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ISBN : 2070387364
Éditeur : Gallimard (30/11/-1)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 1449 notes)
Résumé :
Janvier 1917. Cinq soldats français condamnés à mort en conseil de guerre, aux bras liés dans le dos. Toute une nuit et tout un jour, ils ont tenté de survivre. Le plus jeune était un Bleuet, il n'avait pas vingt ans. A l'autre bout de la France, Mathilde, vingt ans elle aussi, plus désarmée que quiconque, aimait le Bleuet d'un amour à l'épreuve de tout. La paix venue, elle va se battre pour connaître la vérité et le retrouver, mort ou vivant, dans le labyrinthe où ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (115) Voir plus Ajouter une critique
Merik
  22 juin 2017
Sébastien Japrisot, je connaissais de nom. L'auteur de "l'été meurtrier", ses liens avec le cinéma. Un auteur qui ne m'attirait pas plus que ça, jusqu'à ce que je lise Emmanuel Carrère parlant de lui dans une de ses chroniques. Alors j'ai voulu voir.
Et j'ai vu Mathilde (sans avoir vu le film) dans sa quête obstinée envers et contre tous, ou presque. A la recherche folle de la vérité sur son fiancé, soldat de la grande guerre. Mais plus que tout, je l'ai vécue, cette histoire.
J'ai vu un texte à la construction débridée dans ce long dimanche de fiançailles, comme si tout cela avait été écrit d'un jet, dans un souffle romanesque sans relecture. Et pourtant si juste.
J'ai vu une prose directe. Un auteur capable de commencer une ribambelle de phrases d'un portrait par « il » ou "elle", sans aucune gêne pour le lecteur : «Elle a de grands yeux verts ou gris, selon le temps, comme sa mère. Elle a un petit nez droit, de longs cheveux châtain clair. Pour la taille, elle tient de son père. Quand on la déplie, elle mesure cent soixante dix huit centimètres. Il paraît que c'est d'avoir passé beaucoup de temps couchée qui l'a faite ainsi. Elle a de très beaux seins. Elle est fière de ses seins, qui sont ronds, lourds, plus doux que la soie. Quand elle en caresse les bouts, elle a bientôt envie d'être aimée. Elle s'aime toute seule ». Une prose sans fioriture ni effet de manche, naturelle presque. Carrère parle de lui comme d'un auteur qui ne lisait pas trop, évoque un "cacou"  de Nice. Peut-être pas si littéraire que ça en effet. Mais sûrement convaincu de son talent, et par là-même impertinent envers les modes et les courants, insolent aussi dans son mode d'écriture, peut-être bien. A l'image de son héroïne.
J'ai aussi vu un charme fou se dégager de ce récit. Comme d'un type qu'on écoute, parce que c'est lui qui parle, et pas un autre.
Du coup, j'ai déjà envie de le revoir, Sébastien Japrisot.
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carre
  26 mars 2012
1917. cinq soldats condamnés à mort sont envoyés dans le no man 's land pour leur mise à mort.
Mathilde la jeune fiancée paralysée de l'un d'eux ne croit pas en la version officielle et remue ciel et terre pour retrouver Jean l'amour de sa vie.
Japrisot dénonce avec force la bétise de la guerre, à travers un épisode peu glorieux de l'armée française.Mais c'est aussi le roman d'une femme éperdument amoureuse prète à toute les audaces pour connaitre la vérité, d'une vitalité et d'un optimisme à tout épreuve. Japrisot évite tout sensiblerie, nous offrant une multitude de personnages qui donne encore plus d'épaisseur au récit.Un roman poignant, ou le bruit des canons étouffe le cri des hommes.
Prix Interallié en 1991, Jean-Pierre Jeunet a réalisé une adaptation assez honnête, même si l'émotion du roman est bien plus forte.
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Pixie-Flore
  16 janvier 2013
Amoureuse inconditionnelle du film tiré de ce livre, je me devais de l'avoir en ma possession.
