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EAN : 9782354089726
372 pages
Mnémos (10/06/2022)
3.98/5   21 notes
Résumé :
Désormais, l’humanité peut mener des vaisseaux au-delà de la vitesse de la lumière. Afin de rejoindre le prestigieux corps des pilotes interstellaires, Laenea n’hésite pas à sacrifier son coeur humain pour une machine sophistiquée. Mais pour aller encore plus loin, vers de nouveaux mondes distants ou d’autres dimensions, devra-t-elle renoncer à tout jamais à sa nature humaine ou pire, à aimer ?
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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C'est dans ‘Libère-toi cyborg ! » d'Anne Larue que j'avais repéré ce roman. Comme à l'époque il n'était pas vraiment disponible (l'édition de 1983 introuvable/impayable) j'avais commencé par lire la nouvelle ‘Aztèques' à l'origine de ‘Superluminal'.

J'étais restée sur un sentiment mitigé mais j'avais quand même envie de lire le livre. Quand j'ai vu via l'instagram de Zoeprendlaplume qu'il avait été réédité, je me suis empressée de l'acheter.

Dans l'ensemble, je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé le roman – il est agréable à lire et l'écriture de McIntyre m'a beaucoup plu – mais il y a toute une série de choses qui font que je l'ai refermé avec un sentiment de frustration.

« Elle n'avait pas hésité à renoncer à son coeur. »

Avec cette première phrase, j'avais imaginé que Laena aurait été le personnage principal (la 4e de couverture va également dans ce sens) mais l'histoire est basée sur celui de Radu Dracul. Comme dans la nouvelle, ils se rencontrent après l'opération de Laena, tombent amoureux mais sa transformation les rends physiquement incompatibles. Je dois avouer que je n'ai pas trouvé l'explication très convaincante.

Radu va donc vouloir effectuer la même opération afin de rejoindre la société très fermée des pilotes interstellaires mais cela lui sera refusé.

J'ai trouvé leur histoire un peu ennuyeuse mais heureusement, dès leur séparation c'est devenu un poil plus intéressant. Ce qui aiguisé ma curiosité mais à nouveau, l'explication m'a laissée perplexe.

J'ai terminé ma lecture il y a quelques jours et je peine à trouver d'autres choses à dire. J'ai relu l'avis de l'éditeur en 4e de couverture mais je n'ai pas l'impression d'avoir lu une « odyssée dépaysante et émouvante ».

La nouvelle m'avait déçue car je n'avais pas eu de démonstration de pilotage (c'est quand même ce qui m'a attiré au départ). le roman n'a pas satisfait davantage ma curiosité et je n'ai pas aimé la fin.




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Le Flux, moyen pour les êtres humains de dépasser la vitesse de la lumière et de voyager entre les étoiles. Mais y pénétrer et l'utiliser ne va pas sans sacrifice. Les pilotes doivent y abandonner leur coeur. On n'est pas chez les Aztèques et aucun couteau sanglant n'est utilisé. Mais les futurs navigateurs de l'espace se font opérer afin de se séparer de cet organe incompatible avec leur futur métier.

Superluminal nous offre une superbe première phrase : « Elle n'avait pas hésité à renoncer à son coeur. » Évidemment, toutes les conditions sont réunies pour que la caste des pilotes soit placée sur un piédestal. Sacrifier un organe aussi essentiel que le coeur, même pour voler à travers l'espace, ce n'est pas rien ! On donne d'ailleurs aux pilotes le surnom d'Aztèques, en référence aux sacrifices que ce peuple aurait effectués : surnom peu apprécié par les intéressés (c'était aussi le nom de la nouvelle qui est à l'origine de ce roman). L'admiration est présente dans la population, mais aussi la jalousie. Car toutes et tous n'ont pas les capacités de subir cette ablation (au fait, bien sûr, les chirurgiens installent à la place un dispositif contrôlé par le patient pour régulier la circulation de son sang). Beaucoup de candidats, peu d'élu.e.s. Laena Trevelyan est l'une d'elles. Elle vient juste de subir l'opération et attend l'accord des médecins pour effectuer son vol de test. Mais la patience n'est pas son fort. Elle s'échappe de l'hôpital. Et, au cours de ses déambulations, rencontre Radu Dracul (nom étrange, car il évoque les vampires, mais ici, pas d'absorption de sang), un membre d'équipage. Il vient de la planète Crépuscule et est un des rares survivants : la population de cette planète a été dévastée par un terrible virus. Or, parmi les sauveteurs venus apporter de l'aide et des soins, figurait Laena. Radu est aussi fasciné par la jeune pilote. Leur rencontre vire au coup de foudre. Mais rapidement, l'un comme l'autre ressent des douleurs physiques, comme si leur proximité engendrait des troubles. Or, il est bien spécifié que les pilotes et les membres d'équipage ne doivent pas se fréquenter. Cette règle aurait-elle un fondement physiologique ?

