AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2021400549
Éditeur : Seuil (04/10/2018)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 7 notes)
Résumé :
Elles sont trois soeurs : Madeleine, Denise et Simone Jacob, rescapées des camps de la mort. Madeleine, dite Milou, et Simone déportées avec leur mère Yvonne parce que juives à Auschwitz et à Bergen-Belsen ; Denise, à Ravensbrück. Rapatriées en mai 1945, Milou et Simone apprennent à Denise, déjà rentrée, que leur mère est morte d'épuisement. De leur père, André, et de leur frère Jean, elles espèrent des nouvelles. Déportés en Lituanie, ils ne reviendront jamais. Pou... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  01 décembre 2018
Eh bien, moi qui avais pris pas mal de notes pour présenter le livre « Les Inséparables » - « Simone Veil et ses soeurs » de Dominique Missika, voilà que j'ai préféré ces quelques lignes de la page 9, car elles résument non seulement le livre mais décrivent aussi la photo de couverture :
« La Ciotat. Été 1934. Quatre enfants en maillot de bain sur la plage. Ils posent. Bien alignés, de l'aînée à la cadette. D'abord, Madeleine, 11 ans, dite Milou, grande pour son âge, Denise, 10 ans, boucles blondes, Jean, 9 ans, bras croisés, et la petite dernière, Simone, 7 ans, un peu à l'écart, la mine boudeuse. La future Simone Veil.
« L'histoire commence comme un conte de fées. Il était une fois, sous le soleil du Midi, à Nice, une famille sereine et unie, à qui l'avenir promettait le bonheur et la paix, raconte Jean d'Ormesson lors de la réception de Simone Veil à l'Académie française.
La suite est une tragédie. » (page 9)
Historienne, Dominique Missika a voulu se pencher sur le sort de la famille Jacob qui vit à Nice et qui a vu son destin basculer du jour au lendemain, passer du bonheur à l'enfer et tout cela parce qu'elle est Juive.
L'auteure a vraiment fait connaissance avec Simone Veil en 2001, car elle voulait oeuvrer dans la Fondation pour la Mémoire de la Shoah où, d'ailleurs, elle est encore présente.
Quand la Guerre éclate, les Jacob doivent réduire leur train de vie et déménager.
Denise, qui est la plus sensible au civisme, refuse que son pays soit occupé et devient Miarka dans la Résistance.
Simone fait office de jeune fille au pair chez le couple Villeroy. Sa grande soeur Milou travaille toute la journée en tant que secrétaire dans une société de ventes de vin et d'alcool. Quant au frère Jean, il dort un peu à droite, un peu à gauche et travaille chez un photographe.
Des quatre jeunes gens, c'est Simone la plus angoissée. Elle a le pressentiment que des choses horribles les attendent et ne se trompe pas, hélas.
A Nice, « Les rues qui conduisent à la mer ont été murées par les Allemands, une sorte de Mur de l'Atlantique pour protéger les côtes méditerranéennes. » (page 45). Arrive le jour où :
« Yvonne et ses trois enfants sont donc alignés sur le quai, ce 7 avril 1944, loin du regard des autres voyageurs. (…) S'évader ? Jean y pense. Mais il est trop dangereux de sauter du train en rase campagne. Pour aller où ? Il se tient tranquille. » (page 51). Les noms de Bergen-Belsen, Mauthausen, Ravensbrück, Auschwitz, Kaunaus, Tallinn, Drancy etc, résonnent de façon sinistre à nos oreilles. D'ailleurs, Yvonne va mourir d'épuisement après avoir tout tenté pour sauvegarder et soutenir ses enfants.
C'est un livre poignant, qui nous en dit long encore sur cette sinistre période mais aussi sur le retour qui n'est pas aussi aisé que cela car les blessures physiques et morales ne guérissent pas et restent à jamais gravées.
Un cahier de photos est inclus au milieu du livre – des photos du temps insouciant mais aussi du temps de l'horreur inimaginable.
A la fin du livre des "Sources" (innombrables) figurent également.
Je me souviens avoir pleuré longuement en apprenant le décès de Simone Veil en voyant l'hommage national qui lui a été rendu et pour son entrée au Panthéon aux côtés de son mari. J'admirais cette femme qui était aussi forte bien que je n'aie pas connu cette guerre. Mais elle était si présente dans son activité politique, si volontaire...
Et comment ne pas penser à la douloureuse chanson de Jean Ferrat : « Nuit et brouillard » ? 
Dominique Missika a écrit un livre excellent qui lance un appel à un devoir de mémoire et c'est encore un ouvrage qui a bien sa place dans la rentrée littéraire 2018.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          428
isabelleisapure
  06 décembre 2018
A travers le récit de Dominque Missika, nous découvrons la jeunesse de Simone Veil, heureuse dans une famille épanouie.
L'auteure évoque la complicité des enfants de la famille Jacob et surtout des trois filles que nous suivons dans leurs activités, insouciantes entre bains de mer et camps de scoutisme.