J'ai été assez surprise par certains détails qui diffèrent dans les deux versions. Certains détails qui auraient été facilement adaptables au cinéma. Rien de bien méchant néanmoins.
Ce livre qui retrace une belle histoire d'amour après les affres de la Première Guerre mondiale est un petit bijou rempli d'émotions, d'humour et d'une écriture magnifique. J'ai adoré suivre les différents personnages, retracer peu à peu avec Mathilde, leurs histoires, leurs douleurs. C'est une sorte d'enquête améliorée où l'amour a une place centrale pour chacun des personnages sans jamais néanmoins tomber dans un pathos dégoulinant.
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linabdl
  03 février 2013
J'avais envie de découvrir ce livre depuis un bon moment. J'ai étudié quelques extraits dans mon cours de français, extraits qui m'avaient bien plu puisque je me suis décidée à acheter ce livre. Clin d'oeil à la couverture que je trouve magnifique. La photographie est très jolie, et étant une éternelle romantique, je fonds devant ces deux amoureux !
Nous découvrons l'histoire de Mathilde et Manech, deux jeunes amoureux que la guerre a séparé. Mathilde n'a plus aucune nouvelle de Manech et va tout faire pour le retrouver...
Je suis rentrée dans l'histoire dès les premières lignes. Sébastien Japrisot a un style assez « oral ». A la manière d'une voix off dans un film, il nous raconte cette très belle histoire avec poésie, délicatesse et émotion.
C'est une histoire d'amour, mais pas que. On en apprend beaucoup sur la guerre, sur les conditions de vie des civils et des soldats. Étant une fan d'histoire, autant dire que j'ai adoré ! Sébastien Japrisot dénonce les horreurs et les absurdités commises durant cette guerre d'une violence de masse.
Le personnage de Mathilde m'a beaucoup touché. Elle souhaite à tout prix savoir la vérité, elle veut comprendre et elle va consacrer des années de sa vie à mener une enquête alors que beaucoup de monde autour d'elle lui conseille d'arrêter. Je me suis sentie très proche d'elle, elle croit en ses sentiments, elle est forte malgré sans handicap, elle est déterminée et j'ai partagé sa douleur. Je me suis beaucoup attachée à elle.
J'ai apprécié l'ensemble des personnages, mais je les ai trouvé bien trop nombreux pour pouvoir les aimer à leur juste valeur, et c'est en partie à cause de cela que ce n'est pas un coup de coeur.
C'est une enquête qui progresse lentement, mais sûrement, il y a quelques rebondissements auxquels on ne s'attend pas forcément. Nous découvrons des lettres de différents personnages, et j'ai beaucoup apprécié le fait que Sébastien Japrisot se mette bien et totalement dans la peau de ceux-ci.
Néanmoins, la fin m'a laissé perplexe. Ce n'est ni une happy end, ni la fin à laquelle on s'attend. J'avoue que Sébastien Japrisot m'a surprise avec son dénouement auquel je ne m'attendais pas du tout. Il faut relire aussi certains passages, car malgré tout, ce livre est assez complexe.
Le style d'écriture de l'auteur est très doux, mais aussi poignant et d'une force qui fait que le lecteur est captivé. C'est poétique, c'est élégant, c'est hors du commun. C'est en parti grâce à ce style d'écriture que c'est un livre d'une extrême beauté.
C'est un roman poignant et bouleversant qui ne m'a pas laissé indifférente, j'ai eu les larmes aux yeux à plusieurs reprise. le film réalisé par Jean-Pierre Jeunet, avec Audrey Tautou dans le rôle de Mathilde et Gaspard Ulliel dans le rôle de Manech est fidèle au livre hormis quelques détails. le film est tout aussi touchant, je vous le conseille vivement aussi !
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kuroineko
  29 octobre 2017
Classe de seconde 7 au lycée, mon professeur de français, connaissant mon amour des livres et des bonnes histoires, pose le volume au titre énigmatique devant moi. C'est son propre exemplaire. Il me dit juste de le lire, que ça va me plaire. C'était un vendredi. Lundi matin, je le lui ramène en le remerciant. de son prêt mais surtout de son esprit de partage.
