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ISBN : 2266242423
Éditeur : Pocket (09/01/2014)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 89 notes)
Résumé :
Le 24 septembre 1941, pendant le Blitz qui écrase Londres sous des tonnes de bombes, Amelia Pritlowe, infirmière du London Hospital, apprend la mort de son père. Celui-ci lui a laissé une lettre posthume lui révélant que sa mère n'est pas morte d'une maladie pulmonaire, comme l'histoire familiale le prétend ; Mary Jane Kelly a été la dernière victime de Jack
L'Éventreur. Amelia Pritlowe avait 2 ans.
À compter de ce jour, Mrs Pritlowe va se lancer dans ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
belette2911
  13 juin 2014
Là, je m'incline devant le roman de monsieur Moatti car il a réussi à
mélanger la fiction avec le réel, donnant vie au quartier de Whitechapel et à quelques unes de ses prostituées les plus célèbres !
Nous sommes en 1941 et tout l'Europe est écrasée par les bottes des Boches... Toute ? Non, une île résiste encore et toujours à l'envahisseur, mais est écrasée par les multiples bombes que le cousin Germain lui envoie. C'est le Blitz à Londres et il vaut mieux louvoyer entre les bombes.
Secouant la manche de ma grosse veste remplie de poussière due à l'effondrement d'un bâtiment, je pénétrai au London Hospital afin de faire la connaissance avec Amelia Pritlowe, une infirmière qui, comme moi, tente de survivre aux bombardements du sinistre moustachu.
C'est penchée sur son épaule que j'ai lu, avec elle, la lettre posthume qu'elle venait de recevoir de son père.
Moi, j'avais lu le résumé, donc je savais déjà que cette lettre allait être son petit Hiroshima à elle. Oui, je n'exagère pas... Cette lettre, ce sera son cataclysme personnel, tout aussi dévastateur qu'une bombe de grande puissance qui vous pèterait dans les mains.
Sa mère n'est pas morte d'une maladie pulmonaire comme elle l'a toujours cru. Que nenni !! Sa maman se prénommait Mary Jane Kelly... Ça vous remet ?? Yes, Mary Jane, la dernière victime de Jack l'Éventreur, celle sur laquelle il s'était lâché...
Souvenirs ? Néant car elle n'avait que deux ans. Alors, Amelia va retrousser ses manches et mener l'enquête, 53 ans après.
Alors, non seulement l'auteur propose une nouvelle vision de l'identité du meurtrier qui me plaît bien, mais en plus, il a parfaitement mis en scène le tout.
On alterne les chapitres avec l'enquête d'Amélia, prête à toute, même à entrer dans un club de "ripperologues", et les chapitres qui se déroulent en 1888, dans les ruelles sombres de Whitechapel.
L'incendie des docks, le 31 août, nuit de la mort de Mary Ann Nichols s'y trouve, la manifestation des ouvrières de l'usine d'allumettes "Bryan & May" qui ont eu le visage ravagé et dévoré par le phosphore, les femmes qui devaient vendre leur corps pour gagner de quoi boire un coup et dormir dans un asile qui avait tout du taudis... Tout se trouve dedans !
Celui qui voudrait en savoir un peu plus sur l'atmosphère nocturne et angoissante de l'East End de 1888, et bien, il est servi !
Un magnifique travail de reconstitution, comme si on y était, le tout sans ennuyer le lecteur une seule seconde. Les pages ont défilé sur deux jours. Je l'aurais même lu plus vite si je n'avais pas eu d'autres choses sur le feu.
À cause ou grâce au tueur de Whitechapel, les 5 victimes sont passé de l'ombre à la lumière, passant du néant à la postérité pour l'éternité, devenant les prostituées les plus célèbres de l'univers...
Grâce à l'auteur, les victimes viennent de revivre une nouvelle fois : leurs personnalités, leurs vies de misère, leurs joies,leurs emmerdes, leurs personnalités sociales et affectives...
Tout est recomposé, sans pathos, sans exagération, le tout formant un roman où le voyeurisme n'est pas invité et où l'enquête que mène Amélia a quelque chose de touchant.
On a même droit à des fac-similés des documents d'enquêtes de l'auteur. Un vrai travail qu'il a accompli là.
