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EAN : 9782754806183
176 pages
Éditeur : Futuropolis (07/03/2013)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 75 notes)
Résumé :
Publiée en 1899, Au cœur des ténèbres est certainement la nouvelle de Joseph Conrad la plus célèbre et la plus souvent adaptée. Que ce soit au cinéma (Coppola et Herzog, pour ne citer que les plus connus), à la télévision, et même en jeu vidéo ! C’est au sein même de son expérience personnelle au Congo que l’écrivain avait été cherché l’essence de son récit. Et c’est sur ce voyage que Christian Perrissin et Tom Tirabosco ont axé leur biographie de Conrad, romancier ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
trust_me
  13 mars 2013
Printemps 1890. Teodor Jozef Konrad Korzeniowski (qui prendra plus tard le nom de plume de Joseph Conrad) est engagé comme officier de marine marchande par la Société Anonyme Belge pour le commerce du Haut-Congo. Quittant Bordeaux le 10 mai, il débarque dans le port de Boma courant juin. Il rallie ensuite Matadi. C'est de là qu'il part à pied avec une caravane de 31 hommes pour Kinshasa où l'attend le navire dont il doit prendre les commandes. Une marche harassante de 19 jours dans des conditions extrêmes. Un avant goût de l'enfer qui l'attend lors de la remontée du fleuve en bateau. Animosité de ses compagnons belges qui ne voient en lui qu'un étranger chargé de faire un rapport accablant sur la façon dont ils exploitent les richesses du pays, chaleur insupportable, promiscuité, maladie et fièvre, hostilité d'une partie des autochtones… un voyage terrible dont il sortira à jamais marqué et qui lui servira de matériau de base pour la rédaction de son roman Au coeur des ténèbres publié en 1899.
Un récit très documenté sur les sept mois passés par Conrad en Afrique. Après sa somptueuse trilogie consacrée à Marta Jane Cannary, Christian Perrissin prouve une fois de plus qu'il est à l'aise avec la biographie. L'écrivain anglais d'origine polonaise part en Afrique par nécessité économique mais aussi parce qu'il garde un souvenir émerveillé de sa lecture des oeuvres de l'explorateur Henry Morton Stanley (célèbre pour avoir retrouvé Livingston sur les rives du lac Tanganyika en 1872). le problème c'est que la réalité qu'il découvre est loin de la volonté philanthropique défendue notamment par la presse belge de l'époque. Les sauvages ne sont pas forcément ceux que l'on croit. Les colons font preuve d'une cruauté abominable. Brutes sans scrupule cherchant à s'en mettre plein les poches, notamment grâce au commerce de l'ivoire, ils fouettent et assassinent avec une certaine délectation les noirs qu'ils recrutent dans les villages disséminés le long du fleuve. Point d'altruisme, juste l'exploitation inhumaine d'une main d'oeuvre corvéable à merci. Une vision de cauchemar pour Conrad. On sent au fil des pages l'angoisse l'envahir devant la violence innommable qu'il découvre.
Les planches de Tom Tirabosco sont si évocatrices que l'on a parfois l'impression d'étouffer dans la moiteur de la forêt congolaise. Il lui aura fallu près de trois ans pour réaliser l'ensemble de l'album en utilisant la technique très particulière du monotype. le résultat est tout simplement bluffant, charbonneux à souhait, totalement raccord avec l'inquiétude qui gagne l'écrivain au fil de son voyage.
Un coup de projecteur sur une époque peu reluisante où, sous couvert d'émancipation, le colonialisme ne faisait qu'entretenir les immondes relents d'une forme de servitude supposée abolie depuis de nombreuses années. Un album d'une grande force qui souligne parfaitement le pessimisme sur la nature humaine qui caractérisera par la suite l'oeuvre du romancier Conrad. Impressionnant !

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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IreneAdler
  19 mars 2013
Joseph Conrad, ou plutôt Teodor Jozef Konrad Korzeniowski avant sa naturalisation britannique et son statut de romancier, doit prendre le commandement d'un bateau de la marine marchande belge sur le fleuve Congo. Après un périple pour atteindre ledit bateau, c'est la mission qui lui est confié qui viendra à bout sa santé...
Entre la maladie et des agissements des colons envers leur environnement, mais surtout à l'encontre des populations, on ne sait pas ce qui l'atteint le plus dans sa chair... Bien qu'il partage sans doute les préjugés de son époque sur les populations africaines, il est lucide sur le traitement infligé au pays et ses habitants. Et sans illusion sur les exploiteurs dont il se détache. Même s'il se demande s'il vaut mieux qu'eux. La désillusion est d'autant plus grande qu'il croyait réellement au discours civilisateur et humaniste servi par son recruteur.
