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EAN : 9782746737259
208 pages
Autrement (02/04/2014)
3.39/5   28 notes
Résumé :
Le réel n'a pas eu lieu
Parce qu'il ose tenir le cap de l'idéal dans un monde où le vice invite au reniement, Don Quichotte incarne la figure même du héros.
Cette passion furieuse pour les idées au détriment de la réalité a pourtant un sens moins chevaleresque et plus philosophique : le personnage de Cervantès est l'homme pour qui « le réel n'a pas eu lieu ». Déclarant la guerre au banal, il veut le merveilleux, le romanesque : des géants plutôt que de... >Voir plus
Que lire après Le réel n'a pas eu lieuVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
En opposition avec "Rêver debout" de Lydie Salvayre, le livre d'Onfray démasque un don Quicotte non pas menteur mais mythomane, ce qui est plus grave, puisque le menteur sait qu'il ment, mais se réfère au même monde que nous, tandis que le mythomane est passé "de l'autre côté du miroir". le mythomane déraisonne, mieux : il délire.

Don Quichotte est un grand dénégateur pour qui l'idée du réel prime le réel : si le réel ne lui convient pas, c'est le réel qui a tort et lui qui a raison.

Ne nous moquons pas : la situation est grave, car le personnage est persuasif et capable d'entraîner son semblable, quoique subordonné, dans de périlleuses aventures : témoin l'excellent Sancho Pança, qui croit d'abord au mirage des promesses de l'île enchantée, mais que rattrape bientôt son bon sens.

Onfray, avec son efficacité et son brio coutumiers, a examiné le mythe de don Quichotte dans la continuité de sa "contre-histoire de la littérature" : il dénonce la persistance sans faille d'une tradition où ce dernier incarne un héros positif. Don Quichotte est certes un personnage idéaliste et intègre. Mais il modifie la réalité pour la rendre conforme aux romans de chevalerie : c'est un croisé de l'autre monde (un chevalier de l'apocalypse ? cette dernière hypothèse n'est pas d'Onfray, mais de moi, victime à mon tour du cyclone imaginatif qui emporte tout).

Et de souligner (Michel Onfray, pas moi...) qu'il est significatif que le philosophe et théologien Joseph Ratzinger le tienne serré contre son coeur tout comme une image christique : le Quichotte est le porte-voix de l'ancien monde et des valeurs en perte de vitesse du christianisme ( en 1605 déjà !). Bref, sous des dehors déjantés, il incarne l'ancienne tradition de l'ordre politique, social et religieux.

Gare au déni qui nous fait prendre parfois les moulins à vent pour des géants et …. "les messies pour des gens ternes." (Michel Vivoux)
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J'aime Onfray et son côté pamphlétaire et pourfendeur des illusions ou de pseudo-vérités qu'il n'est toujours pas aujourd'hui politiquement correct de remettre en question.

Il débute par cet ouvrage une contre-histoire de la littérature, ce qui rappelle sa contre-histoire de la philosophie. Et il commence la série de manière non chronologique avec Cervantes et son Don Quichotte, encore un maître de l'illusion.

Mais je ne me suis pas sentie emportée par le propos comme j'ai pu l'être pour la philosophie. J'avais plus l'impression de lire une critique littéraire somme toute assez banale sur l'oeuvre espagnole et n'en suis pas ressortie époustouflée.
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Michel Onfray est un génie.
Ce livre est un chef d'oeuvre,comme l'est aussi le livre de Cervantès.
A peine que j'ai lu les premiers chapitres,j'ai dû interrompre ma lecture pour lire le premier Tome du livre de Cervantès,afin de vérifier l'analyse de Michel Onfray.
L'ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche est juste magistral,l'auteur est d'une subtilité remarquable.
ll brouille très bien les pistes comme le fait bien remarquer M.O.
A titre d'exemple,je découvre par exemple ceci :
"L'orientaliste don José Conde a récemment découvert la signification
du nom de ce More, auteur supposé du Don Quichotte. Ben-Engéli
est un composé arabe dont la racine, iggel ou eggel, veut dire cerf,
comme Cervantès est un composé espagnol dont la racine est ciervo.
Engéli est l'adjectif arabe correspondant aux adjectifs espagnols cerval
ou cervanteño. Cervantès, longtemps captif parmi les Mores d'Alger,
dont il avait appris quelque peu la langue, a donc caché son nom sous un
homonyme arabe."
En brouillant ainsi les pistes,il en profite pour passer des messages.
J'ai pris un tel plaisir à lire ce livre de M.O en même temps que celui de Cervantès,pour valider avec l'auteur que Don Quichotte est le prototype du croyant,en l'occurrence du croyant chrétien,et Cervantès consacre mille pages à rosser ce catholique exalté...
Magistral....


