belle de Jour ? Le procureur, solitaire et glacé, le petit Breton dése... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (188) Voir plus Ajouter une critique
LydiaB
11 décembre 2012
Les Âmes grises... où comment regarder les turpitudes d'un village, en apparence calme, par le petit trou de la lorgnette... Sur fond de Première Guerre Mondiale, on assiste aux réactions des villageois après "l'Affaire", c'est-à-dire la mort d'une fillette, retrouvée dans l'eau, assassinée alors qu'elle n'avait que dix ans. Son surnom ? Belle de jour. Il faut avouer que la gamine le porte bien mal... à moins qu'il n'y ait un rapport entre la couleur du corps et celle, tirant entre le bleu et le violet, de la fleur éponyme. Pourtant, on ne se focalise pas sur le meurtre. Non. On se braque plutôt sur les personnages qui gravitent autour : le procureur, le juge, le père, l'institutrice... Et l'on comprend dès lors le titre : tout le monde a quelque chose de négatif en lui, quelque chose à se reprocher... On navigue dans cette ambivalence. Philippe Claudel sonde les coeurs, les âmes de chacun, fouille au plus profond des consciences... Et si chacun d'entre nous était cette âme grise ?
Un beau, très beau roman !

Lien : http://www.lydiabonnaventure..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1248
manU17
17 décembre 2012

Une couverture dans les tons de bruns, un peu sépia. Une petite fille, des branchages ou plutôt des broussailles. Les Âmes grises, on sent que la gaité ne sera pas de mise.
On entre à peine dans l'histoire et déjà, elle nous happe. Qui est le narrateur ? Comment sait-il ? Où se situe-t-il au milieu de tous ces événements et de ces différents personnages ?
Très vite, vient l'Affaire, la majuscule est d'importance, le terrible assassinat de cette petite fille, la bien nommée Belle de jour, d'autres meurtres suivront. Un suspect se dessine rapidement et parallèlement, notre envie de savoir et d'enfin comprendre nous emporte.
L'opposition entre les petites gens et les notables tout-puissants, le pot de terre contre le pot de fer, donne toute sa force et contribue à donner corps à cette histoire qui fleure bon la province française de cette époque troublée par la première guerre.
Plus encore que pour l'histoire, particulièrement poignante, j'ai eu un véritable coup de coeur pour l'écriture de Philippe Claudel que j'ai découvert avec ce livre. Une écriture parfaitement calibrée, toute en nuances, en évocations, en émotions et en parfums, déjà, qui amplifie la véracité et l'authenticité du récit.
Le monde et les hommes ni tout noirs, ni tout blancs et les âmes grises...

Un grand merci à ma nantaise préférée pour cette belle découverte.

