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EAN : 9782376862192
Éditeur : Editions ActuSF (24/01/2020)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Maîtresse harmonisatrice du peuple Himba, Binti est vouée à reprendre la boutique d'astrolabes de son père... Mais l’incroyable don pour les mathématiques de l'adolescente lui ouvre les portes de la prestigieuse université interplanétaire Oomza.
Binti embarque sur le Troisième Poisson à l'insu de sa famille. Mais au cours du trajet, les Méduses, ennemies millénaires des humains, abordent le vaisseau pour en massacrer les passagers. Commence alors pour Binti u... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
LaGeekosophe
  27 février 2020
J'ai reçu Binti de la part des éditions ActuSF, ce roman fait partie de la collection Naos, une collection destinée aux lecteurs jeune adulte. J'avais découvert l'autrice grâce à son roman “Qui a peur de la mort ?”, un post-apo allié à une quête d'identité. Ici, Nnedi Okorafor nous offre un space opera.
L'ensemble du livre a été une bonne surprise. J'ai été très séduite par cet univers coloré, qui part du désert pour nous emmener jusque dans l'espace. le roman se divise en différentes parties, qui suivent plusieurs étapes de la vie de la jeune prodige des mathématiques Binti, de son voyage, sa vie à l'université et son retour difficile parmi les siens. le roman nous offre des paysages, des sensations et des cultures très variés, pour un ensemble dépaysant et unique.
L'autrice a également créé des éléments très originaux. Par exemple, le talent de Binti est d'être une harmonisatrice, c'est à dire qu'elle est capable de s'apaiser et d'apaiser autrui à travers des transes mathématiques. Elle a don pour les énigmes logiques. Autre exemple, l'un des peuples existants est appelé les Méduses. Il s'agit d'êtres agressifs qui sont en guerre avec les Khoush, l'une des peuplades majoritaires sur Terre. Mais l'un d'entre eux deviendra l'ami de Binti. Il est très rare que des créatures non anthropomorphiques soient choisies comme personnages importants.
J'ai également apprécié que bien que l'écriture soit simple et accessible, Nnedi Okorafor n'hésite pas avec Binti à aborder des thèmes complexes et durs comme le deuil ou la séparation de sa famille. le premier motif récurrent est la notion de culture, avec ce qu'il implique de différences. La culture joue un rôle prépondérant dans le roman. Binti appartient aux himbas, un peuplé méprisé par les Khoush, mais elle est métissée du peuple des sables, une population elle-même méprisée par les Khoush et les himbas. Cette idée de métissage montre bien à quel point l'identité est reliée à ses origines, et que les traditions sont des éléments culturels complexes.
Binti est ainsi tiraillée entre les traditions de son peuple (coiffure, produit qu'elle porte sur la peau…) qui la font paraître étrange aux yeux des autres, et un monde qui s'offre à elle, qui n'est pas accepté par son clan et ses origines. Si les différences crée les différends entre les peuples, elles en sont d'autant plus source d'appartenance, de fierté et d'affirmation. Et renoncer aux traditions, c'est renoncer à son clan. Binti choisit de s'éloigner de ce conformisme et doit pour cela apprendre à accepter qu'elle ne sera jamais la fille parfaite si elle veut suivre son propre chemin.
Ces considérations montrent une grande maturité de la part de l'autrice dans la façon dont elle a construit son roman et ses personnages. Loin de faire partie de ses livres axés jeunesse qui choisissent d'ignorer les drames, Nnedi Okorafor choisit de faire de ses personnages des êtres faillibles, qui craignent leurs décisions, évoluent au fil de l'histoire pour découvrir qui ils sont, et accepter la richesse qui repose en eux. Binti et Oksu la Méduse offre un duo de protagonistes réussis et sympathiques.
Le seul bémol est pour moi la fin, qui est très ouverte. En fait, il s'agit d'un premier tome mais ce n'est pas clairement précisé. du coup, on nous laisse avec un cliffanger assez violent et une fin un peu rapide qui ne résout pas grand chose. On aurait presque dit que ce n'était pas prévu au départ, ce qui est assez déstabilisant.
