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EAN : 9782290164907
Éditeur : J'ai Lu (22/08/2018)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Ma foi, qu'est-ce donc que la vie, la vie qu'on vit ? D'expérience, elle a la douceur d'un airbag en béton et la suavité d'un démaquillant à la soude, la vie ne serait-elle qu'une épaisse couche d'amertume sur le rassis d'une tartine de déception ? Pas moins, pas plus ? C'est en tout cas la démonstration que nous livre Marion Messina, l'Emmanuel Bove de ces temps, dans Faux départ, son premier roman. À ma gauche, Aurélie, à ma droite Alejandro ! Entre la Grenobloise... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
isabelleisapure
  29 novembre 2017
Pourquoi tant de noirceur, tant de pessimisme, tout est-il irrémédiablement foutu pour notre jeunesse ?
Bien sûr il y a les galères pour trouver des petits boulots afin de gagner des clopinettes en espérant se loger dans quelques mètres carrés, si l'on n'a pas la chance d'être financé par papa et maman.
Bien sûr, une fois le diplôme obtenu re-galère pour trouver un vrai travail débouchant sur un CDI, tellement bien représenté comme « le ciel » sur la marelle figurant sur la couverture de cet étrange roman.
Premier roman que j'ai beaucoup aimé, lu d'une traite comme aimantée par une écriture brutale, addictive et diablement efficace.
Marion Messina nous propose de suivre Aurélie, jeune étudiante grenobloise qui peine à trouver sa place dans le milieu modeste dont elle est issue, et qui se sent profondément seule. Grâce à sa maturité, elle décode déjà fort bien les mécanismes de la société française qui rendent difficile son ascension sociale malgré le discours politique qui promeut l'égalité des chances.
On la suit dans ses études, ses petits jobs, ses errances, ses amours, ses galères.
D'autres beaux personnages jalonnent ce livre : Alejandro, exilé colombien idéalisant son pays d'origine tout en ne voulant pas y retourner malgré la dureté de sa vie en France; Franck, quadra en mal d'amour; Benjamin qui semble apporter un peu de sérénité dans la vie d'Aurélie.
Sous des airs désabusés, cette Aurélie est fort attachante avec ses doutes et ses faiblesses. J'ai eu envie de la secouer et de lui insuffler un peu d'espoir tellement nécessaire pour se construire une belle vie d'adulte, même si elle n'est pas tous les jours facile.
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Commenter  J’apprécie          290
hcdahlem
  20 décembre 2017
Attention danger ! Les optimistes invétérés, les croyants aux lendemains qui chantent passez votre chemin. le premier roman de Marion Messina risque de vous plomber durablement. Ici, la chronique est amère, la vie difficile et l'avenir très sombre. Nous allons suivre Aurélie durant ses années post-bac. Celles que l'on se plaît à décrire comme les plus belles de la vie.
Mais il suffit de placer le projecteur sur les bancs de la fac de Grenoble pour constater que la plupart des étudiants ne sont pas là par vocation, ni même pour se construire un avenir, mais parce que la voie universitaire semble être, après le baccalauréat, le meilleur moyen d'entretenir l'illusion d'une brillante carrière. le poids des statistiques montre à lui seul le carnage qui s'annonce. Tout comme Aurélie qui ne comprend pas vraiment les cours qui lui dispensés et ne va tarder à s'en dispenser, la majorité de ses congénères rejoindra les rangs de pôle emploi avant d'avoir décroché un diplôme. Constat brutal et pourtant lucide sur la misère étudiante, ce roman est aussi la chronique du délittement des relations sociales.
Pas plus qu'on ne peut croire au plein emploi, on ne peut croire au grand amour. le sexe est d'abord un pis-aller, un dérivatif. Avec Alejandro, étudiant colombien débarqué par hasard en Isère, Aurélie aurait pourtant voulu y croire. Mais de galère en incertitudes et au bout d'une série d'échecs, elle choisit de tenter sa chance à Paris.
Dans la ville lumière, elle trouvera certes un premier emploi d'hôtesse d'accueil, mais surtout tous les problèmes inhérents à son statut précaire. Travailleuse pauvre obligée de quémander un toit, elle «se sentait connectée à tous les balayeurs, soudeurs, employés du bâtiment, dames pipi, chauffeurs de bus, distributeurs de journaux gratuits qui travaillaient déià quand elle se réveillait. Son tailleur mettait de la distance entre elle et eux, il aurait été difficile de leur expliquer que de nombreux smicards pouvaient travailler endimanchés; si les ouvriers et assimilés n'y voyaient que du feu, les principaux concernés voyaient très bien la différence dans la qualité de l'accoutrement.» Marion Messina fait tomber le masque et nous offre avec ce tableau détaillé un réquisitoire puissant contre ce système qui broie ceux que les politiciens appelent les «forces vives de la nation». Dur, dur !
