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ISBN : 2081380927
Éditeur : Flammarion (11/01/2017)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 82 notes)
Résumé :
"Ni rire, ni pleurer, mais comprendre?", Michel Onfray s'approprie la maxime de Spinoza pour développer une philosophie de l'Histoire, une réflexion sur la longue durée qui retrace la naissance, la croissance puis la sénescence de la civilisation judéo-chrétienne. Décadence s'inscrit dans la Brève Encyclopédie du monde qu'a entamée Michel Onfray avec Cosmos pour présenter sa pensée personnelle et ses clés d'interprétation pour notre monde contemporain.

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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
FredMartineau
  26 février 2017
Un livre riche, dense et forcément polémique que ce décadence de Michel Onfray. Comment pourrait-il ne pas l'être alors qu'il déconstruit les religions du livre, remettant en cause jusqu'à l'existence physique de Jésus, en passant par les fictions du judaïsme sans oublier celles de l'Islam ? Et s'il argumente, étaye ses propos de faits historiques rapportés par des ouvrages peu ou pas connus parce qu'en dehors du corpus admis par la propagande officielle, pour démontrer qu'aucune religion ne résiste au prisme matérialiste et à celui de l'analyse objective, l'aveuglement des intégristes de la foi, quelle qu'elle soit, ne peut que le vouer aux gémonies et mener son livre à l'autodafé. Bien sûr, toute référence est discutable, tant celles qui font le panégyrique que celles qui critiquent les grands noms de l'Histoire et les traces qu'ils ont laissées. Mais, le voyage proposé n'épargne pas les idéologies et les systèmes politiques, la faiblesse de dirigeants, mal inspirés, souvent lâches ou gouvernant avec des oeillères. Rien ni personne n'aura réussi à offrir d'alternatives durables pour permettre la survie de la civilisation judéochrétienne dont le crépuscule s'annonce sanglant. Il n'est pas tendre non plus avec l'intelligentsia et ses errements, avec les politiques qui rejettent le choc des civilisations prédit par Huntington tandis que le réel confirme chaque jour sa vision. Le dynamisme démographique de l'Islam en fera selon lui une civilisation qui comptera dans un monde qu'aucun de ses lecteurs ne devrait connaître... Les civilisations vivent, meurent, sont remplacées, c'est le sens de l'Histoire. Et l'auteur de conclure sur l'avènement d'un transhumanisme, du monde d'Huxley et d'Orwell, qu'une nouvelle religion ancrera au sein de régimes totalitaires à coté desquels les dictatures que nous avons connu paraîtront bien mièvres. Cet ouvrage m'a beaucoup appris, nombre de ses références m'étaient inconnues et j'ai passé un bon et long moment en sa compagnie. Je partage au moins une affirmation de son constat lucide ou de cet état des lieux sans concession : la fin approche...
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anlixelle
  03 mai 2017
"Chaque chose a son temps. le judéo-christianisme a régné pendant presque deux mille ans. Une durée honorable pour une civilisation. La civilisation qui le remplacera sera elle aussi remplacée.
Question de temps.
Le bateau coule ; il nous reste à sombrer avec élégance."
Voici rapportée là l'idée-phare de Michel ONFRAY dans Décadence : la fin, sous peu, de notre civilisation.
Malgré son écriture dense et un lexique frisant parfois la drôlerie tant certains mots choisis sont à des années-lumière de notre langue actuelle, j'ai dévoré cet opus en moins d'une semaine.
Déprimés, fatigués, pessimistes, angoissés…. prière de s'abstenir, car les idées contenues dans ces quelques 600 pages ne sont pas porteuses d'espoir pour nous, européens, si vous voyez ce que je veux dire ; nous vivrions à l'articulation de deux mondes, presque déjà posés sur un champ de ruines...
Bon, ça, c'est dit, mais hélas, le propos a quelques cohérences, puisque l'auteur nous offre en parallèle une relecture de l'histoire du judéo-christianisme que j'ai trouvée passionnante.
D'autres civilisations sont également passées au crible, et le tableau tragique de se compléter doucement mais sûrement.
On est très loin des livres de Frédéric LENOIR sur les religions ( ! ) ; c'est le moindre qu'on puisse dire.
