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André Gabastou (Traducteur)
EAN : 9782923682044
212 pages
Éditeur : Les Allusifs (01/08/2010)

Note moyenne : 3.6/5 (sur 26 notes)
Résumé :
La haine et la rancoeur peuvent ronger un être jusqu’à le détruire. C’est ce qui arrive à doña Lena Mira Brossa, épouse d’Erasmo Mira Brossa, avocat, président du Parti national hondurien, et mère d’une fille unique, Teti. Ses griefs envers ses proches se sont accumulés au fil des années. Les frustrations sont telles que le mariage de sa fille Teti, met le feu aux poudres : elle épouse Clemente, divorcé, beaucoup plus âgé qu’elle et qui, comme si c’était trop peu, e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
Bookycooky
  13 janvier 2019
Folie et Fureur chez les Mira Boss, années 60.
Moyà toujours avec la même verve ( chez lui les demi-mesures n'existent pas :)), nous entraîne dans cet opus, au sein d'un couple hondurien. Lui, chef du parti national, politicien de renom, elle, ex-journaliste, propriétaire d'une plantation de café.
C'est le jour de mariage de leur fille. Elle épouse un communiste salvadorien de vingt-quatre ans son aînée. Un gendre âgé, communiste et de surcroît salvadorien, pour la mère c'est la cata, pour sa dignité et sa réputation, mais aussi pour celles de sa famille et même de son pays ! Résultat, elle en robe de chambre, les cheveux en bataille, déchaînée ( une furie que je ne souhaite à personne d'avoir comme femme ou mère ! ), lui enfermé à double tour par elle dans les cabinets, pour l'empêcher de se rendre au mariage, et à travers la porte......Règlements de comptes à OK Corral !
La suite en sera encore pire, avec l'enveniment du conflit Honduras-Salvador. Leur fille mariée ayant suivi son mari dans son pays, la furie va perdre les pédales.....
Un texte qui débute très fort, où Moyà n'y va pas de main morte ! C'est une traduction, donc difficile d'en juger pleinement, mais les mots tapent fort. "Une putain gonorrhéique, taré, pédé, bandes de médiocres, canaille ...." tout est bon pour l'insulte. Une histoire foisonnante, étalée sur trente ans, où il y a aussi meurtre, suspens, guerre...que Moyà nous raconte en trois temps et trois formes narratives divers; une première partie qui rappelle celle d'une pièce de théâtre, une seconde, épistolaire, et une troisième de témoignage, et tout ça en 190 pages.
Une féroce satire du mariage, des relations mère-fille, des conventions sociales superficielles où l'apparence prime sur le fond, de l'hypocrisie politique, des préjugés qui nous aveuglent et glacent notre cerveau, de la fausse information, de la bêtise des masses qui commet l'irréparable, des gouvernements de pacotille......dans une partie du monde qui chauffe.....Mais au fond, Honduras, San Salvador.....le décor de fond n'y change rien , la bêtise humaine est universelle où qu'on y va !
C'est son quatrième livre que je lis, un seul mot pour le décrire, il est Génial !
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viou1108
  14 août 2018
"Effondrement" commence par une scène de ménage d'anthologie.
Nous sommes au Honduras en 1963, dans une famille bourgeoise aisée et bien comme il faut. C'est le jour du mariage de Teti, 25 ans, fille unique des Mira Brossa.
Mais quel peut donc bien être l'objet de la dispute, dans ce milieu feutré ? le mariage lui-même, pardi ! Teti va épouser Clemente, deux fois son âge, divorcé, salvadorien et, last but not least, communiste. C'en est trop pour Doña Leña, la mère, qui refuse d'assister à cet événement proprement scandaleux qui jette la honte sur son nom et la réputation de la famille. Et comme cela ne suffit pas, elle décide que Don Erasmo, son mari, accessoirement père de la mariée, avocat et président du parti nationaliste hondurien, n'y assistera pas non plus. Ni une ni deux, Doña Leña l'enferme dans la salle de bain. S'ensuivent des dialogues d'une drôlerie et d'une violence inouïes, menés par une harpie enragée, paranoïaque, hystérique et asphyxiante. C'est tendu et jouissif.
