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EAN : 9782743632670
536 pages
Payot et Rivages (10/06/2015)
3.91/5   44 notes
Résumé :
Sud de la Floride, début du XXe siècle.
À l’abri des forêts marécageuses des Everglades, John Ashley, âme du gang familial et héros populaire, mène une existence flamboyante de bandit de grand chemin, trafiquant d’alcool et braqueur de banques. De séjours en prison en évasions rocambolesques, d’exils forcés en raids téméraires, de règlements de comptes en conquêtes féminines, il devient la véritable légende vivante de cette région encore très sauvage mais en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Quatrième roman de James Carlos Blake après L'homme aux pistolets, Les amis de Pancho Villa et Crépuscule sanglant, Red Grass River est le septième à être traduit chez Rivages (Un monde de voleurs et Dans la peau, plus récents ont été traduits en France avant lui). Une précision qui n'est pas qu'anecdotique puisque, d'évidence, on se trouve là, par les thèmes abordés, à la croisée des chemins quelque part entre Crépuscule sanglant et Un monde de voleurs (et même si un autre roman pas encore traduit chez nous, Wildwood Boys, s'insère dans la bibliographie de Blake entre Red Grass River et Un monde de voleurs).
En effet, en nous contant les douze années de l'épopée de ce qui deviendra le gang Ashley, braqueurs et trafiquants d'alcool des Everglades, entre 1912 et 1924 et en axant son récit sur la haine brûlante d'une amitié quasi fraternelle et déçue entre John Ashley et le shériff Bob Baker, James Carlos Blake reprend là les ingrédients qui sont la marque de ses romans : l'amour et la haine fraternels, la fidélité au clan familial, l'esprit de vengeance et de conquête d'une nouvelle Frontière, et la construction chaotique d'un pays.
Car c'est bien tout cela que Blake arrive à faire tenir dans ses romans extrêmement riches sans pour autant multiplier les pages. Ici donc, en suivant le fil de l'affrontement entre John Ashley et Bob Baker dans les marais des Everglades, ce « Jardin de l'Enfer », alors que Miami commence à se développer et que le trafic d'alcool entre les Caraïbes et la côte de Floride s'intensifie, il nous convie à assister à la fin d'un monde et des valeurs archaïques – mais pas pour autant indéfendables – qui s'y rattachent en même temps qu'à la naissance d'un autre. C'est d'ailleurs par bien des aspects cet écartèlement entre ces deux mondes, celui des Everglades, de ses trafics plus ou moins traditionnels et tolérés, et celui de la ville qui pousse anarchiquement, de la recherche de plaisirs faciles et rapides, qui précipitera la chute annoncée des Ashley.
Le talent de James Carlos Blake, dans ses foisonnants récits romancés d'épisodes véridiques de cette histoire au ras du sol de la construction des États-Unis modernes, c'est bien sa capacité à allier le souffle épique et la complexité des sentiments humains. Ses héros sont aussi tous, par bien des aspects, des salauds, et c'est bien pour cela que l'on s'y attache.
Red Grass River vient, après ses autres romans déjà parus en France, confirmer l'immense talent de James Carlos Blake, cette capacité à nous immerger dans un lieu, dans une époque et dans le coeur de ces hommes et femmes de rien dont il nous narre les destins épiques et tragiques.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Les Ashley, père et fils, sont une sympathique famille de braqueurs et de trafiquants d'alcool dans les Everglades…

Enfin, sympathiques… Vaut mieux pas chier dans les bottes du patriarche, Jo Ashley. Quant à la mère, elle sait tirer au fusil et vaut mieux être du côté des fils, si on ne veut pas avoir d'emmerdes et finir dans le ventre d'un alligator.

Ce roman noir, qui a des airs de western, se déroule sur la période qui va de 1912 à 1924. Durant cette courte période, les Ashley vont en commettre, des forfaits.

Qui dit bandits dit police, pour équilibrer la balance et pour bien faire les choses. L'auteur met face aux Ashley la famille Baker. Flics et voyous. Sauf qu'il fut un temps où un des fils Ashley (John) était super pote avec Bob Baker…

Puis un jour, John Asley fourra sa bite dans le minou de la copine de Bob Baker et après cela, plus rien de fut le même…

Les Everglades, surnommées le Jardin de l'Enfer, sont un endroit propice pour distiller de l'alcool de contrebande et le livrer à l'insu des autorités. Lorsque la prohibition surviendra, elle fera les beaux jours de la famille Ashley et sa fortune.

James Carlos Blake nous offre un western sur l'eau, un western sans canassons mais avec des canoës, des barques voguant dans les petits canaux des Everglades… Ici, on braque la banque avec style et décontraction et sans être masqué.

Aux travers de la vie de braqueurs et trafiquants d'alcool flamboyants, l'auteur nous fait vivre une vie de folie, faite de cadavres, de pognon coulant à flot, de balles tirées entre les bandits et les flics, le tout sur fond d'une haine brûlante entre John Ashley et Bob Baker suite à une amitié quasi fraternelle qui vola en éclat pour une copine chipée.

