AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Anne Wicke (Traducteur)
ISBN : 2226179763
Éditeur : Albin Michel (22/08/2007)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 142 notes)
Résumé :
« Un homme coincé entre deux mondes vit et meurt seul. Cela fait assez longtemps que je vis ainsi, en suspension. »

Avec ce premier roman brillant et sensible, Dinaw Mengestu, jeune écrivain américain d’origine éthiopienne, s’impose d’emblée comme un auteur majeur. L’exil, le déracinement sont au cœur de ce roman qui révèle un extraordinaire talent d’écriture et une maturité singulière.

Le jeune Sépha a quitté l’Éthiopie dans des circon... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (41) Voir plus Ajouter une critique
Ziliz
  15 février 2018
A dix-neuf ans, en 1987, Sépha a fui l'Ethiopie en pleine guerre civile. Il vit désormais aux Etats-Unis depuis une quinzaine d'années. Après de courtes études financées par son oncle également émigré, Sépha tient une épicerie dans la banlieue de Washington. Il retrouve régulièrement deux amis africains : Joseph, serveur dans un restaurant, et Kenneth, ingénieur. Ensemble ils boivent de la bière, jouent aux cartes et aux échecs, et testent cyniquement leurs connaissances sur les dictatures africaines.
Une jeune femme blanche, Judith, et sa fille de onze ans Naomi, métisse, viennent s'installer près de chez Sépha. Naomi lui rend souvent visite dans son épicerie, elle est capricieuse, drôle, intelligente. Ensemble, ils lisent à haute voix Les frères Karamazov. Sépha tombe rapidement amoureux de Judith et guette le moindre signe en retour...
La lecture de ce roman a été particulièrement fastidieuse. Peut-être est-ce dû à une pudeur/douleur de l'auteur qui n'évoque vraiment son pays et les atrocités dont il a été témoin qu'en fin d'ouvrage ?
Il y a des passages et des réflexions intéressants, émouvants : les lettres de son oncle aux présidents américains, la perception de l'Amérique comme terre d'accueil, différente pour Kenneth qui n'avait rien en Afrique et pour Sépha dont le père était avocat. La fin tragique du père de Sépha est également bouleversante...
Mais hélas, j'ai surtout rencontré beaucoup trop de longueurs : le quotidien de l'épicier dont le magasin périclite, les descriptions de la ville, les considérations sur l'oncle, les impressions sur le bus, etc.
Je ne suis pas du tout en phase avec ce style d'écriture - lente, faite d'allers-retours...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          311
sylvaine
  14 mai 2012
Stephanos a immigré aux USA .Il vient d'Ethiopie, pays qu'il a dû quitter après la mort de son père, avocat influent assassiné pendant la révolution.15ans plus tard il a acheté une petite épicerie dans un quartier noir et pauvre de Washington D.C. situé à seulement 20 blocs de la Maison Blanche. Dans son rêve de se construire une vie à l'américaine il a eu le soutien de ses 2 amis immigrés eux aussi Kenneth le Kenyan et Joseph venu du Congo.
Le quartier où Stephanos vit et travaille commence à changer.
Les familles pauvres, toujours noires, quittent le quartier ou en sont expulsées. Arrivent pour les remplacer des familles plus aisées et blanches .De là à se sentir envahis il n'y a qu'un pas !
La nouvelle voisine de Stephanos, Judith, blanche, débarque à Logan Circle avec sa fille Naomi métisse
Stephanos va tomber sous le charme de la mère et de la fille et commence à se questionner sur sa position dans la société américaine ; quel avenir pour son épicerie qui périclite ?; lui faudra-t-il repartir au pays et rejoindre sa mère et son frère ? Quelle place un Africain comme lui, riche de son histoire de son passé peut-il trouver au sein de cette population noire américaine ?
