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ISBN : 2264074248
Éditeur : 10-18 (21/03/2019)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 36 notes)
Résumé :
Août 1918. Vasseur et Jansen ont décidé de fuir. Quitter le front de la Somme et ne pas mourir dans les derniers assauts de cette guerre qui n’en finit plus. Alors qu’ils s’éloignent des tranchées sous de fausses identités, les deux lieutenants scellent leurs destins.
Ils se connaissent mal, mais Jansen comprend très vite que son complice est un psychopathe prenant un plaisir insupportable aux crimes qu’ils doivent commettre.
Ils trouvent refuge au dom... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (26) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  12 avril 2019
Ce que j'ai le plus aimé dans ce roman noir, très noir , qui glisse vers le thriller psychologique, c'est son ambiance.
Sombre donc. Août 1918, Première guerre mondiale, front de la Somme, les tranchées. Deux soldats qui ne veulent pas mourir dans l'assaut de trop d'une guerre qui semble ne jamais vouloir finir. Les retournants, ce sont eux, deux soldats qui désertent et retournent à l'arrière en usurpant l'identité deux médecins retrouvés morts. Un capitaine de gendarmerie surnommé le Chien de sang, se lance dans la traque pour les ramener devant la cour martiale.
Michel Moatti a un vrai talent de conteur pour retranscrire l'ambiance mortifère de la Grande guerre qui tire sur sa fin, on y croit dès les premières pages qui nous plongent dans l'enfer des tranchées.
L'inquiétude monte progressivement même si vers le milieu, j'ai ressenti un manque de rythme dans cette montée du suspense. Peut-être parce que j'ai compris vers où l'auteur voulait nous emmener, noir, toujours noir bien évidemment.
Malgré ce petit bémol, j'ai apprécié le duo de retournants formé par l'honnête instituteur et le psychopathe avec lequel il se retrouve enchaîné depuis leur pacte de désertion.
Ce qui est troublant et très intéressant, c'est que la guerre déboussole tellement tous les repères moraux de l'époque que le lecteur n'est même pas surpris de découvrir les monstruosités commises par le retournant malfaisant. Ce basculement distille un malaise glaçant. le portrait de la France de 14-18 est pour le moins terrifiant.
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Jeanfrancoislemoine
  28 mars 2019
Prendre des obus " sur la tête " , monter à l'assaut en " se chiant " dessus , attendre dans des tranchées boueuses et infestées de rats , voir s'accumuler les cadavres , attendre de " crever" à son tour ,voici le quotidien des soldats mobilisés en 1918 . Ils sont deux , Vasseur et Jansen , deux lieutenants , médaillés , courageux , conscients que leur mort viendra ,abasourdis de combats , de corps à corps , de bombardements .Ils quittent le front pour retrouver la " civilisation " , retrouver un lit , retrouver de quoi manger, de quoi vivre , tout simplement . Ils partent , ils marchent vers la liberté , vers la paix , vers l'arrière et si Jansen fait preuve d'une certaine retenue , Vasseur vit l'arrière comme un monde inconnu , un monde hostile ,un monde de planqués prompts à condamner ces lâches qui désertent, ces " retournants ".
On a l'impression de voir deux condamnés à mort , dans une sorte d'étroit no man ' s land: d'un côté le front et une mort certaine , de l'autre l" arrière " et une condamnation unanime et une mort certaine également .Le choix est simple : la mort ou ....la mort . Une pause , pour les deux fuyards , dans un étrange château avec ,entre ces deux mondes , en trouble - fête , un policier , François Delestre , " Chien de sang ", traqueur de déserteurs au " palmarès " inégalé....
Le livre est noir , très noir , le récit est lent , très lent , parfois à la limite du supportable , les personnages peu nombreux mais franchement bien intégrés dans leur rôle. Si la violence est contenue , elle n'en n 'est pas moins bien présente , sauvage , implacable , brutale , permanente , oppressante....
L'expression me semble extrêmement percutante parce que claire et bien maîtrisée , tout au service d'une atmosphère pesante , menaçante, angoissante , du début à la fin . On aimerait envisager une fin heureuse mais nous sommes tellement " pris à la gorge " que l'on ne peut jamais sourire à l'avenir, qu'espérer un dénouement heureux relève de l'utopie.
Nous sommes en 14 - 18 .Terrible époque. Pauvre génération. Cruauté. Un livre qui interpelle, un de plus et un beau. A lire un jour où le soleil brille , où le moral est bon...Dans le cas contraire.....bon courage!!!
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Tostaky61
  16 juillet 2018
Les retournants, c'est ainsi qu'on appelle ces hommes qui tournent le dos à la sauvagerie de la guerre.
Août 1918, front de la Somme. Vasseur et Jansen deux lieutenants dont le courage n'est plus à démontrer n'en peuvent plus de cette guerre qui n'en finit plus.
Ils décident de déserter avant de laisser leur peau dans un assaut de trop.
