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EAN : 9782811646400
156 pages
Pika Edition (10/10/2018)
3.89/5   96 notes
Résumé :
Kabi Nagata, 28 ans, souffrant de dépression et de troubles alimentaires, vit encore chez ses parents, et n’a pas trouvé sa place dans la société. Après de nombreux échecs et petits boulots, elle réalise ce qu’elle souhaite vraiment faire : dessiner des mangas ! En parallèle de ses débuts artistiques, elle se sent terriblement seule et réalise qu’elle n’a aucune expérience sexuelle. Elle désespère d’avoir quelqu’un ne serait-ce que pour la prendre dans ses bras. Ell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
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Kabi, qui est le nom de l'autrice, n'est pas une fille comme les autres. Ce qui, dans cette société japonaise extrêmement codifiée, n'est pas un avantage. le récit est autobiographique. L'autrice nous offre une tranche de vie. le livre commence alors qu'elle s'est « commandée » une prostituée lesbienne et qu'elle s'apprête à vivre sa toute première expérience sexuelle, en plus dans un love hôtel. Dès les premières page, l'autrice se raconte. Elle décrit son parcours et comment elle est arrivée jusque là. Elle est plutôt coincée, ne sait pas communiqué, se qui la rend désespérément seule. Elle s'essaye à de petits bout lors mais sans jamais rencontrer l'amitié ou l'amour. Elle sait que les biomes ne l'attirent pas mais l'image qu'elle se forge d'elle-même ne l'incite pas à séduire et à rencontrer une âme soeur. Comme elle vie d'emplois précaires, elle ne sait pas se trouver un logement et proche de la trentaine, elle vit toujours chez ses parents. Elle passe par tous les stades dépressifs imaginables. Elle souffre d'anorexie puis ensuite de boulimie. Rêve de mourir puis de mourir et mourir encore. Mais elle comprend que La croix la plus lourde quelle prote est sa solitude. Elle rêve qu'on la sert simplement dans des bras, faire un câlin. C'est alors qu'elle choisi la voie de « consommer » une prostituée, spécialisée dans les rapports lesbiens.
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J'ai entendu parler de Solitude d'un autre genre (My Lesbian Experience With Loneliness) dès sa sortie américaine comme un titre phénomène. J'étais assez curieuse à l'annonce de sa sortie en français mais un peu déçue des choix fois par Pika de changer autant le titre ainsi que de le proposer en sens de lecture français dans une édition coûteuse qui allait forcément limiter la diffusion de ce titre. Par contre, je salue vraiment l'initiative d'avoir ajouté un article de Karyn Poupée à la fin, une autrice que j'apprécie et qui apporte un éclairement très intéressant sur la société japonaise.

Mais quand est-il de mon expérience de lecture ? Solitude d'un autre genre est un titre au format assez particulier. Il a été d'abord publié sur le site internet Pixiv, avant de sortir en version papier au Japon en juin 2016. du coup, l'intérieur est tributaire de cette publication atypique et l'on se retrouve avec un découpage très formaté, pas très agréable pour le lecteur habitué à la fluidité et au dynamisme de la narration des mangas. Ce fut donc un premier frein.

Le deuxième frein est clairement venu de l'histoire elle-même. Celle-ci n'a rien de réjouissant. Nous sommes dans la tête d'une jeune femme mal dans sa peau depuis l'adolescence, alors forcément ça n'a rien de réjouissant. En soi, je le comprends et je l'accepte vu que c'est le concept. le soucis c'est que c'est raconté de façon très plate et chirurgicale, ce qui m'a empêchée de ressentir la moindre émotion. La narration manque complètement de rythme, ça tourne en rond et on s'ennuie. L'autrice rabâche ses problèmes qui sont certes poignants mais c'est fait de façon bien trop lourde ici. de plus, ce qui a attiré le lecteur, bien souvent, c'est l'accroche comme quoi à 28 ans, elle va connaître pour la première l'amour physique dans les bras d'une prostituée. Or, le sujet est expédié en un chapitre et encore on n'y apprend rien de plus, vu qu'elle y ressasse son mal être.

Quant au dernier frein, ce furent les dessins. Je les trouves tout sauf agréables à regarder et quand même quand j'achète un manga, c'est pour que les dessins me plaisent un minimum ou du moins pour qu'ils me touchent. Ici, il aurait pu n'y avoir que le texte, ça aurait été pareil. Je suis très déçue. Ils n'apportent rien.

