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Laure Manceau (Traducteur)
EAN : 978B09NDYNGJJ
394 pages
Actes Sud (12/01/2022)
4.29/5   34 notes
Résumé :
Dane Kirby, agent du Georgia Bureau of Investigation, s’offre une partie de pêche. Il a reçu des résultats médicaux pour le moins inquiétants et se trouve en pleine conversation avec sa femme – morte vingt ans plus tôt – lorsqu’il reçoit un appel du shérif. Ned Lemon, le meilleur ami de Dane, perdu de vue depuis des années, est soupçonné de meurtre.
Mais l’agent Kirby n’aura pas le temps d’aider son vieux compagnon d’armes : il est convoqué par le FBI sur une... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
L'auteur, Brian Panowich, est né en Georgie où il exerce le métier de pompier. Déjà, ce fait est peu banal. Je crois que Panowich connait très bien le Sud, les gens du Sud, les traditions et les codes de celui-ci. On peut croire qu'il fait bon vivre dans les environs des Bull Mountains, mais la réalité peut être tout autre.
Vallée Furieuse est le premier roman indépendant de l'auteur. Ses deux précédents romans, la série Bull Mountains, nous racontaient la saga de la famille Burrough, famille de malfrats de génération en génération, dirigeant un empire criminel grâce à la drogue.
Il remet ça cette fois avec l'organisation de jeux clandestins. Pas n'importe lesquels : des combats de coqs ! C'est lucratif ça ? Lucratif vous dites ? Des millions en lots…qui aurait cru? Alors bien sûr, quand une espèce de paumé gagne tous les combats en une seule soirée et qu'il repart avec plus d'un million de dollars en gains et en poche, disons que ça crée beaucoup de doutes et de convoitise.
Notre capitaine. Kirby, tranquillement à la pêche à réfléchir aux mauvais résultats de ses derniers examens médicaux, se fait rappeler fissa par le shérif car son ami d'enfance, perdu de vue depuis près de dix ans, est accusé de meurtre. Ce qui est impensable, invraisemblable pour Kirby.
Et tandis qu'il tente de comprendre ce qui s'est passé sur la scène de ce meurtre, le FBI a besoin de ses lumières pour un meurtre en Floride…bien loin de ses terres. C'est un citoyen de chez lui qu'on a retrouvé carrément charcuté, avec un bâton de kali, arme typique des Philippines, puis brulé, dans un motel de Floride. Les agents du FBI ne voient pas d'un bon oeil cette obligatoire collaboration imposée avec un « plouc » du Sud profond. Et bien sûr, ce qui me fait sourire car je ne comprends pas que l'on ne puisse pas travailler en collégialité avec d'autres services de police, on a droit à toutes les manifestations d'arrogance, de supériorité des agents du FBI face à ces « dégénérés » de la campagne…c'était incontournable.
Bref, la victime de Floride a gagné, ce qui semble impossible, tous les combats de coqs et le gros lot du Slasher ultime combat. On se demande comment un mec aussi minable peut avoir réussi ce tour de force jusqu'à ce que l'on découvre qu'il a un petit frère de onze ans, Asperger et génial. Et là, on se dit que c'est le petit la tête de cette combine. Mais le petit a disparu. Aucune trace. Et tout le monde voudra retrouver ce petit. Les vrais vrais méchants comme les méchants qui devraient être bons.
Et démarre sur les chapeaux de roues, la recherche, par tous, de ce gamin brillant, orphelin et seul.
Brian Panowich semble avoir vécu aux cotés de personnages à la morale ambigüe, douteuse, élastique. Il sait très bien nous en parler ainsi que de ceux qui n'héritent que de la malchance.
Vallée furieuse n'est pas nécessairement une histoire de rédemption, personne n'aspire au repentir dans ce récit. On nous parle plutôt du solide ancrage que procurent les amitiés affirmées, cette fidélité à toute épreuve malgré les ans et le temps qui passe, c'est l'acceptation de ce qui est.
Vallée furieuse est un véritable thriller comme on les aime. Rien de nouveau dans la facture de ce roman si ce n'est la maîtrise de l'auteur à mettre en scène d'aussi horribles personnages, meurtres et trafics avec d'aussi jolies et lumineuses histoires d'amour.


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Direction la Géorgie, le Sud Profond (Deep South)… Dans ces montagnes, dans cette contrée, nous sommes loin des grandes villes. Ici, c'est la ruralité et ceux que les autres considèrent comme des campagnards, pour ne pas dire des ploucs, des débiles profonds.

Mais avant de se retrouver dans les montagnes, le roman commence en Floride où un homme va se faire déchirer par le bâton de Kali. C'est fou comme un petit truc peut faire autant de dégâts…

Au départ, j'ai eu du mal avec ce roman noir, ce qui m'a étonné, parce que les deux autres romans de cet auteur avaient été des coups de coeur chez moi. Mais dans celui-ci, exit les personnages qui avaient fait mon bonheur dans les deux autres romans.