Binti est un chouette voyage dans l'afro-futurisme ! Avec une écriture directe, Nnedi Okorafor construit un univers riche et bigarré, qui séduit grâce à son originalité et de multiples éléments technologiques et culturels qui forment une histoire mature et maîtrisée. L'autrice n'hésite pas à aborder des thématiques complexes comme le deuil, le trauma et l'intolérance. C'est donc une belle lecture à mettre entre toutes les mains.

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DreamBookeuse
  19 mars 2020
Ce recueil de novellas m'a été envoyé par les éditions ActuSF au titre d'un service de presse. Il fait partie de ma semaine « Okorafor », avec la lecture d'un recueil de nouvelles Nabu Nabu chez le même éditeur et Akata Witch à l'école des loisirs. J'ai par ailleurs découvert la plume de l'autrice avec "Qui a peur de la mort ?" qui avait été un gros coup de coeur et dont vous pouvez retrouver la chronique ailleurs sur mon blog.
Mon avis
Il est très compliqué de déterminer à quoi nous avons à faire dans cet ouvrage qui est présenté comme un tome 1 par les éditions ActuSF. Découpé en trois parties, « Binti », « Binti : feu sacré » et « Binti : le retour », chacune d'entre elle offre un début et une fin mais elles ne peuvent absolument pas se lire indépendamment. J'ai tenté d'en retrouver la trace sur internet mais les avis des autres blogueurs quant à sa construction sont tout aussi flous. Je pars donc du principe qu'il s'agit de trois novellas mettant en scène la même protagoniste à différentes étapes de sa vie.
En dehors de ce « flou », le roman de Nnedi Okorafor est remarquable. Ancré dans le courant de l'afrofuturisme, il donne à voir une société éclectique, un space opera de grande ampleur et un traitement saisissant de la question des préjugés, du traumatisme et du racisme. Issue du peuple Himba, très isolationniste et ayant pour coutume de s'enduire le corps et les cheveux d'otjize, Binti est une maîtresse harmonisatrice. Capable, à l'aide d'équations mathématiques complexes, d'harmoniser, elle entre dans une sorte de transe qui lui permet de calmer ses émotions et celles d'autrui, mais également de comprendre des objets complexes. Héritière de son père, elle est destinée à un grand rôle au sein de sa communauté. D'un autre côté, l'école d'Oomza lui offre une bourse afin d'étudier à leurs côtés ce qui la passionne. Contre l'avis de sa famille, les habitudes de son peuple, elle choisit de partir. Une trahison qu'elle commet envers les Himba, eux qui refusent de quitter leur terre. C'est ainsi qu'elle embarque à bord du Troisième Poisson, genre de vaisseau extraterrestre vivant, qui est censé la conduire vers ses rêves. Dès le départ, et avant les Méduses, son voyage n'est pas de tout repos. Elle croise beaucoup de Khoush, pour qui sa peau couverte de terre rouge (l'otjize) est synonyme de sauvagerie, de boue, d'infériorité. L'autrice écrit avec justesse les injustices que subit son personnage, à ce moment de l'histoire, ou bien après, au sein même de son propre peuple.
Lorsque les Méduses attaquent le vaisseau sur lequel elle voyage, tuant l'ensemble de l'équipage, elle ne doit sa survie qu'à son edan. Un objet étoilé qu'elle ne comprend pas très bien mais qui lui permet de comprendre l'ennemi…et de se faire comprendre. Armé de cette étoile étrange mais bienvenue, Binti entame les négociations. Pour sa survie. Pour la paix entre les espèces. le traitement de ces scènes peut sembler un peu étrange, distant, mais par la suite, l'autrice développe tout le traumatisme qu'elle a subit et que personne n'arrive à comprendre : flash back de cette poitrine qui explose sous ses yeux, de la relation amicale qu'elle entretient avec Okwu, une Méduse, et la mélancolie de son pays, aussi, sans se sentir pour autant y appartenir tout à fait. Etrangère dans tous les recoins du monde.
Petit à petit, le personnage de Binti grandit, apprend, et gagne en force et en caractère. Une fois passée l'impression des répétitions, sans doute normale due à l'addition de l'ensemble des novellas, du manichéisme, ou encore de la facilité de certaines actions, on se prend d'affection et de tendresse pour cette adolescente qui n'a sa place nulle part…et partout à la fois.