Ici, le texte est précis, analytique, un peu long aussi quand il s'attaque à la période moyenâgeuse, mais ça claque, ça cingle, ça percute nos représentations, ça questionne sérieusement.
Monsieur ONFRAY nous offre une lecture philosophico-historique sensationnelle de notre monde où chacun en prend pour son grade , et ça décoiffe !

Lien : http://justelire.fr/decadenc..
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Lune
  25 février 2017
Une fois de plus, cet essai de Michel Onfray entraînera la polémique.
Les uns trouveront ce livre riche, objectif, documenté, citant ses sources, expliquant le passé, les enseignements transformés ou erronés, la succession des faits et leur répercussion jusqu'en notre XXIème siècle.
Les autres monteront aux barricades en dénonçant une lecture trop athéiste de l'histoire, une réduction et une orientation des faits.
L'oeuvre écrite dans une langue accessible gênera certains philosophes d'école et leurs aficionados.
D'autres (il suffit de parcourir la « toile ») iront jusqu'à la haine et l'insulte.
On ne s'étonnera plus dès lors qu'il y ait des guerres.
Certes dans les faits retenus, Michel Onfray prend toujours ceux qui servent au mieux son propos, là où les historiens n'ont pas tranché définitivement la question : le plus bel exemple étant l'existence physique ou pas de Jésus.
Cependant, ceci n'enlève rien à la force de son propos et ne le discrédite pas.
Une approche littérale prenant en compte toutes les nuances devrait conduire à une lecture par-delà les croyances et permettre d'aborder cette contribution dense qui met le doigt là où ça fait mal, de porter un regard « tragique » avec le sens donné à ce mot : les faits, ce qui est.
Ce texte est certes parfois pamphlétaire. On peut s'en amuser ou s'en offusquer, mais il faut se souvenir qu'à l'inverse de ceux qui les condamnent, les auteurs de pamphlets n'ont jamais tué personne (cf Charlie).
Religions mises à mal, Histoire démantelée, remise en question de « grands » noms, précisions éclairantes autour de« grandes » dates douloureuses, mise au point sur ce qui nous est la plupart du temps enseigné.
Tout est passé au crible avec force références et citations.
Apparaît ce qui a mené le monde : sa morale trop souvent bafouée et écrasant l'Homme.
Au nom des Idées, quelles qu'elles soient, il y a toujours des morts.
Le message d'origine est sempiternellement détourné. Au nom de la religion, on peut tuer.
Les civilisations se succèdent-elles ?
Les leçons ne sont pas tirées sauf par quelques esprits.
En est la preuve, ce livre et ses remous, ce livre qui raconte notre monde occidental, son judéo-christianisme étiolé, ses marionnettes politiques qui ne sont que le reflet des courants de pensées du moment, une mise en garde qu'on ne peut plus ignorer.
La conclusion est très noire, annonçant la fin de notre civilisation, de celles qui lui succéderont, allant vers l'anéantissement.
Tout ce que l'on constate présentement (dernières découvertes robotiques, vie virtuelle…) tente à lui donner raison mais ne peut-on aussi bien penser qu' un ou plusieurs événements imprévisibles aujourd'hui pourraient apparaître et changer ce schéma funeste.
L'analyse de Michel Onfray est une analyse basée sur les faits. Elle conduit au « tragique » donc à un constat.
Il n'y a pas dans ce livre de réponse politique personnelle à l'inverse de certains qui, s'appuyant totalement ou partiellement sur les mêmes constats, échafaudent des projets politiques servant leurs intérêts de façon à influer sur les rapports de domination et soumission.
Michel Onfray, n'en déplaise à ses détracteurs, ne veut dominer ni soumettre personne.
Il constate et sa position « tragique » est en soi une position philosophique qui place l'Homme en dehors de toute dialectique pour ne pas sombrer et ainsi continuer à vouloir comprendre.

