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ISBN : 2081290367
Éditeur : Flammarion (18/03/2015)

Note moyenne : 3.5/5 (sur 111 notes)
Résumé :
Qu’est-ce qui réunit la mort d’un père sous un ciel sans étoiles, un jardin d’enfance, l’enfouissement d’un spéléologue, les fragrances d’un champagne de 1921, le hérisson des tziganes, la coquille d’un mollusque, l’anguille des Sargasses, un ver parasite, le vin biodynamique, la poésie des peuples sans écriture, un masque africain, des haricots sauteurs, des acacias qui communiquent, un philosophe zoophile, des végétariens exploiteurs de poules, des porcs en batter... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
ninosairosse
30 janvier 2017
Tels Sept coquillages,
Pour Sept leçons de vie,
Sur Sept cents pages,
Répétera Ontologie....
L'Ontologie, dans son sens le plus général,
s'interroge sur le mot "être", question inaugurale...
Je ne connaissais pas cette définition singulière,
pensais déontologie était son pluriel !
une croyance toute professionnelle,
honte au logis, je reprends un vers.
Cosmos, sur mon île déserte, j'en ferai mon bréviaire,
Religions monothéistes, j'abandonne vos prières.
Ni une , ni dieux, Païens, Plus d'oeufs
Et tout le monde sera heureux...
Oui à cet enseignement PharAstronomique
Puis..... HONTE aux Logiques !!!!

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Moovanse
15 juillet 2015
(Désolée pour les gens qui avaient lu cette critique hier, une fausse manip et hop, pftt, au lieu d'envoyer un commentaire j'ai supprimé la chronique .... y'a que les blondes qui peuvent faire des trucs pareils !!!)