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Ce livre fait partie d'une série de six volumes où Michel Onfray propose une lecture philosophique de quelques chefs-d'oeuvre de la littérature européenne. J'ai commencé par lire le numéro 3 : XIIe siècle : Cervantes et Don Quichotte.
A moi, de rechercher les autres dans ma bibliothèque car j'ai beaucoup aimé ce que l'auteur nous a dit de cette oeuvre majeure et aussi ce qui n'aurait pas encore été dit !
Il met dans son texte beaucoup de citations de l'oeuvre. Quant il dit (p. 27) que Cervantes raconte un autodafé. "Brûler les livres qu'on estime dangereux pour la fiction qu'on défend", cela m'a incitée à relire : "Fahrenheit 451" de Ray Bradbury. Cela renverse l"assertion "Autres temps, autres moeurs" en "Autres temps, moeurs identiques !"
Un concept intéressant pour penser l'universel.
J'ai autrefois lu et apprécié l'oeuvre foisonnante de Cervantes et là, je la comprends d'autant mieux que Michel Onfray nous la décortique et en quelque sorte la rajeunit car il nous la rend actuelle dans ses délires, ses mises en abîme et ses jeux de miroir. Intéressant !
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Après s'être attaqué à la contre histoire de la philosophie, Michel Onfray entreprend avec ce livre un nouveau cycle sur une contre histoire de la littérature. le titre est (semble-t-il) une facilité commerciale, car il ne s'agit pas réellement d'une contre histoire, mais plutôt d'une analyse détaillée de l'oeuvre maîtresse de Cervantès à savoir Don Quichotte. Un livre que personne n'a lu et dont tout le monde parle pour reprendre les propos de Michel Onfray. Toujours est-il que même ceux qui n'ont pas lu Don Quichotte peuvent lire cette analyse extrêmement intéressante. le style linguistique de l'auteur est très accessible, les phrases sont simples, détaillées, mais toujours riches de propos… Que dit exactement Michel Onfray ? Simplement, que le réel pour Don Quichotte n'a pas eu lieu. Ce dernier décide de prendre ses rêves pour la réalité, il est l'homme du déni, celui qui refuse naïvement de voir le monde tel qu'il est. À travers son analyse, Michel Onfray explique en quoi le livre de Cervantès est aussi une critique virulente de l'Église catholique. Lorsque l'on sait que Don Quichotte est le livre préféré de l'ancien pape Benoît XVI, on est dans le droit de se demander si lui aussi vit dans le déni…
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critiques presse (1)
Lexpress
24 avril 2014
La lecture à laquelle nous invite Michel Onfray est stimulante. Elle consiste à ne plus prendre les chefs-d'oeuvre pour des blocs monolithiques, mais à en faire les grilles vivantes d'une interprétation iconoclaste du monde. Des amis, en somme. Et c'est là le plus grand service que l'on puisse rendre à la littérature. Passionnant!
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (44) Voir plus Ajouter une citation
Naïf le naïf qui stigmatise les naïf dont il est
[ ... ]

quichottisme le projet libéral qui suppose que la liberté du marché engendre automatiquement, par l'effet d'une main invisible, héritage déiste du siècle des philosophes, une homéostasie sociale produisant la propriété pour tous, la prospérité pour tous, alors que propriété, prospérité, liberté et bonheur restent des denrées rares réservées à une poignée pendant que le plus grand nombre connaît la pauvreté, la gêne, la servitude et le malheur à cause du marché libre ;

quichottisme le projet communiste qui part d'un postulat anthropologique faux (l'homme est naturellement bon, la société le corrompt, changeons la société, l'homme deviendra bon) pour viser un état illusoire bien que généreux (disparition de la propriété, de l'exploitation, de la misère, de l'esclavage, de la guerre, de la négativité) et qui n'obtient dans les faits qu'une aggravation de l'état de l'état de départ qu'on voulait abolir (société policière, militarisation de l'état, socialisme des barbelés et des miradors, aristocratie de la bureaucratie) ;

quichottisme le projet fasciste avec son homme nouveau (idéal partagé avec les marxistes-léninistes), son obsession de la pureté du sang, des vertus de l'ascèse, de la communauté Une et de la fin du divers subsumé sous l'ordre de la Race, du Peuple, de l'État, de la Nation ;