Suite au choc de cette terrible découverte, Radu part sans prévenir Laena et s'embarque pour un voyage spatial. Mais, lors de cette mission, rien ne se passe comme prévu. Radu va s'apercevoir qu'il est décidément bien particulier. Je ne vais pas plus loin dans l'histoire afin de ne pas gâcher le plaisir de lecture. Je parle rapidement du troisième personnage principal de ce roman : Orca (un prénom assez original, mais sans doute pas tant que cela, puisqu'il apparaît aussi dans Ymir de Rich Larson, à découvrir fin septembre au Bélial'). Cette femme appartient au peuple des plongeurs, un groupe qui peu à peu s'est séparé de son humanité pour s'adapter au milieu aquatique. D'ailleurs, les modifications ne sont pas encore terminées et beaucoup poussent à couper les ponts avec les êtres humains, considérés comme des ennemis par les plus extrémistes. Ce personnage est très riche, par ses particularités et par son caractère entier, mais ouvert. Et Vonda McIntyre parvient à monter, sans grand discours, tout l'intérêt qu'il y a à vivre en bonne intelligence avec les « autres », même s'ils sont différents. Surtout s'ils sont différents, puis-je ajouter.

Quelques petits points m'ont dérangé dans ce roman (sans que cela me le rende désagréable à lire, loin de là). Tout d'abord, le rythme. Un nom que j'emploie souvent dans mes chroniques, car il est très important pour moi. J'aime être embarqué dans une histoire et comprendre où je vais. Où, quand ce n'est pas le cas (comme dans Composite d'Olivier Paquet), être mis suffisamment en confiance par l'auteur pour que je me laisse aller loin de ma zone de confort. Ici, ce n'est pas vraiment le cas : le premier quart du roman est consacré à Laena et pouf, on la laisse complètement tomber pendant une bonne centaine de pages avant de la retrouver. Pendant ce temps, on suit Radu. Ce qui n'est pas désagréable, mais m'a légèrement déstabilisé.

Autre gêne ressentie, le côté brut des personnages. Dans leurs relations aux autres, ils sont raides, maladroits et souvent agressifs. Un peu, cela passe, mais il faut un grand nombre de pages pour que cela se calme. Et encore, on retrouve tout au long du roman des personnages qui ne parviennent pas à vivre bien avec les autres. Je ne dis pas que cela n'est pas justifié dans le contexte, mais cela m'a pesé à la longue.

Ces points gris (pas noirs, car ils ne sont pas assez agaçants) n'ont cependant pas terni ma lecture. Juste rendu le démarrage un peu difficile. Mais c'est habituel ces temps-ci et je vais finir par croire que cela vient un peu de moi aussi (j'ai ressenti, pour d'autres raisons, les mêmes difficultés à entrer dans Lord Cochrane et le trésor de Selkirk de Gilberto Villarroel). Mais pas seulement, donc, puisque j'ai pointé quelques sujets de dissonance.

Superluminal a été publié pour la première fois en 1983. On peut saluer la belle lecture de l'avenir de Vonda McIntyre qui avait déjà imaginé la possible intrusion des réseaux sociaux (ou l'équivalent) dans notre vie privée, tout comme la multiplication des messages publicitaires sur dans nos boites aux lettres électroniques. Ce roman est toujours d'actualité par son discours écologiste et tolérant. Et il est captivant par l'imaginaire qu'il brasse. Riche idée, donc, des éditions Mnémos que de commencer une nouvelle collection, « Stellaire » par sa publication. Elle est destinée à publier, à nouveau, des textes anciens qui peuvent toujours éveiller un écho en nous. Nous verrons par la suite ce que cela donne. En tout cas, avec Superluminal, le début est une réussite et je ne regrette pas mon voyage au-delà des étoiles.
Lien : https://lenocherdeslivres.wo..
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De l'autrice justement célébrée du « Serpent du Rêve », un space opera de 1983, minant le roman d'aventures conquérantes de l'intérieur, de sa sensibilité subversive et subtile.


Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2022/08/23/note-de-lecture-superluminal-vonda-n-mcintyre/

Laena, qui en a les rares capacités physiologiques, vient de subir l'opération complexe qui lui permettra de devenir pilote interstellaire, et de rejoindre cette caste fermée si essentielle à l'économie politique globale de la sphère dominée par les Terriens, à travers les replis de l'espace-temps encore si largement inconnu. Orca est une équipière, participant aux vols spatiaux, mais ne pouvant pas piloter. Elle est aussi (et peut-être surtout, quoi qu'elle s'en défende âprement) une plongeuse, membre d'une espèce humaine en évolution volontaire incessante pour toujours mieux s'adapter aux océans et à la compagnie des baleines, des dauphins et des orques. Radu est également un équipier, totalement débutant, originaire d'une planète dévastée par une épidémie, dont il est l'un des très rares survivants. Voici les trois protagonistes principaux d'un jeu de billard aux nombreuses bandes, où la découverte fortuite d'un pouvoir qui ne devrait pas exister, permettant l'accès à l'espace-temps sans les monstrueuses contraintes du pilotage, pourrait faire trembler les fondations même du système politico-économique et révolutionner l'approche des dirigeants terriens vis-à-vis de l'espace et de leurs propres populations, peut-être.

En 1983, à une époque où l'aventure spatiale science-fictive est justement menacée d'obsolescence sous le poids de ses clichés scientistes, simplistes et masculinistes hérités sans guère de modifications structurelles d'un « âge d'or » qui accuse bien alors ses quarante ans, un renouveau se dessine, qui redonnera un souffle puissant à une rêverie nécessaire, dans laquelle le politique peut se faire plus subtil et plus intéressant que dans le space opera militariste qui se prépare pourtant à déferler, profitant du gigantesque pas en arrière scénaristique représenté par le succès planétaire de « Star Wars » à l'écran (recul que la vague cyberpunk soulignera à sa propre manière en pratiquant son art affûté du contrepied).

Dans ces années où sévissent par exemple les redoutables Jerry Pournelle et Larry Niven, d'autant plus redoutables qu'ils ne sont bien entendu pas exempts de qualités, avec leur série militariste « La paille dans l'Oeil de Dieu », démarrée en 1974 (que David Drake et SM Stirling à partir de 1979 ne feront au fond que développer, renouveler et amplifier pendant bien des années, en cultivant le détail des armements et des tactiques), où la grande C.J. Cherryh hésite encore entre les très classiques « Chanur » et les pré-révolutionnaires « Forteresse des étoiles » de 1981 et « L'Opéra de l'espace » de 1983, qui partagent d'ailleurs plus d'un élément de contexte avec « Superluminal » (et qui amèneront ainsi son chef-d'oeuvre de 1988, « Cyteen »), et où Fred Pohl, se souvenant qu'il fut le co-auteur du somptueux brûlot « Planète à gogos » en 1953, laisse toutefois osciller son cycle célébré de « La grande porte », commencé en 1977, entre deux eaux politiques et thématiques, il faut un certain courage à Vonda Mc Intyre, même tout auréolée du succès public et critique de son « Serpent du rêve » de 1978 (couronné par les prix Hugo, Nebula et Locus, et à lire sans attendre si ce n'est déjà fait, naturellement – Mnémos devrait incessamment rééditer cet indispensable, inexplicablement épuisé en France), pour proposer ce space opera subversif, où l'étoffe des héros, pilotes spatiaux indomptables et sacrificiels dopés à une adrénaline et un orgueil dignes de « Top Gun » (1986), l'humour et l'autodérision en plus, se dissout savamment et subtilement dans les contradictions discrètes d'une société faussement ouverte se découvrant des ennemis qui n'en sont pas vraiment – mais qui ne souhaitent visiblement pas jouer le jeu, in fine, de son capitalisme scientifique et marchand, lui préférant la joie pure de l'exploration (ce dont se souviendra la Becky Chambers de « Apprendre, si par bonheur ») et la fréquentation en toute sagesse de frères vivants des profondeurs (David Brin, déjà engagé dans son cycle exceptionnel de l'Élévation avec le modeste « Jusqu'au coeur du soleil », le portera au sommet, justement, avec son « Marée stellaire » de 1983, produisant lui aussi, avec le succès que l'on sait, une formidable synthèse ambiguë de l'ouverture galactique et de l'exploration de soi).

Publié en 1983, donc, traduit en français au Club du Livre d'Anticipation en 1986, par Daniel Lemoine, réédité désormais chez Mnémos (en juin 2022, la traduction ayant été révisée par Olivier Bérenval), « Superluminal » mérite bien davantage qu'un détour, et dégage une pertinence fort contemporaine à bien des égards, malgré une écriture pouvant sembler au premier regard légèrement datée.

