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Guillemette Belleteste (Traducteur)
ISBN : 274360770X
Éditeur : Payot et Rivages (01/03/2001)

Note moyenne : 4.31/5 (sur 273 notes)
Résumé :
Nathan Price, pasteur baptiste américain au fanatisme redoutable, part en mission au Congo belge en 1959 avec sa femme et ses quatre filles. Ils arrivent de Géorgie dans un pays qui rêve d'autonomie, et de libertés. Tour à tour, la mère et les quatre filles racontent la ruine tragique de leur famille qui, même avec sa bonne volonté et ses croyances de fer, ne résiste à rien, ni à la détresse, ni aux fourmis, ni aux orages... ni aux Saintes Écritures.

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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
yva63
  15 février 2013
A la veille de la décolonisation, un pasteur baptiste fanatique part avec sa femme et ses filles au Congo Belge afin d'évangéliser un village reculé. le père avec une obstination qui tourne à la démence tente de baptiser la population délaissant sa famille alors que le pays, avec la proclamation de son indépendance, la prend au piège en sombrant dans le chaos. Les 5 femmes survivront et tour à tour nous raconteront cette expérience extrême qui les aura marquées à jamais.
Le roman, tragique mais empreint aussi de drôlerie et d'un humour ravageur (les filles du pasteur ne sont pas des mauviettes !) fait mouche dès le départ et nous faisons vite cause commune avec elles. Bien sûr, l'histoire de cette famille est indissociable du contexte politique dans lequel elle se déroule : sans didactisme, entremêlant habilement les deux, Barbara Kingsolver nous fait vivre cette période trouble et mouvementée du Congo devenant Zaïre et n'hésite pas à pointer du doigt les sinistres agissements des occidentaux.
« Les yeux dans les arbres » est un magnifique roman, sans doute le plus ambitieux et abouti de Barbara Kingsolver.
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pyrouette
  07 novembre 2017
Cette histoire pourrait être d'actualité. La religion ou plutôt les religieux extrémistes et fanatiques peuvent entraîner le chaos dans leurs familles mais aussi auprès de tous ceux qu'ils essaient de convaincre.

Nathan, époux et père violent voulait prêcher la bonne parole au Congo. Il décide de partir avec sa famille. du confort américain, ils passent à la débrouillardise africaine. Vivre avec des serpents et autres animaux venimeux qui s'invitent dans la maison, pas facile pour les trois adolescentes dont une handicapée et une petite fille de cinq ans. Quant à leur mère, elle devra apprendre à dépecer les animaux pour manger, aller chercher de l'eau, tout faire bouillir.
Nathan n'a que faire de la survie des siens. Son but est de baptiser tout un village. Il se heurtera avec le chef du village, pendant que les habitants aident sans rien dire Orleanna et les quatre filles. L'histoire du pays change avec la déclaration d'indépendance du Congo belge qui deviendra le Zaïre par la suite. Les habitants votent, apprennent qu'ils ont des droits, des choix. Nathan et sa parole de Dieu peuvent aller se faire pendre. Son fanatisme, pourtant, ne va pas se calmer.
Dix-sept mois d'enfer dans une vie cela ne devrait pas faire le poids. Sauf, pour une mère qui devra choisir par deux fois entre ses filles, pour les sauver. La mort de la petite dernière, mordue par un serpent, va déclencher chez elle un réflexe de survie et elle part avec ses trois autres filles, laissant le père sur place. Elles vont parcourir, à pieds, la moitié du pays avec la saison des pluies et Orleanna ne rentrera aux Etats-unis qu'avec une de ses filles, les deux autres, trop malades pour continuer le voyage, resteront sur place.
Orleanna, Rachel, Leah et Adah vont devoir apprendre à vivre avec leur culpabilité, leurs regrets, leurs envies, chacune à sa façon. le reste de l‘histoire est aussi intense, mais je ne vous raconterai plus rien, à vous de lire ce roman passionnant, dépaysant, difficile parfois mais avec cette pointe d'humour qui est une seconde nature chez l'auteure et l'amour d'un pays qui reste collé à la peau.

