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Jean-Patrick Manchette (Traducteur)
ISBN : 2702431305
Éditeur : Le Masque (04/06/2003)

Note moyenne : 3.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Pas de corps. Rien que du sang, des litres de sang bus par le plancher de la cantine. On a dragué le cours d'eau, battu les collines de Tijuana, inspecté les ranches voisins : aucune trace, aucun indice. Une année entière de recherches pour rien.
C'est pourquoi demain, au tribunal, le juge va déclarer très solen- solennellement que, le soir du 13 octobre, entre 20 h 30 et 21 h 30, Robert Osborne a été roué de coups. Et sans le moindre doute raisonnable, Rober... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
nameless
  12 décembre 2017
Le 13 octobre 1967 vers 20h30, Robert Osborne sort pour chercher son chien. Ni l'un ni l'autre ne revient, le cadavre du chien est retrouvé, pas celui de Robbie. Un an plus tard sa jeune épouse, Devon, demande au tribunal de déclarer son mari officiellement mort, et de l'autoriser à poursuivre l'exploitation du vaste et prospère ranch producteur de citrons, pamplemousses, avocats, dattes et autres citrouilles, dont Robbie est le propriétaire, en Basse-Californie, à quelques encablures de Tijuana.
L'intrigue est simple et complexe, l'essentiel du roman se déroule au cours de la journée à l'issue de laquelle un verdict sera rendu, après l'audition par le juge des protagonistes, témoins, policiers, susceptibles d'apporter des informations sur la disparition de Robbie et d'établir la présomption de mort d'un homme de 24 ans, en bonne santé, heureux en ménage, qui n'avait d'ennuis ni avec la justice, ni avec sa famille ou ses amis, n'avait pas contracté d'assurance-vie avantageuse pour ses héritiers, n'était ni déprimé ni ruiné. Il n'y a pas de jurés puisque personne n'est jugé, mais pourtant tout le monde va être jugé, grâce au talent de Margaret Millar.

Le territoire des monstres est un roman sur les préjugés et le racisme ordinaire qui sévissent à la fin des années soixante en Californie, et décrit la vie quotidienne des ouvriers agricoles mexicains exploités par les anglos, riches propriétaires terriens américains. Parmi ces hommes poussés par la misère à franchir la frontière entre le Mexique et les États-Unis, il y a les viseros, migrants légaux pourvus de visas, et les alambres «fils-de-fer », migrants illégaux, dont le sobriquet rappelle que la frontière est constituée de barbelés. Ils plantent, cultivent, irriguent, émondent, élaguent, cueillent, arrosent, sulfatent, ramassent, calibrent, emballent fruits et légumes, vivent courbés, exécutent un travail harassant le jour, avant d'être parqués le soir dans des dépendances. Ils ne sont que des ombres, ne laissent ni trace ni image dans la mémoire de quiconque, ni de vide dans l'existence de qui que ce soit. Ils deviennent des suspects idéaux lorsque Robert Osborne disparaît, son portefeuille bourré de dollars. D'ailleurs, une dizaine d'entre eux ne s'est-elle pas enfuie à bord d'un vieux GMC rouge dès que la police est arrivée au ranch ? Et puis, c'est une grande tentation pour un pauvre un tas d'argent, non ?

Il s'agit d'un roman à la construction rigoureuse, implacable. L'alternance des témoignages à la barre et d'habiles retours en arrière, les souvenirs de la mère et de l'épouse de Robbie, de son contremaitre mexicain ou de son voisin font voler en éclats les simplistes et racistes évidences.
Quel plaisir de retrouver Jean-Patrick Manchette, son style tonique et épuré, ses dialogues percutants, son humour glacial à travers sa traduction du Territoire des monstres, titre dont le sens est livré en cours d'intrigue : Au moyen-âge, alors que la terre est cartographiée plate et entourée d'eau, les croyances prétendent qu'au delà de cette représentation sommaire, commence une région inconnue et inhabitable à cause de la chaleur du soleil : le territoire des monstres.
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critiques presse (1)
Bibliobs   14 août 2013
Toute la finesse du «Territoire des monstres», publié en 1970 et traduit (excusez du peu) par Jean-Patrick Manchette deux ans plus tard chez Christian Bourgois, est de ne jamais dénoncer frontalement l’ordre injuste du monde. Il y a une réalité, impitoyable, que chacun connaît, mais il est possible de la taire, de la réécrire.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
namelessnameless   11 décembre 2017
Les ouvriers mexicains étaient en train de sortir du dortoir et du vieux bâtiment de bois, jadis une grange, que l'on avait transformé en cantine. Rapidement et sans bruit, ils s'entassèrent à l'arrière du gros camion qui allait les déposer dans ceux des champs qui étaient prêts pour la récolte. Leur existence se résumait à l'exécution d'un travail harassant et à l'absorption de la nourriture qui leur permettait de l'accomplir.
P. 16
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