On appréhende aussi le peuple des Méduses d'une drôle de manière, à travers Okwu, d'abord ennemi, puis ami, on hésite, on ne l'aime pas tout à fait mais on l'accepte pour ce qu'il est : une race différente, non moins sentimentale, non moins réfléchie, non moins complexe. Il y a un beau message que Nnedi Okorafor souhaite transmettre : l'acceptation de l'autre, dans toute sa différence. A travers les Méduses, les Khoush et les autres créatures humanoïdes (ou non) qui peuplent le récit c'est la diversité du monde qu'elle nous offre. Diversité des peaux, des coutumes, des sentiments, des envies. Tout comme Binti doit réviser ses préjugés sur les Khoush et les « gens du désert », ce peuple que le sien déteste et qu'elle méprise aussi en partie, on est amené à prendre conscience de nos propres limites, nos propres à priori.
Enfin, et ce n'est pas rien, la plume de l'autrice est riche mais fluide. Elle apporte avec une certaine poésie et un réalisme saisissant les traditions du peuple Himba de Namibie et donne envie de se plonger dans les histoires de Mascarades et leur mythologie. Sans chercher à provoquer, elle propose une lecture fictionnelle et contemporaine des maux de notre siècle, sans hypocrisie et sans pathos, faisant de la science-fiction un remarquable pont entre nous et les autres.
En résumé
Chacune des parties de Binti ouvre un champ différent mais toutes traitent de l'acceptation, de l'autre, de l'identité, du traumatisme, des préjugés et des normes sociales. Avec des personnages extravagants, une héroïne forte, indépendante mais aussi vulnérable, et tout ce qui constitue le terreau africain dans lequel elle a puisé son imagination (la Namibie, les mascarades, les rites et mythes Himba, etc.), Nnedi Okorafor signe un recueil de novellas puissant et brillant dans le sillon de l'afrofuturisme.
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Lildrille
  28 juin 2020
Binti est un ouvrage divisé en trois parties, qui étaient à l'origine chacune de courts romans, que les éditions Actusf ont réuni avec intelligence. Les parties se suivent, font écho aux précédentes et apportent de plus en plus de profondeur au personnage de Binti.
L'univers créé par l'auteure constitue une atmosphère unique, rarement voire jamais vue au sein des récits de fantaisie auxquels on a l'habitude. Nnedi Okorafor nous enchante par toutes les références qu'elle reprend de sa culture africaine. Binti dépeint un monde afrofuturiste original et perturbant, où la technologie, les espèces extraterrestres, et les voyages dans l'espace, s'avèrent aussi normaux que la vie reculée dans le désert, le racisme ambiant entre les différents peuples, et les cultures ancestrales traditionaliste d'antan.
Nnedi Okorafor parvient à créer une atmosphère cohérence et crédible, en mélangeant un futur technologique avancé et un autre avenir où les peuples s'avèrent toujours ancrés dans leurs croyances terre à terre et peu ouvertes aux autres. Deux pensées s'affrontent dans Binti, deux visions d'une humanité disparate, qui rappelle fortement la nôtre. Une humanité divisée entre ceux qui ont la richesse et le pouvoir, et ceux qui en ont moins, qui subissent.
Binti parle avant tout d'acceptation de soi, d'identité, et du fait que l'on peut être plusieurs personnes à la fois dans un même corps, sans que cela n'entre en contradiction avec ce que l'on est réellement à l'intérieur. Bien au contraire. Binti fait écho aux problèmes actuels, à la différence, au regard des autres, au racisme, et à la mondialisation qui fait que l'on se perd parfois, quand on découvre de nouvelles cultures et modes de vie qui diffèrent de nos habitudes. Qui veut-on être ? Qui peut-on être ? Qui doit-on être ? le personnage de Binti s'interroge tout du long de l'histoire. Binti nous conte une quête initiatique et une crise adolescente troublantes, aux messages poignants qui nous amènent à réfléchir sur notre propre vie.