Lien : https://collectiondelivres.w..
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Commenter  J’apprécie          200
PauvreType
  11 avril 2019
Colimasson, aux critiques pertinentes et acerbes, nous alerta dans une de ses contributions quant au danger que représentait la toute-puissance houellebecquienne. Il est vrai que depuis Extension du domaine de la lutte nous avons eu droit à bon nombre de romans dont le misérabilisme, le côté glaucque de la vie quotidienne, les courses au supermarché etc, qui nous rappellent le style de Michel. Ce livre est dans cette lignée. A ceci près que la gonzesse a un style bien particulier, que chaque phrase semble bien pesée et que son regard sur les études universitaires et toutes ces fadaises est intéressant. Et puis, une femme qui parle de cul c'est toujours sympathique.
Bref, venons-en au problème que j'ai eu avec ce livre : je suis affreusement jaloux. Il m'est arrivé d'envier le clodo en bas de chez moi parce qu'il fumait une clope et que moi je n'en avais pas. Là, c'est plus grave encore. Il n'aura pas échappé à mes admiratrices, ici présentes, que j'ai des velléités littéraires. Aussi, je ressens une immense aversion pour les jeunes auteurs, d'autant plus qu'en ce moment je suis dans la panade. Voici le quotidien d'un écrivain non publié.
Les nouvelles ça va un temps mais il faut se laver et le roman permet, au moyen du langage et du scénario, de faire un catalogue de ses névroses ; de raconter ses saloperies en se donnant un nom différent ; de ne pas se contenter de l'atrocité de la vie réelle qui n'a rien à nous offrir sinon qu'un mauvais brouillon d'un mauvais roman. Kundera vous expliquerait ça mieux que moi.
Après avoir mis un point final à mon roman, L'impossibilité que ça se nomme, j'ai eu la folle idée de tout relire, prendre des notes pour corriger certains détails, vérifier si je n'ai pas commis quelques maladresses syntaxiques, orthographiques ou scénaristiques. Bref, un boulot assez fastidieux mais ne bandant pas beaucoup en ce moment, chaque tâche à accomplir apparaît comme une bénédiction.
Je n'ai aucune vanité, je vous le jure, mais je croyais que cela n'était que formalités. Pas une seconde je n'ai pu songer au fait que je m'étais PLANTÉ. Très vite, j'en eus la certitude. Si le ton était là, si ce que je voulais raconter l'était aussi, il m'apparut qu'il manquait quelque chose pour rendre le livre parfait. J'entends par parfait : le meilleur que je puisse donner. Ce quelque chose tenait à presque rien. La question qui se posa fut celle du cadre. Mon personnage, moi en plus odieux, fuit sans cesse vers d'autres villes (toujours en France, ce n'est pas un aventurier) pour échapper à ses mensonges, ses trahisons, sa médiocrité. Et si je changeais cela, si toutes ses mésaventures se déroulaient dans la même ville ? Ainsi nous serions en face d'un type dont les murs de la ville se referment contre lui. D'accord faisons-ça me dis-je. J'opte pour Paris. Je réécris quelques chapitres et non, la capitale ne convient pas. Marseille ? Encore moins. Lyon ? Bingo.
Je recommence. Je situe le roman dans le quatrième arrondissement. Mon clavier se plaint des coups que je lui assène, ça va vite, les pages s'enchaînent. Et merde. Pourquoi les saloperies de mon héros ne seraient pas chacune commises dans un arrondissement différent ? Cela représenterait quelques avantages scénaristiques (dans mon délire, je me vois déjà refuser les demandes insistantes des réalisateurs les plus en vogues). Alors, je reprends tout depuis le début. Encore et encore.
Dans trois chapitres, des feuilles A4 mal imprimées iront rejoindre la pile déjà imposante de toutes mes versions. Marion, je te maudis, comment as-tu fait ?
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Commenter  J’apprécie          72
mireille.lefustec
  19 novembre 2017
J'ai quelque difficulté à m'exprimer à propos de ce livre qui traite de l'ennui d'être étudiant en province,
de la difficulté d'une insertion à Paris, sans travail, sans argent, sans logement.
Du refus d'une gentille fille tout juste bachelière, de suivre la voie tracée par ses parents : réussir grâce aux études, puis vivre une vie bien réglée et sans histoire.
Cette gentille fille se retrouve, en première année de Fac, amante passionnée d'un jeune colombien, " devenu un branleur stricto sensu, la masturbation et la recherche du plaisir sexuel occupant l'essentiel de son temps libre."
Je suis restée extérieure , lu une accumulation de faits négatifs. Comme s'il ne fallait oublier aucun grief.
Cela m'a paru davantage un dossier à charge qu'un roman.
D'autant plus que des mots jugés importants sont écrits en italique.
Pas d'empathie, donc. Les personnages secondaires m'ont paru plus consistants.
