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ISBN : 275785965X
Éditeur : Points (17/03/2016)

Note moyenne : 3.17/5 (sur 18 notes)
Résumé :
« J’étais très émue le jour de la rentrée en me trouvant en présence de cette quarantaine d’enfants de tous âges, dont les plus grands étaient presque des adolescents.

"Je remarquai leur attitude fière, parfois grave et je compris qu’ils ne s’en laisseraient pas conter ! (…) Ces enfants avaient souffert, étaient mûris avant l’âge. Jamais ils ne me dirent qu’ils étaient juifs : ils voulaient et savaient garder leur secret. »

Gabrielle Pe... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
palamede
  30 septembre 2015
La volonté de Gabrielle Perrier, institutrice d’une classe d’enfants juifs réfugiés à Izieu en 1944 et déportés sur ordre de Klaus Barbie, était qu’on ne parle pas d’elle. Après le refus de cette dernière, l’historienne Dominique Missaka a souhaité malgré tout rendre hommage à cette femme qui, même si elle était en vacances lors de l’arrestation des enfants, a su s’occuper d’eux avec beaucoup de professionnalisme et gentillesse.
Si Gabrielle Perrier, qui sortira de l’anonymat à l’occasion du procès de Barbie en 1987, ne veut pas être le sujet du livre de Dominique Missaka, c’est qu’elle pense n’avoir joué aucun rôle et surtout qu’elle se culpabilise de n’avoir pas eu conscience du danger qui pesait sur les enfants, alors qu'elle savait qu'ils étaient juifs, même si à aucun moment ceux-ci ne lui ont dit.
Au Musée-mémorial des enfants d’Izieu créé à l’initiative de Sabine Zlatin, fondatrice avec son mari en 1943 de la colonie des Enfants d'Izieu, Simone Veil, le 6 juin 2010, a rendu un vibrant hommage à Gabrielle Périer disparue six mois plus tôt. Elle a mis aussi en garde les générations à venir : « Il ne suffit pas de ne pas oublier ».
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tynn
  31 juillet 2014
"A Izieu, en 1944, tout est quiet. C'est un village à l'écart des routes..."
Izieu, petite commune de l'Ain, lieu de mémoire tristement célèbre pour avoir vu partir vers les chambres à gaz, 44 enfants juifs et leurs moniteurs. Cette colonie d'enfants, ce havre de paix organisé pour leur survie aurait pu le rester, si le mauvais sort mené par Klaus Barbie, n'en avait pas décidé autrement.
En entamant ce livre, je me suis dit (de façon très incorrecte, je le conçois) que c'était un témoignage de plus sur l'effrayante période de l'occupation nazie. Sans chercher à établir l'échelle des horreurs subies, le recul nous a fait connaitre, comprendre et compatir. L'oubli est inacceptable.
Il me fallait donc des photos en complément des mots et de l'enquête minutieuse que Dominique Missika propose. Une recherche internet s'est imposée.
Photos des lieux, des témoins, comme cette institutrice si discrète, si sérieuse, pleine de foi en sa mission, aux valeurs de vie simples et inébranlables.
Le livre a donc pris plus de densité, dans sa dramaturgie allant crescendo, dans le portrait d'une femme, française "ordinaire" qui n'a jamais remis en question ce poste si "spécial" imposé par sa hiérarchie auprès d'enfants juifs. Toute jeune diplomée, elle restera six mois auprès d'eux, et sera l'adulte oublié de la rafle à double titre.
Elle en portera le poids de douleur toute sa vie et la culpabilité de ne pas avoir compris le contexte du drame à venir.
Ce n'est que lors du procès de Klaus Barbie en 1987, qu'elle deviendra un "témoin officiel", sortant de l'anonymat en acceptant d'évoquer cette période de sa vie et aidant à la reconstitution des faits.