Cette actualité ne vient pas tant sans doute de ses quelques jolies prémonitions (les spams hantant l'univers du courriel sont particulièrement savoureux, il est vrai) ni même de son féminisme « de deuxième génération » (proche par bien des aspects de celui observable à peu près à la même époque chez Ursula K. le Guin, dans l'évolution du formidable personnage de Tehanu entre 1970 et 1990 plus encore que dans la remarquable « Main gauche de la nuit »), plus subtil et rusé que celui développé par exemple par Joanna Russ, pour rester dans le champ science-fictif, mais peut-être de cette capacité à imaginer une emprise capitaliste qui n'a nul besoin de recourir à la franche dystopie, et qui ne se réduit pas à la « méchante entreprise occasionnelle » (même si on ne pourra que songer à certains moments aux scènes introductives de l'« Alien » de 1979, à bord du Nostromo, aux camionneurs de l'espace et au rôle de la Weyland-Yutani Corporation), pour en saisir à la fois les pièges consuméristes et fashionables, ainsi que les caractéristiques systémiques, avec avantages et inconvénients, et les modalités de résistance qui peuvent en découler, de manière individuelle aussi bien que collective, en sachant être parfois fortement inattendues – formes de résistance qui se décanteront par la suite dans la science-fiction, par des voies souvent souterraines, pour irriguer par exemple jusqu'aux cultures high-tech libertaires et néo-féministes des « Caryatids » (2009) de Bruce Sterling.

« Superluminal » n'est ainsi pas seulement un moment-clé, trop négligé généralement, de l'histoire de la science-fiction contemporaine, il est aussi un roman rusé de résistance insidieuse aux normes dominantes, et d'imagination dans l'affirmation de ses alternatives possibles, dans lesquelles l'amour joue un rôle non anecdotique – ce qui devrait nous dire quelque chose aujourd'hui plus encore qu'en 1983.

Lien : https://charybde2.wordpress...
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Autant je lis pas mal d'autrices dans mes lectures en général, autant je trouve qu'en science-fiction mon paysage est assez restreint. Il est donc temps que je l'élargisse. Ainsi, je suis ravie que Mnémos ait l'intention cette année et l'année prochaine de nous faire découvrir Vonda N. McIntyre, une autrice récompensée à plusieurs reprises par des grands prix de l'imaginaire et dont Superluminal, fut selon eux "un pivot de l'histoire de la science-fiction avec son voyage spatial tragique et dépaysant".

Je n'avais absolument pas entendu parler d'elle auparavant mais l'appareil critique fourni par l'éditeur avec une préface d'Olivier Bérenval et une interview réalisée par Sue Lange m'ont vraiment donné envie de la découvrir, car celle-ci dans les années 70-80 proposait une SF inspirante rappelant celle d'Ursula le Guin mais avec sa propre touche peut-être un peu plus scientifique et moderne encore que cette dernière. Superluminal est donc le premier roman qu'on peut découvrir d'elle chez nous avant une somme annoncée pour 2023 regroupant deux autres de ses romans phares : Loué soit l'Exil et Le serpent du rêve. J'ai hâte.

J'ai été séduite dès les premières lignes par le style fort simple et accessible de l'autrice. le titre me faisait craindre une SF peut-être un peu trop exigeante pour moi qui avait surtout envie d'évasion et réflexion facilement accessible, mais l'autrice n'est pas allée là-dessus. Certes, elle parle de voyages interstellaires allant plus vite que la lumière mais ce n'est pas leur aspect technique qui compte et j'ai même trouvé l'autrice assez légère avec les aspects scientifiques de son oeuvre, expliquant peu de choses et laissant notre imagination faire le reste la plupart du temps.

En revanche, elle m'a passionnée par son histoire remplie d'humains transformés ou en cours de transformation et de société reposant sur un tri des individus en fonction de leurs capacités, poussant à une ségrégation en mode West Side Stories avec des héros amoureux mais déchirés par leurs classes différentes.

L'autrice nous entraîne dans un monde où les humains parviennent à voyager plus vite que la lumière, mais les pilotes sont des êtes à qui on a arraché le coeur pour le remplacer par une machine avec de supporter de traverser "le Flux" et rares sont les élus. Ils vivent entre eux et supportent mal les humains "ordinaires". On les appelle dont péjorativement : "les Aztèques". Au sein des humains, il y a encore un autre peuple, qui a évolué différemment et peut communiquer avec les grands mammifères marins avec lesquels ils vivent, tandis qu'ils peuvent aussi se mêler à nous sans trop marquer physiquement leurs différences apparemment. Ils sont représentés par Orca, une jeune aventurière qui rêve plutôt de voyager dans l'espace que dans les océans. Mais tout cet univers, comme les ressorts du voyage interstellaire, sont peu décrits par l'autrice, comme si ce roman s'inscrivait dans un univers plus large croisé dans d'autres travaux. Il me semble que c'est le cas et il serait judicieux de nous les publier pour assouvir notre soif.

