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EAN : 9782363712301
208 pages
Éditeur : Pierre-Guillaume de Roux (18/01/2018)
4/5   3 notes
Résumé :
« C'était hier, pendant ma promenade sur l'ancienne route de Contovel qui traverse la forêt, dans la partie plate qui précède la montée, exempte ces jours-ci de toute circulation automobile pour cause de chaussée défoncée. Cette promenade en pente douce le long d une allée d arbres dont les cimes se rejoignent en un arc gothique est un tunnel de verdure bienveillant.[...] Habituellement, ce trajet est pour moi une réparation au départ en montagne plus qu'une simple ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
dbacquet
  30 octobre 2019
Dans ces nouvelles, très autobiographiques, l'écrivain de langue slovène Boris Pahor évoque Trieste et son arrière-pays. C'est souvent en des pages éblouissantes qu'il décrit des paysages de vignes et de montagnes ainsi que la côte toute proche. Mais c'est en y mêlant aussi de terribles souvenirs, ceux de la guerre, du fascisme, de la déportation… Boris Pahor semble après de si rudes épreuves en quête d'une régénération. Il exalte, grâce à une prose poétique et sensuelle, la nature, le retour à la vie et à l'amour, tout en laissant resurgir ses faiblesses, le sentiment d'indignité et toute la cruauté dont il a été la victime et le témoin. Grosse découverte.
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A_fleur_de_mots
  29 septembre 2020
Comme une ballade dans la garrigue et les bois du Karst, Boris Pahor nous entraine dans une triste et douce promenade dans les vallées de son pays, la Slovénie, petit pays du Mitteleuropa, à l'histoire mouvementée (ex-Yougoslavie oblige), et plus particulièrement de Trieste et son arrière-pays.
Trieste, ville mythique, à l'identité double, coincée dans des revendications historiques entre l'Italie et la Slovénie, qui vécut un XXème siècle tragique et dramatique, que la guerre marqua de son empreinte indélébile pleine de sang. Au travers ces quelques nouvelles, Boris Pahor nous laisse entrevoir l'âme slovène, sa résilience, sa résistance aux essais d'annihilation de sa population et identité par ses voisins autrichiens puis italiens ; tous ces drames humains qui ont jonché la lutte pour son indépendance, aux trahisons, déportations, bombardements et autres sont comme des ombres et des cicatrices qui marquent profondément les histoires et les protagonistes des ces nouvelles. Pourtant, loin d'être une longue plainte de la situation, Boris Pahor nous chante avec des paroles pleines d'amour et d'admiration toute la sensualité, la beauté et la vitalité des paysages de son pays, il nous conte l'histoire meurtrie de Trieste tout en nous faisant découvrir sous ses cicatrices encore fraiches, le coeur palpitant de vie qui bat de cette ville, plein de passion et d'espoir.
Je ne connaissais pas Boris Pahor avant que ce petit recueil de nouvelles, portant le nom de la place emblématique de cette ville, ne croise ma route de lectrice et je pense que je continuerai à découvrir cet auteur à la plume délicate et poétique.
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5Arabella
  12 août 2018
Dans ce recueil de douze nouvelles, Boris Pahor s'attelle une fois encore, inlassablement pourrait-on dire, à dire l'histoire de son pays, la Slovénie, et la sienne, qui s'entremêlent d'une façon incontournable. Les guerres, la domination italienne, la résistance, la déportation… une histoire douloureuse, tragique par moments. le tragique est inscrit dans les êtres, dans les corps, dans le quotidien. Même les jeunes garçons de la première nouvelle, « La gueule du lion de pierre », font connaissance avec lui, entre les jeux et les complicités d'enfance. Un personnage tout à fait banal, en apparence sans histoire, comme M. Antonič (« Une promenade surprenante »), un commerçant tout ce qu'il y a de rangé et ordinaire, peut l'avoir rencontré dès sa naissance, sans que rien ne le laisse transparaître à première vue.
Mais ce tragique, constitutif de la condition humaine, n'empêche pas Boris Pahor de percevoir et de saisir les beautés, les moments de grâce, de la vie. Comme une forme de résistance, d'indispensable antidote, aux horreurs que les hommes infligent aux autres hommes. Il y a malgré la lucidité et le besoin de dire les souffrances et les blessures, la nécessité vibrante d'être heureux, de ne surtout pas laisser échapper les possibilités de bonheur, plus ou moins éphémères, mais d'autant plus intenses. de ressentir avec force, avec sensualités et les ressources de la raison, un lieu, une lumière, une ambiance, des relations avec les êtres, et avant tout l'amour, la proximité avec un autre être.