Lien : http://bouquins-de-poches-en..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          842
Coriolis
18 décembre 2015
Belle de jour...Un nom qui résonne dans le coeur des villageois de V. Chérie de tous et de toutes, la petite Belle de jour portait en elle la fragilité et la délicatesse de celle qui lui valut son surnom. La douce enfant était un joyau qui irradiait de beauté et réchauffait les âmes lourdes en cette période de première guerre mondiale.Tous aimaient à la voir s'agiter autour des tables du Rébillon, le bistrot de son père et porter, dans ses mains en coupe, ici un pichet de vin, là un plat. Et pour que sa beauté perdure, le destin, funeste, décida de la ravir à jamais. « La mort brutale prend les belles choses, mais les garde en l'état. C'est là sa vraie grandeur. On ne peut lutter contre ». La petite n'aura vécu qu'une courte décade, une fulgurance sur l'échelle du temps. En ce premier lundi de décembre de 1917, elle sera retrouvée morte. Des mains de bourreau, des mains inhumaines se sont posées sur le cou frêle de l'enfant et l'ont serré jusqu'à lui dérober son dernier souffle. Et tandis que Belle de jour s'enfonce inéluctablement dans les eaux d'un Styx grossi par les larmes des siens, d'autres déjà s'apprêtent à l'accompagner en enfer...Qui est assez cruel pour oser s'en prendre à l'innocence incarnée? Qui réclame le sang? Engourdis par un froid glacial et mortifère, les villageois se réveilleront brutalement au son du glas.Les langues vont se délier, les blessures que l'on croyait guéries, suppurer à nouveau charriant avec elles des souvenirs douloureux et amers. La rumeur grandit, les soupçons s'étayent au fur et à mesure que croît l'horreur.
Philippe Claudel en remarquable conteur offre ici une oeuvre extrêmement équilibrée où le visuel est de mise. La tension ne retombe jamais et dote ce roman d'un rythme soutenu et martelé. Sans faux-pas, l'écrivain attire le lecteur dans son univers empreint de tristesse et de glace. On se surprend à frissonner devant ses descriptions hivernales, on pleure avec lui la mort de l'enfant et on se reconnaît aussi un peu parfois au détour d'une citation ou dans l'attitude d'un personnage. Plus qu'une histoire poignante dans l'horreur de la guerre, plus qu'un atroce fait-divers, ce livre ouvre les portes de l'indicible, de tout ce qui étreint sans que l'on ne parvienne à le mettre en mots, de ces douleurs qui assaillent et impossibles à maîtriser.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          722
araucaria
10 décembre 2012
Un livre très fort, bouleversant qui nous emporte. Je n'ai pas trouvé de temps mort dans ce roman et suis sortie de ma lecture très émue. Un très grand livre de Philippe Claudel qui a été pour moi un coup de coeur. Je conseille vivement la lecture de ce chef d'oeuvre.
Commenter  J’apprécie          810
fredho
27 janvier 2013
Le narrateur omniscient, adresse sur un cahier des lignes de confessions à sa femme Clémence décédée il y a fort longtemps, des confessions comparables à des plaies douloureuses, ouvertes sur des remords, des ressentis et des aveux.
Le narrateur nous retrace par le biais de ses écrits, une période noire d'un petit village de Province où un matin d'hiver 1917, on découvre le corps d'une petite fille de 10 ans tuée par strangulation.
Le récit gravite autour de ce macabre assassinat, le narrateur un policier témoin observateur de l'enquête, nous transporte dans cette sombre affaire. Il décortique au fil de la lecture l'ambiguïté de cette tragédie, et nous décrit également la vie tourmentée des petits gens et les notables du village.
En parallèle, ce roman nous amène à certaines réflexions sur différents cas de figure, les atrocités de la 1ère guerre mondiale et ces jeunes garçons poussés sur le front sans expérience, sans préparation psychologique, traumatisés par les horreurs d'une guerre sanglante et barbare, ces soldats déserteurs, fusillés pour avoir fui les responsabilités d'une patrie, ces jeunes garçons qui ne veulent pas devenir assassins d'une guerre qu'on leur impose, une guerre qu'ils ne comprennent pas. C'est une réflexion sur la peine de mort, des têtes tranchées sous l'épée d'une justice stricte, rigide et malveillante. C'est un regard sur la ségrégation des classes sociales, où la haute bourgeoisie traite avec condescendance le petit peuple, d'ignorants. La bourgeoisie et ses inspecteurs, ses juges, ses procureurs et ses notables qui s'octroient des droits et du pouvoir sous prétexte d'instruction et d'éducation, et qui révèlent des faces cachées de pourritures et d'injustices, trouvant des coupables idéaux pour classer des affaires dérangeantes.
Et parmi cette réalité, il y a « Belle de Jour », la fillette assassinée à l'âme pure, que « le Mal qui rend les Hommes si laids », ne possédera pas !
L'auteur sous la main d'une jolie plume, expose les douleurs, les lâchetés, les injustices, des uns et des autres, un roman bouleversant où les protagonistes sont comme cités dans le texte par Joséphine amie du narrateur « Ni salauds, ni saints, ni tout blanc, ni tout noir c'est le gris qui gagne. Les Hommes et leurs âmes c'est pareil... » Nous sommes juste des âmes grises.
Le charme de ce roman, c'est ce mystère qui perdure sur « l'opacité de ce crime » qui nous laisse juge de choisir le coupable, ou tout comme le narrateur dans « le doute, la pénombre, l'hésitation, et l'absence de réponses et de certitudes »... Crime d'un pervers ou crime d'un martyr, est-il souhaitable de le savoir !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          681
Citations & extraits (256) Voir plus Ajouter une citation
JmlyrJmlyr14 mai 2017
Dans la rue il y avait du soleil. Je me sentais comme un peu ivre, et j'aurais bien aimé causer avec quelqu'un, quelqu'un de confiance et qui sentait les choses comme moi. Je ne parle pas de l'Affaire. Je parle de la vie, du temps, de tout et de rien.
Commenter  J’apprécie          172
JmlyrJmlyr13 mai 2017
Pour essayer de comprendre les hommes, il faut creuser jusqu'aux racines. Il ne suffit pas de pousser le temps d'un coup d'épaule pour lui donner des airs avantageux : il faut le creuser dans ses fissures et lui faire rendre le pus.
Commenter  J’apprécie          140
JmlyrJmlyr13 mai 2017
Ce n'est pas parce que certains souffrent que le monde s'arrête de tourner. Et les salauds d'être des salauds. Il n'y a pas de hasard, peut-être. Je me le suis dit souvent.
Commenter  J’apprécie          150
JmlyrJmlyr14 mai 2017
J'avais pensé tout laisser à l'eau, mon travail, la maison, et puis partir. Mais je me suis souvenu que la terre était ronde, et que j'aurais tôt fait de revenir sur mes pas, bien bête en somme.
Commenter  J’apprécie          40
JmlyrJmlyr14 mai 2017
…et puis elle est venue chez nous, à la clinique. Certains ont dit : " Elle restera pas trois jours, la vue du sang et de la merde la fera tomber dans les pommes !"
Elle est restée. Malgré le sang et la merde, faisant oublier sa particule et sa fortune par une bonté sans limites et des gestes simples.
Commenter  J’apprécie          20
autres livres classés : première guerre mondialeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Philippe Claudel

Philippe Claudel est professeur. Auprès de quel public particulier a-t-il enseigné ?

des aveugles
des prisonniers
des immigrés

5 questions
93 lecteurs ont répondu
Thème : Philippe ClaudelCréer un quiz sur ce livre
. .