Nous, nous suivons d'abord Laena, une jeune femme qui vient d'offrir son coeur en sacrifice pour pouvoir piloter les vaisseaux à travers le temps et l'espace. Tout nous porte à croire que ce sera l'héroïne que nous suivrons et c'est chouette, tout comme chez Becky Chambers ou Mary Robinette Kowal, d'avoir un personnage féminin positif qui est ravi des futures découvertes qu'elle va faire. Ça change de tous ces héros masculins, l'autrice se plaisant pas mal à inverser les rôles, nous présentant des femmes fortes et des hommes un peu plus falots.

Nous avons cependant droit d'entrée de jeu à une romance qui semble des plus clichées et fleur bleue car directement inspirée des drames comme Tristan et Yseul, Roméo & Juliette, West Side Stories. Mais heureusement l'autrice est plus intelligente que cela et transforme cette histoire en véritable moteur d'une histoire beaucoup plus riche et complexe sur les différences de classes sociales, l'évolution humaine, la folie génétique et la passion pour l'espace. J'ai beaucoup aimé les différents niveaux de lecture qui s'accumulent au fil des chapitres et nous bouleversent parfois dans notre routine.

Ainsi, j'ai été touchée par l'histoire à travers le temps et l'espace de Laena et Radu, deux êtres très différents, venant de mondes différents, de classes différentes. Leur passion est belle et sincère, quoique un peu rapide pour Laena. Celle de Radu a un quelque chose de naïf et enfantin assez touchant. Elle va transformer les deux personnages et les lier à jamais à cause de l'impossibilité de leur histoire, qui sera même physique, et elle ravira le lecteur par les surprises qu'elle va apporter car la romance est au coeur de tout. C'est elle qui sera le moteur de leurs aventures spatiales et des découvertes qui auront lieu sur les pilotes, le flux et les différentes dimensions de notre univers. J'ai adoré !

Cependant, je dois reconnaître que l'autrice est allée un peu trop vite en besogne pour moi dans les derniers chapitres. J'ai eu le sentiment d'une véritable précipitation l'empêchant de pleinement développer les conséquences de ce qu'a produit la rencontre de ces deux êtres après les ultimes révélations sur leur nature et celle de l'univers. Il y avait une dimension politique et scientifique prometteuse qui est bien trop vite évacuée alors que la révolte grondait et j'ai trouvé un certain retournement final bien trop abrupt pour être crédible, mais bien pratique pour conclure. J'aurais voulu plus après tant d'aventures.

Car l'aventure fut au rendez-vous assurément. Après un début peut-être un peu mou de ce point de vue là car centré sur la romance nécessaire à la suite, on voyage ensuite beaucoup sur Terre et dans l'espace. J'ai été fascinée par la vie sur cet espèce de port flottant sur Terre, tout comme à bord de ces vaisseaux où la vitesse dépasse celle de la lumière, ce qui implique que seuls quelques individus peuvent être éveillés pour les manoeuvrer. Les manoeuvres dans l'espace à travers le flux et à la recherche d'une planète méconnue puis d'un vaisseau perdu furent fascinantes et passionnantes, même sans entrer dans les détails techniques que je croyais trouver. J'ai vraiment beaucoup aimé ce décor de SF pure, classique mais efficace sur moi.

Superluminal m'a donc fait découvrir une nouvelle plume de la SF, ancienne et pourtant très actuelle : Vonda N. McIntyre, une autrice qui n'hésite pas à mettre en scène des amours impossibles comme moteur d'une aventure portant ensuite sur le transhumanisme et les voyages interstellaires et inter-dimensions. J'ai adoré le voyage. J'ai été surprise par un certain changement narratif. J'ai aimé avoir des héroïnes fortes et une inversion des rôles traditionnels. C'était passionnant et vraiment prenant à lire, une fois mis le nez dedans impossible de lâcher. Il me tarde donc 2023 pour lire d'autres textes de l'autrice et je compte sur Mnémos pour continuer à nous faire découvrir de tels classiques oubliés !
Lien : https://lesblablasdetachan.w..
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Merci à Babelio et Mnémos de m'avoir donné l'occasion de lire ce livre grâce à la dernière masse critique mauvais genre.

En début de préface, on peut lire une citation d'Ursula le Guin : « Un récit de science-fiction ne doit pas bafouer les bases scientifiques, il ne doit pas... renier ce qui est connu, démontré de façon indubitable. Ou alors, si c'est le cas, l'écrivain doit en être conscient, et défendre la liberté qu'il s'est autorisée, soit avec une véritable hypothèse, soit un mensonge convaincant. Si je donne à mes vaisseaux spatiaux la possibilité de dépasser la vitesse de la lumière, je dois être conscient que je contredis Albert Einstein, et an accepter pleinement les conséquences — toutes les conséquences. C'est en cela, précisément, que réside le plaisir esthétique unique, propre à la science-fiction, dans ce suivi intensif, toujours cohérent, des implications d'une idée... » Je ne pouvais qu'applaudir. Et c'est avec un peu plus d'enthousiasme que j'ai entamé la lecture de ce roman et, par là même, la découverte de cette auteure.