Binti rappelle qu'il n'est pas si facile de s'émanciper, de quitter sa famille, de rejeter ses enseignements pour se créer une nouvelle vie. On se souvient toujours de son passé, consciemment ou non, de nos aprioris et des croyances accumulées dans notre enfance. Evoluer nécessite une ouverture d'esprit et une remise en question de tout ce qui nous a façonné. Un processus souvent douloureux mais libérateur.
La narration à la première personne permet aux lecteurs de s'imprégner des pensées de Binti et de s'attacher à elle. La jeune fille, plutôt perdue, doit affronter les critiques de sa famille, la haine de ses camarades, et son propre jugement. Tout au long du récit, elle se découvrira de grands pouvoirs, un amour incommensurable pour sa patrie et le désert où elle a grandi, ainsi qu'une force incroyable et une envie de survivre plus forte que le reste. Combats épiques, récits traditionnalistes obscurantistes, cours de mathématiques dans une école intergalactique, pèlerinage en plein désert, technologie extraterrestre, mode de vie ancestral, … le roman ouvre de multiples possibilités et, en même temps, nous ramène à des considérations reliées à des esprits étroits. le récit imite la complexité de notre monde, nous offrant ainsi un récit réaliste et envoûtant.
La première partie nous raconte comment Binti a survécu à une terrible attaque dans l'espace, et nous laisse tranquillement découvrir l'univers imaginaire de Nnedi Okorafor. Les mathématiques sont au centre du récit et s'avèrent liés à la force de l'univers, que l'on pourrait presque considérer comme de la magie. Grâce à ses capacités intellectuelles étonnantes, le calcul mental n'a plus de secret pour Binti. La jeune fille enchaîne les fractales, les équations, à la fois pour s'apaiser mais aussi pour toucher le flux magique qui se cache au fond d'elle. Cette particularité n'est pas évidente à appréhender pour les lecteurs, notamment pour ceux peu habitués à des univers aussi alambiqués et curieux. Etant donné toutes les particularités de son monde, Binti constitue un récit inattendu. Cette première partie est déroutante, et introduit un personnage riche tout comme une atmosphère unique. Binti parvient à éviter une guerre et se fait un nouvel ami aux tentacules bien mystérieux.
La seconde partie nous décrit quelques passages intéressants de la nouvelle vie de Binti dans la prestigieuse université interplanétaire Oomza. A cause de ce nouvel ami étrange, Binti se voit haïr par ses camarades. La jeune fille ne se sent plus à sa place. le désert lui manque. le lecteur suit avec plaisir les cours de Binti et découvre avec elle tout ce qui constitue Oomza. Nnedi Okorafor parvient à dépeindre de multiples ambiances visuelles différentes et nous enchante par ses descriptions très personnelles.
La dernière partie narre le retour de Binti dans sa famille, qui a du mal à accepter qu'elle soit allée dans l'espace, alors que son peuple se l'interdit. Binti se rend compte qu'elle a abandonné sa famille ainsi qu'une vie qui ne lui plaisait pas. Pourtant, elle ne sait plus très bien où elle en est : doit-elle vivre sa propre vie, quitte à être désaimée des siens ? Peut-elle ignorer les traditions de son peuple ? Pourquoi voudrait-elle d'une vie différente alors que sa famille semble heureuse avec ce qu'elle a ? Binti ne sait plus très bien qui elle est, ni où se dirige son chemin. Pourquoi ne peut-elle pas trouver le bonheur auprès de son peuple ? Pourquoi désire-t-elle toujours parcourir le monde et l'espace ? La jeune fille décide de renouer avec ses ancêtres grâce à un pèlerinage dans le désert. Ce qu'elle apprendra la troublera bien plus encore que ses interrogations.
La fin n'en constitue pas véritablement une : les dernières phrases ne sont ni une chute ni une clôture de l'histoire. le lecteur se voit frustré : Binti n'a pas obtenu ses réponses et se cherche encore. Y aura-t-il une suite ? Il est à espérer que oui, étant donné la fin abrupte du roman.
Binti est un savoureux mélange de récits africains et d'aventures futuristes. le rythme lent de l'écriture nous permet de nous plonger dans cette atmosphère atypique et d'en apprécier toutes les coutures.
