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ISBN : 2266242423
Éditeur : Pocket (09/01/2014)

Note moyenne : 3.49/5 (sur 85 notes)
Résumé :
Le 24 septembre 1941, pendant le Blitz qui écrase Londres sous des tonnes de bombes, Amelia Pritlowe, infirmière du London Hospital, apprend la mort de son père. Celui-ci lui a laissé une lettre posthume lui révélant que sa mère n'est pas morte d'une maladie pulmonaire, comme l'histoire familiale le prétend ; Mary Jane Kelly a été la dernière victime de Jack
L'Éventreur. Amelia Pritlowe avait 2 ans.
À compter de ce jour, Mrs Pritlowe va se lancer dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
belette2911
13 juin 2014
Là, je m'incline devant le roman de monsieur Moatti car il a réussi à
mélanger la fiction avec le réel, donnant vie au quartier de Whitechapel et à quelques unes de ses prostituées les plus célèbres !
Nous sommes en 1941 et tout l'Europe est écrasée par les bottes des Boches... Toute ? Non, une île résiste encore et toujours à l'envahisseur, mais est écrasée par les multiples bombes que le cousin Germain lui envoie. C'est le Blitz à Londres et il vaut mieux louvoyer entre les bombes.
Secouant la manche de ma grosse veste remplie de poussière due à l'effondrement d'un bâtiment, je pénétrai au London Hospital afin de faire la connaissance avec Amelia Pritlowe, une infirmière qui, comme moi, tente de survivre aux bombardements du sinistre moustachu.
C'est penchée sur son épaule que j'ai lu, avec elle, la lettre posthume qu'elle venait de recevoir de son père.
Moi, j'avais lu le résumé, donc je savais déjà que cette lettre allait être son petit Hiroshima à elle. Oui, je n'exagère pas... Cette lettre, ce sera son cataclysme personnel, tout aussi dévastateur qu'une bombe de grande puissance qui vous pèterait dans les mains.
Sa mère n'est pas morte d'une maladie pulmonaire comme elle l'a toujours cru. Que nenni !! Sa maman se prénommait Mary Jane Kelly... Ça vous remet ?? Yes, Mary Jane, la dernière victime de Jack l'Éventreur, celle sur laquelle il s'était lâché...
Souvenirs ? Néant car elle n'avait que deux ans. Alors, Amelia va retrousser ses manches et mener l'enquête, 53 ans après.
Alors, non seulement l'auteur propose une nouvelle vision de l'identité du meurtrier qui me plaît bien, mais en plus, il a parfaitement mis en scène le tout.
On alterne les chapitres avec l'enquête d'Amélia, prête à toute, même à entrer dans un club de "ripperologues", et les chapitres qui se déroulent en 1888, dans les ruelles sombres de Whitechapel.
L'incendie des docks, le 31 août, nuit de la mort de Mary Ann Nichols s'y trouve, la manifestation des ouvrières de l'usine d'allumettes "Bryan & May" qui ont eu le visage ravagé et dévoré par le phosphore, les femmes qui devaient vendre leur corps pour gagner de quoi boire un coup et dormir dans un asile qui avait tout du taudis... Tout se trouve dedans !
Celui qui voudrait en savoir un peu plus sur l'atmosphère nocturne et angoissante de l'East End de 1888, et bien, il est servi !
Un magnifique travail de reconstitution, comme si on y était, le tout sans ennuyer le lecteur une seule seconde. Les pages ont défilé sur deux jours. Je l'aurais même lu plus vite si je n'avais pas eu d'autres choses sur le feu.
À cause ou grâce au tueur de Whitechapel, les 5 victimes sont passé de l'ombre à la lumière, passant du néant à la postérité pour l'éternité, devenant les prostituées les plus célèbres de l'univers...
Grâce à l'auteur, les victimes viennent de revivre une nouvelle fois : leurs personnalités, leurs vies de misère, leurs joies,leurs emmerdes, leurs personnalités sociales et affectives...
Tout est recomposé, sans pathos, sans exagération, le tout formant un roman où le voyeurisme n'est pas invité et où l'enquête que mène Amélia a quelque chose de touchant.
On a même droit à des fac-similés des documents d'enquêtes de l'auteur. Un vrai travail qu'il a accompli là.