Passionnant, fourmillant, dérangeant, contrariant, suffisant, foisonnant, croustillant ....
ÉTOURDISSANT !
J'arrive au bout de ma lecture avec tous ces adjectifs en tête, tant les sujets abordés sont variés, passés au peigne fin, dépecés, décortiqués, argumentés.
J'y arrive, un tantinet bousculée, avec en bout de course une myriade de pensées, quelques remises en cause, quelques grognements, indignations, parfois quelques silences, un peu plus "érudite" (j'avoue), mais surtout amplement confortée dans ce qui me constitue au plus profond : ce sentiment viscéral de n'être qu'un tout petit élément d'une Nature qui me fascine et dont je suis consciente de procéder.
Vastitude du Cosmos !
Projection immédiate d'étoiles, d'infini, de noirceur lumineuse, d'un immense percé d'amas de poussières, d'atomes, de gaz, grandiose encore secret, gardant jalousement sa part de mystère, objet des fantasmes les plus fous quant à notre origine, divine ou simplement matérielle ?
Vastitude du Cosmos ! Dithyrambie d'Onfray !
Celui-ci, sur plus de 500 pages va s'en donner à coeur joie ...
Ce livre se veut être une philosophie de la Nature, valse du temps perdu ou du temps autrement, apologie de la Vie et de son expansion, Vie, dans ce qu'elle a de plus simple, de brutal et d'inéluctable, Vie, dans ce qu'elle a de sublime et de majestueux.
"Cosmos" est pour moi, avant toutes autres choses, un magistral "retour aux sources", un formidable plaidoyer pour les animaux (dont nous sommes), une critique acerbe de notre monde actuel, de plus en plus virtuel, artificiel et mortifère, monde fantôme déraciné et déconnecté du vivant et de ses origines. J'applaudis !
"Cosmos", tel un univers infini, "grouille" de tout !
De la verve et de la fièvre de son auteur, de l'ardeur déployée à défendre et étayer les thèses qui lui sont chères (paganisme, hédonisme, nihilisme, virgilien, nietzschéen, .... c'est là qu'on prend le dico !), de sa curiosité sans limite, de ses rencontres enrichissantes (le spéléologue Michel Siffre, le botaniste Jean-Marie Pelt ...), de la multiplicité des sujets qu'il évoque (le vin et sa biographie aux champagnes, les tziganes, les plantes, les anguilles, la biodynamie, le végétarisme, les Haïkus, l'art africain pillé, le Land Art...).
Véritable feu d'artifice, Onfray, égal à lui-même, théâtral et cinglant, brûle, enflamme, questionne, soulève, pourfend, hait, aime ... c'est "une quinquette de cuivres rutilante et acide" qui fustige l'"Occident effondré" , les religions monothéistes, la tauromachie, met en exergue notre cruauté envers les animaux, et au passage égratigne les uns (Freud, Michel Lieris, Steiner ...) et encense les autres ( Montaigne, Bachelard, Lucrèce ...).
J'ai été particulièrement soufflée par son chapitre sur "L'animal" qui non seulement nous ramène à notre juste place mais aussi et surtout nous montre à quel point nous pouvons être négligents et inconscients VOLONTAIRES : Quel prix à payer et que de souffrance bien trop souvent gratuite et illégitime pour la simple satisfaction de nos papilles, pour nos amusements douteux (combats de coqs, sacrifices d'arènes, cirques, zoos ...), pour une pharmacopée "magique" illusoire (testicules de, cornes de, aileron de ...). J'en passe et des meilleures ... et vous invite à lire sa description du marché de Pointe-Noire au Congo (p295 et suivantes) qui vaut son pesant d'inconfort et de réflexions.
Pour ce chapitre là, Mr Onfray, moi je vous aime !
"Cosmos" c'est aussi une émotion, celle douce, pudique et très personnelle de l'évocation d'un père et d'une compagne disparus. C'est au début du livre, l'histoire d'une Etoile éteinte dans ses bras, un soir de ciel couvert, disparition paternelle, presque "cosmique" dans le retour aux origines, à la simplicité et à la sagesse qu'elle induira.
Onfray, surprenant, touchant, intime, dans ses "années de mémoire blessée", ses deuils rapprochés, ses "traces de printemps qui n'auront pas lieu et d'hiver sur toute l'année", sa solitude qui vous rapproche des absents et qui finissent, en héritage, par donner un sens digne à la vie qui malgré tout continue ...
On aimera ou on n'aimera pas ce livre.
C'est respectable, mais il faut bien se concentrer sur son contenu et non se faire une opinion uniquement sur un nom !
Je ne partage pas l'ensemble du tableau, il y a sans doute parfois quelques excès et quelques longueurs, mais j'avoue me complaire dans cette philosophie exaltée qui touche, goûte, sent, respire, cherche la quintessence en toutes choses et en tout Être.
Pinceau virevoltant, où la Nature a les couleurs les plus vives,
"Cosmos" reste pour moi un fourmillement de vie,
un "jardin de l'âme",
un fragment de Nature oubliée.
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Kittiwake
10 mai 2015
C'est sans doute une bonne manière de faire connaissance avec l'auteur. Connaissance assez intime cette fois, puisqu'il nous confie des blessures personnelles, des souvenirs nostalgiques mais positifs par leur caractère fondateurs. C'est aussi un hommage émouvant à son père, simple ouvrir agricole, mais transmetteur d'une sagesse admirable.
Cependant Cosmos n'est pas uniquement une autobiographie, c'est aussi l'occasion de revenir sur des thèmes chers à Michel Onfray, qui égratigne voire lacère la corrida (cela dit, n'y aurait-il pas dans ce chapitre un recours au sophisme dans sa plus mauvaise utilisation : cinq personnalités aiment la corrida ils étaient de leur propre aveu impuissants, tous les pervers qui aiment la corrida sont impuissants? Et ce n'est pas pour prendre leur défense : je hais la corrida). Il règle le compte de la fiction d'un messie qui n'a existé que par la volonté de soumettre les peuples en un délire auquel ne croirait aucun enfant de plus de sept ans, il regrette la perte des références à la nature, aux saisons, au ciel (celui des étoiles pas celui du patriarche qui fait le compte de nos péchés). Fustigé également le chantre de la biodynamie, une sorte d'homéopathe de l'agriculture.

