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EAN : 9782889441396
Éditeur : Slatkine et Cie (10/09/2020)
3.96/5   78 notes
Résumé :
Roukiata est née au Burkina-Faso. De sa plume, légère et nostalgique, elle raconte avec tendresse et humour ses années d’enfance, son pays, ses écrasantes sécheresses et ses pluies diluviennes, la chaleur de ses habitants, la corruption et la misère. Elle raconte sa famille, sa fratrie, ses parents, l’injustice qui les frappe avec l’arrestation de son père. Mais, surtout, elle raconte sa mère. Cette femme, grande et belle, un « roc » restée seule pour élever ses sep... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
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Bookycooky
  08 décembre 2020
Roukiata Ouedraogo raconte avec beaucoup de tendresse une enfance africaine, la sienne au Burkina Faso. Des souvenirs trés personnels, émouvants et sincères qu'elle se remémore alors qu'elle est déjà en France et s'apprête à passer sa journée en tant que marraine de la Journée Internationale de la Francophonie. Un voyage initié à Fada N'Gourma, alors qu'elle n'a que neuf mois juchée sur le dos de sa mère, une belle femme forte et intelligente qui va affronter des situations de difficultés extrêmes avec sept enfants, face à l'absence forcée du père.....
Burkina Faso un des pays les plus pauvres et les plus corrompus d'Afrique, que nous découvrons ici à travers l'histoire tragique de la famille Sankaké. du combat de la mère pour le retour du père et pour ses enfants , l'écrivaine en allège le mélo en y insérant tendresse et humour, suscités par moult détails et événements d'un pays socialement et économiquement dans le chaos. Des vieilles voitures appelées " au revoir la France" y entament leur seconde vie , des passagers de cars, sans cartes d'identité descendent et prennent un détour à pied avant un barrage de contrôle de police et y sont recueillis après, les femmes jouent au foot en pagne durant les « Matchs des mamans », et bien sûr ces galettes délicieuses que confectionne la mère et les vend pour survivre.....Mais les réalités du pays font plus révolter que sourire . Une justice inexistante laissée aux bons soins de procureurs dans leurs Mercedes flambant neuves, alors que le gouvernement ne paie plus depuis des mois ses fonctionnaires, dont les policiers de prisons , qui frustrés s'en prennent aux prisonniers.....bref une vie laissée au bon soin d'un destin de fortune et de la chance.
Ouedraogo retourne aussi de temps en temps au présent, à cette fameuse Journée Internationale de la Francophonie pour jeter quelques piques inoffensives aux autorités françaises et à l'usage du « gros gros français », “-Je vous laisse aller vous sustenter.- Vous me laissez quoi ?” . Elle aime bien secouer le cocotier comme sa mère 😁, à qui d'ailleurs elle rend un bel hommage par le biais de ce très beau livre .
J'aime beaucoup la Littérature africaine, surtout celle nigérienne, qui cumule un nombre étonnant d'écrivaines et écrivains talentueux. Ce livre est ma première incursion au Burkina Faso et j'en suis ravie. Une lecture que je conseille vivement .
Et merci Bison, à vrai dire sans toi je n'aurais pas lu ce livre, et cela aurait été très dommage. Comme quoi encore un avantage de Babelio et des amis babeliotes.
« L'impératif moral est inconditionnel. »
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Ladybirdy
  08 novembre 2020
Quelle bulle de fraîcheur que ce roman. Une lecture qui m'a fait le plus grand bien. Merci à l'auteure, Roukiata Ouedrago pour ce voyage intime au coeur de l'Afrique.
La famille Sankalé est une famille africaine du Burkina-Faso, une femme, un mari et sept enfants dont la petite dernière Yasmina, collée au dos de sa mère dans une pagne. Tout va bien pour cette famille jusqu'au jour où le père est accusé d'un vol de trésorerie et envoyé en prison. Compté de ce jour, la famille ne pourra compter que sur la hargne et le courage infaillible de la mère, Djelila pour palier à la famine, aux ragots, aux regards biaisés. Jamais elle ne croira son mari fautif et jusqu'au bout elle donnera tout ce qu'elle peut pour libérer son mari et faire vivre ses sept enfants avec ses petits moyens dont la vente de galettes au miel.