D'habitude, je ne lis pas les préfaces. J'aurais dû continuer. Car, en fait, ce roman ne respecte pas vraiment ce que sous-tend cette citation. Pourquoi ? Parce que je n'aurais pas été déçu qu'il n'y ait aucune explications, crédibles ou non, au flux ; à la nécessité de s'éloigner de la Terre avant d'entamé le voyage supraluminique ; au besoin impérieux de remplacer le coeur des pilotes par une machine ; etc. Bon, pour le coeur, le lecteur fini par comprendre les pilotes ne supporteraient pas l'état de veille indispensable à la bonne exécution de leur tâche pendant le voyage, mais... c'est tout. Ce manque est décevant mais ne dégrade pas le fil de l'histoire. C'est déjà ça.

Le point vraiment décevant est la fin de ce roman. Les 30 ou 40 dernières pages m'ont donné le sentiment d'avoir été écrites pour boucler un récit dont l'auteur avait perdu le fil. Une image me vient tout à coup à l'esprit : l'auteure a terminé son récit comme un marathonien qui finirait sa course avec une chaussure de sport à un pied et une charentaise à l'autre. C'est un peu exagéré, mais significatif de l'impression de bricolage que m'ont donné ces dernières 10%.

En bref : Si le début (les premiers 10%) m'ont laissé perplexe — Avais-je vraiment fait un bon choix en entreprenant cette lecture ? — le corps du récit m'a satisfait. Dommage que la fin gâche ce ressenti en donnant l'impression d'être de bric et de broc. Devenez-vous en entreprendre la lecture ? Pourquoi pas ? Si vous êtes prêt à ne pas tenir compte des « défauts » que je lui ai trouvés.