Un récit très sombre, qui donnera naissance au roman Au Coeur des Ténèbres (bientôt dans ma PAL. Sur Babelio...) Il n'est point de secours à attendre de l'homme, surtout blanc. Les beaux discours humanistes sont oubliés sitôt débarqués sur le continent africain. Remplacés par le seul profit par tous les moyens.
Conrad ne s'en remettra jamais totalement, ni physiquement ni moralement.
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Fandol
  29 décembre 2016
Quand la bande dessinée se met au service de l'Histoire, c'est un plaisir décuplé pour le lecteur qui a soif de savoir et d'explorer toujours davantage des sujets méconnus ou à peine effleurés.
"Kongo", par la magie du dessin très fouillé de Tom Tirabosco et des textes de Christian Perrissin, nous emmène en Afrique, sur ce fleuve Congo, que le jeune Jósef Teodor Konrad Korzeniowski rêve de découvrir. Celui qui deviendra un fameux écrivain sous le nom de Joseph Conrad, est né en Ukraine en 1857 dans une famille d'origine polonaise. Il prendra la nationalité britannique en 1886.
C'est quatre ans plus tard qu'il part pour l'Afrique, en tant que capitaine de la marine marchande, pour prendre le commandement d'un vapeur de la compagnie d'Albert Thys. Il parle couramment le français et c'est un atout de plus.
Korzeniowski, comme on l'appelle souvent pendant son périple, est vite choqué par l'attitude de ses congénères européens qui traitent les Africains comme des bêtes taillables et corvéables à merci. le commerce de l'ivoire bat son plein. Au fil des pages, nous découvrons toutes les perversions apportées par les Européens, la vie des autochtones ne valant presque rien.
La maladie oblige Joseph Conrad à rentrer à Bruxelles puis à Londres pour se faire soigner. Non seulement, il n'arrive pas à retrouver du travail mais la maladie le ronge et l'oblige à se consacrer essentiellement à son oeuvre littéraire. Il écrit alors de nombreux romans, jusqu'à sa mort, en 1924. Parmi ceux-ci, c'est "Au coeur des ténèbres" qui a inspiré les auteurs de "Kongo".
De plus, ils ont eu l'excellente idée de compléter la bande dessinée avec un récit très documenté qui permet bien de comprendre tous les enjeux commerciaux et politiques de cette époque.
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som
  22 janvier 2018
En avant pour l'aventure. Bruxelles, 1890, après des adieux déchirants à sa divine tante Marguerite, Jozef Korzeniowski s'embarque vers les rives africaines, comme capitaine d'un vapeur pour le compte de la société Thys. Après une traversée éprouvante, le « gentilhomme polonais enduit au goudron britannique » découvre l'envers du décor de l'aventure coloniale de Léopold II. Sous couvert d'oeuvre « civilisatrice », le roi des Belges met le Kongo en coupe réglée. Ce territoire, riche en ressources naturelles, tombe alors dans son escarcelle personnelle.
Le dessin, parfois clair, parfois sombre, aux contours marqués par un trait gras, conjugué à un traitement en noir et blanc subtil, porte avec force et puissance toute l'horreur de la conquête. La nature sauvage, les relations humaines marquées par la violence et la brutalité. Rien ne sera épargné. Les massacres des populations indigènes succèdent aux épidémies qui frappent particulièrement les colons, sans parler des vicissitudes techniques ou des revers de fortune.
Jozef Korzeniowski reviendra en Europe, guéri mais essoré. Ses publications, sous le nom de Joseph Conrad, contribueront à accomplir pour partie la prédiction du diplomate anglais Casement à propos de la présence européenne en Afrique : « un jour, nous aurons à témoigner ».
Album incontournable et foisonnant, tant sur son propos politique, ses ressorts narratifs que par sa force graphique. Un dossier et une bibliographique, en fin de volume, présentent une solide documentation afin d'approfondir ce sujet.
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Walden-88
  06 mars 2013
Quand j'ai vu que Christian Perrissin, scénariste de l'incroyable Martha Jane Cannary, sortait un nouveau titre, qui plus est axé sur la vie de Joseph Conrad, je n'ai pas hésité une seule seconde.
En compagnie de Tom Tirabosco, Perrissin opte cette fois-ci pour un one shot dans lequel il nous conte trois années cruciales dans la vie de Jozef Teodor Konrad Korzeniowski, capitaine de la marine marchande britannique qui s'engage dans un voyage au coeur des ténèbres du Congo Belge.
Mai 1890, Korzeniowski quitte Bruxelles pour le Congo. Il a été embauché par une compagnie belge, pour prendre le commandement d'un steamer, afin de remonter le fleuve jusqu'au Haut-Congo. Si officiellement "tout ce qui se réalise au Congo a pour but premier le développement du territoire et l'émancipation des populations", la réalité est tout autre... Conrad, venu au Congo pour y travailler et satisfaire son rêve d'enfance, en repartira traumatisé d'avoir servi un colonisateur cupide et meurtrier.