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Fortuna
  16 novembre 2018
Tout d'abord une constatation : la religion est violence, conquête, guerre, anéantissement de l'ennemi, soumission. Au nom de Dieu on tue, on viole, on pille, on massacre, on torture. Pendant plus d'un millénaire la chrétienté a régné, écrasant les traces des civilisations antiques, puis celles des peuples indigènes, s'imposant par les croisades, l'Inquisition, les guerres de religions fratricides. le pouvoir temporel s'effectue au nom de Dieu. Et comme tout pouvoir politique dictatorial, sa hiérarchie est tombée dans tous les excès.
Historiquement la religion chrétienne, d'après Michel Onfray, est née d'une légende, le Christ n'ayant pas d'existence réelle, pas plus que l'immaculée conception ni le saint esprit…D'emblée elle s'est imposée à partir du refus du corps charnel, de la sexualité, ne l'autorisant que pour la reproduction, entrainant des pratiques qui ont pu aller jusqu'à l'autoflagellation, les privations d'une vie acétique excessive, l'obsession de l'au-delà.
La Révolution française a sonné son glas, puis les révolutions marxistes, Vatican 2, mai 68 amènent sa fin définitive. La Chrétienté est morte ouvrant la voie à son remplaçant : l'Islam conquérant auquel se soumettent les pays occidentaux depuis quelques décennies, par manque de réactions, intérêts ou actions inappropriées, menant des guerres meurtrières qui ne font qu'attiser et servir son désir de conquête. Faute de pouvoir lui opposer des valeurs qu'ils n'ont plus, anéantis par des logiques de consommation où règne l'individualisme et le renoncement à tout idéal, ces pays entrés en décadence sont mûrs pour cette force montante qui a pour elle le nombre, la jeunesse, la foi, l'esprit communautaire, la force des convictions…
Même si Michel Onfray conclut sur un avenir lointain de science-fiction, c'est sur ces lendemains prochains qu'on peut s'interroger et si pour le moment tout semble donner raison à cette analyse, on peut aussi penser que l'Islam, qui a ressuscité de vieilles lunes sous la forme à la fois moderne et profondément réactionnaire de l'islamisme, est également en pleine décadence…inapte à proposer un modèle de société cohérent. Et qu'il n'y aura ni vainqueurs ni vaincus mais une humanité à sauver. Sous peine de sombrer tous dans un chaos définitif.
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Perchtoldsdorf
  09 mars 2019

Que dire de ce pavé de 800 pages ?
Il faut, dans un premier temps, admettre qu'un non initié y découvrira un certain nombre de personnages et de faits intéressants parce que peu connus. Il apprendra par ex. que Celse dès le 2ème siècle a su critiquer le christianisme avec de solides arguments et que cette religion a eu recours à nombre de falsifications pour s'octroyer des droits et des biens matériels. Toutefois on regrettera que les éléments dignes d'intérêt perdent trop souvent leur pouvoir persuasif parce que noyés dans un fatras de détails et d'anecdotes qui n'ont rien à voir avec le sujet. En effet, les procédés d'accumulation systématique plagiant Rabelais n'apportent strictement rien sinon une lassitude qui se transforme vite en agacement. Quel intérêt y a-t-il par exemple à noircir des pages avec des noms de sectes chrétiennes, puis les suivantes avec les noms de leurs représentants, puis d'autres encore avec le détail de toutes leurs dérives hérétiques ? Ce procédé de style peut être amusant une fois pour l'exemple mais quand ça se répète chapitre après chapitre ça devient pathologique. Les lecteurs ne sont pas tous des ilotes et ils auront vite fait d'interpréter cela comme de l'esbroufe de la part d'un vulgaire pédant. Onfray semble avoir oublié que "...ce qui se conçoit bien s'énonce clairement..." et de préférence avec concision, surtout si l'on prétend faire de la vulgarisation. Ce qui est risible, quoique navrant, c'est que Onfray reproche, à un auteur qu'il cite, sa tendance à la logorrhée; comme quoi on ne se voit jamais comme on est.
On peut donc en déduire que 200 pages auraient amplement suffi à Onfray pour transmettre son message, mais sans doute fallait-il noircir coûte que coûte les 600 pages inutiles. Onfray aurait-il des actions dans l'industrie du papier ?