Ce premier roman est de toute beauté. L'ambiance africaine y est bien transmise, les odeurs, les coutumes, l'amour des uns et des autres. Il y a beaucoup de force et de foi dans cette histoire, beaucoup de lumière aussi. J'ai raffolé de ce portrait de femme courageuse et combative puis ce portrait du père déçu des hommes qui préférera s'agenouiller au milieu de légumes, verdures et solitude loin des hommes.
Ce roman transpire de soleil africain, c'est un hymne à la vie, à la solidarité, un très beau combat de femme, de mère, racontée par une enfant haut perchée sur le dos de sa mère. Et devenue femme à son tour.
Un roman qui en cette période trouble m'a fait le plus grand bien. Ce que j'en retiendrai au-delà de tout ce que je viens de citer, c'est l'Amour. Celui qui panse, soigne, porte, libère et ouvre ses bras à l'espoir d'un monde meilleur.
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le_Bison
  02 octobre 2020
Et je suis là à allumer la radio, le genre où tu mettais 6 grosses piles dedans pour faire crachoter de la musique ou une chronique de France Inter. J'écoute cette odeur de poulet qui mijote. Des parfums de cuisine et d'enfants qui jouent dans la cour, autour d'un ballon ou d'un vieux pneu usagé. La voisine prépare des galettes au miel. Un délice, un retour en enfance. Au son des tam-tam, la nuit se profile, la lune se défile, les étoiles illuminent. Une soirée autour d'une bière chaude, des femmes en pagnes, l'ambiance africaine.
Et je suis là à tourner dans mon lit, entièrement nu, comme un ver de terre dans une assiette de piment. J'écoute l'absurdité de la vie - ou celle de l'administration burkinabè. Parfois les deux sont de concert. Mais la musique est différente. C'est celle d'une femme, celle d'une épouse, celle d'une mère qui se bat ensemble pour n'en faire qu'une et pour sortir son mari de prison, au son de l'injustice ou de l'incompétence.
Et je suis là à sentir cette force, ce parfum d'abnégation et d'arachide, ce pouvoir et cette envie dédiés aux femmes, à la mère de Roukiata qui la porte toujours sur son dos, le pagne serré, corps contre corps. La petite observe à hauteur d'hommes - ou de femmes en l'occurrence. Une histoire de femme, une histoire d'accent, une histoire de piment.
Épilogue : tandis que je finis tranquillement ma bière, dans le silence de la latérite, Roukiata revient sur un sujet sensible qui lui tient à coeur, le coeur d'une enfant, d'une fille, d'une femme, un sujet qui la touche, l'émeut, l'enrage, le drame qui bouleverse l'enfance de millions de petites filles comme elle, l'excision.
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fbalestas
  24 janvier 2021
Je ne remercierai jamais assez BookyCooky de m'avoir conseillé la lecture de "Du miel sous les galettes".
Je m'intéresse beaucoup au Burkina Fasso, où j'ai une filleule, Fatimata Ouedraougo, et ce récit m'a permis de mieux comprendre encore le sort des femmes africaines de ce beau pays.
L'autrice jongle avec deux récits : celui de la petite Roukiata, installée dans le dos de sa mère, d'où elle voit se dérouler les aventures de sa famille, d'une part, et celui de Roukiata, devenue une jeune femme, comédienne, et choisie pour être la marraine de la Journée internationale de la Francophonie.
Avec beaucoup de pudeur, d'humour et de tendresse, le premier récit met en scène sa mère, en proie aux turpitudes de la vie : son mari, fonctionnaire, toujours honnête et travailleur, est injustement accusé d'un détournement de fonds qu'il n'a jamais commis. Sa femme va se démener corps et âme pour réhabiliter son mari. Mais ce ne sera pas simple. Il lui faudra affronter la bureaucratie burkinabé, et la justice qui est loin d'être rigoureuse. Pour faire bouillir la marmite familiale - la petite Roukiata est la dernière d'une grande fratrie - la mère fabrique des galettes délicieuses, qu'elle vend aux passants qui se régalement.