C'est vraiment dommage tout ça. Pourtant, il y a quand même des choses que j'ai apprécié comme la question du poids social et surtout du poids de la famille au Japon (mais c'est valable aussi ailleurs) quand on se cherche aussi bien personnellement, que sexuellement, ou professionnellement. J'ai également aimé la façon très bancale et maladroite dont elle se cherche sexuellement. Ça fait bien plus réel que tous les beaux discours hyper carré et réfléchit sur la sexualité, le genre, et tout ça. Ici, on sent quelqu'un de simple, qui ne connait rien à la question, mais qui s'interroge vraiment.

La fin est assez brutale, elle, et reste très ouverte, ce que je comprends vu que ce n'est que le récit d'un moment de vie. de plus, une suite est sortie en 2 tomes : My Solo Exchange Diary, qui apportent peut-être une histoire plus creusée que celle-ci, du moins, je l'espère pour le lecteur. Moi, je vais m'arrêter là. Cette lecture n'était pas faite pour moi.
Lien : https://lesblablasdetachan.w..
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Voici un manga que j'ai trouvé particulièrement poignant.

On y rencontre une jeune femme pleine d'incertitudes qui a beaucoup de mal à faire sa place dans la vie et dans la société. Elle va vivre des moments vraiment très difficiles et va passer par des phases de grande détresse. J'ai beaucoup aimé ce personnage car elle est vraie. Il n'y a pas de faux-semblants. On ressent tout son mal être et ses questionnements sont très intéressants. Cela permet de réfléchir sur la société d'aujourd'hui et de voir ses dérives et ses lacunes. Il n'est pas évident de trouver sa place, de savoir pour quoi on est destiné et comment arriver à être heureux. Ce manga dépeint bien cette difficulté. On se rend compte que Kabi Nagata, comme beaucoup d'autres personnes, vit à travers le regard des autres et veut les satisfaire quitte à en oublier qui elle est au fond d'elle. Mais est-ce là le chemin vers le bonheur ? C'est une des nombreuses questions que soulève ce livre et c'est très bien amené et illustré.

Pour les dessins, je les ai beaucoup aimés. Ils concordent parfaitement avec l'histoire et les personnages. Ils sont très réalistes et apportent un gros plus au récit.

Ce que j'ai apprécié également c'est le petit dossier en fin de lecture. J'y ai appris beaucoup de choses interpellantes et je trouve cela très bien d'informer les lecteurs avec d'autres informations en fin de livre.

En résumé, j'ai adoré ce mangé que je conseille vivement à tout le monde car il permet de réfléchir à beaucoup de choses mais aussi à se remettre en question. C'est un livre vrai, empli de sincérité et c'est ce qu'il y a de plus touchant.
Je remercie grandement Babelio et Pika éditions pour ce très bon manga.
Lien : https://lecturesmagiquesetfe..
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Manga autobiographique de Kabi Nagata, on voit se dérouler sous nos yeux les questionnements d'une jeune fille en proie à la dépression, à l'incompréhension, à l'indifférence générale. Elle souffre du même mal que beaucoup d'autres personnes, un mal qu'on essaye de cacher et devant lequel la société essaye de fermer les yeux, un de ces maux invisibles qui est encore exacerbé par le fonctionnement de la société japonaise où tout problème personnel est inutile car il ne doit pas retomber sur le bon fonctionnement de la société dans son ensemble.
Quand on voit l'autrice ne plus s'alimenter, passer son temps au lit, ne plus se laver, perdre son travail, se désintéresser de tout...ça ne perturbe personne, pas même ses parents qui se satisfont de la réponse "ça va" quand ils lui demandent si elle se sent bien - ce qui ne veut pas dire qu'ils ne l'aiment pas. Ce manque d'expression émotionnelle les conduit à tout interpréter de travers, comme sexualiser les actions d'un enfant en manque d'affection (p.46). Même les médecins ferment les yeux: elle est jaune, se scarifie, mais elle n'est pas auscultée et on lui recommande du repos.
Bref, beaucoup à dire sur ce sujet dans sa globalité, mais en ce qui concerne le manga, il m'a autant rendue triste par ce que je voyais se dérouler devant moi qu'espoir quand je vois que non seulement elle a fini par s'exprimer, mais qu'au final c'est ce qui lui a apporté son succès et qui lui permettra, d'une certaine façon, de faire sa thérapie.
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Solitude d'un nouveau genre est un manga dur, très brut, honnête et qui va droit au but. Ne vous fiez pas à la couverture, ce n'est pas un récit érotique. Ne vous fiez pas au rose qui prédomine : ce n'est pas une histoire girly et mignonne.