L'on y trouve par ailleurs un éloge de la vie des tsiganes (avant qu'eux même perdent leur âme bien aidé par les progrès (?) technologiques.
L'auteur nous livre aussi sa prise de position face au végétarisme, croyant mais non pratiquant, refusant en tout cas les positions extrême et non viables du végétalisme, voire des vegans (qui renoncent même à utiliser tout ce qui a un rapport quelconque avec les animaux, seuls les Jaïns les surpassent, en promenant devant eux un balai pour éviter de marcher sur des êtres vivants tout petits et donc invisibles).
Bien d'autres thèmes sont abordés : l'art, musique ou peinture, le deuil, oenologie, en y apportant le regard de l'hédonisme, dans une cohérence irréprochable si l'on se réfère à la définition de cette philosophie : « il n'y a pas d'hédonisme sans discipline personnelle, sans ascèse, sans connaissance de soi, du monde et des autres. Les fondations directes d'une philosophie hédoniste sont la curiosité et le goût pour l'existence d'une part, et d'autre part l'autonomie de pensée (et non la croyance), le savoir et l'expérience du réel (au lieu de la foi). La pensée hédoniste a été fermement combattue par les principales religions monothéistes ».

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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FredMartineau
17 juillet 2017
Il n'y a pas de différence de nature entre Michel Onfray et moi, mais une différence de degré. Nous sommes tous les deux des êtres humains. Toutefois, sur l'échelle de l'animal philosophique, il se situe en haut de la chaîne de l'espèce tandis que je gravis lentement à chaque lecture de livres de cette thématique, les degrés de la connaissance des concepts fondamentaux, des penseurs qui ont partagé leur réflexion avec la finitude des mondes qui furent les leurs au moment de la publication d'oeuvres que le recul historique replace dans un contexte matériel et spirituel facilitant la compréhension ou l'analyse critique, ou de digressions sur les questions existentielles qui préoccupent les esprits en quête d'harmonie et de sagesse.
La lecture de Décadence, le deuxième opus de sa trilogie intitulée : « Brève encyclopédie du monde » m'avait donné envie de revenir au commencement : Cosmos , un titre approprié à ma démarche et qui colle parfaitement à son propos. Ce livre ramène à la soupe cosmique faite d'éléments gazeux, de particules et autres atomes que des lois physiques naturelles ont agrégés pour former des univers chiffonnés, des planètes et plus tard, la vie puis l'humain, si l'on admet l'évolutionnisme darwinien plutôt que les fables créationnistes. La nature est le principe essentiel de notre monde. Elle est l'alpha et l'oméga, une vérité immanente que les hommes ont trop souvent transcendée et nommée Dieu.
Athée militant, il n'a de cesse de démonter les mythes des religions du livre, argumentant de la construction patristique d'un récit biblique reprenant les légendes et contes païens ou panthéistes qui précédèrent le christianisme. Et de citer l'épopée de Gilgamesh, les cultes mazdéens, de Mithra et plus généralement lucifuges dont provient la majeure partie des pratiques chrétiennes ou encore les ouvrages d'historiens pointant les incohérences, les erreurs et les collages issus des conciles de Nicée.
