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EAN : 9782213726335
250 pages
Fayard (23/08/2023)
3.03/5   30 notes
Résumé :
Mère célibataire, enseignante épuisée, Sabrina perd ses nerfs en classe et sent son destin basculer.

Doctorant brillantissime en littérature comparée, Paul a pourtant renoncé à la possibilité d’une carrière académique pour aller vivre d’expédients dans un coin isolé d’Ardèche.

C’est là qu’il fait la connaissance d’Aurélien, agriculteur engagé que l’absurdité administrative et la ponction capitaliste poussent inexorablement vers la faill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
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Désespérant...
Il faut en effet une bonne dose d'optimisme pour sortir intact de cette lecture.
Une France dystopique (vraiment ?) où rien ne va : une prof des écoles qui perd son sang froid et en vient à molester un élève handicapé ; un doctorant qui ne trouve de travail qu'au rayon boucherie d'un supermarché au fin fond de l'Ar(dèche) ; un paysan à qui on a massacré les abricotiers...

Rien ne fonctionne dans cette France qui ressemble bien à celle de 2024, ou un peu avant, ou un peu après... Un étudiant s'immole devant l'Assemblée Nationale. La présidente en fin de second mandat tente de faire diversion. La révolte gronde. Elle éclate.
Elle sera réprimée dans le sang !

Que dire du style de l'auteur (autrice, à la mode actuellement, m'écorche les oreilles) , si ce n'est qu'il est vif, brut, sans dialogues. Un style - tel les abricots d'Aurélien tachés de pustules blanches - entaché d'une profusion de subjonctifs imparfait qui dénotent dans ce style un peu brut.

Et cette fin qui ne clôt qu'une des portes ouvertes de façon bâclée ?

Une raison d'espérer, malgré tout : si on commence à décrire notre monde de cette façon, tel qu'il est devenu, peut-être nos dirigeants parviendront ils à accepter ce diagnostic déprimant, première étape à l'élaboration de solutions pérennes...

Allons-y ! La voie des rêves est ouverte ; celle qui éloigne les cauchemars...
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Je suis très mitigée. Non pas que je n'ai pas aimé. Marion Messina décrit, à travers ses personnages, une société devenant de plus en plus difficile, dans laquelle il faut jouer des coudes pour réussir, notamment lorsqu'on fait partie des « petites gens ». Et cela, elle le réussit à merveille.

Mais… j'ai cru qu'il me manquait la fin ! Alors que j'attendais un dénouement pour chaque personnage, ou quelque chose de soudain, ça s'arrête là ! Mais quelle frustration ! Je sais bien que la mode est à ce genre de fin où l'écrivain laisse le lecteur imaginer, se débrouiller, mais j'avoue que je n'aime pas ça. Il y a ce petit goût d'inachevé.

Un grand merci à Netgalley et aux Éditions Fayard pour cette découverte.
Lien : https://promenadesculturelle..
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Se déroulant dans un futur pas si lointain, le second roman de Marion Messina offre une vision assez pessimiste de notre société. Si vous chercher du feel-good, passez directement votre chemin car vous ne le trouverez pas ici.

La France va mal, un étudiant s'immole devant l'Assemblée nationale entraînant la colère de la population dans tout le pays. La Présidente française ne réagit pas – comme on pourrait s'y attendre – à cette tragédie et aux problèmes égrenant la vie de ses concitoyens. Certains tentent vaille que vaille d'avancer dans leur vie, comme Sabrina, une enseignante au bord du gouffre émotionnel, ou Paul, doctorant, mais devenu boucher dans un coin perdu de l'Ardèche.

Écrite avec une plume piquante et acérée, cette histoire n'est pas si éloignée du quotidien de nombreux individus, là où la limite avant de perdre pied n'est pas très loin. Souvent évoqué de façon cynique, le lecteur ne peut s'empêcher d'avoir un petit sourire en coin face à l'absurdité de certaines situations qui sont pourtant criantes de vérités.

Ce livre traite finement du thème de la dépossession des droits et libertés des citoyens au nom d'hypothétiques questions de sécurité.

Dans sa globalité, j'ai apprécié cette lecture, surtout pour cette écriture et ce style si brute rendant originale cette lecture.