Sérieusement, si un élève nous avait remis ce genre de copie il aurait eu droit à un grand trait rouge en diagonale avec la remarque : "largement hors sujet". Car quoi, ôtez nous d'un doute, le titre du livre est bien DÉCADENCE non ? Or il se trouve que cette problématique ne commence à être abordée que dans les tous derniers chapitres dont le dernier s'égare dans des billevesées de films de science-fiction. À la décharge de notre philosophe nous dirons qu'au bout de tant de pages il est normal qu'on finisse par avoir le timbre un peu fêlé ! ( p.645 l.31 il écrit carrément le contraire de ce qu'il voulait démontrer) Nous confirmons aussi ce qu'a remarqué un autre lecteur : plus on s'achemine vers la fin plus on remarque des fautes de style, de syntaxe et même d'orthographe. Certes les répétitions fastidieuses (parfois de paragraphes entiers) ont dû lui faciliter la tâche mais tout de même quelle regrettable endurance...
Au fait...appâter son lecteur avec un titre d'actualité pour lui asséner ensuite, contre son gré et par le menu, des descriptions de sabbats de sorcières, de procès d'animaux, d'anachorètes fous etc. ça s'appelle comment sinon de l'escroquerie ? Plus les chapitres défilent en nous laissant sur notre faim plus on a envie de hurler : "passons enfin au déluge" !
Non, ce que le lecteur attendait du philosophe-historien c'était une étude chronologique et minutieuse de tous les facteurs qui ont conduit notre civilisation européenne à la phase de décadence que nous subissons actuellement. Mais que fait Onfray ? enfourchant son cheval de bataille de prédilection il pourfend au gré des chapitres, avec un acharnement sénile, le judéo-christianisme triomphant, ce qui ne l'empêche pas, au passage, de fustiger le ressentiment et ce qu'il appelle les "passions tristes", preuve supplémentaire qu'il ne voit pas (ou refuse de voir) qu'il est lui même infesté de ce qu'il reproche aux autres. Sans doute existe-il, selon lui, les bons (les siens)et les mauvais ressentiments (tous les autres). Bon, il a parfaitement le droit de souhaiter le retour aux valeurs du christianisme primitif c.a.d. soumission, refus des biens matériels etc. mais dans ce cas qu'il donne l'exemple. Qu'il vide son compte en banque au profit des gilets jaunes et qu'il aille s'exiler au Bangladesh par ex. afin de répandre sa bonne parole.
Onfray avec des cris d'orfraie (l'assonance n'est pas le fruit du hasard) dénonce donc tous les abus qui ont permis à la civilisation occidentale de s'imposer aux dépens des autres, ce qui n'empêche pas, soit dit en passant, notre philosophe de profiter de tous ses avantages avec la plus parfaite hypocrisie. Dans cet effort il semble oublier (conséquence possible de ses AVC) que cette situation enviable n'est pas tombée du ciel mais qu'elle n'aurait jamais pu se réaliser sans les sacrifices et le sang versé des générations précédentes. Il oublie aussi par la même occasion que la nature impose au vivant une seule alternative : manger l'autre ou se laisser dévorer. Qu'il nous pardonne si nous avons la faiblesse de préférer la première solution ! En allant à l'encontre de cette loi il se joint aux fossoyeurs de notre société qui guettent le moment où il pourront se repaître de nos oripeaux.
Nous reprocherons aussi à notre philosophe l'ambiguïté de ses propos. Dans le chapitre consacré à l'art dégénéré, par exemple, il se garde bien d'utiliser le moindre terme péjoratif afin de ne pas passer pour ringard, ou pire, pour réactionnaire. Pas étonnant de la part d'un individu se réclamant d'une gauche sociale et pacifiste et prônant une "anarchie positive". On redoute ce qui peut bien se cacher sous le vêtement précautionneux de cette rhétorique. de même, il s'abstient de critiquer trop sévèrement l'Islam radical. le cas Rushdie l'effraie et Onfray ne voudrait pas en faire les frais. (Les assonances sont voulues et assumées)
Mais tout ceci n'est rien, ce pseudo moraliste se permet en plus de nous asséner, avec une partialité suspecte, des contre-vérités dont la fausseté à été maintes fois démystifiée. Il laisse entendre (p.587) que les bolcheviks seraient en 1918 les inventeurs des camps de concentration. Eh bien non, ce ne sont pas non plus les nazis mais les Anglais qui, en 1901, ont éradiqué par la faim et la maltraitance, rien que dans le camp de Bloemfontain, environ 2000 Boers, vieillards, femmes et enfants, dans ce qu'on peut considérer comme les premiers camps d'extermination à haut rendement. le nombre d'autochtones décimés dans des conditions analogues est évidemment difficile à évaluer car ils n'étaient pas comptabilisés comme des humains à part entière. Il serait donc temps de dénoncer le fait que les premiers clichés de "semi-cadavres décharnés" ne parviennent ni des "goulags", ni des "Konzentrationslager" mais bien d'une colonie anglaise d'Afrique du Sud.