Ce roman aurait pu être sombre mais je l'ai trouvé flamboyant à cause de ses personnages, surtout le clan Ashley, John étant la tête de proue, celui qui s'évade, celui qui braque, qui baise à couilles rabattues et qui, comme ses frères, voue obéissance au patriarche.

Dans ce western humide, on a tous les ingrédients importants (sauf les chevaux) : fidélité au clan familial, esprit de vengeance, étendre son territoire, partir à la conquête d'une nouvelle Frontière, faire du fric en allant le chercher dans les coffres de la banque, sans oublier la construction chaotique d'un pays, la ville de Miami commençant à se développer et à attirer d'autres trafiquants qui pourraient croire que l'on peut traverser le territoire des Ashley sans payer son tribut.

Ce roman noir n'est pas qu'une éloge de la violence, c'est aussi l'histoire d'une famille, d'un empire, d'une population qui sait ce qu'il coûte de trahir les Ashley, qui en a peur, mais c'est aussi le shérif Baker qui n'hésite pas à déléguer le sale boulot à un autre, sans regarder sur ses méthodes expéditives.

Les salauds sont partout, dans ce roman. Pas de manichéisme.

La plume de James Carlos Blake m'a une fois de plus emportée loin de mon quotidien banal.

Avec lui, je suis devenue trafiquante d'alcool, j'ai arpenté les Everglades, la main sur mon revolver, j'ai braqué des banque, je suis allée au bordel faire ma voyeuse pendant que John prenait du bon temps, j'ai appuyé sur l'accélérateur, poursuivie par la police, je me suis cachée, j'ai découvert l'amour avec un grand A, joué à Bonnie Parker et Clyde Barrow sans que Bardot ne chante dans les oreilles.

Un roman noir serré qui parle aussi de la construction de l'Amérique, de ses travers, de ses bandits, des flics qui laissaient les trafiquants faire pour éviter des problèmes avec la population… L'auteur nous conte cette histoire comme si elle était véridique et je vais vous dire qu'on aurait envie d'y croire tant c'est brillant.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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Avis de Grybouille (Chroniqueur chez Léa Touch Book) :

Ce livre est une page méconnue de l'histoire américaine à la hauteur de « Bonnie and Clyde » qui va vous emmener dans un monde qui n'existe plus.

De 1911 à 1924, vous allez découvrir Miami au début de son essor, les Everglades avant la campagne d'assèchement, le monde des Bootleggers avant/pendant et après la prohibition, les forces de l'ordre avec les dérives américaines, la notion des clans familiaux, l'Amour avec un grand « A », la Haine avec un grand « H », l'isolement carcéral, la voyance, les bordels, la vie dans un univers hostile et…

Pour faire simple, ce livre c'est une histoire palpitante, l'antagonisme entre deux familles les Ashley et les Baker, les uns épris de liberté et les autres qui représentent la loi les flics avec par moments des abus de pouvoir, le modernisme qui rattrape un style de vie, un grand livre écrit de main de maître par un solide romancier, une histoire vraie, des personnages attachants, une action prenante du début à la fin.

A consommer sans modération, venez rejoindre le « Clan » de ceux qui l'auront lu… Passionnant !

Quel écrivain ce James Carlos Blake, ne passez pas à coté, c'est un style qui plaira au plus grand nombre, un polar/Thriller avec une histoire, une vraie, qui vous parlera.

« …Celui qui vivait dans le passé était mort au présent… » Bobby l'homme de loi

« …On ne peut pas en vouloir à un gars d'essayer une fille. C'est aussi naturel que la pluie. C'est à la fille de dire oui ou non ! » Joe, le patriarche

« …C'est notre père, mon vieux. On ne frappe pas son père, c'est lui qui nous frappe. C'est çà un père : Celui qui te frappe quand t'as fait une bêtise… » John le « héros » de cette histoire

« … Y a que les salauds qui essayent de changer un marché une fois qu'il est passé, et y a que les abrutis qui tiennent parole avec les salauds. » John en prise avec son business


Pour ceux qui sont passés par Miami et ceux qui y passeront, les odeurs, les couleurs, les températures sont là pour notre plus grand bonheur…
Lien : http://leatouchbook.blogspot..
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J'ai découvert James Carlos Blake grâce à des avis de lecteur sur Babelio.
J'ai lu Red Grass River avec un grand plaisir et le suspens m'a porté jusqu'au bout. La Floride au début du XXème y est décrite avec précision, et surtout les Everglades, le jardin du diable. J'aime le style de l'auteur qui raconte la vie du gang Ashley et en particulier celui de John. Ce bandit issu d'une famille de trafiquant d'alcool et braconniers pour lesquels les marais n'ont pas de secrets. Blake fait revivre ces personnages incroyables à une époque ou la corruption régnait à un tel niveau qu'il était difficile de distinguer le bien du mal.
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du polar au far-west .
J'ai adoré ce livre
Et je vous promet je reviens très vite vous dire tout le bien que j'en pense.
Everglades, début du XXe siècle. John Ashley, âme du gang familial et héros populaire, mène une vie flamboyante de bandit de grand chemin, trafiquant d'alcool et braqueur de banques. le shérif Bobby Baker, homme dur et amer qui a perdu une jambe et dont John a ravi la fiancée, a juré sa perte. Leur affrontement prend alors des proportions grandioses.
Entre western somptueux et roman noir sanglant, james carlos blake déroule un récit épique et romanesque qui ne laisse pas respirer le lecteur un instant. Sauf pour contempler les somptueux paysages de ce coin de floride en pleine mutation. Comme les dernières lueurs d'un monde qui va disparaître.