Une vie qui semble paisible et protégée jusqu'à ce que la ville se transforme en véritable souricière où chacun épie son voisin jusqu'à la dénonciation qui entraîne l'arrestation de la famille et la déportation.
Seules les trois filles sortiront de cet enfer.
Dominique Missika s'attarde sur le retour à la liberté, sur les difficultés à réapprendre à vivre, lorsque les mots sont tellement dérisoires pour décrire l'inconcevable, que le silence est préférable.
J'ai lu ce récit avec intérêt, mais je dois reconnaître qu'il ne m'a rien appris sur la vie de cette femme exceptionnelle.
Il est à mon sens bien en deçà des autres biographies qui lui sont consacrées.
Commenter  J’apprécie          290
gambadou
  09 décembre 2018
L'auteure, une historienne qui a côtoyé les deux soeurs Jacob, revient sur leurs vies et notamment sur la difficulté du retour après les camps.
On retrouve les jeunes filles à l'age de l'adolescence. Elles vivent dans une famille unie dans le sud de la France. Les lois anti-juives ne les atteignent pas tout de suite, la région étant régie par les italiens qui ne font pas de la chasse aux juif une priorité. Tout change à l'arrivée des allemands. Une grande partie de la famille sera arrêtée en envoyée dans des camps.
Une ellipse temporelle permet de complètement occulter l'année de camps pour repartir sur les dernières semaines avant la libération, mais surtout sur le retour si difficile. Pas de suivi psychologique, peu de possibilité d'en parler, un espoir qui s'atténue petit à petit concernant le retour de leurs père et frère. Même si les deux soeurs venaient d'un milieu assez protégé, qu'elles ont été accueillis et qu'elles ont pu reprendre des études, le retour a été très rude
Intéressant aussi de voir le conflit de reconnaissance qu'il peut y avoir entre les déportés juifs ou résistants.
Malheureusement, même si l'histoire est intéressante, l'écriture assez froide et sans âme ne m'a pas permis de ressentir d'émotion. J'ai été aussi gênée par de nombreuses redites. On sent que le livre est bien documenté, mais l'écriture ne suit pas et je suis restée en dehors de l'histoire. Il est, à mon sens, bien moins prenante que d'autres biographies qui ont été consacrées à Simone Veil, à commencer par son autobiographie : « une vie ».
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Calimero29
  29 novembre 2018
Lors de sa parution en 2007, j'avais lu "Une vie", où Simone Veil se raconte à la première personne sur sa famille, sa mère adorée, sa fratrie détruite, ses combats, la famille qu'elle a elle-même construite.
Mon admiration et mon respect pour cette grande dame qui nous a offert, à nous les femmes, plus de reconnaissance et de liberté grâce à ses combats politiques et personnels acharnés, s'étaient intensifiés après la lecture de ce livre. Cette biographie m'avait permise de mieux la connaître, d'aller au-delà de l'image de femme publique.
J'ai voulu approfondir cette connaissance en lisant "Les inséparables" dans lequel Simone n'est pas le centre mais un des éléments de la famille Jacob.
Le père, architecte, est un ancien combattant de la 1ère guerre mondiale, la mère a arrêté de travailler pour suivre son mari et élever ses 4 enfants nés en l'espace de 5 ans. C'est une famille juive laïque, installée à Nice pour le travail du père, dont les 4 enfants sont éclaireurs laïcs et non israélites. C'est une famille bourgeoise qui a des problèmes d'argent depuis la crise de 1929 et qui est parfaitement intégrée, pensant que l'état français va la protéger. On suit le destin de cette famille jusqu'à la disparition des deux dernières soeurs.
Ce livre souligne des aspects absents de l'autobiographie de Simone Veil ou qui y apparaissent seulement en filigrane comme la différence qui a été faite, au retour des camps, entre les déportés résistants reçus en héros et les déportés juifs, rejetés et méprisés. Ce témoignage insiste également sur l'impossibilité pour les déportés de parler de ce qu'ils ont vécu car personne ne peut comprendre et ils finissent par taire leurs traumatismes. J'avais déjà trouvé cette idée force dans le livre de Marceline Loridan-Ivens, "L'amour après". Enfin, est également souligné le besoin des déportés de se retrouver entre eux, eux qui ont survécu ensemble, qui ont partagé les mêmes horreurs, créant ainsi une famille de coeur où ils peuvent être eux-mêmes.
Ce livre émouvant complète bien l'autobiographie de Simone Veil et nous la fait découvrir dans les yeux et le coeur de ses proches.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Cigale17
  23 novembre 2018
Dominique Missika, historienne, retrace la vie de la famille de Simone Veil dont les membres ont été arrêtés et déportés en 1944. Elle a eu accès à différentes sources de manière privilégiée puisqu'elle connaissait personnellement deux des soeurs (Simone et Denise) et plusieurs de leurs proches. Elle travaille particulièrement sur la période de la Deuxième Guerre mondiale et l'immédiat après-guerre et elle a écrit plusieurs autres ouvrages tournant autour de sujets semblables et de la même époque, entre autres l'histoire de Gabrielle Perrier dans L'institutrice d'Izieu.