Selon Michel Onfray, ces livres ont coupé l'homme du réel, des sapiences ancestrales acquises au contact de la nature, à l'observation de ses cycles, des manifestations de la puissance cosmique et à leurs interprétations ; ils ont conditionné notre rapport au monde, aux animaux et ont bridé la pensée humaine pendant des siècles.
Mais, l'auteur nous parle aussi du temps enfermé dans le cadran horaire des hommes tandis que sa réalité circadienne bouleversée parce que soumise à des expériences de rupture, comme celles du spéléologue isolé au fond d'un gouffre, qui illustrent son propos amène à ressentir et à concevoir le temps autrement : une part du vivant ! Les Tziganes et leur mode de vie participent de sa perspective temporelle.
Les anguilles et leur schéma de perpétuation de l'espèce entrainent le lecteur aux Sargasses, le long d'un périple tendant à montrer que la pulsion de vie exerce son pouvoir contingent au-delà du bien et du mal. Et ce n'est pas le ver nématode et sa marionnette le grillon qui dira le contraire.
Un chapitre est consacré aux animaux, nos "alter ego dissemblables". Michel ONFRAY les aime et voudrait que l'homme cesse de les faire souffrir inutilement. Son bestiaire nous promène de l'impasse théorique du véganisme à notre rapport à eux, du ressenti de leur douleur à la tauromachie et à son absolu et injustifiable sadisme, de l'absurdité anthroposophique de Rudolf Steiner à la justification de la zoophilie par Peter Stinger, du spécisme à l'antispécisme en passant par la pensée de Descartes ou de Bentham.
Celui sur le Cosmos n'est pas en reste de références passionnantes, surprenantes, polémiques.
Par contre, j'ai moins accroché sur le dernier qui aborde l'art et le sublime, même si j'ai découvert l'essence spirituelle rattachée au haïku, cette poésie d'origine japonaise dont j'ignorais cette profondeur.
Il conclura en regrettant la brièveté de l'ouvrage et les nombreuses absences de pensées philosophiques, qui auraient mérité de passer à la moulinette de ses érudites circonvolutions autour de l'épistémé judéo-chrétienne.
Je ne partage pas tout ce qu'il défend et peu m'importe que Jésus ait existé ou pas, je ne suis pas d'accord avec sa conviction que rien d'autre n'anime le cosmos que ses lois matérielles et naturelles. Bien sûr, je ne peux prouver de manière scientifique la réalité d'une force supérieure transcendante, Dieu comme l'appellent les hommes ou quelque chose que je ne comprend pas et ne sais définir. Je n'ai que cette sensation qui m'habite et que certains évènements de ma vie ont confortée. Pour autant, la lecture de Cosmos m'a procuré énormément de plaisir. Le néophyte philosophe que je suis a dû sortir son dictionnaire plus d'une fois. J'ai eu l'impression d'apprendre et de cela, je ne me lasse jamais. Il m'a fait interroger mon rapport à de nombreux sujets et parmi la liste de livres de la biographie qui "ramènent au monde", certains vont rejoindre ma table de chevet. Il m'a donné envie de creuser et je l'en remercie…
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Rodin_Marcel
07 avril 2016
Onfray Michel – "Cosmos : une ontologie matérialiste" – Flammarion, 2015 (ISBN 978-2-0812-9036-5) – format 24x16cm, 570p.

