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EAN : 9782246813606
608 pages
Éditeur : Grasset (21/08/2019)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 93 notes)
Résumé :
Le lieu : Katiopa, un continent africain prospère et autarcique, presque entièrement unifié, comme de futurs Etats-Unis d’Afrique, où les Sinistrés de la vieille Europe sont venus trouver refuge.
L’époque : un peu plus d’un siècle après le nôtre.
Tout commence par une histoire d’amour entre Boya, qui enseigne à l’université, et Illunga, le chef de l’Etat.
Une histoire interdite, contre-nature, et qui menace de devenir une affaire d’Etat.
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Eve-Yeshe
  22 décembre 2019
Cela fait donc plus de trois mois, que j'essaie de lire ce roman. Je l'ai commencé, posé, remis à plus tard, retenté, reposé à nouveau et à la troisième tentative, j'ai abandonné au milieu du troisième chapitre.
L'idée de départ me plaisait, situant l'action autour de 2124 (?), un nouveau Continent prospère, Katiopa, qu'on ne sait pas très bien où situer, une préférence pour l'Afrique, mais parfois, les noms font penser à l'Inde, avec à sa tête le chef Ilunga….
De l'autre côté, Boya, professeur qui s'occupe des minorités dites inassimilables. Si j'ai bien compris, il s'agit de descendants d'émigrés Français ayant lui leur pays qu'ils jugeaient envahi par les migrants….
Je n'ai pas réussi à entrer dans l'histoire, un peu trop capillotractée, et ni Boya ni Ilunga ne m'ont plu.
Je n'ai pas aimé le style de l'auteure, trop pompeux et parfois limite incompréhensible. Les dystopies ne me plaisent certes pas toujours, mais j'en lis quand même. J'ai vu passer beaucoup de critiques enthousiastes et je vais probablement me trouver seule à ne pas l'encenser. Ce n'était peut-être pas le bon moment pour moi de lire ce roman…
Il m'arrive rarement de laisser un livre en cours sans donner un maximum de chances à l'auteure de me convaincre.
Un grand merci à NetGalley et aux éditions Grasset qui m'ont permis de tenter l'expérience (et pour leur patience aussi !)
#RougeImpératrice #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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Verdure35
  22 juillet 2019
---Au XXII ième siècle àKatiopa , nom des nouveaux" Etats Africains "quasiment tous réunis et prospères.
---A leur tête, Ilunga, chef de guerre devenu chef d'Etat choisi par un Conseil.
---Depuis que l'Europe s'est effondrée au siècle précédent, usée par l'accueil de migrants de plus en plus nombreux jusqu'à imposer leurs moeurs et leurs cultures sans qu'aucun chef des Etats qui la composent aient eu le courage de dire ;Assez!
---Une migration a eu lieu en sens inverse, certains français je suppose( ils ont le coq en bannière) sont partis retrouver la langue et un sentiment d'appartenance au pays dus aux premiers colons., on les appelle "les Sinistrés"
---Mais dans les années 2100, c'est la troisième génération de ces "Fulasi" qui dérange le gouvernement. Ils sont de moins en moins assimilables, faut -il les expulser voire les exterminer? le problème est pressant.
---Surgit dans la vie d'Ilunga(premier mariage malheureux qu'il respecte cependant) une femme au teint cuivré, en fait, certainement un cas d'albinisme pas terminé.
C'est une femme d'une quarantaine d'années, superbe, intelligente et flamboyante, professeur qui travaille parfois avec des Sinistrés....
La partie romanesque qui commence là est addictive, la puissance d'une Afrique moderne, pardon, Katiopa, est intimement liée à la sagesse ancestrale, aux esprits, aux traditions; tout ce à quoi à renoncé l'Europe auparavant.
C'est un roman captivant, bien écrit, je n'ai pas eu recours au glossaire du fond du livre, les mots se sont ajustés au fur et à mesure.Et une fois entrée dans cette saga ambitieuse, le fleuve de mots a coulé vivement. Tous les sujets "embarrassants" pour lesquels les élites emploient des circonvolutions frisant le ridicule parfois par souci de bonne conscience sont ici abordés sans embarras, clairement, avec l'intelligence du coeur, du bon sens , avec recours aux Esprits si nécessaire.