Je ne sais pas si sa théorie est bonne, mais la proposition de solution à l'énigme posée de 1888 pourrait être plausible...
Une lecture qui m'a enchanté !
Je vous laisse, je vais me réfugier dans le métro, il pleut des bombes dans ma ville de Londres !
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Aelinel
  24 octobre 2016
C'est la critique enthousiaste de L'Aléthiomètre qui m'a fait découvrir ce roman et je dois dire qu'à mon tour, je n'ai pas du tout été déçue car cette lecture s'est révélée être un véritable coup de coeur!
En 1941, Amelia Pritlowe est infirmière, à Londres et subit de plein fouet les bombardements allemands. Son père, qui vient de mourir, lui a laissé une lettre dans laquelle il lui révèle ses origines. Elle est la fille de Mary Jane Kelly, la dernière victime atrocement massacrée par Jack l'Eventreur, en novembre 1888. Amélie décide alors d'intégrer une société de Ripperologues afin d'enquêter sur le meurtre de sa mère et découvrir l'identité de son assassin.
On sent dès les premières pages que Michel Moatti est un passionné, qu'il possède les connaissances sur cette enquête et sur l'époque mais aussi que son travail est exhaustif et minutieux. Bien qu'il s'agisse d'un roman (et donc d'une fiction), j'ai beaucoup apprécié qu'il l'agrémente de sources réelles comme un plan du quartier de Whitechapel ou des sources historiques provenant soit des journaux contemporains, soit des archives de la police avec les rapports d'autopsie ou des archives judiciaires avec les témoignages des différentes personnes présentes sur place, etc... Il pousse même le vice en citant la cote des archives afin que le lecteur, s'il lui prend l'envie de pousser ses recherches, puisse les retrouver facilement.
Dit comme cela, on pourrait croire que le récit est ennuyeux et rébarbatif. En réalité, il n'en est rien car Michel Moatti possède une véritable plume qui rend l'ensemble très attractif, fluide et dynamique en alternant ses différents supports (extraits du journal fictif d'Amélia Pritlowe, récits des dernières heures des victimes de Jack l'Eventreur et réappropriation des sources de l'époque victorienne citées plus haut). Sa connaissance des années 1880 est telle qu'en tant que lectrice, je n'ai absolument eu aucun mal à m'immiscer dans les quartiers malfamés de l'East End et de ressentir la misère qui régnait alors dans ce quartier : alcoolisme, maladie, prostitution, bas salaire, conditions de vie misérable, faim, froid, etc...
Enfin, Michel Moatti propose dans son roman une nouvelle théorie sur l'identité de Jack l'Eventreur : non seulement, il distille ses arguments dans son roman mais il les reprend également à la fin, dans son postface (je vous conseille de la lire car elle est vraiment très intéressante). Pour ma part, je reste relativement dubitative : s'il est vrai que je n'adhére absolument pas à la thèse du complot royal (certains auraient évoqué le médecin de la Reine Victoria (qui avait plus de 70 ans!) ou le Prince héritier) et de la Franc-maçonnerie, je ne suis pas non plus d'accord avec la proposition de Michel Moatti bien que certains arguments soient tout à fait crédibles. Pour moi, Jack l'Eventreur possédait des connaissances anatomique et chirurgicale et je pense qu'il faudrait davantage creuser dans cette direction.
En conclusion, Retour à Whitechapel est l'un des meilleurs romans que j'ai pu lire jusqu'à présent sur le sujet : il est exhaustif, prenant et passionnant. Je le conseille donc à tous ceux qui veulent en apprendre davantage sur cette affaire sordide ou qui s'intéressent aux années 1880, à Londres.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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canel
  05 avril 2014
Partons sur les traces de Jack l'Eventreur en compagnie d'Amelia, fille fictive de la dernière victime recensée, celle sur laquelle le tueur s'est le plus violemment acharné, Mary Jane Kelly.