Je ne sais pas si sa théorie est bonne, mais la proposition de solution à l'énigme posée de 1888 pourrait être plausible...
Une lecture qui m'a enchanté !
Je vous laisse, je vais me réfugier dans le métro, il pleut des bombes dans ma ville de Londres !
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Aelinel
24 octobre 2016
C'est la critique enthousiaste de L'Aléthiomètre qui m'a fait découvrir ce roman et je dois dire qu'à mon tour, je n'ai pas du tout été déçue car cette lecture s'est révélée être un véritable coup de coeur!
En 1941, Amelia Pritlowe est infirmière, à Londres et subit de plein fouet les bombardements allemands. Son père, qui vient de mourir, lui a laissé une lettre dans laquelle il lui révèle ses origines. Elle est la fille de Mary Jane Kelly, la dernière victime atrocement massacrée par Jack l'Eventreur, en novembre 1888. Amélie décide alors d'intégrer une société de Ripperologues afin d'enquêter sur le meurtre de sa mère et découvrir l'identité de son assassin.
On sent dès les premières pages que Michel Moatti est un passionné, qu'il possède les connaissances sur cette enquête et sur l'époque mais aussi que son travail est exhaustif et minutieux. Bien qu'il s'agisse d'un roman (et donc d'une fiction), j'ai beaucoup apprécié qu'il l'agrémente de sources réelles comme un plan du quartier de Whitechapel ou des sources historiques provenant soit des journaux contemporains, soit des archives de la police avec les rapports d'autopsie ou des archives judiciaires avec les témoignages des différentes personnes présentes sur place, etc... Il pousse même le vice en citant la cote des archives afin que le lecteur, s'il lui prend l'envie de pousser ses recherches, puisse les retrouver facilement.
Dit comme cela, on pourrait croire que le récit est ennuyeux et rébarbatif. En réalité, il n'en est rien car Michel Moatti possède une véritable plume qui rend l'ensemble très attractif, fluide et dynamique en alternant ses différents supports (extraits du journal fictif d'Amélia Pritlowe, récits des dernières heures des victimes de Jack l'Eventreur et réappropriation des sources de l'époque victorienne citées plus haut). Sa connaissance des années 1880 est telle qu'en tant que lectrice, je n'ai absolument eu aucun mal à m'immiscer dans les quartiers malfamés de l'East End et de ressentir la misère qui régnait alors dans ce quartier : alcoolisme, maladie, prostitution, bas salaire, conditions de vie misérable, faim, froid, etc...
Enfin, Michel Moatti propose dans son roman une nouvelle théorie sur l'identité de Jack l'Eventreur : non seulement, il distille ses arguments dans son roman mais il les reprend également à la fin, dans son postface (je vous conseille de la lire car elle est vraiment très intéressante). Pour ma part, je reste relativement dubitative : s'il est vrai que je n'adhére absolument pas à la thèse du complot royal (certains auraient évoqué le médecin de la Reine Victoria (qui avait plus de 70 ans!) ou le Prince héritier) et de la Franc-maçonnerie, je ne suis pas non plus d'accord avec la proposition de Michel Moatti bien que certains arguments soient tout à fait crédibles. Pour moi, Jack l'Eventreur possédait des connaissances anatomique et chirurgicale et je pense qu'il faudrait davantage creuser dans cette direction.
En conclusion, Retour à Whitechapel est l'un des meilleurs romans que j'ai pu lire jusqu'à présent sur le sujet : il est exhaustif, prenant et passionnant. Je le conseille donc à tous ceux qui veulent en apprendre davantage sur cette affaire sordide ou qui s'intéressent aux années 1880, à Londres.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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DominiqueTerrier
24 janvier 2014
J'ai adoré le bouquin de Michel Moatti, mais, pour les aficionados du tueur de Whitechapel, Je tiens à dévoiler ma version des faits.