Par contre, j'ai été un peu déçue de voir arriver la fin de façon si brusque et de clore l'histoire en seulement quelques pages. Je l'ai trouvée un brin trop précipité, comparativement au reste où la narratrice, Marion Messina, prend le temps de poser ses personnages et ses idées. J'ai trouvé que c'était un peu dommage.
Lien : https://www.musemaniasbooks...
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Un titre Célinien pour un pamphlet qui embrasse à plein mots les oubliés, les inutiles, les sans voix, les non essentiels.
Dans la vraie vie, (mais peut-être l'avions nous oublié), le 12 novembre 2019, Anas, un étudiant de science Po très engagé politiquement s'immolait à Lyon. Pourquoi? Parce qu'Anas triplait sa seconde année, et que, pour un étudiant boursier, c'était fatal. L'administration lui ôtait toutes ses aides. de précaire, sa situation est devenue impossible, et son geste indicible a été son dernier acte politique.
Marion Massena s'est inspirée de ce drame pour construire son roman.
Etudiants suicidés, agriculteurs pendus, travailleurs domiciliés dans leur voiture, ils sont des milliers à vivre de plein fouet cette crise qui n'en finit plus, qui s'auto génère, laissant à penser qu'on assiste à la fin de règne d'une société délitée et en perte d'avenir.
A travers les vies de trois personnages, l'auteure dissèque au scalpel et sans anesthésie les travers innombrables qui font que les individus ne font plus société, et que le vivre ensemble s'est transmuté en une religion de l'instant, aseptisée et souvent virtuelle.
Il y a Sabrina, jeune institutrice qui élève sa fille en garde alternée. D'origine maghrébine, elle a grandi pétrie de valeurs familiales. L'échec de son mariage, incompatible avec l'ambition dévorante de son époux, l'éloignement de sa fille qui préfère les ors paternels aux câlins de sa maman l'ont épuisée. Et c'est sans compter sur les 39 enfants de sa classe dont les parents jouent les divas effarouchées à la moindre mauvaise note quand ils ne sont pas totalement absents, aspirés par la course des jours laborieux ou trop maigres.
Il y a Paul, un gars un peu lunaire, thésard et prof de lettres qui fait le choix de tout plaquer. Il est trop "lent" pour le système et son aversion des réseaux sociaux fait de lui un paria. Il se fera boucher de super U en Haute Ardèche, enfin serein, mais inquiet de constater la désertification de son étal, les consommateurs puisant aux rayons des périmés plus qu'à celui de l'entrecôte fraîche.
Et puis, il y a Aurélien, paysan depuis 100 générations, vissé à ses terres, qui tente de s'adapter, mais qui ploie sous le poids des normes sanitaires et des quotas qui se multiplient, se contredisent. Il observe impuissant l'abattage de ses chèvres en espérant sauver ses châtaigniers.
Le roman se déroule en 2025. La présidente est en plein second mandat. Quand un étudiant s'immole devant l'Assemblée Nationale et que le pays s'enflamme, elle a à peine un battement de cil pour déployer l'armée et réclamer un retour à la peine capitale. Parce que son crédo, c'est que l'État n'est pas là pour torcher les mômes en crèches ou les vieux en Ehpad. L'etat n'a pas vocation à assister le citoyen. L'état, c'est le poids économique du pays, sa place dans les échanges mondiaux. Et si elle gère le pays à coup de prospectives, de calculs et d'algorithmes, c'est pour le bien d'un capitalisme affamé et sans scrupules.

Journaliste indépendante, Marion Messina laisse libre cours à son indignation face à un système en bout de course où agonise le petit peuple pendant que quelques uns s'enrichissent à outrance.
On peut lui reprocher de forcer le trait quand, par exemple, elle fait tirer à balles réelles les forces de l'ordre. C'est oublier que cela s'est produit en Hollande en novembre 2021.
On peut aussi sans doute lui reprocher l'abscence de trame romanesque, tant il est vrai que les trajectoires des personnages se croisent peu et ne racontent pas une histoire.
Je préfère pour ma part lui reconnaître courage et lucidité. Je préfère saluer une écriture punchline qui met effectivement les tripes sur la table.
Et de finir par cette phrase prophétique de Pasolini mise en exergue du livre.
"Cette civilisation de consommation est une civilisation dictatoriale. En somme, si le mot fascisme signifie violence du pouvoir, la société de consommation a bien réalisé le fascisme."
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Livre de la rentrée littéraire de septembre, la quatrième de couverture m'a interpellée. Je me suis lancée dans cette lecture dont je ne pressentait pas autant de désespoir, de noirceur social et du peu d'espoir. Donc si vous n'avez pas le moral, ce roman n'est pas pour vous.