Page 638 il récidive. En réponse à ceux qui dénoncent les «crimes de guerre des alliés» commis à la fin de la dernière guerre, il écrit : "j'ignorais que dans les pays alliés il y eût des chambres à gaz" et, comme notre homme n'en est pas à une contradiction près, il qualifie p.808 Hiroshima et Nagasaki de "crime de masse sciemment perpétré". Sur sa lancée et dans cet esprit, il aurait également pu citer Dresde, autre abomination dont Churchill (qui pourtant n'était pas un tendre) a refusé d'assumer la responsabilité. Sans oublier - sujet encore tabou- le total anéantissement du Havre par les mêmes acteurs. Rappelons que nos "libérateurs" avaient refusé que la population soit évacuée. Bilan certainement sous estimé : 2000 civils français de tous âges carbonisés par les bombes à phosphore. Les victimes auraient-elles préféré être rôties plutôt que d'inhaler le gaz des nazis ?...permettez nous d'en douter. Les Havrais attendent encore à ce jour des excuses qui ne viendront jamais car, nous Français, étions considérés comme des lâches, sinon comme des collaborateurs. Ceci pour dire qu'il est à la fois cynique et indécent de prétendre qu'il existe des variables quand il s'agit d'horreur absolue.
Avant de prétendre que les"wasps" menaient une guerre propre, Onfray aurait peut-être aussi dû s'intéresser aux documents déclassifiés de la CIA, notamment au programme MK-Ultra qui poursuivait, sur des milliers d'Américains internés dans des asiles et des prisons ainsi qu'au Nicaragua, les expériences inhumaines entamées à Auschwitz-Birkenau et ailleurs. Pour ce faire les USA avaient exfiltré (sans le moindre état d'âme et en violation éhontée du code de Nuremberg) des centaines de criminels de guerre au moyen de l'opération "Paperclip". MK-Ultra était dirigé (ce qui est un comble) par le juif Sidney Gottlieb surnommé "le sorcier de la boutique des horreurs ", lequel avait en plus fait appel au psychiatre Ewen Cameron réputé pervers et sans scrupules. Il aura fallu attendre 1995 pour que les USA, en la personne de Bill Clinton, prononcent enfin des excuses publiques et indemnisent les survivants, mais les tortionnaires ne seront pas inquiétés. Enfin est-il nécessaire de rappeler, après le génocide total des Amérindiens, les crimes contre l'humanité perpétrés en toute impunité au Japon, en Corée, au Vietnam, en Irak etc. ?
En se ralliant opportunément à la doxa des vainqueurs et à leur "prêt à penser" politiquement correct, puis, en injectant tout et son contraire dans sa prose, (procédé qu'il reproche pourtant aux religions du livre) Onfray parvient à égarer les censeurs et s'assurer, par ce biais, les invitations des médias qui lui garantissent le meilleur volume de vente de ses livres. de même le lecteur attentif aura pu remarquer que ce sermonneur distille dans chaque chapitre, un petit couplet sur le sort funeste réservé aux juifs au cours des siècles, sans toutefois (ce qui pourtant devrait être un réflexe déontologique ) se risquer à proposer des hypothèses quant à cette détestation quasi universelle remontant à l'antiquité. Nous n'affirmerons pas qu'il avait intérêt à caresser dans le sens du poil ceux qui contrôlent largement les médias, mais nous avouerons que l'idée nous avait effleurés...