André et Yvonne Jacob ont eu quatre enfants en à peine cinq ans : deux filles, Madeleine et Denise, un garçon, Jean, et une dernière fille, Simone. le père est architecte, la mère a arrêté de travailler pour élever ses enfants. C'est une famille aisée qui réside sur les hauteurs de Nice ; la crise de 1929 les obligera à déménager et à s'installer dans un quartier moins huppé. La guerre éclate, mais les Jacob, juifs français (André a vaillamment combattu pendant la Première Guerre mondiale), se sentent à l'abri malgré les angoisses de Simone, le début des arrestations de juifs étrangers et le numerus clausus qui interdit aux juifs d'exercer une profession libérale ou d'appartenir à la fonction publique. Après la chute de Mussolini, l'armée allemande s'installe à Nice à la place de l'armée italienne et la vie change dramatiquement… Denise va rejoindre la résistance à Lyon, le reste de la famille reste dans le Sud. En 1944, après un contrôle d'identité, Simone est arrêtée, puis sa mère et sa soeur Madeleine, puis son père et son frère Jean. Un peu plus tard, Denise sera elle aussi arrêtée, mais en tant que résistante, pas parce qu'elle est juive. Madeleine, Denise et Simone reviendront toutes les trois malades, brisées et marquées à jamais, mais Yvonne, André et Jean ne survivront pas.
Dominique Missika fait ressortir la différence entre les rescapés des camps qui ont été déportés pour actes de résistance et ceux qui l'ont été parce qu'ils étaient juifs. Cette « différence » va conditionner l'accueil des déportés à leur retour, pas seulement celui des soeurs Jacob, d'ailleurs. En effet, les anciens résistants sont fêtés, les autres, ignorés : « [Denise] appartient à la catégorie des vainqueurs glorifiés par les gaullistes ou les communistes. Pas Madeleine, pas Simone qui inspirent au mieux la pitié, au pire l'indifférence et le mépris. » (p. 104) J'avoue que c'est essentiellement cet aspect-là du livre qui m'a intéressée. En ce qui concerne la forme, je dois dire que j'ai été gênée par les nombreuses redites. On retrouve la substance de l'exergue dans le prologue, comme on retrouve ce qui est dit dans le prologue à différents endroits du livre…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10

critiques presse (1)
Lexpress   23 octobre 2018
Nourries par les notes de Denise Jacob, épouse Vernay, et par les multiples recherches auprès des témoins et dans les archives, Simone Veil et ses soeurs déroule avec minutie et empathie la destinée dramatique de la famille Jacob et le chemin de croix des survivants.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
nadiouchkanadiouchka   10 décembre 2018
On entend résonner Le Chant du départ. Elles sont nombreuses à quitter leurs cellules de Montluc. La rumeur court, on va à Romainville.
P.58
Commenter  J’apprécie          140
nadiouchkanadiouchka   03 décembre 2018
Il y a pire que la mort, l’oubli.
P.81
Commenter  J’apprécie          140
nadiouchkanadiouchka   02 décembre 2018
Dans les camps, à nos terribles dépens, nous avons pris des leçons d’humanité.
Geneviève de Gaulle et Germaine Tillion, "Dialogues".
Commenter  J’apprécie          40
rkhettaouirkhettaoui   11 octobre 2018
Jamais elles ne m’interrogeaient sur les raisons de mon intérêt pour les camps de la mort. C’était un fait acquis. J’avais en quelque sorte réussi mon examen de passage, j’étais de leur côté, à leur côté. Une génération nous séparait, ce qui faisait de moi le témoin des témoins. J’ai tendance à supposer qu’elles appréciaient mon écoute pleine d’empathie et dénuée de pitié. J’œuvrais pour la mémoire des victimes de la Seconde Guerre mondiale depuis longtemps, elles l’appréciaient. Nos rendez-vous avaient le charme des conversations à bâtons rompus, sauf quand j’étais le réceptacle de leurs colères ou de leurs indignations à la suite d’une commémoration oubliée, d’un ouvrage sur Auschwitz ou Ravensbrück passé inaperçu, ou d’un débat indigent à la télévision.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Cigale17Cigale17   23 novembre 2018
Tous les déportés ne sont pas logés à la même enseigne. Il y a parmi eux une hiérarchie souterraine, non dite, les résistants en haut de l'échelle des honneurs, et les autres, les Juifs, en bas, laissés sur le bas-côté des hommages de la patrie. Une fracture, une déchirure, et une blessure à jamais ouverte. (p. 125)
Commenter  J’apprécie          10
Video de Dominique Missika (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dominique Missika
La chronique de Gérard Collard - Thérèse
autres livres classés : déportationVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
646 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre