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Yona Chavanne (Traducteur)
EAN : 9782283021156
292 pages
Éditeur : Buchet-Chastel (14/10/2005)

Note moyenne : 4.11/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Préface de Francis HalléDe minuscules êtres unicellulaires savent résoudre des labyrinthes complexes ; des abeilles, dont le cerveau a la taille d'une tête d'épingle, sont capables de comprendre des concepts abstraits ; certaines plantes parasites comme les cuscutes peuvent évaluer le contenu nutritionnel de leurs victimes avant de décider de s'y installer... Comment nommer ces comportements ? Les humains sont-ils les seuls à posséder une « intelligence » et à prend... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
chrisylivres
  17 septembre 2017

Les plantes sont-elles capables d'intelligence? C'est la question à laquelle tente de répondre cet essai, écrit à la manière d'un carnet de voyage par Jeremy Narby.
Jeremy Narby est un anthropologue canadien diplômé de l'université de Stanford (Californie). Il a passé plusieurs années dans la forêt amazonienne péruvienne et s'investit aujourd'hui auprès de l'organisation d'entraide Nouvelle Planète pour la défense des peuples indigènes. Il vit actuellement dans le Jura.
 
« Le fait qu'une seule cellule de mucus jaunâtre réussisse à trouver la solution d'un labyrinthe ne confirme-t-il pas que l'édifice de la vie dans sa totalité est porteur d'intelligence ?»
Dans son livre Intelligence de la Nature, nous voyageons entre cette fameuse Amazonie péruvienne, le sud de la France et le Japon tentant de déterminer si le concept d'intelligence peut s'appliquer aux plantes.
 
« On devrait se méfier d'une définition valorisant celui qui la rédige au détriment de ses concurrents […] ».
Comme le fait remarquer Francis Hallé dans la préface de l'ouvrage, tout le débat repose sur la définition d'intelligence. Sont cités Albert Einstein pour qui "la mesure de l'intelligence est l'aptitude à changer" et Darwin pour qui "l'intelligence se fonde sur la capacité que manifeste une espèce à faire ce dont elle a besoin pour survivre". Mais parallèlement, pour les dictionnaires classiques, tels le Larousse en France, l'intelligence n'est qu'une caractéristique humaine.
 
« J'ai demandé au troisième expert, Usi Kamarambi, pourquoi, selon lui, les gringos avaient du mal à comprendre que les plantes abritent des esprits. Il avait un visage joyeux, sans âge. « Parce que, simplement, ils ne savent pas, dit-il, voilà pourquoi. Nous autres, Kandoshi, nous croyons que les plantes, les arbres, que tout a un esprit. »
La difficulté humaine à adapter ses définition d'intelligence aux autres espèces n'est que relative. Nous découvrons par exemple que pour les peuples indigènes en Amérique du Sud, cette difficulté n'existe pas. L'auteur part en effet à la rencontre de chamanes dans la forêt amazonienne péruvienne. Ceux-ci dialoguent avec la nature grâce à des breuvages permettant d'entrer dans une sorte de transe. Pour eux, aucun doute : la nature est dotée d'intelligence...
 
« Que penserait, me demandais-je, le Maître des animaux de l'installation d'un gazoduc au coeur de la biodiversité terrestre ? Il dirait peut-être que nous avons des cervelles d'oiseaux. »
L'auteur aborde son essai avec beaucoup d'humour et de simplicité.
 
« Notre tendance actuelle à épuiser les ressources naturelles du monde, sans porter beaucoup de considération à l'avenir, montre que nous n'avons pas encore maîtrisé notre comportement de prédateur. Bien sûr, notre espèce est encore très jeune. Les pieuvres existent depuis plusieurs centaines de millions d'années, ce qui leur a donné le temps d'aiguiser leurs talents. Par comparaison, nous ne faisons que commencer. »
Ce livre est excellent instrument de réflexion, pédagogique et accessible. Pourquoi dis-je instrument de réflexion? Car l'auteur donne à chaque chapitre son avis mais invite tout un chacun à se faire le sien. Il parle par exemple de prédation dans le cas d'individus végétaliens. Etant une question très actuelle (je précise que le livre est une réédition 2017, mais avait été premièrement édité en 2005 donc précurseur), ceci m'a particulièrement marqué.
 
« Les plantes n'ont pas de cerveau mais agissent plutôt comme un cerveau. »
 
« Les humains peuvent apprendre de la nature. Cela requiert de saisir la capacité de savoir du monde naturel. Nous sommes une espèce jeune et nous commençons tout juste à apprendre. »
De chapitre en chapitre, nous voguons de paysages exceptionnels en personnages passionnants (que dis-je : personnes passionnantes!), nous abreuvant de connaissances sur l'intelligence de ceux que nous négligeons - les végétaux - et nous reconnectant par la même occasion à nos origines : la nature. C'est un joli essai que je conseille. L'auteur ne fait pas de jugement, et élabore calmement sa pensée.
Lien : http://chrisylitterature.jou..
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Chri
  11 septembre 2017
Lorsque l'anthropologue va à la rencontre des biologistes sur le thème de l'intelligence dans la nature, l'enquête devient questionnement philosophique.
A première vue il y a un écart irréductible entre le témoignage des chamanes d'Amazonie d'une part, et d'autre part les résultats des recherches récentes en biologie moléculaire et sur le comportement des plantes et des animaux.
Le témoignage du chamane n'est qu'un vécu sans preuve scientifique, une vision immédiate du vivant. Mais j'ai aussi en mémoire ma propre expérience troublante vécue chez les Tsachilas en Équateur. Et pourtant d'après moi, il n'est pas question d'adhérer à leurs croyances et sûrement pas à celles qui cherchent à obtenir l'obéissance dans les communautés.
La démarche scientifique est elle-même plombée par de nombreux préjugés, parfois métaphysiques. Les résultats publiés montrent une connaissance extrêmement limitée, comme toujours dans le domaine du vivant, et pourtant on observe « un accroissement embarrassant de la connaissance ».
Le plus étonnant, c'est que les résultats scientifiques dont il est question ici, ne concernent pas les primates ou autres mammifères déjà «suspectés» d'intelligence, mais des abeilles, des papillons, des amibes, des plantes. Mon expérience préférée, décrite dans ce livre, est celle qui met en évidence la capacité de l'abeille à apprendre une notion abstraite, l'égalité des symboles : Giurfa Martin 2001 « The concept of « sameness » and « difference » in an insect.
Donc l'enquête en cours sur « l'intelligence dans la nature » n'en dit pas assez et pourtant elle en dit trop.
L'éthique animale, l'expérimentation et la question de la douleur se pose pratiquement au niveau de n'importe quelle espèce vivante (la question divise encore les biologistes). Mais que faire avec ce savoir puisque finalement l'être humain devra toujours tuer pour manger, sans parler de nos modes de vie impactant ordinairement l'environnement. "Quand je roule en voiture en été et que des insectes s'écrasent contre le pare-brise, j'en sais trop ".
Il est certain que ce type de recherche continuera à alimenter une réflexion mécaniste de la vie et son exploitation industrielle, mais il y a peut-être une autre tendance.
Ma conviction profonde, depuis quelques années, est qu'il y a une forme de conscience (hautement respectable) dans chaque espèce vivante. L'homme est tout à fait au milieu du buisson des espèces. Ce livre permet d'envisager un moment où la science confirmera ce type de convictions, indéniablement, créant au passage une émotion inédite.
A mon sens, l'enjeu de cette recherche est énorme car en apprenant à accepter la différence au plus haut point, on a peut-être une clé pour apprendre le respect de l'autre au sein même de notre espèce. Ce serait aussi résoudre le bug de l'intelligence humaine : naturelle, lorsqu'elle permet à chacun de « persévérer dans son être », et délirante, lorsqu'elle va finalement dans le sens contraire.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
ChriChri   13 septembre 2017
Des abeilles au passage d’un labyrinthe élémentaire en forme de Y.
(Résumé de l’auteur à partir de la publication de Martin Giurfa en 2001 : « The concept of « sameness » and « difference » in an insect.)
L’entrée était marquée par un symbole particulier, en l’occurrence la couleur bleue. L’abeille qui volait à travers l’entrée parvenait à un carrefour, ou « chambre de décision », où elle pouvait choisir entre deux voies. L’un des embranchements était marqué par la couleur bleue, l’autre par la couleur jaune. Les abeilles qui suivaient la piste bleue trouvaient en fin de parcours une fiole contenant une solution sucrée. Celles qui choisissaient la piste jaune ne recevaient aucune récompense. Les abeilles avaient appris que le sucre se trouvait au bout de la piste portant le même symbole que celui qui marquait l’entrée extérieure du labyrinthe. En d’autres termes, « même » égale « sucre ». Dans une expérience ultérieure, l’entrée avait été marquée par un symbole différent, des lignes horizontales de couleur sombre, par exemple. Dans ce deuxième cas, en atteignant la chambre de décision, les abeilles rencontraient à nouveau les deux voies, qui, cette fois, ne se signalaient plus par des couleurs, mais par des lignes – lignes verticales pour l’une, horizontales pour l’autre. Les abeilles réussissaient brillamment, en se dirigeant DIRECTEMENT vers le motif semblable à celui qu’elles avaient vu à l’entrée.
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SophieAhSophieAh   04 juin 2019
Les nématodes mangent des bactéries qu'ils trouvent dans le sol. Tous les animaux se nourrissent d'autres organismes. Même les végétariens sont des prédateurs: leurs proies sont des plantes. On ne peut pas manger une carotte sans la tuer. Qu'un régime végétarien soit plus éthique que celui d'un omnivore est une question d'opinion. En ce qui me concerne, je suis conscient d'être un prédateur.
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Vidéo de Jeremy Narby
Jeremy Narby – Plantes et chamanisme.
Anthropologue et auteur du Serpent cosmique, Jeremy Narby nous parle des passerelles qui existent entre la science et les savoirs des peuples indigènes.
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