"Le vent percutait les remparts du château en produisant une musique étrange. Les notes aigues évoquaient une comptine que Sir Charles adorait quand il était enfant.
Old MacDonald had a farm / Ee a ee a oh ! / And on that farm he had some chicks / Ee a ee a oh !
Sir Charles ferma les yeux. Son enfance était si loin, il devait se concentrer pour retrouver les images de son passé. Il serra fort les paupières, régla la focale de sa mémoire pour chasser le flou. Il obtint une vue d'une précision remarquable. Sa mère chantonnait au-dessus du berceau, son beau visage encadré de teintes sépia. le souvenir datait de presque cent ans mais l'émotion était si forte que Sir Charles ouvrit aussitôt ses yeux remplis de larmes. Dans quelques heures il allait rejoindre celle qui fut sa génitrice, sa confidente, son amie, son unique amour. Il reformerait avec elle, dans les limbes, ce couple maudit qui n'avait pas eu droit au bonheur en ce bas monde.
Le vent changea de registre, la berceuse prit une tonalité wagnérienne. La bourrasque venue d'Islande fit vibrer le château de Dunvegan jusqu'aux fondations. L'immense bâtisse de pierre résista une fois de plus à cette force mesquine, à cette poussée vengeresse destinée à renverser un obstacle qui lui barrait la route depuis des siècles. le vieil homme reconnut le dernier requiem de Mozart, la messe terrifiante et inachevée de celui qui va mourir bientôt. Pas de trémolos, pas de trilles, juste un fond sonore sombre et austère, une marche d'accompagnement vers le cratère brûlant où son esprit malade allait subir des souffrances milles fois méritées. Il savait que la note serait salée, proportionnelle au mal qu'il avait fait autrefois, l'inceste n'étant que le moindre de ses péchés. Sir Charles était résigné en pensant au châtiment terrible infligé à celui qui a bafoué la parole du Christ et souillé la robe de sa très sainte mère.
Avait-il obtenu le pardon de ses fautes en parcourant la lande pour aller soigner le paysan victime de fièvre ou pour aider la femme en couches ? Ces nouveau-nés qu'il avait serrés dans ses bras pouvaient-ils lui épargner les feux de l'Enfer ? Autant de réponses négatives car il ne croyait plus à sa rédemption. Pour la population locale il était Sir Charles, le médecin des pauvres, celui qui posait une pièce d'une livre sur la table en s'en allant, comme un saint homme qui payait le prix de ses bienfaits. Pour celui qui observe des cieux le comportement des hommes, il était un damné ordinaire. Ou presque.
Abigail vint s'asseoir près du lit où somnolait son grand-père. Elle était fascinée par ce visage parcheminé, ces cheveux comme du fil de lin, ces doigts en branches d'arbre. Elle se sentait proche de ce vieux corps qui avait dix fois son âge, un corps perclus de douleurs qui semblait plus serein quand elle était auprès de lui. Abigail était délaissée par ses parents, trop occupés à gérer le château et son flot de touristes, mais elle ne s'en plaignait pas, elle passait son temps dans l'aile ouest où Sir Charles avait fait retraite. La petite fille et le vieil homme parlaient peu mais se sentaient bien ensemble. Sir Charles entrouvrit les lèvres avec difficulté et dit :
— Mon enfant, approche toi, je dois te parler.
A plusieurs reprises Abigail avait décrypté quelque chose d'extraordinaire dans le regard de son aïeul, elle savait qu'un jour ou l'autre il allait lui dévoiler ses secrets. le moment était peut-être arrivé.
— La clé autour de mon cou.
Abigail passa sa main sous le col de la chemise de nuit. Elle fut surprise par la moiteur de la peau et l'abondante touffe de poils qui recouvrait la clé pendue au bout d'une fine chaîne d'or. Elle la décrocha puis la brandit devant Sir Charles, comme pour lui signifier qu'elle obéirait à tous ses voeux, sans discuter.
