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Daniel Lemoine (Traducteur)
EAN : 9782070495917
528 pages
Gallimard (01/03/2000)
3.19/5   18 notes
Résumé :
Au beau milieu du carnage de la Guerre de Sécession, un tueur s'attaque à des femmes Dunkers, ces Baptistes allemands qui refusent de porter les armes pour l'un ou l'autre camp. Le colonel Simon Wolf, Juif Sudiste engagé dans l'armée du Nord, va traquer le meurtrier jusqu'au bout dans ce gâchis absurde où l'on entasse bras et jambes coupés dans un chariot et où le typhus finit le travail commencé par les armes parce qu'on a installé les latrines de l'hôpital près de... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
belette2911
  09 janvier 2021
Des meurtres de civils ont lieu durant le grand carnage de la guerre civile américaine…
Ce sont des femmes Dunkers, des Baptistes Allemands que personne n'aime car ils vivent dans leur coin et surtout, qui n'ont pas voulu prendre les armes durant ce conflit fratricide.
Ils sont contre l'esclavage, même s'ils vivent dans le Sud, ils refusent de prendre les armes contre leurs Frères, vous comprenez bien que tout le monde se fiche qu'on en passe certains par le fil du sabre.
Tout le monde ? Non, un homme résiste encore et toujours à l'indifférence… Simon Wolf est un cas à lui tout seul : colonel, chirurgien, originaire du Sud, opposé à l'esclavage, fils du ministre de la guerre Sudiste et engagé chez les Nordistes.
J'oubliais, il est Juif… Ça ne m'en touche même pas une, mais dans la troupe, il y a des têtes de bois et un Sudiste Juif engagé au Nord, ça fait naître des questions. Oh, il est manchot aussi, depuis la bataille d'Antietam… Il soigne, n'opère plus, mais est chargé de l'enquête sur la mort étrange des femmes Dunkers après en avoir recueilli une.
Virginie, automne 1864, campagne de la vallée de Shenandoah…
Enquêter dans une grande boucherie à ciel ouvert, faut le faire ! Surtout quand on est le seul à vraiment vouloir faire toute la lumière sur cette sordide affaire ! Surtout quand on soulève des inimités à force de vouloir faire la lumière et qu'on suspecte des gradés d'être coupables.
Ne vous attendez pas à une enquête trépidante, l'auteur laisse son personnage prendre son temps, avancer doucement, tomber dans des embuscades, échapper à la mort, se demande ce qu'il fout là.
En fait, je vous dirai que l'enquête n'est là que pour nous parler de la folie meurtrière des hommes, de la soif de sang et de victoires des gradés, prêts à tout pour gagner quelques mètres, quelques collines, pour se faire accrocher quelques médailles de plus sur leurs vareuses.
Custer, Sheridan sont des assassins, des tueurs de masses, autant des soldats du Sud que de leurs propres hommes Nordistes puisque qu'aucun ne compte à leurs yeux. On dirait presque des enfants lançant leurs soldats de bois dans une bataille imaginaire.
Hélas, le sang n'est pas factice, les blessés et les morts non plus et ils sont responsables des montagnes de membres amputés que l'on entasse en tas dans des chariots. Mais pour les soldats, ils sont des héros, des meneurs, des hommes que l'on suivrait même en enfer.
Politiquement, on a monté les habitants d'un pays l'un contre l'autre, pour le prétexte fallacieux de l'abolition de l'esclavage, mettant de côté que le Sud resterait toujours le Sud, qu'il gagne où qu'il perde la guerre. L'auteur nous le fait comprendre dans son récit et c'est avec le coeur lourd que l'on suit cette guerre civile meurtrière.
Un récit qui prend son temps, qui nous plonge dans un bain de sang et de tripes, sans jamais virer au glauque ou au voyeurisme, sans jamais devenir lourd et qui nous expédie, avec un réalisme glaçant, dans une partie de la Guerre de Sécession, dans ses batailles, ses enjeux, ses jeux de pouvoir, mettant à jour les ambitions des gradés.
Une enquête qui ne sera pas facile pour Simon Wolf, un des personnages les plus sympathiques du roman car il a compris depuis longtemps que cette guerre était une boucherie et que rien de bon n'en sortirait.
Un roman policier de guerre qui traînait depuis trop longtemps dans ma PAL ! Merci à Sharon d'en avoir parlé et de m'avoir donné envie de l'en sortir.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Sharon
  04 novembre 2020
Ce roman était depuis très longtemps dans ma PAL – trop longtemps. Dans la vallée de l'ombre de la mort a un titre magnifique, et c'est un roman historique passionnant. il se déroule pendant la guerre de Sécession et nous suivons le colonel Simon Wolf. Il est juif, il est chirurgien, il est engagé auprès de l'armée unioniste alors qu'il est originaire du Sud. Au cours d'une bataille – une parmi tant d'autres qui déchireront cette guerre – il est gravement blessé et est amputé du bras droit. S'il ne peut plus opérer, il peut quand même soigner, et reste dans l'armée. Il se retrouve mêler à une affaire de meurtres, affaire dans laquelle il est quasiment le seul à vouloir faire toute la vérité.