Le récit début par le suicide d'un jeune homme s'immolant devant un bâtiment représentant le pouvoir du gouvernement français. Pourquoi un tel geste de désespoir ? Une vidéo tournée par cet homme dénonçant la société, les riches et les jeunes bien nés intouchables. Il dénonce aussi le viol qu'il a subit par justement plusieurs de ces jeunes jamais inquiétés.
Ce geste va être la flamme allumant une mèche de dynamite. La société de ceux qui subissent, courbe l'échine, essaie de s'en sortir malgré tout, se révolte. Une révolte qui fait peur à la présidente française car elle met à mal sa politique. Il faut que cela cesse et vite.
C'est un chassé croisé de plusieurs personnages nous livrant leur vie, leur abattement et leur réaction suite à cet acte.

Ce roman est une anticipation car elle montre une société française proche de la notre dans le temps où tout espoir en l'avenir est étouffé dans l'oeuf. Beaucoup de passages font échos à l'actualité mais à force de vouloir montrer le pessimisme on se perd et on ne comprend pas où veut en venir l'autrice.
Les personnages n'ont aucune interaction entre eux à un moment donné du récit. Ça en devient très pesant à lire.
Une fois refermé ce livre, je ne sais quoi penser de cette lecture. Je ne peux pas dire que j'ai detesté mais je ne l'ai pas apprécié pour autant. Avis mitigé.
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critiques presse (1)
LeFigaro
06 octobre 2023
Le destin chaotique de héros du quotidien dont la vie bascule sous la pression des normes, des taxes, de la surveillance policière.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Les conversations au téléphone s'articulaient autour de ruptures que l'on voyait venir dès le premier jour, d'envies d'enfants pas vraiment sincères- un moutard sur le tard, pour ne pas mourir idiote, pour voir ce que ça fait: une nouvelle expérience consommateur à évaluer. Un gosse banal au prénom extraordinaire, un petit être fabriqué dans le moule unique duquel on extrait les éléments de la société tertiaire, un être humain monitoré dès la conception, assommé de musique classique censée rendre intelligent, conditionné pour racheter les échecs des parents, formaté pour être présenté au monde comme un génie, biberonné à l'ambition et au fiel, amorti comme un investissement dans les clubs de sport dès 3 ans, invité à tous les anniversaires, à l'aise dans la foule et le bruit, future star de n'importe quoi pourvu qu'il eût été une star. Le genre de gosse absolument normal, sursocialisé, que les parents rêvaient de faire un jour diagnostiquer haut potentiel intellectuel. Un enfant pataugeant dans la dissonance cognitive dès le berceau, encouragé à être le meilleur partout mais bercé par des discours anti-compétition.
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Retourner travailler lundi est impossible. Les arrêts de travail se négocient comme des otages. Elle doit démissionner. Elle n'a plus envie de composer avec une administration lâche qui lui envoie des courriels truffés de fautes. Elle n'est plus en mesure de supporter des parents odieux convaincus d'avoir enfanté Einstein ; endurer la compagnie de parents gentils mais qui ne comprennent pas un mot de français ; mettre à jour son lexique professionnel comme une commerciale ; accueillir des enfants qui auraient été mieux ailleurs ; essuyer les remontrances des uns et des autres ; passer pour une privilégiée ; faire un peu de tout, mal, sauf son travail correctement.
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On vante le libéralisme à l'américaine, la liberté de mener sa barque mais le modèle émergent est un hybride de laisser-faire et de despotisme administratif - on reste de grands enfants levant le doigt pour demander la permission d'aller pisser.
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Heureux de se délester de leurs mioches, bambins sur-stimulés dès le stade fœtal par des procréateurs compétitifs et hargneux, ils ne manquent pas de comparer l'école à un système carcéral tout en concoctant à leurs lardons des agendas de ministre. Ces semi-éduqués, seconds couteaux de boîtes de communication ou de publicité, ne cachent pas leur mépris pour Sabrina qui a enduré le même nombre d'années d'études qu'eux; ils la considèrent comme une nourrice que l'Etat met à leur disposition et entretiennent avec elle un rapport de client insatisfait.
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Dans cette civilisation du faux-semblant, l'homme sain est condamné à l'asile. Seule la culture de la liberté pourrait l'en extirper. Mais Sabrina a bien vu dans quel état sont les enfants, désireux, avides d'intégrer cette ronde macabre.
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Vidéo de Marion Messina
En cette rentrée littéraire, Marion Messina publie "La peau sur la table" aux éditions Fayard. Elle y dépeint un cheptel humain trop prompt à troquer la liberté contre l'illusion de la sécurité.
À cette occasion, la romancière s'est prêtée au jeu de notre interview Lire et écrire.
En savoir plus https://www.hachette.fr/videos/lire-et-ecrire-avec-marion-messina
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