Le vieillard tendit le bras vers une toile accrochée au mur, au pied du grand lit à baldaquin.
— Derrière le tableau.
Abigail fit pivoter l'oeuvre qui représentait une scène de chasse dans les monts Cuillin, sommets désertiques et sauvages de l'île de Skye. Elle ouvrit le coffre avec la clé de son grand-père.
Cinq bocaux étaient posés sur une étagère. Une étiquette était collée sur chaque bocal. Une écriture soignée mais agitée, comme celle d'un médecin, avait tracé une ou deux lettres sur chacune de ces étiquettes. M. A pour le premier bocal, A pour le second, E pour le troisième, C pour le quatrième et enfin M. J pour le dernier.
Abigail eut un mouvement de recul quand elle vît les morceaux informes de viande suspendus dans le formol.
Une inscription en chiffres romains était gravée sur la tranche de l'étagère, à même le bois, une gravure semblable à celle d'une stèle de cimetière.
MDCCCLXXXVIII
La fillette, dont l'intelligence était vive, décoda l'inscription en quelques secondes et dit à haute voix :
— Mille huit cent quatre-vingt-huit.
Elle se retourna et vit son grand-père à moitié dressé dans son lit, le regard fou, un rictus mauvais en travers du visage.
— Oui, Abigail, mille huit cent quatre-vingt-huit, l'année de la grande moisson, l'année où les femmes impures déversèrent leurs entrailles sur le pavé de la grande métropole pervertie.
Le vieil homme retomba, la tête en arrière, terrassé par une colère aussi violente qu'inattendue.
Abigail s'approcha. La mort rôdait autour du lit, il fallait faire vite, dans une poignée de minutes elle allait s'emparer de Sir Charles.
Du haut de ses dix ans, Abigail fit preuve d'un aplomb incroyable. Elle prit la main crochue du mourant et lui dit :
— Racontez-moi, Sir Charles, je veux savoir.
La confession fut longue, entrecoupée de hoquets, de râles et de pleurs. de temps en temps la voix douce se transformait, un autre homme prenait la parole en utilisant des mots différents, comme si deux personnes cohabitaient dans une même enveloppe charnelle.
Le jeune Charles MacLeod avait fait un stage d'un an à Londres, en 1888, pour terminer ses études de médecine. En bon Ecossais, économe pour les uns, avare pour les autres, il logeait dans le quartier pauvre et insalubre de Whitechapel. Dès son installation il fut horrifié par les prostitués qui se vautraient dans le stupre de cette nouvelle Babylone. En proie à de terribles crises de mysticisme causées par le péché de chair qu'il avait commis avec sa mère, Charles, comme un Héraclès vêtu de noir, décida de nettoyer les écuries d'Augias à grands coups de scalpel. Il s'acharna sur le ventre blanc de sa première victime, Mary Ann Nichols. Charles immola la pécheresse et préleva un morceau de rein qu'il conserva comme un chasseur conserve un trophée. Puis il récidiva avec Annie Chapman, prélevant un ovaire sur la malheureuse. La liste sanglante de l'année 1888 se poursuivit avec Elizabeth Stride, Catherine Eddowes et Mary Jane Kelly. Cinq victimes et autant de bocaux soigneusement remplis avec des morceaux choisis, taillés dans la turpitude et le vice.
Sir Charles rendit son dernier soupir, la conscience sans doute un peu allégée, si l'on veut bien admettre que la conscience d'un monstre aussi répugnant puisse être soulagée.
La fillette referma le coffre et dissimula la clé. Elle conserva jalousement le précieux héritage de son grand-père et n'en parla jamais à personne. L'admiration qu'elle avait pour Sir Charles ne fit que grandir au fil du temps. Les mystères de la génétique, qui sont insondables, transformèrent psychologiquement Abigail en copie conforme de son illustre grand-père. Devenue adulte elle fit le serment de poursuivre l'oeuvre inachevée de Sir Charles.
On se doit d'être à la hauteur quand on est la petite-fille de Jack l'Eventreur."