[Je publie des chroniques littéraires sur lavisqteam.fr et celle de ce roman est présente au lien suivant : http://www.lavisqteam.fr/?p=49075
J'ai mis la note de : 17/20]
Lien : http://www.lavisqteam.fr/?p=..
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FungiLumini
  20 février 2020
Je ne devais au départ pas recevoir ce livre, puis le destin en a décidé autrement… et bien lui en a pris ! Merci ActuSF pour ce roman hors norme, comme il en existe peu actuellement. La couverture est juste sublime avec ces reflets dorés et son design épuré et étoilé, je l'adore ! Ce qui m'ennuyait un peu était, comme d'habitude, qu'il s'agissait d'un tome 1 sans que cela soit indiqué sur la couverture, même si j'avoue avoir du mal avec ce à quoi correspond exactement ce livre : j'ai vu sur certains sites « intégrale », sur la couverture il n'y a aucune mention, à l'intérieur, il est écrit « t. 1″… Au final, j'ai eu l'impression de lire trois novellas avec la même protagoniste, à des périodes différentes de sa vie. J'aurais peut-être aimé une note de l'éditeur au début pour aiguiller un peu la lecture et le contexte.
Binti est une jeune femme Himba, peuplade minoritaire qui fabrique les astrolabes sur Terre. Maitresse Harmonisatrice de grand talent, elle est appelée à succéder à son père dans la boutique familiale d'astrolabes. Seulement voilà, Binti a été acceptée à l'université d'Oomza et va décider de s'y rendre contre l'avis de sa famille et les coutumes de son peuple. le voyage ne va cependant pas se passer comme prévu.
Ce roman se divise en trois parties : le départ de Binti et son voyage vers l'université, sa vie sur place, et son retour chez les siens. Si la protagoniste voyage beaucoup physiquement, elle fait surtout un important voyage intérieur, découvrant qui elle est vraiment et comment les événements passés ont construit la personne qu'elle est maintenant. J'ai beaucoup aimé suivre son cheminement interne et la voir s'épanouir dans la direction qu'elle a choisie et non celle qui semblait s'imposer à elle. Elle a soif d'aventures et de connaissances et se laisse porter par ses envies plutôt que par des obligations sociales. Un très beau message à passer : ne laissez jamais quelqu'un décider de votre vie pour vous ! La jeune femme expérimente dans sa quête des traumatismes qui la marquent à jamais, mentalement et physiquement, mais elle apprend à vivre avec, pas à pas.
En tant que Maitresse Harmonisatrice, Binti se sert des mathématiques à chaque instant. Elle se met à arborescer lorsqu'elle doit réfléchir, se calmer, méditer… ce qui l'aide à trouver l'harmonie et à communiquer. Lorsqu'elle était petite, elle a trouvé un étrange objet fait d'une matière inconnue : elle la nomme edan, mais une dame du désert lui a dit qu'il s'agissait d'une pierre des dieux. Grâce à cet objet et à ses capacités, elle va réussir à communiquer avec les Méduses, peuple vu comme barbare et ennemi de la Terre. L'edan va devenir son objet d'étude principal à l'université et elle va tenter, non sans mal, de percer ses secrets.
Un autre personnage important du roman est Omzu, premier étudiant méduse à l'université d'Oomza. J'ai trouvé qu'il était très intéressant, de par sa nature, ses valeurs et dans sa relation avec Binti et aux autres. C'est un personnage qui ne parle pas beaucoup et j'aurais beaucoup aimé lire certains passages sous son point de vue.
L'univers proposé par l'autrice est tout à fait différent du nôtre. Bien que le récit se déroule au départ sur Terre, celle-ci n'a rien à voir avec notre planète actuelle. Les peuples n'y sont plus les mêmes, les technologies sont très différentes, la façon de penser certaines choses, par contre, est assez proche… malheureusement. Il est assez aisé de quitter la Terre et de voyager dans l'espace, ici avec des vaisseaux « vivants ». L'université est à une dizaine de planètes de la Terre. Là aussi, le paysage est très différent et les habitants sont de races/espèces variées. Un dépaysement total et plus que bienvenu !