quichottisme le projet social-démocrate qui marie la carpe capitaliste et le lapin socialiste pour n'avoir que le pire du capitalisme (les pleins pouvoirs de l'argent) et le lire du socialisme (les pleins pouvoirs de la bureaucratie), le tout permettant au capital de faire la loi pendant que le peuple reste coi sous prétexte qu'avec le partenaire libéral d'en face ce serait pire ;

quichottisme le projet anarchiste d'une société où les hommes vivraient d'amour après une révolution simple, facile, logique, dans laquelle les loups deviendraient des agneaux, les seigneurs de la guerre des saint-bernard, les capitaines d'industrie des partisans de la veuve et de l'orphelin, les banquiers des acteurs de la solidarité et de la fraternité entre les peuples, les curés de tous bords des philosophes pleins de raison ;

quichottisme le projet souverainiste, de droite et de gauche, inspiré par de Maistre ou Robespierre, qui imagine le pays seul au monde, flottant dans l'éther de l'histoire et de la géographie, comme une idée pure, un concept inaccessible au temps, au réel, à la durée, au reste du monde, et qui vibre aux sirènes des discours qui rappellent que le passé sentait bon la madeleine proustienne et la naphtaline ontologique ;

quichottisme le projet s écologiste qui, fils naturel du projet souverainiste, imagine que les pays industriels gavés, repus, rassasiés, pourraient sauver la planète en optant pour la décroissance pendant qu'une multitude de pays sur la planète cent fois plus dévoreurs de nature n'aspirent qu'à connaître l'état de béatitude des repus, des gavés, des rassasiés que nous fûmes...
[ ...]

pp. 85-87

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L'histoire ne manque pas de partisans de la déraison pure et les récits déraisonnables abondent : un Dieu qui ouvre la mer en deux pour laisser passer son peuple et, poli, la referme derrière lui ; la naissance d'un enfant à Nazareth avec une colombe pour géniteur, malgré, bonne pâte, un père charpentier ; les miracles d'un beau parleur qui ressuscite les morts, rend la vue aux aveugles et la marche aux paralytiques ; l'apparition de la Vierge dans des grottes en pleine période industrielle ; la résurrection d'une chair incorporelle pour l'éternité ; l'espoir d'une vie paradisiaque associé à la vertu de la décapitation révolutionnaire ; les miracles des pays du socialisme réel où les vaches donnent dix fois plus de lait sous un drapeau rouge à faucille et marteau que partout ailleurs ; la prospérité libérale du paradis capitaliste où le ghetto et le bidonville prouvent l'excellence de la méthode ; la beauté de l'Europe des marchés qui paupérise à tour de bras, mais pour le bonheur du plus grand nombre ; les prodiges de la pensée magique freudienne qui soigne des pathologies psychiques avec des jeux de mots ; la raison lacanienne qui fait du calembour une méthode très rentable et nette d'impôts ; le paradis des vierges réservé aux meurtriers de Dieu qui se voient servir du vin et du porc dans leur empyrée — les occasions n'ont pas manqué en Occident de transformer des fictions en réalité, de transmuter des illusions en certitudes admirables, de rendre un culte aux vessies sous prétexte qu'il s'agissait de lanternes, puis d'en faire une religion avec des millions de disciples agenouillés. Don Quichotte est le prototype du croyant, en l'occurrence du croyant chrétien. Cervantès consacre mille pages à rosser "ce catholique exalté"...
p. 158 et 159