Tout cela dans une magnifique langue, parfois dépouillée et économe, parfois plus lyrique et pleine d'envolées, toujours en osmose avec le contenu. Boris Pahor construit ses récits par petites touches, pas forcément en continuité, mais dans une grande cohérence, même si tout n'est pas explicité, il y a des zones d'ombres, au lecteur d'investir l'espace et d'y mettre sa sensibilité.
Un très beau livre, triste et rayonnant, terrible et apaisant.
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Myrinna
  18 décembre 2019
Place Oberdan à Trieste est un recueil de nouvelles dont le fil conducteur est la 2ième guerre mondiale, en Slovénie. Boris Pahor raconte l'histoire tragique de son pays lors de cette période.
Les manuels d'histoire se focalisent souvent sur les pays proches et un peu moins sur ceux qui sont plus éloignés or les slovènes ont également soufferts.
Pour rendre justice et hommage, Boris Pahor utilise sa plume pour nous faire découvrir les horreurs de la guerre faites à son peuple.
Dans l'ensemble, j'ai apprécié les nouvelles mais certaines sont plus subtiles comme celle qui s'intitule « Un chien Blessé » car le message passe en filigrane.
Vous allez me dire pourquoi, je ne mets que 3 étoiles malgré la richesse culturelle et historique.
La dernière est vraiment en dessous et se termine en eau de boudin.
Je ne vois pas ce qu'elle rapporte à ce livre. Je dirais qu'elle donne un goût inachevé.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
5Arabella5Arabella   10 août 2018
C'était une nuit d'août étoilée, un vent espiègle rafraîchissait la côte solitaire de Miramare. Il dégringolait en cachette de la garrigue sur le rivage et s'emmêlait dans les frondaisons des platanes élancés. De l'autre côté du trottoir, un orchestre jouait à l'abri devant un café, de temps à autre, des phares éclairaient la route, les instruments de musique et les triangles jaunes et bruns des parasols. Le rivage était dans l'obscurité ; ici le vent entamait sa danse, se précipitait sur les rochers, se cognait contre l'eau, rebondissait avant de revenir se glisser sous un petit banc sous un jeune platane. Là où la place était occupée, il se faufilait entre les visages pour emporter le baiser tout juste avenu.
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A_fleur_de_motsA_fleur_de_mots   28 septembre 2020
Elle a appuyé la tête contre le dossier du banc et fait tomber ses cheveux en cascade. Tant mieux pour elle si elle a pu traverser, intacte, les malheurs et les deuils, me suis-je dit, heureuse Živka, si elle n’a pas été éclaboussée par le sang. Heureuse Živka. Et alors que je m’étonnais en me demandant, bougon, d’où elle était sortie, elle me dit : “ Je suis tombée du ciel, comme cette étoile là-bas”.
Extrait de la nouvelle “La respiration de la mer”
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A_fleur_de_motsA_fleur_de_mots   28 septembre 2020
- À quoi penses-tu? demanda-t-elle.
- À l’automne de Vivaldi.
-Mais le Karst est plus fort.
- Mais son musicien n’est pas encore né.
Comme toujours merveilleusement raisonnable, pensa-t-il. Pourtant, à ce moment-là, il lui sembla que le Karst n’avait besoin d’aucun musicien car la nature était une artiste qui se suffisait à elle-même.
Extrait de la nouvelle “La danseuse”
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A_fleur_de_motsA_fleur_de_mots   28 septembre 2020
Des feuilles vivantes pour sa chambre, pensa-t-il. Un morceau bigarré de la nature pour une femme qui est la soeur de la nature. Spécialement pour elle qui vit tellement avec cette nature qu’elle en oublie sa féminité, et sa coexistence mystérieuse avec l’univers l’emplit d’une sagesse et joyeuse pétulance. Et, cachée, la subtilité, une subtilité raffinée jusqu’aux nuances les plus délicates. Qu’un homme ne peut comprendre.
Extrait de la nouvelle “La danseuse”
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5Arabella5Arabella   10 août 2018
De nouveau, il eut l'impression qu'il était possible de créer une ambiance où ils pourraient se retrouver, un climat de confiance qui ferait fondre ses défenses. S'il n'avait pas son amour, sa confiance serait au moins une consolation. Mais il sait d'avance que c'est trop peu, que ce n'est rien, pourtant il bouscule tous les obstacles pour obtenir sa confiance, comme une première garantie. L'amitié et toutes ces nobles paroles, c'est un pauvre rien, un triste rien ; et pourtant.
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Videos de Boris Pahor (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Boris Pahor
Teaser 4'23" de "Boris Pahor,portrait d'un homme libre", un film de Fabienne Issartel
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