Avec beaucoup de finesse et de talent ce jeune auteur américain d'origine éthiopienne nous relate l'histoire universelle de l'homme .déplacé au gré des évènements politiques
J'ai été conquise par ce récit ; j'ai aimé l'atmosphère tout à la fois fataliste et optimiste .Pour moi ce premier roman est une réussite et Dinaw Mengestu un auteur à suivre
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          280
Titania
  22 novembre 2017
« Par un pertuis rond je vis apparaître
Les belles choses que porte le ciel
Nous avançâmes et une fois encore, vîmes les étoiles »
C'est le blues de l'exilé, le spleen du migrant, la complainte des rêves brisés, l'espoir déçu d'une vie meilleure promise par cette sortie de l'enfer décrite dans ces vers de Dante.
Flotter entre deux mondes, ne plus trop savoir qui on est et où on va, car la douleur de l'exil est encore trop forte, telle est l'émotion diffuse qui imprègne ce roman sur la vie de Sepha Stephanos, un immigré éthiopien installé comme épicier dans un quartier en rénovation de la capitale américaine .
Sepha, le narrateur raconte ses amis, Kenneth, le Kenyan et Joseph, le zaïrois, avec lesquels il partage de mémorables soirées bien arrosées à jouer au quizz des dictateurs et des coups d'état de leur continent. Tous les trois ne font pas que vivre la pauvreté en Amérique, avec des petits boulots mal payés, des études surréalistes, ils disent aussi le mal du pays, l'isolement, le manque des proches, les rêves vite déçus. Les mérites comparés des colonels et des généraux pour faire des dictateurs accomplis est plein d'un humour désabusé.
Sepha raconte aussi le déclassement brutal de l'exilé politique qui est parti du jour au lendemain, suite à l'irruption des soldats dans sa vie, son père battu à mort , sa ville à feu et à sang. C'était le coup d'état d'un sinistre colonel, Mengistu Haile Mariam, qui a déboulonné un empereur d'opérette, le récit fait froid dans le dos.
Pas facile de se stabiliser dans un environnement en constante évolution. Autour de l'épicerie le quartier change, plus de mixité raciale et sociale, avec l'arrivée de Judith et Naomi, une amitié compliquée, mais aussi plus d'expulsions des pauvres. Le temps semble arrêté dans l'épicerie autour de la lecture de grands auteurs.
Un très beau roman, lent au début qui chemine dans les méditations et la dépression latente de son narrateur à la recherche de son point d'équilibre, observateur de son monde, qui nous parle de toutes sortes de fractures, sociales, raciales, familiales, culturelles, et comme si les conflits qu’on croit lointains pouvaient couver aussi autour des immeubles vétustes d'une Amérique en panne de rêves .
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          200
litolff
  13 août 2012
Un description très fine de la situation d'un immigré africain aux Etats-Unis.
Qu'est-ce que l'exil, qu'implique au quotidien le fait d'être étranger ?
Dans ce roman, l'auteur dépeint avec beaucoup de réalisme la souffrance intérieure et la régression sociale qu'implique l'arrivée dans un nouveau pays, la difficulté à s'ancrer quelque part, à se faire des amis dans une société matérialiste peu portée à l'empathie.
On suit avec un peu de tristesse les efforts désarmants de Sepha de ses compagnons d'infortune pour tenter de s'intégrer et de trouver enfin une raison de vivre dans ce pays hostile et déshumanisé, le fatalisme qui finalement aura raison de Sepha... Triste et attachant.
Commenter  J’apprécie          210
Loutre_des_Rivieres
  13 juillet 2012
Les mots du narrateur Stepha Stephanos, immigré éthiopien, sont d'une grande beauté mais aussi d'une grande douleur. Ils expriment la solitude, la nostalgie dans un monde où il n'a pas vraiment trouvé sa place. Stepha est arrivé à 19 ans à Washington, après avoir vécu la mort violente de son père, lié au problèmes politiques de l'Éthiopie. Il travaille comme bagagiste, fait quelques études, habitant chez un oncle silencieux, dans une banlieue lointaine. Il finit par devenir propriétaire d'une petit épicerie dans un quartier pauvre de Washington. Les affaires ne sont pas glorieuses et à part les rencontres hebdomadaires avec ses deux amis africains, rencontrés à son arrivée, Stepha s'enlise dans les habitudes, la tristesse, et l' isolement. Survient alors, une jeune femme et sa fille, nouvelle habitante du quartier, qui se lient d'amitié avec Stepha et qui lui apporte un certain espoir, et une grande joie de vivre. Seulement, les espoirs ne sont pas toujours comblés.