Une BD passionnante, très bien documentée, au graphisme fin et évocateur, il n'en fallait pas plus que je tombe sous le charme.
D'ailleurs, cette petite piqure de rappel me fait penser qu'il va falloir que je lise Au coeur des ténèbres, qui patiente depuis un moment sur une étagère de ma bibliothèque.
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critiques presse (7)
BoDoi   17 décembre 2013
Le scénario se nourrit d’une riche documentation (les romans et la correspondance de l’écrivain, des rapports d’époque…) qui le rend complexe et réaliste, et fait apparaître d’autant plus glaçants les personnages de colons.
Lire la critique sur le site : BoDoi
Actualitte   05 août 2013
Le trait intense de Tom Tirabosco restitue à merveille l'atmosphère moite, étouffante et claustrophobique du pays !
Lire la critique sur le site : Actualitte
BulledEncre   15 mai 2013
Le lecteur se laisse aller au fil de l’intrigue aux méandres qui cachent ça et là un abîme d’horreur et d’inhumanité. Une expérience qui détruira Joseph Conrad l’aventurier mais donnera naissance à l’auteur génial et à une oeuvre qui n’aura de cesse de dénoncer la monstruosité de l’entreprise coloniale.
Lire la critique sur le site : BulledEncre
Telerama   13 mai 2013
L'aventure s'inscrit dans les creux d'une action chaotique, aussi peu épique que possible, mais sous tension permanente. On y perçoit, tel un lancinant contrepoint, la détresse d'un homme piégé et impuissant à changer le cours des choses.
Lire la critique sur le site : Telerama
ActuaBD   26 avril 2013
En Mai 1890, le capitaine Jozef Konrad Korzeniowski part pour le Congo. De ce voyage, Korzeniowski, devenu plus tard Joseph Conrad, écrira l’une de ses oeuvres les plus marquantes et les plus connues, ’Au Coeur des ténèbres". Kongo se veut le récit authentique de ce voyage.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
BDGest   29 mars 2013
Évoluant sur un rythme lent et parfaitement linéaire, le récit invite à suivre l’évolution psychologique d’un personnage qui constate toute l’horreur du projet auquel il participe. [...] Le trait charbonneux de Tom Tirabosco, [...] restitue d’ailleurs à merveille l’atmosphère oppressante et suffocante de ce territoire.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   06 mars 2013
La narration se place toujours à hauteur d’homme. Le récit n’est à aucun moment grandiloquent ou donneur de leçons. Perrissin réussit [...] à rendre la complexité historique et humaine de l’époque coloniale tout en dressant le même constat net et amère que son personnage.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
IreneAdlerIreneAdler   18 mars 2013
C'est d'hommes comme vous dont ce pays à besoin. Les imbéciles y sont trop nombreux. Mais il semblerait que ces cancrelats soient de meilleure constitution que nous autres. Leur bêtise les protège... Capables de commettre l'inimaginable sans la moindre repentance. Là est toute la différence.
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ClinkerfrClinkerfr   30 décembre 2013
- Ne devais-tu pas aller en Afrique aider ces populations à s'extirper de leur préhistoire ?
- Oh, je ne suis qu'un marin ...
- Et alors ? Quand tu réalises que tout n'est qu'hypocrisie, que la colonisation n'est en aucun cas entreprise philanthropique ou volonté de reculer les frontières de l'ignorance, de la maladie, de la tyrannie... Une fois que tu as admis qu'il s'agit avant tout d'aventuriers et de pirates, d'épiciers en gros et d'assassins, toi que fais-tu ? Tu continues à faire semblant d'être dupe !
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psamboupsambou   28 octobre 2014
Vous savez, j'en ai rencontré la-haut... Des sordides aventuriers, des téméraires sans vaillance, des cupides sans audace, des cruels sans courage. Arracher les richesses des entrailles de ce pays est tout ce qu'ils désirent.
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Blandine54Blandine54   03 février 2018
-Mais qu'êtes vous venu chercher au Congo ?
-Eh bien... parfois un rêve d'enfance... Il vous hante. Et vous n'avez d'autre choix que de le réaliser.
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MarcoPolo85MarcoPolo85   11 avril 2013
Aujourd'hui l'ivoire, demain le caoutchouc, les diamants...Nous sommes en Afrique mon cher! Notre morale bourgeoise cesse d'exister aussitôt les portes du continent franchies.
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Vidéo de Christian Perrissin
Février sera un mois de voyages. Chacun à sa manière, nos albums Futuro raconteront de grandes migrations : une expédition autour du monde dans Le Voyage du Commodore Anson, le quotidien des réfugiés dans Chez Nous, les migrations des Oiseaux et l'exil d'Inna Shevchenko dans le tome 2 de Prénom : Inna.
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