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EAN : 9782246817178
224 pages
Éditeur : Grasset (30/09/2020)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Léonora Miano n’est pas une Afropéenne (afro-européenne). Ceux qui se définissent ainsi ont grandi en Europe.
Marquée par l’Afrique subsaharienne, la sensibilité de l’auteur se distingue de celle des Afropéens. Ceux-ci se sont construits en situation de minorité. Ce qui détermine la perception de soi, complique l’identification et la solidarité entre Afropéens et Subsahariens.
La France identifie à l’Afrique tous ses citoyens d’ascendance subsaharienne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Flaubauski
  26 octobre 2020
Dans une réflexion aux allures de démonstration, implacablement menée, qui prolonge celle que l'on retrouve aussi, même si sous un format plus romanesque, dans Rouge impératrice, Léonora Miano imagine ici ce que pourrait être Afropea, un monde dans lequel Africains nés, ou vivant sur d'autres continents que leur terre originelle, et Européens, plus largement Occidentaux, vivraient véritablement sur un pied d'égalité, dans un élan de partage des histoires, des cultures…, et non pas dans un impératif d'assimilation occidentale, pour fonder une nouvelle existence humaine, mondiale, profondément fusionnelle et fraternelle.
Afropea, comme elle l'explique dans une première partie, après un préambule très éclairant sur son propre statut – elle n'est pas elle-même afropéenne, mais subsaharienne, puisque camerounaise – et sur le sens et le but de cet ouvrage, c'est un terme qui a pris naissance en Europe pour englober ceux d'origine africaine qui sont nés en Europe, et qui, de ce fait, ont toujours vécu dans un monde occidental qui ne les accepte pas en tant que tels. Or, pour que cette situation disparaisse, elle démontre, dans une deuxième partie, que l'on doit en finir avec l'occidentalité, qui s'impose depuis des siècles comme la seule voie à suivre, de gré ou de force, pour en arriver à un monde post-occidental, qui permettrait aux Afropéens de ne plus être confrontés au racisme systémique qui les étouffe au quotidien. Dans deux dernières parties, elle montre enfin que l'on doit dans le même temps faire de l'africanité et du panafricanisme des forces capables de passer outre le système imposé par l'occidentalité, de dépasser l'histoire qui a été conditionnée par celle-ci pour en revenir aux sources, et ainsi apporter au monde une nouvelle vision de l'Afrique, hors de cet Occident qui l'a forgée, via l'esclavagisme et/ou le colonialisme. Et c'est seulement à ce prix, pour les deux parties, qu'existera ce nouveau monde, dans lequel chacun s'acceptera dans toute son altérité, pour ne faire qu'un.
Du fait de sa grande qualité rhétorique, avec des arguments et des exemples très précis, parfaitement pertinents – que l'on soit au départ d'accord ou pas, l'on ne peut que prendre en compte la véracité de ce qui est proposé -, ainsi qu'une démonstration rigoureuse, qui sait où elle nous mène, Afropea parvient selon moi à son but : montrer qu'un autre monde est possible, si et seulement chacun fait sa part dans l'évolution de celui-ci ; j'avoue que j'aimerais, comme Léonora Miano, que cette utopie devienne un jour réalité…
Je remercie les éditions Grasset et NetGalley de m'avoir permis de découvrir cet ouvrage d'une grande sagesse, qui ouvre, à mon sens, une perspective et des questionnements fondamentaux quant à l'évolution de notre société.
Lien : http://lartetletreblog.com/2..
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JeannineOtte
  10 novembre 2020
Pas toujours facile à lire mais point de vue intéressant qui permet de se décentrer des revendications identitaires, du communautarisme d'une importante partie des afrodescendants.
L'auteure interroge la notion d'Africain, inventée par les occidentaux mais qui n'est pas une identité. de même que la notion de noir pour définir quelqu'un.