P.S. Une dernière remarque. Mais elle concerne l'éditeur. Page 356, Orca, l'une des héroïnes, à propos des baleines bleues, dit : « Cela fait à peine trente ans qu'on a cessé de les chasser... » L'éditeur d'en conclure dans une note de bas de page que, puisque, je cite, « le congrès américain a voté en 1972 une loi protégeant tous les mammifères marins, le roman pourrait donc se dérouler en... 2002 ! » Mouais ! 1° ce n'est pas parce que le congrès américain a décidé quelque chose que le reste du monde l'applique sans discuter. 2° La preuve s'il en est, c'est que la chasse à la baleine (la baleine bleue fait peut-être exception, mais encore faut-il pouvoir en apporter la preuve) a encore lieu en 2022. le raccourci est un peu rapide.
Lien : http://livres.gloubik.info/s..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Orca fit surface dans un jaillissement d’eau, et entra en communication avec Harmonie. Elle fut obligée d’utiliser un satellite pour faire passer la communication par-dessus les chaînes montagneuses, mais la langue véritable s’adaptait bien aux ondes radio et personne ne pouvait déchiffrer le dialecte de sa famille.
Sa mère répondit.
[Allô, chérie, dit-elle, mêlant le français à la langue véritable, comme cela se pratiquait parfois dans sa famille. Où es-tu ?]
[À mi-chemin de chez nous, répondit Orca. Avec Mark.]
Elle ajouta le nom de son frère en langue véritable. Leur mère rit, comprenant, grâce à la construction que le frère d’Orca avait adopté un nom de surface, et comprit aussitôt la plaisanterie. Elle aussi aimait regarder L’Homme de l’Atlantide.
[Les bulletins d’information sont inquiétants, ma chère petite fille, et ce que l’on raconte l’est encore plus. Quelle est la part de vérité ?]
[Pour une fois, ce qui est réellement arrivé est encore plus passionnant, répondit Orca. Je t’expliquerai cela en rentrant. Il est possible que mon équipier vienne chez nous. A-t-il appelé ?]
[Non.]
[Je ne sais pas où il se trouve, reprit Orca. Ni comment il se déplace. Je lui ai dit de nous faire demander dans le port de Victoria. Il a besoin de notre aide, mon amie-maman. Te sens-tu d’humeur révolutionnaire ? Et papa ?]
[Ton père, toujours. Moi ? Si nécessaire.]
[Il est possible que ce soit le cas. Quand mon ami arrivera – Orca transmit un son correspondant à Radu ; tout plongeur ou baleine qui l’entendrait le reconnaîtrait immédiatement – il est originaire d’une autre planète, ajouta-t-elle. Il est timide et modeste. Il n’est pas responsable de ses problèmes.]
[Nous le recevrons bien, ma petite.]
[Merci, maman-amie.]
[Dois-je envoyer le bateau ? Sans cela, tu seras en retard à l’assemblée.]
Orca transmit une grimace et sa mère rit à nouveau.
[Envoie plutôt l’avion, maman. Ce sera désagréable mais cela ne durera pas longtemps.]
[Très bien, amie-fille, qui aime voler de monde en monde mais pas d’île en île.]
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C'était une chose de régénérer une main perdue, un nerf coupé ou un coeur endommagé par la maladie, ou bien retiré. Il était même nécessaire de régénérer des parties importantes du cerveau, comme les régions motrices et sensorielles. Mais à quoi servait-il de régénérer la matière grise, de reconstituer les connexions de telle façon que les souvenirs étaient si étirés et estompés qu'ils disparaîtraient?
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« Qu’est-ce que les wyunas ? demanda Radu.
– Viens, je peux sans doute t’en montrer. »
Atna le guida dans une forêt bordant le champ. Un chemin traversait un terrain marécageux entre d’énormes fougères arborescentes. Radu le suivit sur la faible pente conduisant sur le versant opposé d’une étroite vallée. Le chemin devint plus sec et les fougères moins hautes, mais les feuilles se trouvaient toujours bien au-dessus de sa tête. Il heurta une tige épaisse et un déluge de gouttelettes d’eau s’abattit sur lui.
Atna, entre les branches, observa une clairière.
« Bien, dit-il, ils n’ont pas encore fait la récolte dans cette plantation. » Il écarta les fougères et fit passer Radu devant lui.
Il eut l’impression d’entrer dans une forêt hivernale après une tempête de neige. Les branches nues des arbres avaient l’éclat du diamant. Radu suivit Atnaterta dans la forêt de glace jusqu’au moment où ils furent entourés exclusivement de noir et d’argent.
Les feuilles pourrissaient sur le sol mais l’écorce des arbres était couverte de milliers de sphères transparentes, de la taille d’une bille, dont l’intérieur comportait des motifs complexes de boucles et de volutes dues à une pousse chaotique. Elles étaient toutes légèrement différentes, comme les flocons de neige ou les empreintes digitales.
Les arbres chantaient si subtilement que leur murmure, provoqué par le vent, n’était perceptible que parmi les cristaux scintillants. Atna en cueillit plusieurs à l’extrémité d’une branche et les donna à Radu. Ils diffractaient la lumière du soleil en centaines d’arcs-en-ciel minuscules qui scintillaient parmi les arches et les prismes.
« Est-ce que ce sont des graines ? »
Atna rit.
« À dire vrai, ce sont plutôt des verrues. Des verrues végétales. C’est une chose sur laquelle nous n’avons pas l’intention d’insister dans notre publicité. Elles ne sont pas nocives, bien sûr… Il faut adapter et sensibiliser l’organisme hôte, sinon les wyunas ne se développent pas. Mais « verrues végétales » n’est pas un nom esthétiquement très séduisant.
– Tu as raison. « Wyuna » est meilleur. Mais à quoi servent-ils ?
– C’est notre production pour l’exportation. Il nous en fallait une, alors nous l’avons inventée. »
Radu acquiesça. Crépuscule exportait le bois de ses forêts d’altitude. Mais Nghtunnulun avait été terraformée. Au départ, c’était une exoplanète morte. Tout ce qui poussait à sa surface avait été importé de la Terre ou bien adapté artificiellement sur place.