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J'ai donc lu Don Quichotte en cherchant à percer le mystère de la dénégation, une pratique si courante dans la vie et totalement absente des bibliothèques où pas un seul livre, du moins jusqu'à preuve du contraire, ne semble avoir été consacré à ce sujet. Tant de dénégateurs dans la vie et si peu d'études sur ce sujet ! Faut-il que la puissance de ce principe soit telle qu'il y ait dénégation de la dénégation et silence théorique sur une pratique aussi courante, aussi universellement répandue ? Et puis pourquoi, dans l'abondante bibliographie des études consacrées à Don Quichotte, pas un seul livre sur ce sujet alors qu'on a tant écrit sur ce chef-d’œuvre - on dit pourtant qu'après la Bible Don Quichotte est l'ouvrage le plus lu et le plus commenté ? On dénie donc au livre de la dénégation d'être un livre sur la dénégation...
J'ai donné une explication du mécanisme de la dénégation : un refoulement de la réalité de soi quand elle se trouve comparée à l'idée qu'on se fait de soi, refoulement transfiguré en retournement qui transforme la victime de la dénégation en bourreau acteur de la dénégation. Quand ce que l'on est apparaît trop nettement aux antipodes de ce que l'on croit de soi, le mécanisme se met en action : notre part reptilienne étouffe notre part consciente. Le venin du cerveau le plus ancien paralyse le jugement du cerveau le plus récent. La bête tue en nous la bête au nom de l'homme. De ce sacrifice naît une image de soi plus présentable. Sur le cadavre de ce qu'il est, le dénégateur construit une statue de lui tout à son avantage. Mais c'est une fiction...
p. 189 et 190
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Je portais ce texte depuis longtemps, car il y a, il y a eu et il y en aura aussi encore bien sûr des dénégateurs dans ma vie. J'ai toujours été sidéré par leur incroyable aplomb à nier que le réel ait été comme il a été. Je suis désarçonné de voir avec quelle morgue telle ou telle personne peut assurer, les yeux dans les yeux, qu'une vilenie (ou plusieurs...) objectivement de leur fait n'a jamais été commise par leurs soins. Quand on s'est trouvé personnellement, concrètement, la victime d'un choix, d'un mot, d'un jugement, d'une condamnation venus d'un tiers, on a du mal à entendre ce tiers affirmer avec effronterie qu'il n'est pas à l'origine de son choix, de ses mots, de ses jugements, de sa condamnation.
Pire : quand il m'arrivait de dire qu'il y avait ostensiblement dénégation chez eux, je m'entendais rétorquer sans coup férir par le dénégateur que j'inventais, que je fantasmais des fictions et que je manifestais ma vilenie à prêter à d'autres des vilenies qu'ils n'avaient évidemment jamais commises. La dialectique de la cour de récréation fait la loi plus qu'on ne l'imagine et au-delà de l'école primaire : « C'est celui qui le dit qui y est... » constitue une formule qui fournit l'impératif catégorique du dénégateur. « Quand je suis immonde, ce que je suis, je ne le suis pas ; mais vous, en revanche, vous l'êtes » - voilà la pauvre logique des malades affligés par cette pathologie. C'est à ce prix que l'immonde peut continuer à vivre dans le monde.
p. 188 et 189
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Dans “Par-delà le bien et le mal”, Nietzsche montre en quelques mots le fonctionnement de la dénégation : « "Voilà ce que j'ai fait", dit ma mémoire. "Je n'ai pu faire cela", — dit mon orgueil, qui reste inflexible. Et finalement c'est la mémoire qui cède » (IV.68).