L'histoire qui nous est racontée ici a tout d'abord été publiée sur le site internet Pixiv puis a été reprise par un éditeur et est sortie en papier au Japon lors de l'été 2016. Depuis, elle a trouvé preneur à l'international : pour ce qui est de la France, ce sont les éditions Pika qui s'en ont chargé.

Côté dessins : clairement pas de coup de coeur pour moi. le style est classique, assez épuré malgré tout. Notons que de nombreuses touches de rose viennent habiller les dessins en noir et blanc.

Côté histoire, c'est particulier. le thème n'a rien de réjouissant. Notre héroine a 28 ans, est célibataire et vierge, qui plus est. Cela n'est évidemment ni une tare, ni un problème, même si ces particularités, dans la société actuelle, sont particulièrement pesantes. Non, cela ne serait rien si cette fille n'était pas en pleine souffrance. Anorexique, boulimique, mal dans sa peau, qui s'arrache les cheveux (au sens propre du terme), qui se scarifie… en somme, qui est si mal et si incapable de nouer des liens avec autrui et de trouver sa place qu'elle s'auto détruit. L'auteure le souligne à plusieurs reprises : prendre soin d'elle n'a jamais été son fort.

Sans amour, sans amis, sans travail : notre héroine fait rapidement peine à voir. Son comportement souvent incompréhensible (et destructeur, comme souligné plus haut) pourrait fortement agacer s'il n'était pas le reflet de profondes souffrances. Il ne faut pas se leurrer : malgré un ton volontairement « froid », détaché et sans affect, le récit qui nous est donné ici est vraiment poignant. S'il n'est évidemment pas « que » ça, Solitude d'un nouveau genre est bel et bien l'histoire d'une jeune femme qui voudrait que quelqu'un la serre dans ses bras. L'histoire d'une femme dans une cage de verre, qui voit évoluer les gens autour d'elle, qui voudrait se fondre dans la foule mais qui ne peut tout simplement pas.

Bien sûr, ce manga parle également de la découverte de sa sexualité et dans le cas présent, de son homosexualité ce qui est particulièrement compliquée dans une société japonaise très normée, très culpabilisante et où les hommes et femmes ont la pression jusque dans leurs ébats. Les tabous, le manque d'éducation sexuelle et d'informations et la prostitution sont également des thèmes qui font de cette oeuvre, un récit intéressant pour ceux ou celles qui veulent se pencher sur cette problématique.
En quelques mots,
Lien : http://cellardoor.fr/critiqu..
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critiques presse (2)
Bedeo
03 janvier 2019
Lesbienne victime d’un profond mal-être, Kabi Nagata livre un témoignage autobiographique poignant sur la découverte de sa sexualité.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Actualitte
10 décembre 2018
Voici un récit incroyable de sincérité et d’autodérision, évoquant sans détour, sans trop de masques finalement, les difficultés à être, et le parcours nécessaire pour affronter les traumatismes. Un livre magnifique.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Mais en songeant aux nombreux mérites que j’aurais que j’aurais à mourir plutôt qu’à vivre… et merde ! Si c’est comme ça… je ne mourrai pas avant d’avoir essayé de me remettre sur pied ! Et c’est comme ça que j’ai changé d’avis.
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Les douleurs du coeur ne sont pas visibles et difficiles à comprendre... Mais en blessant son corps, la douleur devient perceptible et plus facile à appréhender, alors ça me calme.
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Ma souffrance 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 ne me laissant pas une seule seconde de repos, je me disais qu'il serait plus simple de mourir.
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Ne plus avoir d'endroit à fréquenter, ou de sentiment d'appartenance à quelque chose, fut extrêmement stressant... Je pensais qu'ils me définissaient en tant que personne, et qu'en ayant perdu cela, j'allais peu à peu me déliter et disparaître.
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J’ai cru que n’importe quelle personne dotée d’un appareil génital pouvait y arriver... mais en vrai, je n’y étais pas parvenue car le sexe est une forme de communication...
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