Un récit initiatique passionnant en trois parties : Binti va se dresser contre le destin choisi pour elle par ses pairs et suivre sa propre voie, avec toutes les conséquences que cela aura pour elle. Une quête d'identité dans un univers futuriste fascinant. Une très belle lecture !
Lien : https://livraisonslitteraire..
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LeslivresdeRose
  23 février 2020
Merci à Jérôme et à Actusf pour l'envoi de ce service presse !
Binti est un recueil de Space Opera regroupant deux nouvelles (si j'ai bien compris ?) et divisé en trois parties intitulées : « Binti », « Binti : Feu sacré » et « Binti : Retour ». Ces trois parties se suivent comme les différents chapitres d'une même histoire. Elles ont pour personnage central Binti.
Binti est une jeune femme Himba, un peuple sédentaire et replié sur lui-même. Aucun de ses membres n'a jamais quitté les terres ancestrales où se trouve l'argile qui leur permet de créer l'otjize, une sorte de pâte terreuse dont ils se badigeonnent le corps et les cheveux. du moins c'était ainsi jusqu'à ce que notre héroïne change la donne. Passionnée de mathématiques, elle rêve d'aller étudier cette matière à l'université d'Oomza, située sur une autre planète. Une fois sa demande de bourse acceptée, elle décide donc de partir, contre l'avis des siens pour qui ce départ s'apparente à une trahison… le début de son voyage se déroule au mieux jusqu'à ce que son « vaisseau » soit pris d'assaut par des méduses, un peuple en apparence violent et sans pitié. Binti va survivre à cette attaque grâce à son « edan », un curieux objet qu'elle a déterré dans le désert. Et sa rencontre avec les méduses va complètement changer son destin.
Le format « nouvelle », court et dynamique, donne du rythme à l'intrigue. Chaque partie a un début et une fin bien que la deuxième et troisième ne puissent se comprendre sans avoir lu auparavant la (les) précédente(s). L'action ne manque pas et la plume agréable de l'autrice rend la lecture aisée. N'ayant pas relu le résumé avant de me plonger dans ce récit, j'ai été totalement prise de cours par les événements et cela m'a plu ! Pour autant, si l'intrigue est sympathique, elle n'est pas folle non plus. le format « nouvelle » a, en effet, ses limites puisqu'il ne permet pas de développer une intrigue vraiment complexe en si peu de pages. Heureusement, le personnage de Binti et les thématiques abordées suffisent en elles-mêmes à accrocher le lecteur !
Il m'a seulement fallu quelques lignes pour tomber sous le charme de Binti. C'est une jeune femme déterminée et dynamique. Une forte tête. S'affranchir des liens qui la lient à sa famille pour partir à la découverte du monde (et de l'espace) n'a pas été une décision facile. Toutefois, elle l'a prise et elle s'y tient, même si elle sait que cela ne sera pas sans conséquence au vu des traditions de son peuple. Son voyage vers Oomza, et tout ce qui en découlera par la suite, se transforme en une véritable quête initiatique. Binti sera, entre autres, amenée à s'interroger sur ce qu'elle est, d'où elle vient et ce qu'elle veut.
Les thématiques de la tolérance, de la non-violence, du pardon, de la construction de soi et du deuil sont au coeur de ce titre. Autant de sujets parfaitement maitrisés et savamment mis en scène par Nnedi Okorafor. J'ai particulièrement apprécié la manière dont l'autrice traite le traumatisme que laisse l'attaque des méduses sur Binti. Il ne passe pas en un claquement de doigts et des images sanglantes liées à cet événement viennent régulièrement la hanter (et la hanteront sans doute toujours). Pour autant, cela ne l'empêche pas d'avancer et de pardonner (aussi dur que cela puisse sembler).