Quoi qu'il en soit, Nietzsche a raison d'opposer le travail de la mémoire et celui de l'orgueil, autrement dit : les logiques de l'histoire (qui inquiètent) et les folies de la passion (qui rassurent). Ce conflit entre le sang froid de ce qui a eu lieu et le sang chaud de ce qui pourrait être, ce combat entre ce qui est et la virtualité, cette lutte entre la modestie du réel et l'arrogance des idées, entre l'immanence épicurienne et l'intelligible platonicien, entre « le sens de la terre » nietzschéen et le transcendantalisme kantien, cette dialectique, donc, produit en effet d'infinies contorsions dont le déni naît.
La dénégation pousse comme une fleur du Mal sur le fumier d'un orgueil immodéré : on se croit grand, fort, beau, on s'imagine puissant, important, on se rêve immense, on se figure célèbre, connu, on s'envisage vertueux ; or, on est le contraire, l'inverse : petit, faible, laid, impuissant, quelconque, ridicule, inconnu, ignoré, vicieux. On s'estime, donc on se dit, princesse, généreuse, magnanime, bienveillante, compatissante, partageuse, altruiste ; on est fée Carabosse, intéressée, égoïste, mesquine, petite, méchante, jalouse. La mémoire dit : « fée Carabosse » ; l'orgueil affirme : « Princesse »... La mémoire plie ; l'orgueil triomphe. Tout ce qui montre la laideur disparaît et n'a pas eu lieu ; tout ce qui dévoilerait la beauté, et qui n'a pas eu lieu, devient vérité de substitution : le monde du dénégateur est un monde de remplacement, un univers dans lequel ce qu'on n'est pas parvenu à être laisse toute la place à ce qu'on aurait voulu être, et qui devient le vrai...
p. 148 et 149
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Videos de Michel Onfray (159) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Onfray
*INTRODUCTION* : _« […] Je veux seulement, Monsieur, vous faire part d'une chose que j'ai lue dans Montaigne, et qui marque son bon goût. Il souhaitait devenir assez savant pour faire un recueil des morts les plus éclatantes dont l'Histoire nous parle. Vous qui êtes son partisan, vous approuverez ce dessein que j'exécute en partie. En effet, le véritable point de vue où je placerais une personne qui veut bien juger du ridicule qui règne dans le monde, est le lit de mort. C'est là qu'on se détrompe nécessairement des chimères et des sottises qui font l'occupation des hommes. Nous sommes tous fous ; la folie des uns est plus bouillante, et celle des autres plus tranquille. »_ *André-François Boureau-Deslandes* [1690-1757], _À Monsieur de la Ch…_
_« Rien ne doit plus nous frapper dans l'histoire des grands hommes, que la manière dont ils soutiennent les approches du trépas. Je crois que ces derniers moments sont les seuls, où l'on ne puisse emprunter un visage étranger. Nous nous déguisons pendant la vie, mais le masque tombe à la vue de la mort, et l'Homme se voit, pour ainsi dire, dans son déshabillé. Quelle doit être alors la surprise ! Tout l'occupe sans le toucher : tout sert à faire évanouir ce dehors pompeux qui le cachait à lui-même. Il se trouve seul et sans idées flatteuses, par ce qu'il ne peut plus se prêter aux objets extérieurs. Cette vue a cela d'utile en flattant notre curiosité, qu'elle nous instruit. Il n'est rien de quoi, disait Montaigne, je m'informe si volontiers que de la mort des hommes, quelle parole, quel visage, quelle contenance ils y ont eus ; mille endroits des histoires que je remarque si attentivement. Il y paraît, à la farcissure de mes exemples, et que j'ai en particulière affection cette matière*._ _Je suis persuadé que la dernière heure de notre vie est celle qui décide de toutes les autres. »_ *(Chapitre III : Idée générale d'une mort plaisante.)*
* _« Et il n'est rien dont je m'informe si volontiers que de la mort des hommes, de quelle parole, quel visage, quelle contenante ils y ont eus, non plus qu'il n'est d'endroit dans les histoires que je remarque avec autant d'attention. Il apparaît à la farcissure de mes exemples que j'ai cette matière en particulière affection. Si j'étais faiseur de livres, je ferais un registre commenté des morts diverses. Qui apprendrait aux hommes à mourir leur apprendrait à vivre. »_ (« Chapitre XIX : Que philosopher c'est apprendre à mourir » _in Montaigne, Les essais,_ nouvelle édition établie par Bernard Combeaud, préface de Michel Onfray, Paris, Robert Laffont|Mollat, 2019, p. 160, « Bouquins ».)
*CHAPITRES* : _Traduction d'un morceau considérable de Suétone_ : 0:02 — *Extrait*
0:24 — _Introduction_
_De quelques femmes qui sont mortes en plaisantant_ : 0:49 — *1er extrait* ; 2:08 — *2e*
_Additions à ce qui a été dit dans le IX et dans le XI chapitre_ : 3:15
_Remarque sur les dernières paroles d'Henri VIII, roi d'Angleterre, du Comte de Gramont, etc._ : 6:09 — *1er extrait* ; 6:36 — *2e*
_De la mort de Gassendi et du célèbre Hobbes_ : 7:45
_Remarques sur ceux qui ont composé des vers au lit de la mort_ : 10:47
_Examen de quelques inscriptions assez curieuses_ : 13:52
_Des grands hommes qui n'ont rien perdu de leur gaieté, lorsqu'on les menait au supplice_ : 14:33
_Extrait de quelques pensées de Montaigne_ : 15:31
_S'il y a de la bravoure à se donner la mort_ : 17:37 — *1er extrait* ; 18:57 — *2e*
_De quelques particularités qui concernent ce sujet_ : 19:14
19:28 — _Générique_
*RÉFÉ. BIBLIOGRAPHIQUE* : André-François Boureau-Deslandes, _Réflexions sur les grands hommes qui sont morts en plaisantant,_ nouvelle édition, Amsterdam, Westeing, 1732, 300 p.
*IMAGE D'ILLUSTRATION* : https://www.pinterest.com/pin/518547344600153627/
*BANDE SONORE* : Steven O'Brien — Piano Sonata No. 1 in F minor Piano Sonata N0. 1 in F minor is licensed under a Creative Commons CC-BY-ND 4.0 license. https://www.chosic.com/download-audio/46423/ https://www.steven-obrien.net/
*LIVRES DU VEILLEUR DES LIVRES* :
_CE MONDE SIMIEN_ : https://youtu.be/REZ802zpqow
*VERSION PAPIER* _(Broché)_ : https://www.amazon.fr/dp/B0C6NCL9YH *VERSION NUMÉRIQUE* _(.pdf)_ : https://payhip.com/b/VNA9W
_VOYAGE À PLOUTOPIE_ : https://youtu.be/uUy7rRMyrHg
*VERSION PAPIER* _(Broché)_ : https://www.amazon.fr/dp/
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