La guerre en a fait des bêtes insensibles, cruelles.
Ils sont prêts à tout pour sauver leur peau.
Les cadavres se multiplient sur le chemin des fuyards.
Le hasard va peut-être les aider.
L'état-major est intransigeante face aux déserteurs,  jusqu'aux dernières heures de la guerre elle les traquera sans relâche.
Vasseur et Jansen sont poursuivis par l'un des gendarmes les plus acharnés dans ce genre de traque.
Un roman qui parle de la guerre.
Un roman qui parle des hommes.
Un roman qui parle de la peur et de ce qu'elle peut leur faire faire.
Un roman qui parle de lâcheté et de la cruauté incontrôlable qu'elle déclenche.
Un roman qui rappelle aussi qu'on a fusillé des hommes parce qu'ils avaient peur ou parce qu'ils étaient lâches.
Mais en même temps, qui étaient les lâches et les peureux ?
N'était-ce pas ce commandement qui pendant des mois à envoyer des hommes au massacre,  qui, en connaissance de cause a ignoré la peur et le ressenti de cette chair à canon et ordonné  ces assassinats de pauvres bougres qui, pourtant conscient de ce qu'ils encouraient, préféraient prendre le risque de fuir le combat.
On a fusillé des soldats qui avaient peur.
On a médaillé des généraux qui ont ordonné leur exécution.
Il a fallu attendre près d'un siècle pour qu'on rende justice à ces "morts par la France".
Alors, même si je me suis égaré dans mon analyse parce que le sujet me touche, Les retournants est un thriller avant tout.
Peut-être qu'à un moment le roman perd en intensité, comme les personnages, je me suis installé dans un certain confort, ça ne m'a pas privé d'un véritable plaisir de lecture.
Je remercie cette amie qui m'a parlé du roman de Michel Moatti, sachant que le contexte historique m'intéresserait et je remercie ma fille qui me l'a offert.



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umezzu
  10 septembre 2018
Ce roman démarre en août 1918 dans les tranchées de la première guerre mondiale, pour rapidement les quitter à l'instar des deux protagonistes, Vasseur et Jansen, deux lieutenants, revenus de tant d'assauts et de bombardements, hantés par les images de leurs camarades déchiquetés.
Ahuris face à la guerre qui dure et aux ordres d'assaut stupides de l'État-major, ils ne peuvent que constater les dégâts : « Rien ne voulait dire grand-chose dans cette apocalypse. Rien. Aucun mot n'avait gardé de sens. »
Un soir, ils abandonnent leurs tranchées et fuient vers l'arrière. Ils savent que s'ils sont repris par la prévôté militaire, c'est le peloton d'exécution qui les attend. Partis du front de Somme, ils marchent vers la mer. Un officier de gendarmerie, spécialiste de la traque des déserteurs, part sur leurs traces.
Mais alors que Jansen, ancien instituteur, essaye de se faire discret, Vasseur révèle lui un caractère violent, voire sadique. Un pan de son caractère que dans l'atrocité des combats Jansen n'avait pas perçu. Vasseur n'hésite pas à supprimer tous ceux qui pourraient les dénoncer. Comme il le résume : « Couic, couic »...
Ils finissent par endosser les identités de deux médecins se rendant sur la côte pour acheter une clinique à l'abandon. Leurs détours les amènent dans une maison de maître isolée dans une forêt. Les trois habitants forment une micro-société à l'abri de la guerre. Les planqués de l'arrière dirait Vasseur.
Jansen et Vasseur parviennent à se faire accepter par le patriarche, propriétaire d'une usine de verrerie à l'arrêt à cause de la guerre, sa fille atteinte de maladie pulmonaire et adepte de spiritisme, et leur domestique, une femme réfugiée de Paris. Mais peu à peu, des doutes naissent chez leurs hôtes et leur séjour dévient moins confortable. Jansen a du mal vivre dans le mensonge, pendant que Vasseur continue des virées sanglantes dans les environs.
Les retournants (c'est à dire ceux qui désertaient pour revenir à la vie civile) est un roman d'ambiance. Celle de la guerre, d'abord. En quelques pages, Moatti arrive à bien transmettre le désespoir des soldats qui voient chaque jour les leurs partir comme à l'abattoir. Puis, celle pesante et finalement angoissante de cette demeure de maître, qui semble coupée de la réalité de l'époque. Les personnages portent leurs travers, leurs insuffisances. Ce petit monde de l'arrière que Vasseur honnit et qui continue à fonctionner comme au siècle passé.
L'ouvrage est classé thriller par l'éditeur. Appréciation un peu rapide. Certes, il y a quelques morts sanglantes, accompagnés d'actes de cruauté, mais l'essentiel du récit tourne autour de la recherche par Jansen d'une solution à sa situation impossible. Déserteur, poursuivi, vivant dans l'identité d'un autre, dans une profession qui n'est pas la sienne, et craignant à chaque instant de se couper, de révéler la vérité. le poids du mensonge s'ajoute à celui des convenances.