Commenter  J’apprécie          140
Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
litolfflitolff   06 décembre 2010
'Si ça te manque tellement, lui hurla-t-il un jour, pourquoi tu n'y retourne pas ? Comme ça t'auras plus besoin de dire sans arrêt, 'C' est comme l'Afrique', et 'On dirait l'Afrique'. Mais tu veux pas y retourner. Tu préfères que ça te manque confortablement ici plutôt que la détester chaque jour sur place.' Joseph n'avait rien à répondre à cela. Pour une fois, sa grandiloquence symbolisante le dépassait, lui aussi. Les mots 'Voilà ce que c'est qu'être Africain' planaient sans cesse au-dessus de toute conversation que pouvait avoir Joseph. C'était parfois miraculeux, sa façon d'arriver à caser ces mots-là. Il n'y avait pas de sport au monde qu'un esprit africain ne pût comprendre mieux que personne.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
saphoosaphoo   21 novembre 2009
Il y a quelque chose de perturbant dans le printemps à Washington, comme un conte édifiant mettant en garde contre une trop grande complaisance et des attentes trop fortes, qui semblent inscrites dans l’herbe et dans les arbres. Je croyais avoir appris depuis longtemps à juguler ces attentes, mais ça n’empêche rien, pars vrai ? Nous oublions qui nous sommes et d’où nous venons, et nous croyons avoir droit à beaucoup plus que ce que l’on mérite
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
NuageuseNuageuse   10 janvier 2018
Kenneth marche jusqu'à la carte de l'Afrique que j'ai scotchée au mur, juste à droite de la porte. Elle est vieille d'au moins vingt ans, peut être plus encore. Les frontières et les noms ont changé depuis l'époque où elle a été faite, mais les cartes, comme les images et les journaux intimes, ont une sorte de qualité intrinsèque de nostalgie qui fait qu'elles ne sont jamais tout à fait obsolètes. Les pays sont tous colorés suivant un code et la tête pendante et butée de l'Afrique ressemble à celle d'une femme enveloppée d'un turban.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
litolfflitolff   06 décembre 2010
'Si ça te manque tellement, lui hurla-t-il un jour, pourquoi tu n'y retourne pas ? Comme ça t'auras plus besoin de dire sans arrêt, 'C' est comme l'Afrique', et 'On dirait l'Afrique'. Mais tu veux pas y retourner. Tu préfères que ça te manque confortablement ici plutôt que la détester chaque jour sur place.' Joseph n'avait rien à répondre à cela. Pour une fois, sa grandiloquence symbolisante le dépassait, lui aussi. Les mots 'Voilà ce que c'est qu'être Africain' planaient sans cesse au-dessus de toute conversation que pouvait avoir Joseph. C'était parfois miraculeux, sa façon d'arriver à caser ces mots-là. Il n'y avait pas de sport au monde qu'un esprit africain ne pût comprendre mieux que personne.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
noornoor   20 février 2015
-J'ai déjà bu une bouteille de vin. C'était mon cadeau de Noël, au travail. Deux bouteilles de rouge bon marché que personne ne commande jamais.
-Mais tu l'as bu quand même.
-Bien sûr. Je suis un homme qui a du goût, pas des moyens. Je l'ai bu en lisant du Rilke en allemand.
Commenter  J’apprécie          90
Videos de Dinaw Mengestu (45) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dinaw Mengestu
Bret Anthony Johnston et Dinaw Mengestu à la librairie Millepages pour le festival America le 13 mai 2016
autres livres classés : littérature éthiopienneVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





.. ..