Lien : https://collectifpolar.com/
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Tous ces… Tous ces comptes à régler, c’est de la connerie ! Y a bien trop de gens qui ont bien trop de comptes à régler dans le monde, Johnny. Si on commence pas à laisser pisser, alors on passera le reste de notre vie à les régler, en effet. C’est pas une vie, bordel. C’est juste un moyen de pas vivre vieux.
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Le kid aimait bien le domaine Ashley, mais il adorait les camps de whiskey, perdus en pleine nature. Il adorait les nuits stygiennes où les flammes orange du pain brulant sous les grands chaudrons de cuivre étaient la seule lumière, avec la lune et les étoiles, tenant en respect l’obscurité qui les entourait au-delà de toute imagination. Les feux soulevaient des ombres vacillantes contre les arbres proches, d'où pendaient des mousses et des plantes tordues reliées à la terre comme des ombilics. Des formes s'agitaient, bruissaient et s'éclaboussaient dans les ténèbres, parfois on entendait des ailes qui battaient.
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« on avait l’impression que tout le sud de la Floride était malade, que le monde entier avait cette saleté. Les gens arrêtèrent de voir leurs voisins de peur de l𠆚ttraper chez eux. Certains des adultes appelaient ça le baiser de la Dame espagnole. C’était un baiser qui vous rendait malade comme un chien, oui. Pour certains, c’était le baiser de la mort. Tout le monde connaissait quelqu’un emporté par la grippe. »
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C'est le plus grand, le pire des marécages que vous verrez jamais - plus grand que des états entier de l'Union. Des pins, des palmistes, des cyprès et des lianes emmêlées, mais surtout c'est un fleuve, un fleuve comme aucun autre sur terre. Cent kilomètres de large et quinze centimètres de profondeur, du lac Okeechobee jusqu'à la limite sud de l'état, sur une couche de boue sans fond. Tout couvert d'herbe coupante comme un rasoir à écorcher.
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« Quand il ne jouait pas, il faisait des pompes, des abdominaux, tout ça. Il se mettait dos à la porte de sa cellule, attrapait les barreaux au-dessus des épaules et faisait des tractions. Il pouvait en faire cent d�ilée. Au bout d’un mois, on aurait dit qu’il avait des cordes autour du ventre, et aucun Blanc dans la taule ne pouvait le battre au bras de fer. »
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Video de James Carlos Blake (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Carlos Blake
En quête de bons livres à lire ? Découvrez l'actualité de Babelio et les livres du moment en vidéo.
Ce mois-ci, on s'est intéressés aux couvertures de livres, et surtout, à ce qui fait qu'un livre peut d'abord nous attirer à travers sa couverture. En début de vidéo, Pierre et Nicolas reviennent sur une étude Babelio sur le livre en tant qu'objet, et vous proposent quelques exemples de livres dont ils ont particulièrement apprécié les couvertures dernièrement. le reportage suit cette idée, avec le témoignage d'un libraire et de trois lectrices, qui nous expliquent leur rapport aux couvertures des livres qu'elles lisent et achètent.
Retrouvez aussi une présentation des différents défis de lecture 2020 sur Babelio, ainsi que nos interviews récentes…
0:01 Présentation du sujet par Pierre et Nicolas Notre étude sur l'aspect physique des livres : https://babelio.wordpress.com/2018/10/15/couvertures-quatriemes-de-couvertures-bandeaux-quen-pensent-les-lecteurs/ Notre liste (très subjective) des 25 plus belles couvertures de livres de 2019 : https://babelio.wordpress.com/2019/12/30/les-plus-belles-couvertures-de-livres-de-2019/ Les livres présentés : Ben Marcus, ‘L'Alphabet de flammes' : https://www.babelio.com/livres/Marcus-Lalphabet-de-flammes/575718 Jean-Marie Blas de Roblès, ‘Dans l'épaisseur de la chair' : https://www.babelio.com/livres/Blas-de-Robles-Dans-lepaisseur-de-la-chair/953393 Capucine et Simon Johannin, ‘Nino dans la nuit' : https://www.babelio.com/livres/Johannin-Nino-dans-la-nuit/1109603 Jamey Bradbury, ‘Sauvage' : https://www.babelio.com/livres/Bradbury-Sauvage/1111399 Patrice Gain, ‘Le Sourire du scorpion' : https://www.babelio.com/livres/Gain-Le-Sourire-du-scorpion/1191031
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