On prend connaissance des documents originaux de l'enquête - articles de presse, interrogatoires, photos, reconstitutions - cinquante ans après les faits, à travers la voix d'Amelia.
De ce serial killer mythique, je ne connaissais que la sauvagerie des meurtres et le profil des victimes : des prostituées d'un quartier miséreux de Londres. Et bien sûr sa supposée silhouette, chapeau haut de forme et cape noire, qui ont d'ailleurs inspiré bien des couvertures de thrillers.
Je n'étais pas curieuse d'en savoir davantage, avant d'écouter Michel Moatti présenter cet ouvrage.
La version romancée qu'il en propose est nourrie d'un long travail d'investigation dans les archives de l'époque. le portrait du Whitechapel de 1888 évoque un décor à la Dickens. Dénuement extrême, insalubrité, délinquance, violence, maladie, alcoolisme. Condition ouvrière, celle de femmes en l'occurrence, exploitées dans des usines d'allumettes (« [une grande partie] de leur rémunération […] étaient versée en lard rance, en harengs moisis, en farines avariées ou coupées à la poussière d'argile. »). Prostitution en appoint à ces maigres revenus, pour pouvoir manger, payer le loyer d'une chambre miteuse… et boire.
Le travail d'infirmière d'Amelia sous le Blitz londonien de 1941 met judicieusement en perspective les carnages des raids aériens et les scènes de crimes de Jack l'Eventreur.
En dépit de l'intérêt historique, social, psychologique de ce roman, je m'y suis souvent ennuyée, ayant l'impression de piétiner, de lire plusieurs fois les mêmes faits – tout comme les enquêteurs à l'époque, certes, et les archivistes qui poursuivent les recherches sur l'affaire…
Le sous-titre racoleur ‘LE [en majuscules] roman-enquête sur Jack l'Eventreur' est à double tranchant, je pense qu'il fait fuir presque (?) autant de lecteurs qu'il en appâte.
La façon dont l'auteur affirme avoir trouvé l'identité de Jack L'Eventreur me semble bien présomptueuse. On lit en effet en postface : « Je vais donc à présent exposer pourquoi *** est bien le coupable de 1888, et pourquoi le carnage ignoble de Miller's Court l'accuse implacablement de tous les crimes attribués, depuis plus de cent vingt ans, à ce personnage drapé d'ombre que l'on nommera, pour l'éternité, Jack l'Éventreur. » (p. 403)
Malgré ces réserves, je conseillerais ce roman, non pas pour l'aspect thriller ni pour connaître l'identité du mystérieux tueur, mais pour ce qu'il nous enseigne sur la misère urbaine à la fin du XIXe siècle.
[zut, ce billet est beaucoup trop long]
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HannibalLectrice
  05 juin 2014
Nous avons nos goûts, nos auteurs fétiches, nos sujets de prédilections. Je dois dire que Jack n'en est pas un pour moi, le coupable n'ayant jamais été découvert, aucun profil psychologique n'a pu être formellement établi. le côté sanglant de cette triste et célèbre affaire ne m'intéresse pas, certes, j'éprouve énormément de compassion pour ces pauvres femmes victimes de cette ordure, mais cela s'arrête là. Et, il y a eu tellement d hypothèses,de théories facétieuse que cela en devenait fatiguant et lassant.
Inutile de préciser qu'il ne me serait jamais venu à l'esprit d'acheter ce livre. Ma moitié en a décidé autrement, et me l'a offert, probablement afin d'assouvir sa propre curiosité. Force est de constater, qu'il a eu, encore une fois, entièrement raison, et encore une fois me voilà à lui passer de la pommade.....
Certes ce livre ne fera pas de moi une "ripperophile" ou une "ripperologue" mais je dois avouer que cette lecture fut intéressante, compassionnelle et riche. Intéressante, l'auteur prend son enquête et ses recherches très au sérieux, il nous explique le pourquoi de cette enquête, ses motivations..... Et puis cette enquête est menée intelligemment, l'auteur ne balance pas un nom au hasard, 3 ans de recherches ça se sent. Certes Amélia Pritlowe et la Filebox Society n'existent pas, mais il fallait bien une trame afin de nous amener tout doucement vers ses conclusions. C'est donc au travers des recherches et du journal d'Amélia que nous suivons cette enquête comme si nous y étions, nous passons véritablement du statut de lecteur à celui de témoin. Je pense pouvoir dire que l'auteur a écrit ce livre dans une totale abnégation et non pas pour la gloire....