Un livre MIROIR .
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Cer45Rt
  29 octobre 2019
Il est des romans qui, par leur densité, par leur force, par leur puissance, par leur audace et par leur complexité, par leur caractère foisonnant, par les questionnements qu'ils posent, qui, par leur ambition, par ce que l'on pourrait appeler leur ampleur, semblent ne pouvoir être bien critiquer, tellement ils en imposent, et tellement ces livres, semblent échapper aux mots, qui sont vains, pour en parler, et tant le foisonnement, dans ces livres, ces romans, ces ouvrages, est grand. "Rouge impératrice", fait partie de ces livres-là, et j'ai presque hésité à le critiquer, tant l'idée de critiquer un tel livre, semble presque effrayante, tellement l'ouvrage est dense, et admirable.
Mais je le critique quand même, premièrement, parce que j'aime critiquer des livres, et, si cette raison ne vous suffit pas, pour parler de ce livre, dont on parle trop peu, et, qui, pourtant, mérite autant ou plutôt, plus d'éloges, que nombre de livres, de cette rentrée littéraire, dont l'on parle, pourtant plus. Et pourtant... "Rouge impératrice" est, à mon avis, plus nouveau, plus grand, plus accompli, plus abouti, que la plupart des romans, de cette rentrée littéraire, c'est un texte d'une auteure, que l'on sait beaucoup plus épanouie, que les autres écrivains et écrivaines, de cette rentrée.
C'est un texte, aux multiples aspects ; il y est question de philosophie politique, mais c'est aussi un hommage, aux différents aspects des cultures, du continent africain ; c'est aussi un roman très beau, très poétique, un livre qui se veut à la fois épique et intimiste. Léonora Miano, a aussi une parfaite maîtrise, de la langue ; c'est avec un français riche, un phrasé de toute beauté, qu'elle suscite l'enchantement.
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Maghily
  07 septembre 2019
Rouge impératrice est d'abord une histoire d'amour entre deux quarantenaires dont les chemins ne pouvaient faire autrement que de se croiser. Dans cette histoire, il est question d'âmes soeurs et de puissances spirituelles qui dépassent notre seule présence terrestre.
Boya et Ilunga vont devoir apprendre à s'apprivoiser dans cette vie, à faire des concessions pour que leurs vies professionnelles, amoureuses et personnelles puissent se concilier au mieux.
A travers Boya, Léonora Miano nous propose une héroïne qui sait exprimer ses envies et ses besoins, notamment sur les plans sexuels et sentimentaux. Avant de rencontrer Ilunga, c'était une femme libre, ayant choisi de vivre seule et qui n'hésitait pas à choisir ses amants lorsqu'elle avait envie ou besoin d'évacuer certaines tensions. C'est également une femme intelligente, impliquée dans la vie sociale et politique de son pays, qui ne craint pas de se battre pour faire valoir ce qui lui semble juste.
La spiritualité a aussi une grande place dans la vie de nos personnages, que ce soit à travers la voix des ancêtres ou des forces sacrées du féminin.
Mais Rouge impératrice n'est pas qu'une romance. C'est également un roman futuriste dans lequel l'autrice développe un nouveau modèle de société. Elle offre au continent africain la vision d'un futur dans lequel il aura repris ses droits tant sur ses richesses terrestres que sur l'avenir de ses citoyens.
La question du racisme est d'ailleurs abordée d'une manière très intéressante. Parmi la population du Katiopa se trouve un groupe de marginaux, appelés Les Sinistrés. Ce sont des blancs, venus d'Europe [et plus précisément de France, si je lis bien entre les lignes], qui ont fui leur pays car celui-ci était, à leurs yeux, envahi par la vermine. Ils ont alors, paradoxalement, cherché à rejoindre l'Afrique où certains États étaient encore prêts à les accueillir avec le respect dû à leur rang. Cependant, les changements politiques ont fait qu'ils ont été dépouillés des terres et des biens qu'ils avaient eux-mêmes spoliés aux autochtones. Ne voulant pas mélanger leurs précieux gènes et culture à ceux des Katiopiens, ils se trouvent isolés et démunis. On voit alors apparaître une inversion du discours raciste par rapport à ce que nous sommes habitués à entendre aujourd'hui, dans nos pays : ce sont ces Sinistrés qui sont considérés comme des êtres inférieurs, qui n'ont pas su évoluer et que la population tend à rapprocher à des parasites. Elle ne s'est pour l'instant pas pour autant abaissé à les exploiter, comme ils avaient pu le faire en leur temps. La question de savoir comment gérer “le problème Sinistrés” occupe une grande place dans le roman. C'est susceptible d'amener les lecteurs et lectrices à réfléchir sur leurs propres considérations face à ce qu'ils estiment leur être étranger. Cela m'a pas mal remuée et je pense que c'est un roman qui peut ouvrir au débat.