Est-ce un roman policier ? Non, pas tant que cela. Il s'agit plutôt d'une plongée dans la folie des hommes. Les règles de la guerre ? Tuer, même un ennemi désarmé. Les généraux ? Assoiffés de sang. le personnage que j'ai trouvé le plus sympathique – en dehors de Simon, qui fait ce qu'il peut, y compris mettre sa vie en jeu, pour sauver autrui – est Mosby, militaire confédéré, plus respectueux de la vie humaine que Custer ou Sheridan. J'ai été soulagée, en faisant des recherches, de découvrir qu'il avait survécu à cette guerre. Quant à Custer, il n'en est ici qu'à ses premiers faits d'armes – malheureusement.
Les victimes sur lesquelles Simon Wolf enquête ? Ce sont des dunkers, des fermiers d'origine allemandes profondément pacifistes : ils refusent de porter les armes pour l'un ou l'autre camp. Nous faisons une plongée dans leur monde, à travers les yeux de Rebekka, une jeune veuve, mère d'un nourrisson, Hannes. Alors oui, leur mode de vie peut paraître très strict, cependant, leur pacifisme, leur absence de cupidité me les rendent sympathiques. Simon Wolf a bien du courage de s'obstiner à soigner, à enquêter, étant donné les moyens de l'époque, et quelques aberrations en prime.
Un superbe roman.
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Des_potron_minet
  13 janvier 2017
Dans la vallée de l'ombre de la mort est plus un roman noir historique qu'un roman policier. Il ne faut pas se fier aux meurtres des Dunkers. C'est le fil conducteur de l'histoire mais il ne faut pas s'attendre à une véritable enquête, recherche d'indice et interrogatoire.
Le vrai sujet de ce roman est la Guerre de Sécession. L'action se déroule en Virginie en 1864 durant les campagnes de la vallée de Shenandoah. On y découvre l'horreur des batailles avec les blessés et les morts par millier à chaque bataille, la difficulté de soigner dans le respect de l'hygiène mais aussi les stratégies militaires et la vie des commandants relativement épargnés par la rudesse de la vie durant les campagnes.
Dans ce roman j'ai vraiment appris pas mal de chose sur le déroulement de cette guerre que finalement on étudie peu ou pas en France. J'ai aussi découvert l'existence de la communauté Dunker qui se rapproche des Amish.
Kirk Mitchell a une belle écriture, détaillée mais sans lourdeur, il a très bien su amener la fin sans faire trop dans le rebondissement mais tout en étant surpris par le dénouement.
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Montana
  07 novembre 2013
J'ai bien apprécié ce roman pour différents motifs :
- Il est très riche de faits historiques véridiques et de personnages réels (j'y est personnellement appris beaucoup de choses en complétant les infos sur internet...)
- Il nous place au coeur de l'action, nous faisant nous interroger sur nos propres réactions en une telle situation,
et enfin (et surtout), en tant que polar, l'intrigue est très bien menée car au cours du récit la tension monte crescendo et on en arrive à soupçonner plusieurs personnages, les personnages eux même se soupçonnant les uns les autres! le dénouement n'est pas décevant.
Bon moment de lecture.
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Pietro38
  30 avril 2015
Un tueur en série en pleine guerre de sécession
Pour ajouter de l'horreur à l'horreur, un tueur en série s'attaque à des femmes qui font partie de la communauté des Dunkers, en plein carnage de la guerre de sécession.
Le personnage principal du roman est médecin dans l'armée des nordistes, alors que son père est un illustre ministre sudiste.
Cette neutralité psychologique va lui permettre de trouver le recul nécessaire pour enquêter sur ces meurtres de dunkers, une communauté pacifiste qui ne veut pas prendre part à la guerre. Il va côtoyer des généraux sanguinaires comme Shéridan et Custer qui envoient, pour des raisons parfois complètement absurdes, au casse-pipe des milliers d'hommes, certains de trouver la mort, soit par les balles, soit par la maladie.
Un roman noir historique d'une puissance indéniable qui dénonce l'absurdité de la guerre, et qui exalte la liberté et la dignité, incarnées par le personnage principal, avec une très appréciable foi humaniste. L'intrigue policière est également présente, avec des rebondissements dignes des meilleurs polars.
Je recommande, avant de commencer ce roman, de se documenter un minimum sur cette guerre de sécession américaine. Cela peut faciliter la compréhension de certains passages du livre, même si les explications de l'auteur sont quand même claires.

Lien : http://www.conseilspolarsdep..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
PecosaPecosa   21 juin 2012
C'était une de ces fins d'après-midi paresseuses où des milliers d'hommes avaient envie d'arrêter la course du soleil, afin de retarder l'arrivée du lendemain. Dans un des bivouacs, Simon vit un soldat qui allait et venait, une poignée de terre à la main, la contemplait et tentait de lui donner une forme compréhensible. Il s'immobilisa. L'éternité sembla lui apparaître. Telle était l'éternité. La terre. Le produit d'animaux et de plantes innombrables. La veille de la bataille transformait les hommes ordinaires en philosophe, mais en philosophes muets- parler de la peur n'était pas bien vu. Et, dans cette coquille de silence, les horreurs du lendemain semblaient plus monstrueuses encore.
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SharonSharon   04 novembre 2020
Sheridan lui avait mis un bonnet d'âne, l'avait envoyé dans le coin le plus brûlant de cette salle de classe infernale. Et pourquoi ? Parce qu'il ne supportait pas qu'on assassine des innocents.
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