Nous sommes ensuite en 1969, au Salvador, où Teti et son mari ont déménagé juste après leur mariage pour échapper à l'emprise de Doña Leña. Pourtant, la sérénité n'est pas de mise : la situation entre les deux pays est électrique, et la relation mère-fille est à peine plus calme. Pendant que la guerre se prépare de chaque côté de la frontière, celle des Mira Brossa n'a jamais cessé. A travers les lettres échangées par Teti et son père, on apprend que Doña Leña, toujours aussi hystérique, harcèle sa fille pour qu'elle rentre au pays en raison du contexte politique de plus en plus compliqué, tout en la traitant de façon odieuse. Malgré l'assassinat de Clemente dans des circonstances étranges, la candide Teti résiste. C'est un peu moins tendu, un peu moins jouissif, un peu plus dramatique.
Nous sommes enfin en 1991, au Honduras, dans la propriété de Doña Leña, désormais vieille, veuve, isolée, et hystérique comme jamais. Un des domestiques, Mateo, retrace le fil des événements de la dernière décennie, au cours de laquelle Doña Leña, perfide vipère jusqu'au bout, aura fait le vide autour d'elle, provoquant la dispersion du patrimoine familial et l'éparpillement définitif des derniers Mira Brossa. C'est encore un peu moins tendu, plus dramatique, et surtout plus triste.
Trois parties, trois genres, du théâtre de vaudeville, du roman épistolaire, et du roman plus classique et linéaire. La tension baisse au fil du temps, mais on ne va pas vers l'apaisement. On assiste à un effondrement progressif et inexorable d'une famille et d'une femme qui aura causé sa propre perte au cours d'une vie vouée au ressentiment, aux frustrations, à la méchanceté et, à nouveau, à l'hystérie. La triste fin de Doña Leña, riche mais seule et sans amour, contraste avec la joie simple de Mateo, son domestique, tout heureux de fêter en famille son petit héritage.
Chronique d'une vie gâchée à pourrir celle des autres, "Effondrement" dresse un portrait mordant de la classe possédante hondurienne, avec en toile de fond l'un des innombrables épisodes de violence qui ont secoué l'Amérique centrale.
Au fil de ses romans, Castellanos Moya construit une oeuvre dans laquelle il observe les névroses d'individus coincés dans des sociétés tourmentées par des conflits en tous genres. "Effondrement" en est une nouvelle pièce maîtresse.
En partenariat avec les éditions Métailié.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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gonewiththegreen
  18 novembre 2019
Au début des années 60 au Honduras, la fille d'un politicien de renom se marie avec un Salvadorien, bien plus âgé. Ce que n'accepte pas Lena, la mère de la mariée. Insultant tout ce qui passe à sa portée , elle fait tout pour empêcher son mari d'assister à la cérémonie mais également tout pour éviter le départ de son petit fils Eri "avec sa trainée de mère et cette ordure de salvadorien".
Roman construit de façon originale puisqu'il se décline en trois parties.
La première au début des années 60 dans la capitale hondurienne dont j'ai la flemme de chercher l'orthographe exacte, la seconde sous forme de roman épistolaire entre 1969 et 1972 et enfin la troisième au début des années 90 , à nouveau au Honduras sous forme de récit d'un jardinier. le tout reste harmonieux et finalement apporte une plus valu à l'ensemble.
Ce livre , au delà des relations mère enfant et de la folie qui peut en résulter, au delà des complots politiques , est une porte ouverte à la compréhension de la guerre dans cette partie du globe (si l'on se donne un peu de volonté pour se renseigner). L'auteur, à travers les lettres de la mariée, plutôt pleine de candeur, décrit la bêtise humaine d'une guerre fratricide qu'aucun compromis ne semble pouvoir éviter. La description de la montée des rancoeurs autour d'un pauvre match de foot renforce le sentiment général de connerie humaine !
Livre intéressant dans sa structure , dans son apport historique mais aussi pour tout ce qu'il contient d'autre en 200 pages
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bilodoh
  17 janvier 2020
En Amérique centrale, une famille déchirée par les soubresauts de l'histoire, un auteur né au Honduras qui a passé sa vie au Salvador.
Le livre raconte l'histoire d'une riche famille du Honduras, une mère névrosée (zut, encore une!), désespérée que sa fille épouse un Salvadorien divorcé. Après le mariage, la fille ira vivre au Salvador d'où elle correspondra avec son père.

Au-delà des chicanes de famille, le roman est témoin de l'histoire. Des pays voisins qui semblent pourtant avoir tout en commun, mais où surgit un nationalisme belliqueux, alimenté par le fanatisme sportif et les médias qui attisent la haine. On expulse les Salvadoriens du Honduras, et c'est la guerre. Une petite guerre de cent heures, mais quand même trois mille morts et des pertes matérielles importantes. Et surtout, des pays alliés devenus ennemis, des économies qui s'effondrent, toujours à la merci des grandes entreprises étrangères…

Un roman qui incite à chercher à en savoir plus sur ces petits pays dont on ne sait souvent que très peu de choses.
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Fuyating
  22 février 2020
Agréable surprise que ce livre de Horacio Castellanos Moya ! Quelle verve ! le ton est donné dès les premières pages dans lesquelles nous découvrons Dona Lena dans toute sa splendeur : insultes plus colorées les unes que les autres envers sa fille qui ose se marier avec un communiste salvadorien, "déshonorant la réputation de cette bonne famille hondurienne" dont le père est le chef du parti nationaliste.
J'ai beaucoup aimé la première partie qui se présente sous forme de pièce de théâtre et est particulièrement drôle, avec cette femme hystérique prête à tout pour empêcher son mari d'aller au mariage de leur fille. Plusieurs termes pourrait définir Dona Lena : hystérique, névrosée, vulgaire (il faut voir les insultes qu'elle dit!) et égoïste entre autres.
La deuxième partie sous forme épistolaire est beaucoup plus sombre : nous y découvrons les conflits entre le Honduras et le Salvador, la montée des tensions et l'absurdité humaine. Nous y voyons également l'hystérie grandissante de cette mère qui risque de compromettre sa fille et son gendre à tout moment. La jeune Teti est touchante dans sa candeur et sa profonde affection pour son père.
La troisième et dernière partie estt triste puisque nous assistons à la déchéance de cette fameuse mère, qui a fait le vide autour d'elle par sa méchanceté et ses insultes. C'est l'effondrement de sa famille, de ce qu'elle a bâti mais aussi de ses espoirs. Je suis vraiment attristée par son sort, mais surtout par son comportement : pourquoi tant de haine et de méchanceté ? Qu'est-ce que cela lui a apporté au final ? J'ai tout de même été touchée par son attente inassouvie de voir sa famille se réunir pour les fêtes tous les ans.
Ce livre est donc très intéressant de par les différentes formes qu'il prend en si peu de pages que par son contenu. Nous en apprenons plus sur l'histoire de ces pays que je connaissais très mal, tout en abordant des thèmes qui sont finalement universels.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
bilodohbilodoh   17 janvier 2020
… très souvent, dans l’histoire, ce n’est pas le bon sens qui nous permet de comprendre les agissements des hommes, parce que ce n’est précisément pas lui qui leur sert de guide. Ce n’est qu’en acceptant « the irrational in human history » que nous pouvons aspirer à trouver la vérité, comme le dit le grand Gibbon…

(Les Allusifs p.149)
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bilodohbilodoh   17 janvier 2020
… au début, je croyais que tout n’était que propagande des journaux, mais Clemen est tombé sur un autocollant distribué à Tegucigalpa qui dit : « Hondurien, prends un rondin et tue un Salvadorien ! » Comment est-ce possible, tant de haine, d’irrationalité ?

(Les Allusifs p.93)
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yv1yv1   13 mai 2011
Mon petit papa, je crois que vous, vous êtes une exception : je me souviens encore du jour où vous m'avez dit que la seule fois où vous vous étiez intéressé au football remontait à très loin, au début de votre carrière, [...] vous aviez convaincu les gringos de la compagnie de construire des terrains de football et de former des équipes pour que les journaliers ne passent pas leur dimanche à boire du ratafia et à s'entretuer à coups de machette dans les bistrots. Ce jour-là, j'ai compris que c'est un sport pour les ploucs et les brutes. (p.87)
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tristantristantristantristan   10 avril 2019
J'ai déjà demandé au chauffeur de s'en aller. Il vaut mieux que tu te détendes parce que tu vas rester enfermé au moins une heure, jusqu'à la fin de cette maudite cérémonie (...)
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