Lien : http://www.atramenta.net/lir..
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canel
05 avril 2014
Partons sur les traces de Jack l'Eventreur en compagnie d'Amelia, fille fictive de la dernière victime recensée, celle sur laquelle le tueur s'est le plus violemment acharné, Mary Jane Kelly.
On prend connaissance des documents originaux de l'enquête - articles de presse, interrogatoires, photos, reconstitutions - cinquante ans après les faits, à travers la voix d'Amelia.
De ce serial killer mythique, je ne connaissais que la sauvagerie des meurtres et le profil des victimes : des prostituées d'un quartier miséreux de Londres. Et bien sûr sa supposée silhouette, chapeau haut de forme et cape noire, qui ont d'ailleurs inspiré bien des couvertures de thrillers.
Je n'étais pas curieuse d'en savoir davantage, avant d'écouter Michel Moatti présenter cet ouvrage.
La version romancée qu'il en propose est nourrie d'un long travail d'investigation dans les archives de l'époque. le portrait du Whitechapel de 1888 évoque un décor à la Dickens. Dénuement extrême, insalubrité, délinquance, violence, maladie, alcoolisme. Condition ouvrière, celle de femmes en l'occurrence, exploitées dans des usines d'allumettes (« [une grande partie] de leur rémunération […] étaient versée en lard rance, en harengs moisis, en farines avariées ou coupées à la poussière d'argile. »). Prostitution en appoint à ces maigres revenus, pour pouvoir manger, payer le loyer d'une chambre miteuse… et boire.
Le travail d'infirmière d'Amelia sous le Blitz londonien de 1941 met judicieusement en perspective les carnages des raids aériens et les scènes de crimes de Jack l'Eventreur.
En dépit de l'intérêt historique, social, psychologique de ce roman, je m'y suis souvent ennuyée, ayant l'impression de piétiner, de lire plusieurs fois les mêmes faits – tout comme les enquêteurs à l'époque, certes, et les archivistes qui poursuivent les recherches sur l'affaire…
Le sous-titre racoleur ‘LE [en majuscules] roman-enquête sur Jack l'Eventreur' est à double tranchant, je pense qu'il fait fuir presque (?) autant de lecteurs qu'il en appâte.
La façon dont l'auteur affirme avoir trouvé l'identité de Jack L'Eventreur me semble bien présomptueuse. On lit en effet en postface : « Je vais donc à présent exposer pourquoi *** est bien le coupable de 1888, et pourquoi le carnage ignoble de Miller's Court l'accuse implacablement de tous les crimes attribués, depuis plus de cent vingt ans, à ce personnage drapé d'ombre que l'on nommera, pour l'éternité, Jack l'Éventreur. » (p. 403)
Malgré ces réserves, je conseillerais ce roman, non pas pour l'aspect thriller ni pour connaître l'identité du mystérieux tueur, mais pour ce qu'il nous enseigne sur la misère urbaine à la fin du XIXe siècle.
[zut, ce billet est beaucoup trop long]
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HannibalLectrice
05 juin 2014
Nous avons nos goûts, nos auteurs fétiches, nos sujets de prédilections. Je dois dire que Jack n'en est pas un pour moi, le coupable n'ayant jamais été découvert, aucun profil psychologique n'a pu être formellement établi. le côté sanglant de cette triste et célèbre affaire ne m'intéresse pas, certes, j'éprouve énormément de compassion pour ces pauvres femmes victimes de cette ordure, mais cela s'arrête là. Et, il y a eu tellement d hypothèses,de théories facétieuse que cela en devenait fatiguant et lassant.
Inutile de préciser qu'il ne me serait jamais venu à l'esprit d'acheter ce livre. Ma moitié en a décidé autrement, et me l'a offert, probablement afin d'assouvir sa propre curiosité. Force est de constater, qu'il a eu, encore une fois, entièrement raison, et encore une fois me voilà à lui passer de la pommade.....
Certes ce livre ne fera pas de moi une "ripperophile" ou une "ripperologue" mais je dois avouer que cette lecture fut intéressante, compassionnelle et riche. Intéressante, l'auteur prend son enquête et ses recherches très au sérieux, il nous explique le pourquoi de cette enquête, ses motivations..... Et puis cette enquête est menée intelligemment, l'auteur ne balance pas un nom au hasard, 3 ans de recherches ça se sent. Certes Amélia Pritlowe et la Filebox Society n'existent pas, mais il fallait bien une trame afin de nous amener tout doucement vers ses conclusions. C'est donc au travers des recherches et du journal d'Amélia que nous suivons cette enquête comme si nous y étions, nous passons véritablement du statut de lecteur à celui de témoin. Je pense pouvoir dire que l'auteur a écrit ce livre dans une totale abnégation et non pas pour la gloire....
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Les critiques presse (2)
LePoint07 mars 2013
le docteur Michel Moatti a pisté le plus célèbre tueur en série de l'histoire durant des mois à Londres. Il en a extrait une théorie, montée en polar dans son livre Retour à Whitechapel.
Lire la critique sur le site : LePoint
LesEchos05 février 2013
Michel Moatti est persuadé d'avoir résolu l'énigme. Pendant trois ans, il a épluché la presse de l'époque, les dossiers de Scotland Yard, les rapports médicaux légaux, les jurys d'enquête. Pour nous mener jusqu'au nom du (des ?) coupable(s), il a choisi la voie du roman.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
belette2911belette291106 avril 2013
Joe Barnett était une sorte de gros garçon à l'allure pataude. Malgré ses trente ans révolus, des joues rondes, un poil jaune et des rouflaquettes de cocher peu fournies l'empêchaient d'avoir tout à fait l'air d'un homme adulte.