« Je veux dire : à quoi les utilise-t-on ? »
Il imagina une fonction électronique complexe qui ne pouvait être obtenue que par la manipulation enzymatique de la matière afin de créer des structures si délicates et précises que la technologie mécanique ne pouvait les réaliser.
« Les utiliser ? Ils n’ont pas d’utilité. Ce sont des bijoux, si tu veux. Ils sont décoratifs. C’est ce type de produit qui convient au commerce avec la Terre.
– Oh… »
Radu fut vaguement déçu. Des composants électroniques seraient tous semblables. Il aurait dû y penser. Chaque wyuna était unique : le succès récompensait tout ce qui était unique, sur Terre. Pratiquement tous les produits importés avaient des fins décoratives. Le bois exporté par la planète d’origine de Radu était magnifique, mais il pouvait aussi servir des objectifs utilitaires. Cependant, à la connaissance de Radu, lorsqu’il arrivait sur la Terre, il était transformé en babioles sans intérêt.
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Cependant, Radu n’avait pas envie de retourner sur Terre. Il pouvait y passer sans débarquer, bien sûr, et s’engager aussitôt sur un autre vaisseau. Mais ce changement imprévu de destination rendait la précipitation de son départ assez ridicule.
Radu jura à voix basse. Il avait trop peu d’ancienneté pour se plaindre, à supposer que se lamenter après coup lui serve à quoi que ce soit.
Le profit potentiel était la seule raison du changement de but, cela était tout à fait clair. Mais le journal de bord n’indiquait ni la nature de la cargaison, ni quel type de mission justifiait le coût supplémentaire.
Radu vérifia leur destination et, pou=r s’entraîner, chercha une meilleure orbite. Il savait que le pilote avait déjà optimisé tout ce qui avait besoin de l’être. Le pilotage, comme les mathématiques, était un art autant qu’une science. Radu n’avait jamais cherché à s’abuser sur ses talents de mathématicien. Il voyait ce que tout le monde était en mesure d’observer ; il utilisait les paramètres que tout le monde connaissait. Pénétrer, au-delà, dans l’originalité et l’intuition mathématiques, ne faisait pas partie de ses aptitudes. C’était un bon homme d’équipage, mais, sur de nombreux plans, il n’avait pas les qualités d’un pilote et ne les aurait jamais.
Il regagna le carré de l’équipage. C’était un salon confortable, une paroi était occupée par des plantes, les autres peintes en couleurs vives. Sans avoir vérifié – mais scrutant malgré tout les moniteurs, par habitude – Radu constata que les systèmes de contrôle de l’environnement fonctionnaient correctement. Bien que la circulation de l’air soit optimale, la teneur en oxygène était toujours légèrement plus importante près des plantes. Il vaporisa de l’eau sur les feuilles ressemblant à des fougères, puis fit du café. Il avait été chargé de la cuisine, une fois de plus, mais cela lui plaisait et il n’avait jamais compris pourquoi cette tâché était attribuée par défaut.
Il vérifia les réserves de nourriture, qui étaient convenables, sinon alléchantes. Si leur retour était aussi précis que leur arrivée, Radu n’aurait que quelques repas à préparer, et il pourrait utiliser des produits frais pour chacun d’entre eux.
Seul le pilote avait indiqué ses goûts et ses allergies. Vassili avait établi une longue liste d’aliments qu’il refusait de consommer. Cette exigence réduirait les repas à la fadeur, sauf si Radu préparait deux versions de chaque plat.
Il fit cuire un ragoût commun que chacun pourrait assaisonner selon son goût. Puis il se servit une rasse de café et retourna au salon attendre que les autres reprennent connaissance.
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Elle n’avait pas hésité à renoncer à son cœur.
Après l’opération, Laena Trevelyan passa, dans une demi-inconscience, une période qui lui parut interminable, les somnifères masquant la douleur, maintenue dans une sorte d’insensibilité tandis que les médicaments accéléraient la cicatrisation. Ceux qui la surveillaient ignoraient qu’elle aurait préféré rester éveillée pour mettre fin à l’incertitude. De sorte qu’elle somnola d’un sommeil léger, attirée vers la conscience, repoussée, vivant dans un monde de cauchemar. Son esprit engourdi sentait le danger, mais se révélait incapable de la protéger. Trop souvent, elle avait été contrainte de dormir en présence du danger. Elle aurait préféré la douleur.
Un jour, Laena se réveilla presque : elle découvrit le blanc stérilisé des murs et du plafond, identifia indistinctement, avec lenteur, ce qu’elle aperçut. La lueur verte des moniteurs de contrôle recouvrait son épaule, par-dessus les draps rugueux. Collées avec du ruban adhésif, des aiguilles griffaient les nerfs de son bras. Elle prit conscience de bruits et entendit le battement sourd d’un cœur.
Elle voulut pousser un cri de colère et de désespoir. Sa main gauche était lourde, léthargique, indifférente aux ordres, mais elle réussit à la déplacer. Sa main rampa comme une araignée, atteignit son poignet droit et palpa maladroitement les aiguilles et les cathéters. Un courant d’air balaya la pièce lorsque la porte s’ouvrit. Une voix douce et une caresse tendre lui firent des reproches, augmentèrent le débit des sédatifs et, cruellement, la firent retourner dans son sommeil. Une larme perla au coin de son œil et glissa dans ses cheveux lorsqu’elle plongea à nouveau dans ses cauchemars, accompagnée par le contrepoint de cette rythmique humaine essentielle, le battement d’un cœur, qu’elle espérait ne plus jamais attendre.
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À l'occasion de la sortie de l'Intégrale SF le Serpent du rêve, en librairie le 17 mai, Mnémos vous propose de découvrir son autrice, Vonda McIntyre.
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