De l'autre côté du récit, l'autrice dépeint avec beaucoup d'humour le balai des courtisans lors d'une manifestation parisienne, comme la Journée internationale de la Francophonie. Parviendra-t-elle tout de même à être sur la photo qui immortalise l'évènement autour de son Président ? Difficilement, parce que les places sont chères pour être bien en vue, à côté de l'homme important.
La mère aurait pu se laisser facilement décourager par les tracas imposés par la bureaucratie, mais non, elle tient bon, quoi qu'il arrive.
La fin du récit bouclera la boucle quand Roukiata apprendra qu'elle deviendra bientôt mère.
Une dernière confession pleine de pudeur nous touchera profondément, à nous autres femmes des pays occidentaux, qui luttons pour l'égalité entre les femmes et les hommes, en nous faisant toucher du doigt le chemin qui reste à parcourir du côté de l'Afrique.
On connaissait la chroniqueuse sur France Inter, on découvre ici une écrivaine, qui, en rendant hommage à sa mère, rend ici un bel hommage à toutes les femmes africaines, qui tiennent bon dans l'adversité, pour leur famille.
Un très beau récit à mettre entre toutes les mains des jeunes femmes qui rêvent d'émancipation.
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gonewiththegreen
  21 septembre 2020
Le Burkina Faso. Mais pas celui de Ouagadougou. Celui de Fada N'Gourma , dont le nom nous est moins familier. C'est la terre de l'auteur qui nous plonge dans sa jeunesse à travers un roman qui s'est inspiré de son vécu.
Tout va bien pour les époux Sankaké et leurs enfants. le père, fonctionnaire, permet à la maman d'élever ses enfants, dont l'auteur collée contre son dos, mais aussi de vendre des objets ramenés d'Abidjan.
Mais voilà, le père est accusé de détournement de fonds et envoyé en prison. C'est là que les galettes de miel rentrent en scène.
C'est un beau roman, plein du courage d'une femme face à l'adversité. Un roman accessible à un très large public, qui nous plonge dans les coulisses du Burkina Faso. le soleil , les couleurs, les marchés... les fonctionnaires aigris , la justice à deux vitesses, le coup d'état. et aussi le match de foot des mamans avec un arbitre qui a plus ouvert la porte du frigo que celle de la salle de muscu et qui se retrouve sur une chaise haute.
Cela m'a rappelé les grandes heures du tour cycliste du Burkina Faso, évoqué ici !
Mais c'est aussi, et surtout, un roman qui magnifie une femme, la mère de l'auteur. Combattante , toujours positive , se battant pour son mari, ses enfants, se retroussant les manches devant chaque obstacle et ne comptant que sur son courage , son opiniâtreté .
Je ne sais pas ce que l'on appelle un roman féministe, je me méfie beaucoup de ce mot qui comme d'autres fédèrent des extrémistes discréditant parfois plus la cause que ne la servant.
Alors , je parlerai d'un très beau portrait de femme, d'un très bel hommage à une maman qui a fait de l'auteur la personne reconnue qu'elle est aujourd'hui.
Un beau moment de lecture , simple, directe, emplie de soleil et d'amour.
Merci à Babelio pour sa confiance ainsi qu'aux éditions Slatkine
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   07 décembre 2020
Chaque fin de mois, une douzaine de femmes se réunissaient dans notre cour, sous le grand tamarinier. Maman organisait une tontine. Chacune des femmes mettaient deux mille cinq cents francs CFA au pot commun, qui etait ensuite attribué à l'une d'entre elles. Le mois suivant, c'était une autre qui en bénéficiait, et l'opération se répétait ainsi jusqu'à ce que chacune ait eu le droit à sa part. L'argent récolté permettait à certaines de développer des petites activités, comme la vente, l'élevage, la teinture, voir la restauration. La pratique de la tontine est trés courante en Afrique. Elle fait partie de ces mille et une manières simples et pratiques qu'ont les populations démunies de compenser, comme elles peuvent, les grands déséquilibres de l'économie mondiale.