Un livre-enquête fouillé et précis, en forme de docu-fiction car l'auteur n'a jamais pu rencontrer Gabrielle Perrier (décédée en 2010). Son talent journalistique et narratif permet une reconstitution minutieuse des faits, de l'enquête et du procès. On peut s'interroger sur la nécessité d'écriture concernant une personne ayant été si peu impliquée mais le portrait de cette femme invisible et honorable reste émouvant.
La maison des enfants d'Izieu est musée-mémorial depuis 1994. La liste des raflés de ce 6 avril 1944 est en fin d'ouvrage.
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motspourmots
  06 août 2014
Je comprends la sorte de fascination qui a poussé l'auteur à enquêter sur cette institutrice, placée au coeur du drame de l'histoire par le plus grand des hasards et dont la discrétion et la modestie semblent si incongrus de nos jours, quand les projecteurs se braquent pour un rien sur le moindre anonyme en quête de lumière. Gabrielle Perrier n'a jamais recherché la lumière - pourquoi l'aurait-elle fait, elle n'avait rien d'une héroïne - tout en restant irrémédiablement marquée par le drame d'Izieu dont elle a longtemps enfoui les effets sous un silence digne.
Gabrielle Perrier était, à l'automne1943, une jeune institutrice de 22 ans, débutante et vacataire, surtout préoccupée de son prochain poste, espérant une titularisation ou au moins une mission de quelques mois au lieu des quelques semaines habituelles. Alors quand on lui propose un poste nouvellement créé mais un peu "inhabituel" qui pourrait l'occuper "jusqu'à la fin de la guerre", l'optimisme l'emporte sur les questions. Elle a entendu parler de cette colonie d'Izieu où sont hébergés des enfants de 5 à 17 ans séparés de leurs parents à cause de la guerre. On dit qu'ils sont juifs, mais quelle importance ? Pour Gabrielle, ce sont des enfants comme les autres et elle déploie des efforts importants pour tenter de pallier le manque de moyens attachés à son poste (pas de chauffage dans la salle de classe, pas de cartes de géographie ni de manuels, des fournitures prêtées par les écoles des communes voisines...). Seule avec ses questions, le soutien bienveillant du sous-préfet, de la directrice et de son mari, elle crée pendant quelques mois les conditions d'une vie scolaire normale pour ces enfants déjà marqués par le malheur et la cruauté. Jusqu'au 6 avril 1944.
Ce jour-là, les vacances de printemps viennent de débuter et Gabrielle est rentrée passer quelques jours chez ses parents ; elle n'assistera donc pas à la rafle qu'elle apprendra par une amie alors qu'elle se trouve sur le marché. Une chance, lui diront ses proches, car elle aurait été emmenée elle aussi. Mais pour Gabrielle, c'est le désarroi complet. On n'a jamais vu ça, une classe entière, 44 élèves qui disparaissent d'un coup... du fait de son absence, on l'ignorera, autant que sa douleur. Elle-même se tait car à quel titre se plaindrait-elle, elle n'est ni veuve de guerre ni mère éplorée... Aucun mot n'est prévu pour expliquer son état. Elle se taira donc et vivra, sans jamais trop s'éloigner d'Izieu, sans rater aucune cérémonie de commémoration, discrète, perdue dans l'assemblée. Jusqu'au procès de Klaus Barbie, plus de quarante ans après où son statut de témoin l'autorisera enfin à révéler son rôle, si tenu soit-il, dans l'histoire.
C'est un très bel et émouvant hommage que rend Dominique Missika à cette femme de l'ombre, morte en 2010, et qui aura mis des dizaines d'années à rassembler des éléments de compréhension du terrible drame qu'elle a vécu sans que personne n'y attache beaucoup d'importance. Elle méritait effectivement un petit peu de lumière.
Lien : http://motspourmots.over-blo..