Que la lecture de cet exécrable ouvrage m'aura exaspéré !
Tout lecteur normalement constitué achetant un ouvrage écrit par quelqu'un qui se prétend philosophe s'attend à bénéficier d'un texte suscitant des interrogations fondamentales sur tels ou tels points, puisque – comme nous l'ont abondamment répété nos "maîtres" de toute obédience (d'accord au moins sur ce point), faire de la philosophie consiste avant toute chose à apprendre à poser des questions, et finalement peu importe les réponses, souvent fragmentaires. Rien de tel ici, si ce n'est que la lecture de cet indigeste brouet amène le lecteur à se poser des questions... sur l'auteur de ladite bouillie.

Première question qui s'impose : peut-on se targuer d'être philosophe en étant à ce point narcissique, nombriliste, content de soi, lorsque l'on use et abuse d'une telle autosatisfaction ? Passons sur le fait que l'auteur se cite lui-même abondamment, après tout, il aurait déjà pondu plus de quatre-vingt livres (!!!), mais comment ne pas être révulsé par ces abondantes digressions sentencieuses sur le bon petit garçon si-tant-plein-intelligent qu'il fut, sur ces si bons amis qui lui organisent des dégustations vineuses (oups : oenologiques, pour ces gens-là) sur mesure (qu'il nous relate avec une complaisance écoeurante) sur ses si-tant-plein sagaces observations d'une pseudo nature archi-naturelle ?
L'auteur atteint un sommet d'ignominie lorsqu'il mobilise pour s'auto-encenser une fois de plus (p. 421), la longue et fatale maladie de sa compagne, dont le long calvaire lui a permis de découvrir les haïkus : quel cuistrerie !
Sans oublier l'historiette (pp. 384-385) du grand intellectuel faisant l'éloge d'un vin prestigieux qu'il n'avait en fait jamais goûté, mais qu'il eut ainsi l'occasion de déguster (s'agirait-il de l'auteur du livre lui-même ? ça se pourrait bien).
Sans oublier non plus sa "sublime" découverte du sublime (pp. 417-423) qui atteint effectivement à de sublimes sommets de l'autosatisfaction la plus crasse. le tout culminant avec l'hypocrite satisfaction de la découverte du tableau miraculeux et de la peinture d'Arcimboldo (pp. 459-474) qui nous vaut ces deux phrases d'un snobisme insondable
"J'ai acheté cette toile, bien que je ne sois pas acheteur d'objets d'art – sauf quelques pièces d'art africain" (p. 460)
culminant avec
"Depuis que j'ai acheté cette peinture, je la regarde moins qu'elle ne me regarde" - ben voyons !

Deuxième question : peut-on vraiment philosopher en babillant, en bavassant, en étant victime d'une véritable logorrhée verbale ? A l'évidence, la lecture de ce piètre ouvrage fournit une réponse définitivement négative. Signalons au passage une caractéristique fort drôle : l'auteur nous dit et redit à plusieurs reprises combien il apprécie les gens... qui se taisent (à commencer par le taiseux que fut son propre père) !
Ce bavardage inflationniste amène Onfray à soutenir ses assertions catégoriques en mélangeant tout et n'importe quoi, n'importe comment : les acacias se voient ainsi attribuer "plus d'intelligence collective et communautaire" que la secte nationale-socialiste d'Adolf Hitler (p. 149).
Pire encore : l'auteur mobilise plus de quinze pages de sa sagace plume (pp. 189-205) pour – apparemment – convaincre son lecteur de la sottise des thèses de Rudolf Steiner : un paragraphe suffit en règle générale, mais il s'agit surtout de nous bassiner une fois de plus avec ses dégustations de crus prestigieux, tout en se donnant l'air d'avoir l'air. Ceci nous vaut une autre démonstration parmi les plus drôles de cet ennuyeux pensum, car l'auteur reproche très exactement à sa victime tous les défauts qu'il pratique lui-même abondamment dans ce livre. Passons.
Un peu plus loin, il remet ça (pp. 277-305) avec les théories fumeuses d'un Peter Singer, promoteur et défenseur des amours zoophiles, puis avec la condamnation des corridas (pp. 306-325) : presque une cinquantaine de pages pour des paragraphes fumeux, là où dix lignes suffisaient amplement.

Troisième question : est-ce que la pensée philosophique peut s'exercer en vitupérant, en éructant, en injuriant les pôvres gens porteurs d'opinions différentes ? Que penser de l'anathème jeté globalement sur l'ethnologie parce que Griaule et Leiris se comportèrent – indéniablement – en salauds lors de leurs expéditions-razzias africaines (ce que tous les intéressés savent depuis vilaine lurette est longuement rappelé pp. 212-225), si ce n'est que ces deux là ne résument pas à eux seuls toute l'ethnologie (me voilà contraint de défendre une discipline dont je ne pense pourtant pas grand chose de bon) ?
Faut-il évoquer les vociférations permanentes que l'auteur se croit obligé d'utiliser dès qu'il évoque (très, très, mais alors vraiment très souvent, à un point que ça en devient louche) ce qu'il appelle "la religion judéo-chrétienne" : il profère à chaque fois de telles âneries que même un non-croyant ne peut que s'insurger contre ce déluge d'inexactitudes, d'amalgames idiots, de sottises sans nombre.
Entre autres choses, Onfray nous refait le coup du curé Jean Meslier (p. 271-276), l'une des stars des années post-soixante-huitardes, et le coup du "Contre Celse" qui n'est qu'un des écrits mineurs d'Origène (fondateur de l'exégèse, ce qu'Onfray se garde bien de mettre en avant). Une fois de plus, l'auteur nous livre de lui-même une image involontairement fort drôle (p. 350) en nous narrant comment il découvrit par hasard (!!!), à l'aide d'une paire de jumelles (que d'audace !), que le sommet du clocher de l'église de "son" village (sic) était orné de quatre sculptures... représentant tout bonnement les symboles des quatre évangélistes : on voit par là (ce que confirment les lacunes de son inénarrable bibliographie figurant en fin de volume) qu'il ignore tout du "Pape des escargots" de Henri Vincenot, livre réellement drôle et bien écrit sur le sujet, et autrement mieux fondé que les sempiternelles et lassantes invectives à la Onfray (qui aurait ainsi pu s'épargner de barbouiller les pages 349 à 371).