Lien : http://pyrouette.canalblog.c..
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Ancolie
  08 janvier 2013
Il est des livres dont on se demande pourquoi on n'en a pas entendu parler plus tôt. Dès qu'on les entame, on sent qu'ils sont faits pour nous.
Etats-Unis. 1959. Un pasteur veut partir au Congo pour porter la bonne parole. Faisant fi des conseils de son entourage, il s'entête et part avec sa famille – son épouse et ses quatre filles - dans un village où tout est à faire au niveau religieux (pense-t-il).
Nous allons suivre la manière dont est vécue cette nouvelle vie avec les yeux des quatre soeurs et de leur mère.
Une vie difficile entre le choc culturel, la différence de niveaux de vie, les troubles politiques et le caractère dur du père. le pasteur est un homme envahi par sa foi, au point qu'il s'éloigne de la réalité. Il maltraite son épouse et ses filles, chaque action de leur part qui ne répond pas à l'enseignement de Jésus leur est reproché.
Rachel, la soeur aînée, nous parle de ce bouleversement avec justesse : «Ce qui nous est arrivé au Congo tient au fait qu'il a fallu que, manque de veine, deux mondes opposés se rentrent dedans et provoquent une tragédie. Après un coup tel que celui-là, on ne peut que suivre la voie de son coeur. Et dans la famille, on dirait que nos coeurs renferment des choses foncièrement différentes.» En effet, au-delà des tragédies qui ponctuent leur existence au Congo, on ressent très fort les différences de caractère des personnages. Leur manière unique de réagir aux événements renforce ce roman. Cinq voix nous parlent, cinq voix qui forment une chaîne de 1959 à 1986, cinq voix qui prendront des chemins très différents.
Le colonialisme en Afrique est un sujet qui m'intéresse énormément et mon intérêt a été comblé. J'ai été emportée par Rachel, Adah et les autres et l'auteur nous offre une peinture riche du Congo d'après l'indépendance. C'est un magnifique roman que je conseille vivement. Indéniablement, un coup de coeur.
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saphoo
  03 mai 2017
Une lecture très intéressante sur la colonisation et le combat pour l'indépendance. le choc des cultures, entre une famille américaine croyante et une Afrique démunie, prise entre les colons et son besoin de retrouver sa liberté.
Ce roman nous dévoile ce pan d'histoire au coeur même de la population, sans nous épargner le pour ou le contre.