Car c'était effectivement une belle et grande histoire que ce Long dimanche de fiançailles. Une histoire où l'Histoire commet des ravages et déchiquète entre ses mâchoires d'acier la chair humaine et les fragiles sentiments.
1917, la grande Guerre, cinq hommes dont un presque gamin sont condamnés à mort et envoyés dans le no man's land entre les fronts pour y mourir. le Bleuet, c'est Jean, l'amoureux de Mathilde.
Celle-ci, vingt ans et un courage inexorable, remuera ciel et terre pour connaître la vérité et savoir ce qu'il est advenu de son fiancé.
Le roman de Sébastien Japrisot est une ode à l'amour et à la persévérance. Hommage également à l'espérance au-delà de tout et contre tout (voire tous). C'est aussi la démonstration magistrale des horreurs de la guerre. le personnage de Mathilde est éblouissant par la détermination dont elle fait preuve. A quinze ans comme maintenant, je ne puis que m'incliner devant la force de cet amour.
Pari risqué de l'auteur car son récit aurait pu tomber dans des excès de sensiblerie. Mais la plume de Monsieur Japrisot ne dévie jamais de l'équilibre requis. du grand art qui, par-delà les années qui me séparent de cette lecture, continue de m'émerveiller.
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Citations et extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
Choue123Choue123   21 juin 2011
"Mathilde ne sait si Manech l'entendait, dans le brouhaha de son enfance, dans le fracas des grandes vagues où elle plongeait à douze ans, à quinze ans, suspendue à lui. Elle en avait seize quand ils ont fait l'amour pour la première fois, un après-midi d'avril, et se sont juré de se marier à son retour de la guerre. Elle en avait dix-sept quand on lui a dit qu'il était perdu. Elle a pleuré beaucoup, parce que le désespoir est femme, mais pas plus qu'il n'en fallait, parce que l'obstination l'est aussi. Il restait ce fil, rafistolé avec n'importe quoi aux endroits où il craquait, qui serpentait au long de tous les boyaux, de tous les hivers, en haut, en bas de la tranchée, à travers toutes les lignes, jusqu'à l'obscur capitaine pour y porter des ordres criminels. Mathilde l'a saisi. Elle le tient encore. Il la guide dans le labyrinthe d'où Manech n'est pas revenu. Quand il est rompu, elle le renoue. Jamais elle ne se décourage. Plus le temps passe, plus sa confiance s'affermit et son attention. Et puis, Mathilde est d'heureuse nature. Elle se dit que si ce fil ne la ramène pas à son amant, tant pis, c'est pas grave, elle pourra toujours se pendre avec."
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CarolutinCarolutin   12 décembre 2016
La maison de Juliette Desrochelles est sous les arbres, sur une colline, tout près de là, de pierres grises, au toit de tuiles plates, avec un petit jardin devant, un plus grand derrière. Il y a beaucoup de fleurs.
Quand Mathilde est dans la maison, assisse dans sa trottinette, qu'on en a fini des supplications, des larmes et des bêtises, elle demande à Juliette Desrochelles, sa future belle-mère, de la pousser jusqu'au jardin de derrière, où Manech est en train de peindre, et de la laisser seule avec lui un moment. Il est prévenu de sa visite. On lui a dit qu'une jeune fille qu'il a beaucoup aimée vient le voir. Il a demandé son nom, qu'il a trouvé beau.
Quand Juliette Desrochelles et Sylvain se retirent, Mathilde est à vingt pas de lui. Il a les cheveux noirs, tout bouclés. Il lui paraît plus grand qu'elle ne s'en souvenait. Il est devant une toile, sous un appentis. Elle a bien fait de ne pas se mettre du noir sur les cils.