L'autrice place également la question du respect de l'environnement au coeur de son récit, notamment, dans la manière dont la société s'organise [suppression des transports individuels, pour ne citer qu'un exemple].
Enfin, ce qui peut dérouter mais fait toute la beauté et la force de ce roman, c'est le fait que Léonora Miano intègre énormément de vocabulaire provenant de la langue camerounaise. C'était déjà le cas dans La Saison de l'ombre mais c'est encore plus présent dans Rouge impératrice et cela nous aide vraiment à nous immerger dans le futur qu'elle nous propose.
Vous l'aurez compris, j'ai été véritablement conquise par ma lecture. Celle-ci fut dense : le roman ne se laisse pas dévorer mais demande que l'on prenne le temps de l'assimiler. Je pense d'ailleurs m'en procurer une version au format papier pour le relire et m'arrêter plus attentivement sur certains passages qui demandaient réflexion.
Si vous aimez les romans qui font réfléchir, écrits dans une langue travaillée et poétique, vous ne pourrez qu'adorer Rouge impératrice !
Lien : https://www.maghily.be/2019/..
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MarieLywood
  26 janvier 2020
J'ai adoré ce roman, tant sur le fond que sur la forme.
L'histoire se passe au XIIème siècle à Katiopa, l'Etat formé par les pays de l'Afrique unifiée. Il est dirigé par Ilunga. La vie de ce dernier bascule le jour où son chemin croise la route de Boya.
Après quelques pages d'adaptation pour apprivoiser le lexique, je me suis laissée complètement emporter par l'histoire d'amour entre Ilunga et Boya. Une histoire d'amour contrainte par les obligations politiques du dirigeant et par son entourage.

J'ai beaucoup aimé l'univers imaginé par l'auteure. Une Afrique puissante et unie qui renoue avec ses racines ancestrales dans un monde où les rapports de puissance sont modifiés.
C'est un roman dont la densité offre une richesse de thèmes. La géopolitique, le féminisme, la culture africaine, le racisme… sont abordés de façon construite dans un roman abouti qui présente une belle unité.
Le récit est étayé par de nombreuses réflexions sociologiques et politiques permettant de mieux appréhender les problèmes pouvant se poser au plus haut sommet de l'Etat. Même si les réflexions sont présentées pour l'Etat de Katiopa, elles sont facilement transférables dans notre monde actuel et traduisent les problèmes de sociétés auxquels nous sommes amenés à faire face. le propos est intelligent, pousse le lecteur à s'interroger sur la place accordé à la différence dans la société, sur la place des minorités et sur les peurs que l'Autre peut engendrer.
Ce roman parle également de l'identité, de l'histoire et des événements qui font ce que nous sommes en tant qu'individu et en tant que membre d'un groupe. Peut-on réellement se réinventer et effacer une partie de son passé lorsqu'il ne nous convient pas ? Risque-t-on de perdre son identité au contact de l'Autre ?
Cette lecture exigeante ouvre des horizons.
Un très beau texte poétique écrit avec un vocabulaire riche, qui rend hommage à l'Afrique et à sa culture.