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Gaiange
  02 février 2017
Un roman qui retrace la véritable histoire de Jack l'Eventreur. Ce livre est pour moi plus un documentaire qu'un roman, même si une histoire a été créé autour des crimes de Londres en 1888.
Un livre mené à la perfection dans les recherches de l'auteur. Il aura fallu pas moins de trois années à l'auteur pour se documenter dans les archives victorienne, presses de l'époque, rapports médico-légaux, dossiers de la Metropolitan Police "Scotland Yard", témoignages des jurys d'enquêtes et cetera.
Une vraie encyclopédie sur l'affaire Jack l'Eventreur.
Une première partie assez compliquée, où l'on pourrait facilement se perdre. J'ai donc volontairement ralenti ma lecture, car une foule d'informations nous sont données. le côté romance de ce livre ne m'a pas réellement séduite même si l'auteur a magnifiquement réussi à l'intégrer aux faits réels. Je ne suis tout simplement pas arrivée à m'attacher au personnage d'Amelia. Peut être trop de longueurs sur certains passages.
Une seconde partie où le livre prend une accélération dans l'histoire et son dénouement. Cette partie, je l'ai beaucoup plus apprécié au niveau de la romance.
Ce livre est à lire sans précipitation. Très peu de dialogues et quand il y en a, les personnages parlent avec un dialecte propre à l'époque. Beaucoup, beaucoup de descriptions, c'est pour cette raison que je qualifie ce livre d'encyclopédie. L'auteur n'a rien laisse de côté. On peut s'imaginer facilement le mode de vie en 1888 et en 1941 durant la seconde guerre mondiale.
Les descriptions des actes meurtriers nous sont décrites au millimètre. Certaines plus fortes que d'autres. Évidemment, il y aura plus de profondeur sur la dernière victime, car le roman tourne autour de Mary Jane Kelly.
Si les meurtres de Jack l'Eventreur ont été qualifié de chirurgicales plus d'une fois, je dirais la même chose de ce roman. Il a été conçu chirurgicalement, au millimètre sans aucune faute de procédure.
Un roman que je conseille aux personnes qui veulent en savoir plud sur le mystère de Jack l'Eventreur et qui ne savent pas trop de choses au niveau de l'affaire ainsi que les nombreuses hypothèses qui courent depuis 1888.
L'auteur nous soumet une découverte probable ou non su l'identité de Jack l'Eventreur. Je n'ai pas réellement été surprise, car l'énigme Jack l'Eventreur me fascine depuis très longtemps. Mais, je dois dire qu'une partie du final m'a plutôt surprise sur le coté fiction du roman.
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critiques presse (2)
LePoint   07 mars 2013
le docteur Michel Moatti a pisté le plus célèbre tueur en série de l'histoire durant des mois à Londres. Il en a extrait une théorie, montée en polar dans son livre Retour à Whitechapel.
Lire la critique sur le site : LePoint
LesEchos   05 février 2013
Michel Moatti est persuadé d'avoir résolu l'énigme. Pendant trois ans, il a épluché la presse de l'époque, les dossiers de Scotland Yard, les rapports médicaux légaux, les jurys d'enquête. Pour nous mener jusqu'au nom du (des ?) coupable(s), il a choisi la voie du roman.
Lire la critique sur le site : LesEchos
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
belette2911belette2911   06 avril 2013
Joe Barnett était une sorte de gros garçon à l'allure pataude. Malgré ses trente ans révolus, des joues rondes, un poil jaune et des rouflaquettes de cocher peu fournies l'empêchaient d'avoir tout à fait l'air d'un homme adulte.