Il gardait cet aspect d'adolescent attardé, que ses yeux bleus très clairs, presque transparents, renforçaient. Pourtant, ce regard, lorsqu'on le croisait, faisait frémir. On avait l'impression qu'il contenait un fonds inépuisable de rage qui ne demandait qu'à se libérer.

Ce matin du 12 novembre, Joe Barnett était justement plein de rage en se présentant devant le jury de Shoreditch, pour témoigner sur l'assassinat de sa dernière compagne, Mary Kelly.

Il se vit soudain debout devant une assemblée d'hommes en gilets et redingotes, tous la mine très imprégnée de leur mission, fronçant également les sourcils pour mieux dévisager celui qui faisait figure, dès l'ouverture de cette audition, de suspect idéal.

Joe Barnett sentit la culpabilité sourdre de lui comme le suc d'un fruit mûr à l'instant même où le coroner le regarda fixement.

Nom de Dieu, pensa-t-il, ils vont me resservir cette histoire de carreau cassé, et l'une ou l'autre des putains de Miller's Court va se mettre à raconter qu'elle m'a entendu cent fois crier et menacer du monde dans Spitalfields.

Son pas résonna comme un coup de fusil dans une cathédrale quand il approcha des jurés tapis près du coroner comme des canetons autour de leur mère.
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belette2911belette291110 juin 2014
Douze visages d'horreur firent face aux hommes de la police et aux mandataires des fabriques. Douze visages mangés par l'acide, décomposés par le cancer, ravagés par la maladie du phosphore.

Les mâchoires de certaines apparaissaient à travers la chair nécrosée des joues, révélant l'émail jauni de dents putréfiées.

D'autres n'avaient plus de lèvres, et des gencives gonflées, boursouflées, rouges comme des sections fraîches de betterave, pointaient vers l'avant, à la manière de monstrueuses figures de proue. L'une d'entre elles, qui tenait le centre du rang, avait un œil exsangue, déplacé vers le milieu du visage, empiétant sur un nez absent et sur l'orbite voisine.

Sa lèvre relevée ne laissait pas, comme d'autres, deviner des dents pourries ou des chairs nécrosées. Elle n'avait plus rien dans la cavité buccale, juste une langue grise, comme celle des animaux que l'on vend aux étals du marché de Spitalfields, qui tournait dans sa bouche morte.

[Ouvrières ayant travaillé dans des fabriques d'allumettes : le phosphore, c'est pas bon !]
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canelcanel01 avril 2014
- manifestation d'ouvrières d'une usine d'allumettes, Londres, 1888 -
Douze visages d'horreur firent face aux hommes de la police et aux mandataires des fabriques. Douze visages mangés par l'acide, décomposés par le cancer, ravagés par la maladie du phosphore. Les mâchoires de certaines apparaissaient à travers la chair nécrosée des joues, révélant l'émail jauni de dents putréfiées. D'autres n'avaient plus de lèvres, et des gencives gonflées, boursouflées, rouges comme des sections fraîches de betterave, pointaient vers l'avant, à la manière de monstrueuses figures de proue. L'une d'entre elles, qui tenait le centre du rang, avait un oeil exsangue, déplacé vers le milieu du visage, empiétant sur un nez absent et sur l'orbite voisine. Sa lèvre relevée ne laissait pas, comme d'autres, deviner des dents pourries ou des chairs nécrosées. Elle n'avait plus rien dans la cavité buccale, juste une langue grise, comme celle des animaux que l'on vend aux étals du marché de Spitalfields, qui tournait dans sa bouche morte.
p. 78-79
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canelcanel04 avril 2014
Ce que les machines de guerre [en 14-18] et les engins de mort avaient réussi à faire souvent à très longue distance et de manière plus ou moins anonyme, un homme [Jack L'Éventreur] l'avait anticipé, dans la paix nocturne d'un logis, en face à face avec une femme désarmée et terrorisée.
Il avait usé de la mort et de la souffrance comme d'un art, et utilisé la chair et le corps d'une femme comme la pâte de modelage d'une oeuvre diabolique et monstrueuse.
(p. 181)
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belette2911belette291111 juin 2014
L'indifférence est la caractéristique saillante de tous les tueurs en série, qu'ils agissent en solitaire ou en bande, comme lors des génocides. C'est cette indifférence à l'autre qui doit dois retenir de les admirer.
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