Notre héroïne, vous l'aurez compris, évolue dans un monde futuriste. Sans doute aurait-il pu lui aussi être davantage développé mais ce que l'autrice dépeint a largement suffi à m'immerger dedans ! Si la terre est principalement peuplée d'humains, ce n'est pas le cas d'Oomza, planète sur laquelle pullulent de nombreuses créatures, toutes plus étranges les unes que les autres (à commencer par ces fameuses méduses). Bon rien d'original, jusque-là quand il s'agit de space opera, me direz-vous ! Toutefois d'autres détails sortent du lot comme les coutumes du peuple Himba, le statut de Binti, qui est une maitresse harmonisatrice (tout un programme) ou encore les vaisseaux qui ne sont pas faits de métal et d'acier mais de chair et de sang puisque ce sont des êtres vivants, des sortes de « poissons » gigantesques !
En bref, ce roman de Science-Fiction mérite toute votre attention. Si l'intrigue pêche un peu, ce n'est pas si grave, tant les messages véhiculés sont porteurs de sens et le personnage de Binti charismatique et profond ! Une belle entrée en matière pour découvrir la plume de Nnedi Okorafor, en somme. J'ai « Qui a peur de la mort » de cette même autrice dans ma pal et le moins que je puisse dire c'est que j'ai très envie de m'y plonger !

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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
FungiLuminiFungiLumini   20 février 2020
Des larmes ont commencé à couler. Ma famille avait raison. Durant trois ans, ils m’avaient poussée, ma mère, mon père, mes sœurs, mes frères, mes tantes et mes oncles. Ils étaient tous tellement persuadés de ce que j’étais, que j’avais un don. C’était bien le cas et à cause de ce don tout était en train de changer. Moi, je voulais danser, c’est tout.
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SioSio   30 mai 2020
"Je... J'avais besoin d'un moment pour moi. ça fait beaucoup de choses d'un coup.
- Je sais, a-t-elle continué. ça te fait quoi ? Tu es à moitié Méduse, maintenant.
Je l'ai regardée, mais elle semblait réellement curieuse. Une sorte de sincérité se lisait sur son visage, ce qui rendait toute forme d'irritation impossible. "Je... suis encore en train de m'y habituer.
- C'est normal. On ne se fait pas à ce genre de choses en une seule journée." Elle s'est levée et a fait une pirouette gracieuse sur les pierres, ses bras étirés. "Regarde-moi. Je suis fantastique." Elle s'est rassise. "Ce n'est pas la même chose que pour toi, mais je suis née dans le corps d'un garçon et quand j'ai eu treize ans, j'ai transitionné. "
J'ai levé les sourcils : "Oh", ai-je dit. Chez moi, nous appelions les gens comme Haifa des eanda oruzo, mais ils n'en parlaient pas aussi ouvertement. Et nous ne parlions pas de "transition", mais "d'alignement" et une fois l'alignement effectué, on n'en parlait plus jamais. Chez les Himba, on "est ce que l'on savait que l'on était une fois que l'on savait que l'on était et c'est tout", pour reprendre les mots du Chef de mon village, Kapika. Je me demandais si toutes les communautés khoush étaient aussi ouvertes à propos de l'alignement que Haifa.
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FungiLuminiFungiLumini   20 février 2020
Morte. Quand je suis partie de chez moi, j’ai signé mon arrêt de mort. Je n’avais pas prié les Sept avant de partir. Je ne pensais pas que l’heure était venue. Je n’avais pas fait mon pèlerinage comme une vraie femme. Je croyais revenir plus tard en tant que femme adulte pour l’accomplir. J’avais quitté ma famille. Je pensais que j’aurais la possibilité de retourner auprès d’eaux quand j’en aurais terminé.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   19 mars 2020
Vous voyez, il arrive quelque chose à une fille de la terre quand elle quitte la planète qui l’a vue naître. Comme une mort, suivie d’une renaissance très violente… Mais il faut d’abord arpenter ce nouveau monde tel un fantôme. J’étais un fantôme à Oomza. Déportée, mais tout de même là où je devais me trouver. L’endroit où je voulais être.
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FungiLuminiFungiLumini   20 février 2020
J’ai physiquement ressenti la force de sa menace. La sensation est d’abord arrivée par vague dans mes orteils pour remonter le long de mon corps jusque dans mon crâne. J’ai ouvert la bouche, soudain à bout de souffle. Voilà ce que cela voulait réellement dire d’avoir peur de la mort, cela n’avait rien à voir avec ma première soumission.
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Vidéo de Nnedi Okorafor
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