Elle essaye de s'approcher de lui, mais le chemin est de gravier, c'est difficile. Alors, il tourne la tête vers elle et la voit. Il pose son pinceau et s'approche, et plus il s'approche, plus il s'approche, plus elle se félicite de n'avoir pas mis de noir à ses yeux, elle ne veut pas pleurer mais c'est plus fort qu'elle, un moment elle ne le voit plus venir qu'à travers des larmes. Elle s'essuie vite. Elle le regarde. Il est arrêté à deux pas. Elle pourrait tendre la main, il s'approcherait encore, elle le toucherait. Il est le même, amaigri, plus beau que personne, avec des yeux comme Germain Pire l'a écrit, d'un bleu très pâle, presque gris, tranquilles et doux, avec quelque chose au fond qui se débat, un enfant, une âme massacrée.
Il a la même voix qu'avant. La première phrase qu'elle entend de lui, c'est terrible, il lui demande: "Tu peux pas marcher?"
Elle bouge la tête pour dire non.
Il soupire, il s'en retourne à sa peinture. Elle pousse sur ses roues, elle se rapproche de l'appentis. Il tourne à nouveau les yeux vers elle, il sourit. Il dit: "Tu veux voir ce que je fais?"
Elle bouge la tête pour dire oui.
Il dit: "Je te montrerai tout à l'heure. Mais pas tout de suite, c'est pas fini."
Alors, en attendant, elle s'adosse bien droite dans sa trottinette, elle croise les mains sur ses genoux, elle le regarde.
Oui, elle le regarde, elle le regarde, la vie est longue et peut porter encore beaucoup plus sur son dos.
Elle le regarde.
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MarieAliceMarieAlice   03 décembre 2010
En vraie femme, elle s'est parée du mieux qu'elle a pu, en blanc pour faire fraîche, un peu de rouge aux lèvres pour la circonstance, les sourcils faits, les dents éclatantes, mais surtout pas de noir pour allonger les cils, elle sait ce que ça donne quand on craque.
[...] Quand Juliette Desrochelles et Sylvain se retirent, Mathilde est à vingt pas de lui. Il a les cheveux noirs, tout bouclés. Il lui paraît plus grand qu'elle ne s'en souvenait. Il est devant une toile, sous un appentis. Elle a bien fait de ne pas se mettre du noir sur les cils.
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ladesiderienneladesiderienne   30 novembre 2014
Une autre vie, c'est les chats. Mathilde en a six, et Bénédicte un, et Sylvain un, ce qui fait huit bonheurs dans la maison et pas mal de petits chats et de petites chattes qu'on donne aux amis méritants. Les chats de Mathilde s'appellent Uni, Due, Tertia, Bellissima, Voleur et Maître Jacques. Aucun ne ressemble à l'autre, sauf que tous supportent Mathilde, jamais ils ne la regardent de travers. Le chta de Bénédicte, Camembert, est le plus intelligent mais aussi le plus gourmand, il lui faudrait un régime pour maigrir. La chatte de Sylvain, Durandal, est une pécore, elle n'adresse même pas la parole à Bellissima, sa fille, qui en souffre et ne la quitte pas d'un poil de queue. Mathilde, qui appréhende toujours l'avenir, voudrait que les chats vivent plus longtemps.
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MarieAliceMarieAlice   27 novembre 2010
Au soir, dans son lit, Mathilde rêve que son petit pêcheur la promène sur le chemin du lac dans la forêt et dans les rues de Cap-Breton, et les dames sur leur porte disent : "Qu'ils sont beaux, tous les deux, regardez cette amitié infectible!"
Quand elle saura, par Maman, qu'infectible n'existe pas, elle sera très déçue, elle fera dire aux dames : "Regardez cette amitié infectieuse", et, plus tard "Cet amour infecté."
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Videos de Sébastien Japrisot (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sébastien Japrisot
Le Passager de la pluie. Bande annonce. Film réalisé par René Clément, sur un scénario original de Sébastien Japrisot, sorti en 1970 avec Charles Bronson, Marlène Jobert et Annie Cordy.
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Sébastien Japrisot

Sébastien Japrisot est le pseudonyme et l'anagramme de :

Jean-Baptiste Risso
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