Dans la dernière partie du livre, l'auteure propose des solutions pour construire ensemble le monde du 21° siècle, au-delà du racisme.
J'ai été un peu déboussolée par la construction de l'essai : peu de chapitres, texte écrit d'une traite, j'ai eu du mal à trouver un plan.
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critiques presse (1)
LesInrocks   28 septembre 2020
Un essai qui résonne avec une conjoncture politique marquée par le repli identitaire [...].
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AyabaGisAyabaGis   13 avril 2021
La fidélité de certains à une France criminelle, leur identification à celle-là seule car ils voient dans la domination l'expression de la puissance, leur détestation de la France lorsqu'elle ne fut pas impérialiste, amènent, une fois de plus, à questionner la notion de fraternité telle que comprise par la République.
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AyabaGisAyabaGis   13 avril 2021
L'Afrique n'est ni dans les livres ni dans les films. Il faut casser sa tirelire et s'y rendre.
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CosmopoliteCosmopolite   02 novembre 2020
Les Français sont mal placés pour exiger que quiconque s'établissant dans leur pays en adopte les moeurs, la langue, et baptise ses enfants selon les usages locaux. Lorsqu'ils se trouvent dans leur ancien pré carré, les Français d'ascendance européenne unique ne parlent que leur langue, sont capables de passer plusieurs décennies sur un territoire sans en maitriser un seul idiome, envoient leurs enfants dans des écoles françaises, ne leur donnent jamais de noms locaux à moins d'être particulièrement excentriques. Et quelquefois, ils entrent sans visa dans ces pays, ce qui permet aux pédo-criminels et autres malfaiteurs de profiter sans états d'âme d'une indigence rampante. Les Français recevront chez eux ce qu'ils offrent aux autres. En matière d'assimilation, ils ne cessent de montrer l'exemple. Où qu'ils se trouvent dans le monde, même dans des pays frontaliers de la France européenne, leur premier réflexe est de s'établir en communauté, de s'assurer que le fromage ne manquera pas et que l'on pourra se passer d'apprendre une langue étrangère.
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CosmopoliteCosmopolite   24 novembre 2020
Les gémissements des identitaires français et de ceux qui jugent opportun de s'associer au coeur plaintif de conquérants déchus suscitent un certain effarement. On se demande ce qui devait résulter de l'aventure colonial, ce que doivent produire ses continuations à peine voilées, le futur que tout cela destinait à l'humanité. Comment pouvait-il échapper à l'entendement moyen que l'on ne posséderait pas tous ces mondes envahis et soumis, sans devenir aussi leur propriété ? Comme le dit l'adage, what you own owns you : vous appartenez à ce que vous possédez. S'élançant à l'assaut du monde, l'Europe conquérante se livra à lui. Les phénomènes migratoires que l'on voudrait contenir étaient prévisibles. Et inarrêtables.
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YuruguYurugu   08 janvier 2021
Le vocabulaire lui-même est piégé, incarcéré dans une pensée raciste vieille de quelques siècles seulement, mais qui s'est à ce point enracinée qu'il semble impossible de la dépasser. On ne pourra continuer à vouloir dire l'humanité dans ce langage que l'on ne débarrassera pas des violences qu'il charrie. Il nous faudra des mots nouveaux pour exprimer ce que nous sommes à présent, ce que nous voulons être. Il nous faudra nous libérer. Nous tous, puisque l'Histoire ne sera pas récrite et que nous sommes là, encore emprisonnés dans ses régions les plus ténébreuses. Afropea vient ouvrir les portes de la geôle. Pour que prenne fin la réclusion, il faudra répudier les schémas induits par l'occidentalité.
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Videos de Léonora Miano (34) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léonora Miano
Vidéo réalisée par Rue Sedaine - L'autrice Léonora Miano revient sur cinq termes clés de son dernier livre, "Afropea", publié en septembre 2020 et finaliste du Prix des Inrockuptibles.
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