Heureusement que je me suis accrochée, parce qu'ensuite, tout s'est éclairé. Enfin ! Après un départ cahoteux et plusieurs arcs narratifs, le récit s'est focalisé sur Dane Kirby qui va mener l'enquête sur cette mort affreuse (et elle ne sera pas la seule).

Pas d'enquête sur les chapeaux de roues, mais ce ne sera pas pépère non plus, pour notre Dane, notamment parce que rien n'est facile, qu'il n'a pas de piste pour retrouver un gamin recherché par des truands (le frère de la victime) et qu'on a demandé à l'agente du FBI, Rosalita Velasquez, qui a un sale caractère et qui prend Dane pour un plouc de flic du Deep South. Y'a de l'orage dans l'air (et pas de la rumba).

Les personnages du FBI sont assez caricaturaux, Dane Kirby, lui, est torturé au possible, pas en forme, tête à claque et il cache un secret à sa copine. Personne n'est tout à fait blanc ou noir, tout le monde est en nuance de gris, à la moralité élastique.

Si le départ était chaotique, ensuite, ça a roulé comme sur une autoroute trois bandes, sans barrages routiers. Dane Kirby est attachant, c'est un bon enquêteur et il a une âme, un coeur. L'auteur a su lui donner de la profondeur et du réalisme. Et si Rosalita est imbuvable, ce n'est pas pour autant qu'elle n'est pas attachante (et attachiante).

Le final est assez explosif, brutal, sanglant et ne vous laissera que peu de répit. J'ai aimé la manière dont il se terminait, même si, dans l'ensemble, on pourra dire qu'il manque d'un poil de réalisme, mais bon, pas trop grave.

Malgré le fait qu'après un départ difficile, j'ai adhéré au récit, je le trouve tout de même plusieurs crans en dessous de ses deux prédécesseurs (Bull Mountain / Comme les lions).

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Deep South

Cap sur la Géorgie, mais bien loin des clichés du Peach State. Ici, c'est le Sud profond, le Sud rural, les petits comtés du nord de l'état, où la beauté des paysages des Blue Ridge n'efface pas la pauvreté des habitants dont certains s'adonnent à des activités illégales mais particulièrement juteuses. C'est le cas des combats de coqs organisés par la famille Rockdale, l'oncle et le neveu élèvent et sélectionnent les volatiles, les vendent (très cher) à ceux qui sont intéressés et une fois par an tout ce petit monde se réunit pour le Slasher, une sorte de tournoi qui brasse des dollars à la pelle. Et devinez quoi ? Cette année, le pactole a été remporté par un vrai looser, Arnie Brackwell qui ne profitera pas longtemps de son succès toutefois... A ses trousses deux Philippins très « vénères » bien décidés à récupérer le fric et le frère d'Arnie, le petit William, un garçon autiste Asperger qui a mis au point la méthode infaillible pour remporter le Slasher. Après qu'Arnie ait été retrouvé en morceaux dans un motel sordide de Floride, le FBI fait appel à un agent du GBI (Georgia Bureau of Investigation) qui connaît le terrain comme sa poche : ancien capitaine des pompiers, ancien flic, Dane Kirby est maintenant cantonné à un travail de bureau, ce qui lui convient très bien. Comme tous les flics (ou presque) des polars, thrillers ou romans noirs américains (mais pas que), Dane est un personnage abîmé, dépressif, cabossé par un drame terrible (que l'on découvrira au fil des pages) mais un excellent enquêteur, plein d'humanité, le gars sur qui on peut compter. Dane est censé faire équipe avec l'agent spécial Rosalita Velasquez. Deux personnages aux antipodes, on frôle le cliché mais heureusement, le roman est bien plus complexe que cela.
Il y a quelques années j'avais lu le premier roman de Brian Panowich, Bull Mountain qui m'avait laissé une impression mi figue-mi raisin. Celui-ci m'a vraiment bien plu, j'ai trouvé l'intrigue originale et intéressante, les personnages bien campés. On croit à cette histoire, (un peu moins à la toute fin). Au-delà du thriller noir, c'est aussi un bon roman sur l'amitié et sur le deuil.

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Retour en Géorgie, et plus précisément dans le comté de McFalls, en compagnie de Brian Panowich. On aurait pu penser – espérer – qu'il y ferait bon vivre depuis que Bull Mountain a été débarrassé du clan Burroughs. C'était sans compter sur les Rockdale et leurs combats de coqs aussi illégaux que lucratifs.

Et justement lors du dernier grand tournoi (le slasher pour les initiés), un petit malin a réalisé l'impossible en raflant le pactole grâce à une improbable martingale. Si Eddie Rockdale l'a mauvaise, il fait toutefois contre mauvaise fortune bon coeur… au moins en apparence. Ce n'est pas le cas d'un duo de Philippins qui a perdu gros dans l'histoire et qui ne compte pas en rester là… ça va saigner !

Si on se retrouve en terrain connu et avec des personnages déjà croisés dans Bull Mountain et / ou Comme Les Lions (notamment Darby Ellis, devenu shérif et Dane Kirby), Vallée Furieuse n'est pas directement lié aux précédents romans ; on repart sur des bases nouvelles (saines n'est vraiment pas un mot adapté au contexte).