Et d'ailleurs, comme l'auteur nous l'affirme dès la p. 79 : "pourquoi apprendre à lire et à écrire puisque la lecture et l'écriture nous éloignent du monde véritable ?" C'était tellement mieux pendant la préhistoire... et avant l'électricité (p. 382-387). Car Onfray nous refait le coup (entre autres innombrables exemples, voir p. 206, 265 pour y revenir pp. 480-482) de l'homme primitif qui vivait tellement mieux puisqu'il était en plein accord avec la belle, grande et doulce Nature (de natura rerum, n'est-ce pas ? pp. 399 et seq).

Deux hypothèses pour tenter de comprendre comment peut s'écrire et se vendre un tel compendium d'âneries, hypothèses qui, loin de s'exclure, peuvent se compléter :
- l'auteur est influencé, pétri, modelé par cette pseudo culture du bavardage cultureux auquel il participe abondamment en se répandant sur les plateaux de télévision à la "Arte", devant les micros à la "France-Culture", en commettant en moyenne deux à trois "ouvrages" par an
- l'auteur est en train de devenir un gourou, lançant des anathèmes à pleines poignées, tout en fournissant (pp. 514-515, en conclusion !) une flopée de slogans dignes de figurer sur des boîtes de confiseries chimiques ou en tête de brochures sectaires servant à recruter des "fidèles"...

Et ce n'est pas fini, l'auteur nous annonce tout plein d'autres volumes du même tonneau : à quand l'inauguration de sa propre statue par lui-même ?
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Les critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec01 juin 2015
Se plonger dans Cosmos, (...) c’est accepter de se laisser guider dans des dédales peu fréquentés où le plaisir de la découverte, l’audace et l’émerveillement seront au rendez-vous à coup sûr.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Liberation07 avril 2015
Michel Onfray redéfinit une éthique matérialiste et athée, et opère un retour vibrant à la nature.
Lire la critique sur le site : Liberation
Bibliobs23 mars 2015
Le philosophe invite son lecteur à ne pas perdre le nord en renouant avec la nature oubliée, son rythme, son bon sens.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations & extraits (148) Voir plus Ajouter une citation
FredMartineauFredMartineau17 juillet 2017
Les trois livres du Dieu unique proposent en effet de livrer la vérité du monde dans un discours qui éloigne du monde et en fait l'économie : pour les thuriféraires du Dieu-un, la vérité du monde est moins dans le monde que dans le livre qui le dit. On questionne moins le réel qu'on n'interroge le livre, à savoir celui prétend enseigner comment il faut le lire
- rabbin, prêtre, imam.
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ninosairosseninosairosse18 janvier 2017
La mort de quelqu'un qu'on aime [...] La philosophie semble sur ce sujet bien pauvre en consolations véritablement efficaces. [...] Certes, on peut trouver ici ou là des idées utiles, mais aucune ne permet efficacement de recouvrer tout de suite la station debout quand on a mis un genou en terre. Sauf...
Sauf si l'on part du principe que le mort est un héritage, que le disparu a légué ce qu'il fut et que, quand on a eu la chance d'avoir eu un père et une compagne ayant confiné à la sainteté laïque par leur bonté, il nous reste à leur rendre le seul hommage qui soit : vivre selon leurs principes, être conforme à ce qui faisait d'eux des personnes aimées, ne pas laisser mourir leur puissance d'exister dans leur générosité d'être en la reprenant comme on relève un étendard tombé au sol après un combat, agir sous leur regard inexistant et leur rester fidèle en incarnant leurs vertus, en épousant leur art de produire de la douceur.