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Sanguine
  04 avril 2015
C'est vraiment plus fort que moi, je ne peux pas résister à l'appel d'un livre dont le sujet est la déportation. le rapport peut être ultra évident ou bien être très lointain mais je me sens comme "obligée" de mettre mon nez dans ces bouquins là. Ils m'appellent ! J'ai donc découvert le livre de Dominique Missika en trainant sur interet. Je l'ai immédiatement mis dans ma liste de commande d'occasion chez Gibert. Je l'ai reçu en parfait état, je me suis même demandé si il avait été lu ...

Le 6 avril 1944, à Izieu, 44 enfants âgés de 5 à 17 ans et leurs 7 moniteurs sont emmenés par des soldats allemands, sur ordre de Klaus Barbie. Gabrielle Perrier est leur institutrice, elle a 21 ans. Elle n'assiste pas à la rafle, en ce début de vacances de Pâques. Mais ce jour-là, son monde s'effondre. Elle s'en voudra de ne pas avoir eu conscience du danger que couraient les enfants de la colonie. Modeste, discrète, elle dissimulera son chagrin en se réfugiant dans le silence, jusqu'au procès de Klaus Barbie, quarante-trois ans plus tard. Enfin, elle pourra porter le deuil de ses élèves morts à Auschwitz.
J'ai visité la maison d'Izieu il y a de nombreuses années et j'avais été très touchée par cette visite. Lorsqu'on pénètre dans la maison et qu'on se retrouve face à des lettres ou des dessins réalisés par les enfants, on ne peut s'empêcher d'avoir les petits cheveux dressés sur la nuque. A travers ce livre, je pensais en apprendre encore plus sur la vie à la colonie et le quotidien des enfants. Hélas, il n'en est presque rien.
Certes, l'auteure (qui n'est pas l'institutrice) s'applique à nous raconter le contexte : la guerre, les enfants juifs qui se cachent ... puis elle nous présente Gabrielle Perrier. C'est une toute jeune instit' qui a l'air un peu perdue, j'ai eu un peu la sensation qu'elle ne savait pas ce qui se passait en France à l'époque. Peut-être était elle à ce moment là trop naïve, je ne sais pas. Mais je n'ai pas eu une très bonne image d'elle.
Après, ça s'améliore vraiment. On passe vite fait sur la rafle puisque l'institutrice n'était pas présente sur les lieux ce jour là. On s'attache à la suivre, elle. Puis Dominique Missika nous explique un peu le déroulement du procès Barbie et l'implication de Gabrielle Perrier. C'est très intéressant de suivre l'évolution de cette dernière qui semble avoir grandi et mûri d'un seul coup. J'aurai aimé avoir quelques photos pour illustrer un peu le récit, à la fin de ma lecture je suis allée chercher quelques clichés sur internet.
Une lecture touchante par certains aspects mais qui ne m'aura pas autant ému que certaines autres que j'ai pu faire ...
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VanilleBL
  25 août 2014
"J'étais très émue le jour de la rentrée en me trouvant en présence de cette quarantaine d'enfants de tous âges dont les plus grands étaient presque des adolescents. Je remarquai leur attitude fière, parfois grave et je compris qu'ils ne s'en laisseraient pas conter […] Ces enfants avaient souffert, étaient mûris avant l'âge. Jamais ils ne me diraient qu'ils étaient juifs : ils voulaient et savaient garder leur secret." Gabrielle Perrier
Le 6 avril 1944, à Izieu, 44 enfants âgés de 5 à 17 ans et leurs 7 moniteurs sont emmenés par des soldats allemands, sur ordre de Klaus Barbie. Gabrielle Perrier est leur institutrice, elle a 21 ans. Elle n'assiste pas à la rafle, en ce début de vacances de Pâques. Mais ce jour-là, son monde s'effondre. Elle s'en voudra de ne pas avoir eu conscience du danger que couraient les enfants de la colonie. Modeste, discrète, elle dissimulera son chagrin en se réfugiant dans le silence jusqu'au procès de Klaus Barbie, quarante-trois ans plus tard. Enfin, elle pourra porter le deuil de ses élèves morts à Auschwitz.