Si l'ambiance générale de l'intrigue est moins sombre que dans les précédents romans de l'auteur, ce n'est pas pour autant une promenade de santé. Ça envoie du lourd quand même, ça défouraille à tout va, ça saigne et ça meurt (la vie ne tient qu'à un fil dans le nord de la Géorgie). Ajoutez à cela un duo d'enquêteurs que tout oppose, lui le flic de la cambrousse, elle l'agente du grand FBI, arrogante et prétentieuse. Saupoudrez le tout d'un soupçon de corruption et d'une pointe de trahisons. À déguster sans modération !

Contre toute attente c'est aussi un roman qui accorde une place de premier choix à l'amour à travers plusieurs romances. J'en vois déjà qui manquent de s'étouffer, rassurez-vous on est bien loin d'une guimauve à l'eau de rose façon Barbara Cartland.

Les personnages, même s'ils sont parfois aux portes du cliché (je pense notamment aux agents du FBI façon Men in Black), sont bien travaillés avec leurs forces et leurs faiblesses. À commencer par Dane Kirby, avec l'âge son travail de bureau lui convient parfaitement, tout irait pour le mieux s'il ne venait pas d'apprendre qu'il a un cancer. Et le voilà obligé de retourner sur le terrain avec une sale affaire dans les pattes et une partenaire pas vraiment facile à vivre.

Il faut dire que l'agent Roselita Velasquez n'a pas son pareil pour se rendre antipathique dès le premier regard… et ça ne s'améliorera pas vraiment au fil des chapitres. Une vraie tête à claques que l'on arrive, presque malgré nous, à apprécier.

Face à eux, outre le clan Rockdale (des gens peu fréquentables… vaut mieux les laisser faire mumuse avec leurs poulets), un duo de Philippins qui cherche à récupérer le pactole du slasher mais aussi à mettre la main sur la poule aux oeufs d'or, William Blackwell.

Le jeune William est un autiste Asperger passionné par les oiseaux et doué à la fois d'un remarquable sens de l'observation et d'une intelligence hors norme. C'est le mélange de ces trois éléments qui ont permis à son frère et à son associé, de remporter la totalité des gains au slasher.

Les personnages secondaires ne sont pas laissés sur le bas-côté, Brian Panowich leur accorde la même attention afin de dépeindre au mieux leur personnalité.

Si globalement je le placerai un cran en dessous de ses aînés, ça reste un très bon roman noir, avec une intrigue parfaitement maîtrisée malgré quelques ficelles un peu grosses. On se laisse volontiers entraîner dans un récit mené à un rythme d'enfer. Difficile de le lâcher une fois qu'il vous aura ferré… et tout est fait (et bien fait) pour que l'on gobe l'appât dès les premières pages.
Lien : https://amnezik666.wordpress..
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Une bonne histoire fait souvent un livre agréable à lire. Surtout si l'auteur arrive à nous convaincre avec des personnages attachants car, même cabossés par les vicissitudes de la vie, ils continuent à se sentir concernés par les problèmes des autres.
C'est le cas de Dane Kirby, ancien capitaine des pompiers dans une petite ville de Géorgie qui est sollicité par le FBI pour aider à la résolution d'une enquête située dans la région où il a toujours vécu.
C'est le cas de Ned Lemon, ami d'enfance de Dane, qui a connu la prison très jeune et que la police locale retrouve maintenant ivre mort, une arme à la main et un cadavre à proximité.
C'est le cas de William, un asperger qui disparait après le meurtre de son frère, petit truand aux ambitions trop élevées pour son QI.
Vous ajoutez une dose de criminels abominables et une portion de flics pourris pour obtenir un roman noir qui se lit avec plaisir.
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critiques presse (1)
LeDevoir
23 février 2022
L’enquête est fascinante, imprévisible, sanglante souvent, mais elle nous permet d’abord de connaître Kirby et de saisir la riche complexité de cet homme malgré le bruit et la fureur qui l’entourent. C’est un personnage dont vous aurez beaucoup de difficulté à oublier la franchise et la douleur contenue.
Lire la critique sur le site : LeDevoir
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
le petit bureau des affaires familiales et sociales du comté de Cobb ne ressemblait à rien et Dane aurait voulu être ailleurs. Il se figurait que c'était le cas de tout le monde. L'environnement stérile de la vaste salle d'attente des services de l'enfance, tout comme le reste du complexe administratif délabré, était absolument déprimant. Les endroits de ce type étaient construits dans le but de fournir un service qui, à n'importe quel degré de l'évolution humaine, ne devrait jamais avoir besoin d'être fourni, et pourtant. L'air ambiant avait de relents de renfermé et de rancoeur qui évoquèrent à Dane une chanson qu'il avait entendue un jour , Happiness is not a place. ici, c'était plutôt un endroit où le bonheur venait de mourir, ou du moins se prendre une bonne raclée avant de rentrer chez lui en boitant.
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Il y avait des gens comme ça. La malchance coulait dans leurs veines.
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Vidéo de Brian Panowich
Brian Panowich Interview Bull Mountain
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