Commenter  J’apprécie          120
zabeth55
  28 août 2017
Le parcours du combattant de la vie étudiante et de l'entrée dans la vie active.
Pour Aurélie, mal à l'aise partout. Pour Alejandro, immigré colombien.
De Grenoble a Paris, rien n'est facile pour eux.
Ce roman, fort bien écrit est le constat implacable d'une société sans pitié et sans espoir pour une jeunesse qui peine à s'insérer et à trouver sa voie et sa place.
Entre choix de vie pas évident, amours incertaines, précarité, notre époque n'est pas toute rose
Malgré le ton sombre de l'histoire, c'est une lecture qui vaut le détour.
Commenter  J’apprécie          140


critiques presse (1)
Lexpress   25 septembre 2017
Marion Messina livre un premier roman en forme de radiographie sinistre de notre époque, Faux Départ. Le choix de David Foenkinos.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   20 décembre 2017
Alejandro s’était réveillé avec la bouche sèche et la mi-molle des matins maussades. Il s’était étiré péniblement, la paume dorée de ses mains fines avait touché la poutre qui traversait l’unique pièce de son appartement. Il avait faim, le frigo acheté chez les Compagnons d’Emmaüs dégageait une odeur âcre de pâtes aux lardons. Il avait remis le même caleçon que depuis trois jours, enfilé un pull trop fin pour supporter les hivers grenoblois et regardé la liste de ses téléchargements. Il observa d’un œil torve et d’une main agitée la sodomie d’une quadragénaire en porte-jarretelles et talons aiguilles, sortit s’acheter un kebab avec un ticket-resto et rentra dans son dix-huit mètres carrés poussiéreux. Il était déjà 17 heures, c’était un samedi pluvieux et froid de décembre. Il ne travaillait pas les week-ends. La prochaine beuverie chez ses amis compatriotes ne commencerait pas avant 21 heures. Il se roula un joint et s’allongea.
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PauvreTypePauvreType   11 avril 2019
Parfois, sous l'influence de l'alcool il parvenait à écrire des textes d'une ou deux pages, souvent très bons. Il avait indéniablement du talent. Il supprimait le texte le lendemain ; il voulait écrire Les Frères Karamazov, remplacer Garcia Marquez qu'il éxecrait - avec son style insupportable et ses personnages aux noms à coucher dehors. Il n'arrivait pas à écrire sur autre chose que l'alcool et les femmes, il se sentait comme un Baudelaire du quart monde, petit, ridicule, obligé d'aspirer des moquettes de résidence et de frauder dans les transports publics.
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hcdahlemhcdahlem   20 décembre 2017
Aurélie était à Paris depuis un peu plus de deux mois, elle avait validé sa période d’essai et pouvait se lancer dans la recherche périlleuse d’un logement. Elle avait été hôtesse dans un prestigieux cabinet d’avocats du VIIIe arrondissement, dans une centrale d’appels pour une chaîne de la grande distribution à Rungis, dans un musée très réputé, dans divers sièges sociaux, dans les locaux d’une société de production audiovisuelle. Elle avait traversé toute la petite couronne en bus, transilien et métro. Certains déplacements prenaient quatre heures aller-retour, ce temps de transport n’était jamais rémunéré. Elle avait fondu, il avait fallu changer deux fois de tailleur. Elle se nourrissait mal, irrégulièrement, de carottes râpées en boîte plastique et sandwiches au poulet recomposé ou au surimi. Elle avait promis à sa mère d’effectuer une prise de sang afin de détecter une éventuelle anémie. Le laboratoire d’analyses était ouvert sur ses horaires de travail, la secrétaire médicale aurait demandé une ordonnance. Elle n’avait pas de médecin traitant à Paris, pas effectué
les démarches administratives auprès de la CPAM.
Pour cela, elle aurait dû aller dans un cybercafé afin d’imprimer le courrier. Cela lui aurait coûté une journée.
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chloris4321chloris4321   11 janvier 2020
Il n'y avait que des citoyens libres de s'amuser et de choisir leur solitude en se pensant maîtres de leur vie, quand celle-ci était rythmée par l'heure des passages du train de banlieue. Il y avait quelque chose de mortifère dans toutes ces pintes de bière exhibées sur les photos de soirées, dans les meutes de festivaliers qui criaient dans la rue, dans la recherche de l'approbation de centaines d'amis virtuels, dans les fêtards de trente cinq ans qui draguaient des élèves de terminale dans les bars, dans les cursus universitaires sans fin et dans l'adulescence jusqu'à la mort.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   19 novembre 2017
On n'avait jamais autant parlé de cul de manière libérée mais elle ne voyait que des célibataires décomplexés, obligés de consacrer une part non négligeable de leur revenu dans des sorties en quête du partenaire de débauche d'un soir ou d'un mois, délai maximal toléré. p. 104
Commenter  J’apprécie          50

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