Lorsque Onfray aborde enfin la problématique annoncée en couverture, il endosse sans complexe le rôle de Cassandre (le physique en moins). En bon défaitiste, il se prend à vaticiner avec une sorte de jubilation morbide énumérant tous les malheurs qui vont s'abattre sur l'Europe. En effet il ne nous suggère nullement de lutter contre notre décadence, bien au contraire, il s'y complaît, nous dirons même qu'il s'y vautre, sinon comment interpréter autrement la dernière phrase de la p.757 : "Le bateau coule, il nous reste à sombrer avec élégance". Sans doute que pour Onfray "élégance" est synonyme de lâcheté extrême. Pourtant il écrit p.241 et 670 qu'une civilisation ne se crée et se maintient que par le glaive, mais nous avons déjà vu qu'il n'en est pas à une contradiction près.
le régime de Vichy lui aussi s'est soumis avec les conséquences que nous savons. Au risque de choquer les mous, les indécis, bref tout le peuple des esclaves-nés, nous affirmons que nous préfèrerions de loin une nouvelle St Barthélemy, car pour un homme digne de ce nom la mort est de loin préférable à l'infamie de la soumission.
NON, la déchéance actuelle de l'Europe n'est nullement le résultat d'un quelconque déterminisme implacable et inéluctable mais bien la conséquence de la rivalité aveugle, stupide et criminelle des états dominants qui a abouti au suicide collectif de nos sociétés au moyen de 2 guerres mondiales fratricides . Non contentes de nous avoir saignés à blanc, ces calamités nous font douter maintenant jusqu'à notre droit à l'existence suite à l'émergence d'une politique d'auto-flagellation destinée à culpabiliser collectivement les consciences. Pour nous convaincre de l'imminence de l'apocalypse censée nous exclure de l'histoire en marche, Onfray prend pour exemple l'effondrement de diverses civilisations, phénomènes qui seraient, selon lui, une loi naturelle à laquelle on ne saurait se soustraire. C'est archi-faux ! car il existe au moins un contre-exemple on ne peut plus édifiant : celui d'un peuple, qui bien que dispersé aux 4 coins du mode, a su préserver pendant plus de 2 millénaires sa culture, ses croyances, son mode de vie, tout en résistant énergiquement au métissage. Certes, cette intransigeance farouche lui a valu bien des déboires, mais il est à l'heure actuelle plus fort et vivace que jamais. Alors, pourquoi ne suivrions nous pas cet exemple ?
A.M.
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   06 mars 2017
Il entrevoit la fin inexorable de la civilisation judéo-chrétienne: «Le bateau coule; il nous reste à sombrer avec élégance.»
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Bibliobs   16 janvier 2017
On l'aura compris, il y a ici de quoi alimenter la machine à polémiques qu'Onfray dit déplorer tout en les suscitant. Car si le menu proposé est riche, l'érudition, palpable, des champignons non comestibles parsèment la table du buffet.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
FredMartineauFredMartineau   26 février 2017
Nous entrons dans les derniers temps des civilisations territorialisées. Chacune des grandes civilisations passées entrait dans une carte de géographie qui délimitait de manière visible ses territoires, sa zone,son espace, son sol. Une civilisation a toujours des frontières. Les empires étaient adossés à des terres qui ne relevaient pas du domaine impérial. Le plus grand des empires jamais réalisé n'a jamais été plus grand que les terres qui ne lui étaient pas soumises.....Quand les cathédrales européennes seront devenues des ruines semblables à celles de Palmyre ou de Pétra, la civilisation islamique aura elle aussi un jour affaire à d'autres civilisations aux démographies puissantes : parmi les plus structurées et les moins chaotiques à ce jour, la Chine confucéenne, l'Inde hindouiste. Mais qui sait le temps venu où la puissance aura été la plus puissante ? Avec cette hypothèse, nous entrons à nouveau dans le règne des longues durées. Il serait ridicule et vain de chiffrer le temps nécessaire à la disparition des civilisations territorialisées pour envisager chronologiquement le temps de l'avènement de la civilisation déterritorialisée. Mais elle adviendra.