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critiques presse (3)
LeMonde   10 septembre 2019
L’écrivaine franco-camerounaise signe son roman le plus ambitieux, tant par son ampleur que par la force de ses idées. Les malaises de notre époque y sont scrutés depuis l’Afrique, où se dessinent d’autres possibles. De nouvelles manières de faire de la politique et de penser l’économie, l’éducation ou l’identité.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Bibliobs   10 septembre 2019
Léonora Miano pourrait bien être la romancière la plus épanouie de la rentrée. [...] Avec « Rouge impératrice », elle signe une ambitieuse fresque d’anticipation, servie par une langue nourrie de vocables africains.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LeMonde   23 août 2019
Katopia, Etat utopique africain, est-il menacé par les immigrés français ? Le nouveau roman de l’écrivaine franco-camerounaise est un puissant remède aux crispations identitaires.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   15 octobre 2019
Boya n'était pas de celles qui se sentaient incomplètes sans une présence masculine permanente à leurs côtés. Elle n'était ni obsédée par la nécessité de trouver un compagnon, ni emmurée en un lieu supposé la protéger du chagrin. La femme s'épanouissait dans cette aisance intérieure quand le souffle bleu d'Ilunga l'avait enveloppée. C'était un cadeau de la vie, une porte ouverte sur de nouvelles expériences. Leur présence dans cet endroit improbable, la manière dont ils s'y étaient rendus, le confirmaient. Qu'il n'y ait aucune ombre au tableau aurait sans nul doute retiré une partie de sa saveur à cette histoire. Elle était à la fois donnée et à faire, comme ce grand saut qu'ils exécutaient ensemble dans le premier rêve où l'homme lui était apparu.
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FifibrindaFifibrinda   22 septembre 2019
Une déficience intellectuelle les empêchait de comprendre une loi élémentaire : ce n'était pas parce qu'il était possible de réaliser certaines choses qu'elles devaient être mises en œuvre. Dans un grand nombre de cas, être en mesure d'accomplir ceci ou cela impliquait qu'on se l'interdise. Parce que toute création devait aller dans le sens de la vie. Autrement il ne fallait pas hésiter à la qualifier de maléfique. Telle était désormais la nature de ces gens, la qualité de leur intellect, lequel avait d'ailleurs supplanté en eux toute autre capacité humaine. Le désir d'anéantir les autres les traversait souvent, réfréné seulement par les pertes que causerait pour eux cette destruction : il était difficile de faire disparaître les hommes sans que les matières premières soeint elles aussi pulvérisées.
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croquemiettecroquemiette   23 août 2019
La journée avait été longue, et la nuit promettait d'être courte. Le Conseil tenait une de ses assemblées nocturnes au cours desquelles les affaire du Continent étaient abordées sur le plan de l'éthique traditionnelle. Cette terminologie avait été choisie pour éviter le recours au terme de spiritualité qui s'appliquait aujourd'hui à tout et son contraire. Il arrivait, comme en ce moment, que les membres ne siègent pas sous leur apparence diurne, révélant leur vrai visage. En tant que mokonzi [chef d'état de Katiopa], Ilunga prenait part à certaines de ces réunions, mais il ne faisait pas partie de l'ennéade des Conseillers. Il se trouait là, cette nuit, en compagnie d'humains faisant corps, pour l'occasion, avec la dimension de leur être se rapportant à une force de la nature. p. 114.
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Verdure35Verdure35   18 juillet 2019
Comprendre en profondeur la tradition, c’était aussi savoir l’interpréter au mieux.L’ancien se plaisait à rappeler que les racines connaissaient une dégénérescence toute naturelle.Il leur fallait faire place à d’autres afin que la plante subsiste et se perpétue.
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Cer45RtCer45Rt   29 octobre 2019
Revendiquer, faire entendre sa colère en public, c'était admettre qu'on entretenait avec les autres une relation, même viciée. Se cantonner à des espaces communautaires, c'était tourner pour jamais le dos à ceux dans lesquels on refusait de voir ses semblables.
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Videos de Léonora Miano (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Léonora Miano
Comment construire son identité entre deux espaces, entre deux filiations et faire un pas de côté face à l'héritage douloureux, subi de l'esclavagisme et du colonialisme ? C'est à cet horizon que se frotte la romancière et essayiste Léonora Miano dans son essai "Afropea : utopie post-occidentale et post-raciste" (Grasset, septembre 2020).
L'Afropea de Léonora Miano propose à ceux qui s'ancrent dans deux géographies, l'Afrique subsaharienne et l'Europe, de se réinventer, de forger une identité sociale et culturelle choisie et non subie. Ni manifeste ni utopie, son projet est une invitation à prendre la parole pour inventer une représentation de soi.
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