P31
+ Lire la suite
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ninosairosseninosairosse09 février 2017
Le temps n'existe pas sans accélérations ni ralentissements. Son flux n'est pas fluide, ni son écoulement celui d'un fleuve tranquille. Sa logique n'est pas celle du sablier avec son filet de sable qui tombe d'une ampoule dans l'autre avec régularité, sans à-coups. La vitesse est inséparable de son développement. Plus ou moins de vitesse, des variations de vitesses : stagnation, immobilité, surplace, infime mouvement, léger déplacement, petite mobilité, imperceptible évolution, indicible mutation, vrai bougé, passage d'un point à l'autre, d'un moment à l'autre, authentique passage, vraie translation, changement net, véritable mutation, transition visible, indubitable métamorphose, accélération soudaine, amplification vaste, vitesse incontestable, précipitation notable, vélocité substantielle, solide célérité, ces variations de puissance dans le mouvement du temps semblent la loi du genre : de la naissance à la mort en passant par la croissance, la maturité, la plénitude, l'acmé, la décroissance, le vieillissement, la décrépitude, la sénescence, l'agonie, le trépas, ce qui vaut pour un homme convient aussi pour une civilisation, ce qui conduit l'abeille mène également le volcan.

p144
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ninosairosseninosairosse25 février 2017
Avec les étoiles, mon père m'enseignait le temps et la durée; avec les anguilles, l'espace et les migrations. La clarté de l'étoile polaire inscrivait ma vie d'enfant dans les durées de l'infini ; les ondulations de l'anguille dans celles d'une planète où tout est en relation de bonne intelligence naturelle. La voûte étoilée au-dessus de mon village et le clapotis de l'eau de la rivière qui grouillait d'une vie préhistorique, voilà qui me permettait d'entrer dans un monde vivant- et de m'y installer durablement. L'enfant que je fus est le père de l'adulte que je suis; et mon père, le père de cet enfant. La Grande Ourse et la petite anguille conduisent plus sûrement une âme en train de se faire vers les ontologies utiles que les livres qui, bien plus tard, les en détournent. Je ne savais pas à quel point ces leçons de choses imprégneraient ma matière grise.

P206
+ Lire la suite
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ninosairosseninosairosse01 mars 2017
Les anguilles que je voyais dans la Dives, à Chambois, les mêmes que celles de la tapisserie de Bayeux qui raconte la geste de Guillaume le Conquérant, venaient donc de la mer des Sargasses, à six mille kilomètres de mon village d'enfance. Et elles se préparaient à y retourner pour s'y accoupler, pondre et mourir. Cette mer qui n'est entourée d'aucun continent se trouve dans l'Atlantique Nord; elle dispose d'une abondante végétation en surface qui empêche les bateaux d'avancer et raréfie la chlorophylle, ce qui en fait un lieu idéal pour cette espèce luciphuge qu'est l'anguille; elle se trouve non loin du mythique triangle des Bermudes dont une légende veut que nombre de bateaux y aient disparu sans laisser de trace. Dans vingt Mille Lieues sous les mers, Jules Verne rapporte que cette étrange verdure qui abrite les amours sombres des anguilles proviendrait de la végétation arrachée aux prairies de la défunte Atlantide - le lieu dans lequel Blaise Cendrars voulait qu'on jette son corps mort.

p207
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