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AlixoneAlixone   17 janvier 2017
Cette religion virile, guerrière, conquérante, puissante, forte de ses soldats prêts à mourir pour elle, entre dans le concert des civilisations qui se proposent de régner de manière impériale, universelle, planétaire. Ni le bouddhisme, ni l’hindouisme, ni le confucianisme, ni le judaïsme, au contraire du christianisme et de l’islam, ne proposent de convertir la totalité de l’humanité. Ces deux forces, qui sont deux spiritualités, deux civilisations, deux cultures, existent en s’opposant. L’Empire chrétien s’était étendu rapidement à partir de la conversion de Constantin. Il va devoir désormais compter avec ce frère ennemi pour plus de mille ans. Le Christ et Mahomet, le Christ ou Mahomet, Mahomet ou le Christ ? L’Occident prend forme avec cette nouvelle donne. L’étoile de David, la croix du Christ, le croissant de l’islam figurent des forces en quête de formes, chaque forme supposant qu’une force en finisse avec une autre. À cette époque, le christianisme et l’islam veulent les mêmes terres, puisqu’ils aspirent tous les deux au même empire universel : sous la bannière de saint Paul, les partisans de la Croix veulent christianiser la planète, au détriment de l’islam ; sous l’étendard de Mahomet, les fidèles du Croissant aspirent à islamiser la terre entière, au préjudice de la chrétienté. Choc des civilisations assuré…
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Antoin47Antoin47   17 janvier 2017
La philosophie comme mode d’existence meurt dans les salles de ces universités médiévales où l’on parle, où l’on discute, où l’on confère, où l’on débat, où l’on dispute, où l’on expose, où l’on devise, où l’on cause, où l’on disserte, où l’on discourt, le tout dans un maelström de mots réservés à des spécialistes qui constituent un langage à part que ne peuvent pratiquer que les gens du sérail. Il est aboli, le temps où Socrate parlait sur l’agora à des tisserands, des foulons, des potiers, des charpentiers, des marchands de poisson ; les philosophes du Moyen Âge parlent de manière incestueuse à leurs semblables : des bacheliers, des enseignants, des professeurs, des étudiants. La philosophie existentielle était ouverte sur les autres et sur le monde ; la pensée scolastique est fermée sur autrui, concentrée sur le même, et aveugle au monde, tout à son petit monde de fictions conceptuelles qu’elle estime plus vrai que le monde réel.
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FortunaFortuna   06 novembre 2018
La révolution bolchevique qui devait apporter la liberté, la fin de l'esclavage et de la servitude, la prospérité, le bonheur de l'humanité, le règne de la justice, l'homme nouveau, une société débarrassée de ses contradictions, la fraternité universelle, a apporté exactement le contraire : la tyrannie, la servitude généralisée, la famine, la guerre civile, les camps de concentration, le Goulag, la déportation, les pleins pouvoirs du caprice et de l'arbitraire révolutionnaire, le triomphe de ce qu'il y a de plus primitif en l'homme, une société policière, la haine généralisée.
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FortunaFortuna   29 octobre 2018
Ce qui advient quand s'effondre l'étoile dont tout n'est que poussière d'icelle est puissance. Je nomme puissance cette force aveugle qui n'obéit qu'à ce plan ignoré et qui n'est pas divin mais cosmique, qui nous conduit de l'être au non-être. Car ce qui est vivant meurt : une étoile et une galaxie, un univers et une espèce. Tout obéit aveuglément et inéluctablement à ce schéma : naître, être, croître, culminer, décroître, disparaître. Les civilisations sont elles-mêmes soumises à ce processus qui affecte tout ce qui est vivant et se trouve dans un temps et dans un espace. Je nomme décadence ce qui advient après la pleine puissance et qui conduit vers la fin de cette même puissance.
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Videos de Michel Onfray (194) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Onfray
Michel Onfray, entretien avec Sylvie Hazebroucq le 16 avril 2019 à l'Auditorium de Bordeaux autour de son livre "La danse des simulacres : une philosophie du goût" aux éditions Robert Laffont.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2311079/michel-onfray-la-danse-des-simulacres-une-philosophie-du-gout
Note de musique : Free Musique Archive
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