Du coup, l'intrigue avance peu, l'histoire se fait psychologique, attentes des uns contre espoirs des autres. L'aspect historique est très bien rendu, mais le sujet manque de rythme.
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Brooklyn_by_the_sea
  08 septembre 2019
En Août 1918, sur le front picard et à la veille d'une énième offensive absurde et sanglante, deux lieutenants français qui ont survécu aux quatre années de boucherie décident que ça suffit comme ça. Ils fuient le massacre, deviennent des "retournants", et entament une vie clandestine qui les mènera dans un château nimbé de brume et de mystère.
Problème n°1 : l'un des deux hommes se révèle être un psychopathe -même hors champ de bataille.
Problème n°2 : la Patrie ne peut pas supporter les déserteurs, et un gendarme est lancé à leur pousuite.
Chaque page de ce roman pèse une tonne, tant la tension est lourde et asphyxiante tout au long de l'histoire. Grâce à Michel Moatti, j'ai réalisé l'ampleur de la folie qui régnait à cette époque : outre l'ignoble mépris des maréchaux à l'égard de leurs pioupious et l'abjecte mission des gendarmes chargés de pousser lesdits pioupious terrorisés en dehors des tranchées, j'ai découvert le monde des embusqués qui, déconnectés ou indifférents, mangent de la brioche, vont s'amuser au Cabaret, accroissent leurs affaires, ou participent à des séances de spiritisme.
C'est un roman très noir mais très instructif sur cette page d'Histoire. J'ai évidemment pensé à "Au revoir là-haut", mais si la dénonciation de la guerre est la même, le traitement est totalement différent. Exit, la légèreté et la fantaisie grave de Pierre Lemaître ; pourtant, ça se lit très bien, ça se dévore, tant on a envie d'en savoir plus -et d'en finir au plus vite aussi avec cette tension insoutenable, pour pouvoir respirer à nouveau. Une lecture percutante et éprouvante, mais importante.
Merci à Kirzy de m'avoir fait connaître ce roman.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
andreas50andreas50   23 juin 2019
- Mon plan, c'est de rester en vie, monsieur le maître d'école !
Depuis six ou sept heures maintenant, les gars du 31e avancent dans la gadoue, avec leur barda sur les épaules et les Allemands leur balancent dessus des tonnes de plomb et de ferraille...
À cette heure, Jansen, la moitié ou plus des gars qu'on connaît sont morts ou salement amochés et vont crever dans leur merde, sans que personne autour ne fasse gaffe à eux. Tu en as vu gueuler, comme moi, des estropiés avec des morceaux d'obus dans le ventre ou des éclats de shrapnell dans la tête, qui gémissaient et qui pleuraient, et que leurs camarades ne voyaient même pas, emportés par la trouille, courant dans tous les sens, leur paletot plein de vomi...Chaque heure qui passe ici est une heure volée à la mort.
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umezzuumezzu   07 septembre 2018
Rien ne voulait dire grand-chose dans cette apocalypse. Rien. Aucun mot n'avait gardé de sens. Patrie. Courage. Fraternité et justice.
Autant dire courge, binette ou sarcophage.
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umezzuumezzu   09 septembre 2018
"C'est le lot des menteurs, pensait sans cesse Jansen. Tout semble nous trahir. Tout pèse comme une fonte."
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rkhettaouirkhettaoui   01 mai 2018
Jansen laissa le souvenir revenir, ondulant du fond de sa mémoire, comme un serpent venimeux qui avance sans bruit, gonflé de poison. Les images se bousculaient, chahutées par l’émotion qui ne s’épuisait pas, malgré les mois passés.
Il revit la charge en dehors de la tranchée, à l’est de Villers. Le corps à corps dans la poussière de blé et de paille hachée. L’uniforme gris de l’Allemand. Juste un uniforme. Jansen avait réussi depuis quatre ans à éviter de voir les hommes dans les habits. Il ne voyait de ses ennemis que leur uniforme. Toujours le même. Un uniforme vert-de-gris, animé de mouvements capricieux, comme des linges agités par le vent.
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rkhettaouirkhettaoui   01 mai 2018
Tout s’effaçait, sans délais. Jansen avait accepté cette vie somnambulique du front : des choses qui s’effaçaient, s’estompaient, graves ou dérisoires, peu importe. Elles n’avaient pas plus de consistance que la fumée bleue des bouffardes que l’on fumait alentour. Pour Jansen, la plupart des choses avaient désormais cette consistance furtive des vapeurs. Elles occupaient tout l’espace de ses songes et de sa vie éveillée. Devenaient des idées fixes, des hantises. Rien n’existait plus vraiment. La vie d’avant, les moments ordinaires d’un monde en paix.
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Entrevue avec Michel Moatti, par Anne-Josée Cameron, au salon de thé Le lièvre et la tortue de Limoilou. (ICI Quebec)
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