En cette année de commémorations, les écrits sur les Première et Seconde Guerres mondiales ne manquent pas et force est de constater qu'au nom du devoir de mémoire, on fait parfois parler malgré eux des témoins qui n'en demandaient pas tant. Celle que l'auteure – par ailleurs membre du comité scientifique de la maison d'Izieu... – nomme "l'institutrice d'Izieu" est toute sa vie restée "discrète, silencieuse, anonyme", refusant tout interview et n'ayant elle-même jamais écrit sur son histoire. Elle n'a jamais rien réclamé, ni revendiqué, choisissant de se tenir en retrait, elle qui, si elle a côtoyé durant quelques mois les enfants martyrs, n'était pas présente lors de la rafle et ne sait donc rien de ce qui s'est passé. Elle ne sait que son ressenti intime, sa douleur personnelle, indicible et donc muette. L'auteure par conséquent n'a que bien peu de matières pour son récit, au mieux des faits administratifs relatifs à la nomination de Gabrielle à Izieu, quelques témoignages de personnes qui l'ont connue, ce que d'autres ouvrages ont relatés de cette période et de cet événement... Et surtout, pour une bonne moitié du livre, tout ce qui a trait à la traque puis au procès de Klaus Barbie. Tout ce dont Gabrielle se souvenait, elle l'a résumé en une vingtaine de pages, et puis il y a les lettres, les articles conservés, son témoignage au procès mais en ce qui concerne les pensées et sentiments de Gabrielle Perrier, cela relève de la fiction, de l'extrapolation romanesque puisque elle-même a souhaité garder secret ce qui relevait de son intimité et de sa douleur. "Pourquoi écrire sa biographie ?" demande l'auteure dans sa préface ; et de répondre : "parce que l'institutrice est restée discrète, silencieuse, anonyme..."
En lisant le récit, on ne cesse de se poser cette question, "pourquoi écrire cette biographie ?" – qui qui n'en est pas vraiment une – et la réponse en refermant l'ouvrage est bien différente de celle par laquelle l'auteure a tenté de se justifier. Pourquoi aller enquêter sur une femme qui a refusé tout entretien précisément parce qu'elle avait choisi la discrétion et l'anonymat ? Pourquoi forcer et inventer la parole d'une femme qui avait préféré le silence ?
D'autant que dans cet ouvrage, seule est émouvante la liste des enfants et moniteurs déportés de jour d'avril 1944. Les noms égrenés suffisent à ne pas oublier.
"Honorer la mémoire des anonymes est une tâche plus ardue qu'honorer celle des gens célèbres". Et il faut parfois savoir le faire différemment qu'avec une sorte de biographie...
Lien : http://paroles-et-musique.co..
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critiques presse (3)
Lexpress   30 juin 2014
L'institutrice Gabrielle Perrier-Tardy fit la classe aux enfants juifs réfugiés à Izieu pendant la Seconde guerre mondiale. L'historienne Dominique Missika lui rend aujourd'hui un émouvant hommage.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   16 juin 2014
L'institutrice Gabrielle Perrier-Tardy fit la classe aux enfants juifs réfugiés à Izieu pendant la Seconde guerre mondiale. L'historienne Dominique Missika lui rend aujourd'hui un émouvant hommage.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   27 mars 2014
Lumière sur une figure exemplaire, qui offrit à des enfants juifs, avant leur déportation, son écoute et sa passion de l'enseignement.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
myriampelemyriampele   02 août 2014
- Mais tu ne sais donc pas? Les Allemands sont venus ce matin à Izieu et ils ont emmené toute la colonie! Des soldats sont encore là-bas, ils gardent la maison.
Gabrielle en a le souffle coupé. Elle pâlit sous le coup, considérant son amie avec stupeur on aurait dit qu'elle venait de lui donner un coup de poing.
- Je ne te crois pas.
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Sophie_BazarSophie_Bazar   04 septembre 2014
Il ne suffit pas de ne pas oublier.
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Video de Dominique Missika (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Missika
La chronique de Gérard Collard - Thérèse
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