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fbalestasfbalestas   20 janvier 2021
"Vous savez, reprend la secrétaire générale, le titre de marraine peut sembler parfois un peu anecdotique, mais il ne l'est pas. En tant qu'artiste, vous véhiculez une image qui nous touche. Vous êtes jeune et vous avez de nombreux fans qui le sont aussi. En tant qu'instruction, l''OIF peine parfois à intéresser une jeunesse qui peut nous percevoir comme "un machin", ainsi que le disait le général de Gaulle au sujet de l'ONU, vous voyez ? Une chose abstraite et lointaine dont on voit mal à quoi elle sert. Et puis, vous savez parfois être impertinente dans vos spectacles et cela aussi nous intéresse. N'oublions pas que la langue française est une des grandes langues des Lumières, la France incarne encore aujourd'hui partout dans le monde l'idée de révolution. Le français est une langue avec une aura un peu sulfureuse, qui, comment dire ...
- Qui secoue le cocotier ?
- Vous avez trouvé le mot que je cherchais. "
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BookycookyBookycooky   07 décembre 2020
J'étais bien contente qu'on demande au linguiste de préciser la diffèrence entre " transculturalité" et " interculturalité". Mais finalement le sens caché par ces mots complexes n'est pas si compliqué. Ces gens s'expriment en "gros gros français"*, comme on dit chez moi, et c'est peut-être seulement ca qui fait la différence entre un intellectuel et un être humain normal .
*expression du Burkina Faso
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fbalestasfbalestas   24 janvier 2021
Aujourd'hui c'est le quinzième anniversaire de la mort de papa.
Trente ans et des milliers de kilomètres se sont écoulés. Je suis dans ma loge, dans cinq minutes je vais monter sur scène. J'aurais tant aimé être à Ouagadougou auprès de ma mère, de mes frères et sœurs.
Je finis d'ajuster ma tenue de scène, mon maquillage, ma coiffure. Tout est déjà parfait mais ça me calme de m'occuper les mains avec ces petits détails. Mon texte est étalé sur ma table sous le miroir. Je n'arrive pas à la lire. Entre deux retouches de fond de teint mes yeux parcourent les lignes sans que ma mémoire ne retienne plus rien. Cela ne me trouble pas. Je suis déjà troublée.
Le trac.
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le_Bisonle_Bison   02 octobre 2020
- Madame Sankaké, poursuivit le greffier, je vous le jure sur les têtes de mes deux femmes et de mes treize enfants, votre mari n'a même plus regardé le procureur. Il l'a négligé comme il faut ! Il n'a plus dit un seul mot, il s'est juste levé et il a demandé aux deux gros policiers de le ramener dans sa cellule. Il fallait voir les gens dans la salle ! Personne n'osait applaudir. Mais sur la tête de mes deux femmes...
- Et de vos treize enfants, l'interrompit maman qui ne cachait plus sa joie.
- Combien ? Treize ? Vous êtes sûre ? En tout cas, sur leur tête, madame Sankaké.
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Videos de Roukiata Ouedraogo (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Roukiata Ouedraogo
La librairie Point Virgule vous propose cette semaine de faire le point sur les nouveautés sorties cet automne en matière de BD. Du polar au récit intimiste en passant par l'humour, il y en aura pour tous les goûts.
- La saga des Bojeffries, Alan Moore & Steve Parkhouse, Komics initiative, 22€ - Mes mauvaises filles, Zelba, Futuropolis, 21€ - Saint-Elme, t1 La vache brûlée, Serge Lehman & Frederik Peeters, Delcourt, 16,95€ - Ouagadougou pressé, Roukiata Ouedraogo & Aude Massot, Sarbacane, 24€ - Quelqu'un à qui parler, Grégory Panaccione (roman de Cyril Massarotto), Le Lombard, 22,50€
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