Encore une lecture enrichissante au-delà de ce fait historique, elle nous ouvre le chemin sur des réflexions qui sont malgré tout toujours en latence pour mieux nous éclater en pleine face dans un futur proche, sous d'autres formes, mais nous y sommes confrontés en permanence, ce besoin que l'homme a de conquérir des territoires, imposer sa culture et sa religion.
Parlant de religion, le père, missionnaire baptiste, m'a exacerbée au plus au point, ce personnage nous pointe du doigt, une forme d'aveuglement pour un dieu au détriment de sa famille, de sa vie, il y a un moment il faut savoir ouvrir les yeux et se rendre à l'évidence, dans des cas aussi dramatiques vécus par ces africains, tous les dieux rassemblés n'ont jamais pris en considération leurs prières, qu'ils soient catholiques ou autres, les misérables sont restés englués dans leur pauvreté, leur famine, leur souffrance, et la guerre n'a pas été évitée entre les "blancs et les noirs".
J'ai bien aimé la forme du roman , où chacun a la parole hormis le père et heureusement, le point de vue des filles et de la mère à tous les stades de cette aventure périlleuse. le choc des cultures, fut réellement une épreuve morale, physique qui a su leur donner une certaine force, certes, mais aussi beaucoup de souffrance et une perte douloureuse.
Un roman qui nous percute et nous sonne, nous laissant en admiration face au courage de ces femmes, mais aussi une belle leçon de vie et d'humilité. Des réflexions sur l'Humain dans un large registre.
Un livre qui nous poursuit au delà de la lecture et un bon pavé pour nous plonger au coeur de l'Afrique meurtrie par tant de colonisation, de bien d'autres misères.
A lire assurément.
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AireLibre
  02 mars 2008
Attention : grand choc de lecture. Ce roman est le plus difficile de ses textes à aborder, mais pour moi il est également le plus dense, le plus profond, le plus intense. Il s'agit d'un roman polyphonique : on y entend tour à tour la voix des différentes protagonistes ; mais d'un genre particulièrement original : ce sont les voix des femmes de la même famille, la mère et ses quatre filles.
Toutes les cinq sont entraînées par la volonté du père, pasteur évangéliste, au coeur du Congo des années 60 pour apporter la foi chrétienne au coeur de la jungle. Rien ne les avait préparé à la vie qu'ils allaient mener là-bas. Aux difficultés quotidiennes s'ajoutent la tension politique grandissante d'un pays en crise. Chacune devra trouver sa voie dans le chaos qui s'annonce.
Barbara Kingsolver a réussi un roman grandiose, époustouflant dans ses descriptions de cette Afrique subsaharienne, passionnant dans les tourbillons de la guerre civile, parfois drôle ou poignant, comme toujours. Ici encore, on est touché par l'authenticité de ses personnages. Voici exactement le genre de livre dont on sort nourri.
http://librairepassion.blog.ouestjob.com/index.php/post/2008/02/11/Barbara-Kingsolver
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
verbisverbis   25 avril 2010
Mais le dernier : le bébé qui traîne son odeur comme un drapeau de reddition à travers ta vie parce qu'il n'y en aura plus d'autres à venir - oh, c'est l'amour au nom différent. C'est l'enfant que tu tiens dans tes bras pendant une heure après qu'elle se soit endormie. Si tu la déposais dans son berceau, elle pourrait se réveiller autre et s'envoler. Alors tu te balances auprès de la fenêtre, buvant la lumière de sa peau, respirant les rêves qu'elle exhale. Ton coeur gémit au double croissant de lune de ses cils abaissés sur ses joues. Elle est celle que tu ne peux te résoudre à poser.
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JaneEyreJaneEyre   16 août 2017
«Imagine une ruine si étrange qu'elle n'a jamais dû avoir lieu. D'abord représente-toi la forêt. Je veux que tu en sois la conscience, les yeux dans les arbres. Les arbres sont des fûts d'écorce lisse et mouchetée telle des bêtes musculeuses qui auraient poussé dans la déraison. Le moindre espace fourmille de vie: de délicates grenouilles vénéneuses, aux peintures de guerre en forme de squelettes, accolées en pleine copulation, sécrétant leurs œufs précieux sur les feuilles ruisselantes. Des lianes étranglant leurs pareilles dans leur éternelle lutte pour la lumière du soleil. La respiration des singes. Le glissement d'un ventre de serpent sur une branche. Une armée de fourmis en colonne débitant un arbre géant en grains uniformes qu'elles entrainent vers d'obscures profondeurs à destination de leur reine vorace. A laquelle répond un chœur de jeunes plants inclinant leurs cols surgis de souches pourries, aspirant la vie de la mort. Cette foret se dévore elle-même, vivante à jamais.»
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tantquilyauradeslivrestantquilyauradeslivres   11 décembre 2014
« Envisage même une Afrique qui n’aurait pas été conquise. Imagine ces premiers aventuriers Portugais aux approches du rivage, scrutant les abords de la jungle à travers leur longue vue de cuivre ajustées. Imagine que par quelque miracle de peur ou de respect, ils aient abaissé leurs lunettes, fait demi-tour, hissé les voiles et repris la mer. Imagine que tous ceux qui sont venus après en aient fait autant. Que serait maintenant l’Afrique ? »
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doudou973doudou973   08 novembre 2017
Voici ce que je vois : d’abord, la forêt. Des arbres tels des bêtes musculeuses grandies au-delà de toute raison. Des lianes qui étranglent leurs semblables dans leur lutte pour le soleil. Le glissement d’un ventre de serpent sur une branche. Un chœur de jeunes plants inclinant leurs cols surgis de souches d’arbres décomposées, aspirant la vie de la mort. Je suis la conscience de la forêt, mais souviens-toi, la forêt se dévore elle-même et vit éternellement.
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elobeelobe   27 mai 2012
(Adha)
Miss Betty m'a mise au coin jusqu'à la fin de l'heure afin de prier pour mon salut, à genoux sur des grains de riz secs. Quand je me suis enfin relevée, avec des grains durs enfoncés dans les genoux, j'ai découvert, à ma grande surprise, que je ne croyais plus en Dieu.
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