Il gardait cet aspect d'adolescent attardé, que ses yeux bleus très clairs, presque transparents, renforçaient. Pourtant, ce regard, lorsqu'on le croisait, faisait frémir. On avait l'impression qu'il contenait un fonds inépuisable de rage qui ne demandait qu'à se libérer.

Ce matin du 12 novembre, Joe Barnett était justement plein de rage en se présentant devant le jury de Shoreditch, pour témoigner sur l'assassinat de sa dernière compagne, Mary Kelly.

Il se vit soudain debout devant une assemblée d'hommes en gilets et redingotes, tous la mine très imprégnée de leur mission, fronçant également les sourcils pour mieux dévisager celui qui faisait figure, dès l'ouverture de cette audition, de suspect idéal.

Joe Barnett sentit la culpabilité sourdre de lui comme le suc d'un fruit mûr à l'instant même où le coroner le regarda fixement.

Nom de Dieu, pensa-t-il, ils vont me resservir cette histoire de carreau cassé, et l'une ou l'autre des putains de Miller's Court va se mettre à raconter qu'elle m'a entendu cent fois crier et menacer du monde dans Spitalfields.

Son pas résonna comme un coup de fusil dans une cathédrale quand il approcha des jurés tapis près du coroner comme des canetons autour de leur mère.
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belette2911belette2911   10 juin 2014
Douze visages d'horreur firent face aux hommes de la police et aux mandataires des fabriques. Douze visages mangés par l'acide, décomposés par le cancer, ravagés par la maladie du phosphore.

Les mâchoires de certaines apparaissaient à travers la chair nécrosée des joues, révélant l'émail jauni de dents putréfiées.

D'autres n'avaient plus de lèvres, et des gencives gonflées, boursouflées, rouges comme des sections fraîches de betterave, pointaient vers l'avant, à la manière de monstrueuses figures de proue. L'une d'entre elles, qui tenait le centre du rang, avait un œil exsangue, déplacé vers le milieu du visage, empiétant sur un nez absent et sur l'orbite voisine.

Sa lèvre relevée ne laissait pas, comme d'autres, deviner des dents pourries ou des chairs nécrosées. Elle n'avait plus rien dans la cavité buccale, juste une langue grise, comme celle des animaux que l'on vend aux étals du marché de Spitalfields, qui tournait dans sa bouche morte.

[Ouvrières ayant travaillé dans des fabriques d'allumettes : le phosphore, c'est pas bon !]
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canelcanel   01 avril 2014
- manifestation d'ouvrières d'une usine d'allumettes, Londres, 1888 -
Douze visages d'horreur firent face aux hommes de la police et aux mandataires des fabriques. Douze visages mangés par l'acide, décomposés par le cancer, ravagés par la maladie du phosphore. Les mâchoires de certaines apparaissaient à travers la chair nécrosée des joues, révélant l'émail jauni de dents putréfiées. D'autres n'avaient plus de lèvres, et des gencives gonflées, boursouflées, rouges comme des sections fraîches de betterave, pointaient vers l'avant, à la manière de monstrueuses figures de proue. L'une d'entre elles, qui tenait le centre du rang, avait un oeil exsangue, déplacé vers le milieu du visage, empiétant sur un nez absent et sur l'orbite voisine. Sa lèvre relevée ne laissait pas, comme d'autres, deviner des dents pourries ou des chairs nécrosées. Elle n'avait plus rien dans la cavité buccale, juste une langue grise, comme celle des animaux que l'on vend aux étals du marché de Spitalfields, qui tournait dans sa bouche morte.
p. 78-79
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canelcanel   04 avril 2014
Ce que les machines de guerre [en 14-18] et les engins de mort avaient réussi à faire souvent à très longue distance et de manière plus ou moins anonyme, un homme [Jack L'Éventreur] l'avait anticipé, dans la paix nocturne d'un logis, en face à face avec une femme désarmée et terrorisée.
Il avait usé de la mort et de la souffrance comme d'un art, et utilisé la chair et le corps d'une femme comme la pâte de modelage d'une oeuvre diabolique et monstrueuse.
(p. 181)
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belette2911belette2911   11 juin 2014
L'indifférence est la caractéristique saillante de tous les tueurs en série, qu'ils agissent en solitaire ou en bande, comme lors des génocides. C'est cette indifférence à l'autre qui doit dois retenir de les admirer.
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