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ISBN : 2020849534
Éditeur : Seuil (16/02/2006)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 232 notes)
Résumé :
Verre Cassé est un client assidu du Crédit a voyagé, un bar congolais crasseux. Un jour, le patron lui propose d'écrire les histoires héroï-comiques des habitués, une troupe d'éclopés aux destins pittoresques ... Dans cette farce métaphysique où le sublime se mêle au grotesque, Alain Mabanckou nous offre le portrait truculent d'une Afrique drôle et inattendue.

«Quand il lira tout ça je ne serai plus un client de son bar, j'irai traîner mon corps squel... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (42) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
07 janvier 2016
Bref.
J'ai découvert Verre cassé.
J'étais au resto chinois, un midi. Pause déjeûner vite fait avec une collègue. J'hésite entre rouleau de printemps et nems. Donc je prends une salade chinoise: une pousse de soja et une crevette. Mais taille xxl. Deux crevettes.
J'entends glousser à la table voisine.
Une femme, seule. Des nems dans l'assiette, un livre dans la main.
J'enquête. Pas longtemps, car je regarde les Experts: je suis une pro.
J'me dis: "C'est pas le nem qu'est drôle".
Je comprends que c'est le bouquin qui la fait rire. J'ai prévenu. Je suis une pro.
J'attends, l'ouïe en éveil. Elle rit encore.
J'me dis: "Mmmm... une nouvelle mission. Trouver le titre de ce bouquin."
Je me transforme en Horatio Caine. Rayban sur le nez et tête penchée. Incognito.
J'essaie de lire le titre à l'envers. J'vois pas le titre.
Je me contorsionne sur ma chaise pour voir le titre. J'vois pas le titre. 
Je fais tomber un truc par terre pour mieux voir le titre. J'vois pas le titre.
Je demande à ma collègue de lire le titre. Elle me dit: "Salade vietnamienne aux crevettes".
Plan B. Je décide de passer à l'interrogatoire direct. Je me donne une contenance, je la joue pro. Je garde mes lunettes de soleil et je continue à pencher la tête. Horatio Caine à s'y méprendre.
Je dis: "Echcusez moi m'dame, ch'est quoi che bouquin qui vous fait rire?" J'avais une crevette coincée entre les dents. Horatio Caine croisé avec Isabelle Mergault.
Elle dit: "Euh... c'est un petit livre conseillé par ma libraire."
Je dis: "Hey calmos. T'emballes pas. J'te demande pas de me raconter ta vie, j'veux juste le titre."
Bon j'dis pas vraiment ça en fait. Je suis polie.
Je dis plutôt: "Ah sympa votre libraire. Et le titre?"
Elle dit : "Verre cassé d'Alain Mabanckou. L'auteur qui a écrit Mémoires d'un porc-épic."
Je voulais pas avoir l'air cruche. Je pense: "Porc-épic et colégram?" Mais je dis: "Ouais ouais, je vois bien."
Bon je voyais que dalle en fait. Enfin si, je voyais. Mais de loin. Jamais lu Mabanckou, mais le nom me parlait vaguement. Donc je voyais sans voir. Je voyais plus le petit piment que le porc-épic mais je voulais pas entrer en terre inconnue. J'avais pas la tenue de Lopez.
Un hochement de tête, un clin d'oeil, un sourire, je fais genre on se comprend. J'ai quand même eu l'air cruche.
Je dis: "Ça parle de quoi?"
Elle dit: "C'est compliqué à expliquer. Mais c'est drôle. Enfin pas que drôle. Faut le lire."
Super. Elle joue aux énigmes l'insolente. J'avance à rien là. Je patine dans le canard laqué. Et elle se fout de moi en plus.
Du coup, j'abrège.
J'enfourne la deuxième crevette et je dis: "Merchi, bon appétit." Je suis polie.
Je remets ma tête droite, j'enlève mes Rayban. Et j'ai plus de crevettes.
C'était il y a un mois. J'ai trouvé le bouquin, j'ai lu le bouquin.
J'avais pas de nems mais j'ai riz aussi. Car c'est drôle. Enfin pas que drôle. Tragique, érudit, saugrenu, invraisemblable, des clins d'oeil littéraires en pagaille.
Finalement c'est vrai que c'est compliqué à expliquer Verre cassé. Elle s'est pas foutu de moi. Faut le lire.
Bref, j ai lu et adoré Verre cassé.
(Un vrai grand merci à la dame aux nems. Si elle se reconnait...)
 
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Pirouette0001
09 octobre 2015
Voici un auteur manifestement fâché avec la ponctuation car, à part les virgules, il n'y a pas un seul point quelconque, ni de majuscules. Mais ne vous arrêtez pas à cela. Verre Cassé va nous conter les histoires singulières des assidus du Crédit a voyagé, un bar qui pourrait se trouver dans n'importe quelle ville d'Afrique noire.
L'auteur, Alain Mabanckou, a un talent certain de conteur. Je me suis laissée entraîner sans aucune difficulté dans les méandres des récits de vie qu'il nous présente avec infiniment de tendresse, malgré la souffrance et les malheurs que les protagonistes traversent.
Mais n'allez pas croire que l'histoire est simpliste. Car Mabanckou défie à tout moment son lecteur en émaillant son texte de références littéraires.
Ainsi un des clients raconte à Verre cassé que sa femme l'a fait passer pour un pédophile et se défend : "est-ce que tu me vois, moi, souiller le vestiaire de l'enfance, est-ce que tu me vois, moi, arracher les bourgeons, est-ce que tu me vois, moi, tirer sur les enfants, c'est impossible" et plus loin : " (un) policier de nationalité féminine (...) a dit que même mort elle me piétinerait, qu'elle irait cracher sur ma tombe, elle a dit que je ressemblais à un marin rejeté par la mer, que je devais savoir que chaque crime a son châtiment, (...)" et donc, si vous ne connaissez pas l'oeuvre du prix Nobel japonais Oé, celle de Vian, de Mishima, de Dostoïevski, vous êtes passés à côté de ses clins d'oeil.
Un coup de coeur assurément.
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Kittiwake
14 août 2015
La vie en Afrique au travers des aventures rocambolesques des clients d'un bar “Le Crédit a Voyagé”. Les personnages se confient à Verre cassé, chargé de recueillir les aventures mi tragiques mi comiques de la "bande d'éclopés " qui désaltèrent leur soif d'échange. Au delà des brèves de comptoirs, les récits charrient de nombreuses références, Et pas uniquement les clins d'oeil à la littérature africaine qu'y glisse Alain Mabanckou. Ce sont des contes universels, magnifiés par le verbe haut des narrateurs.
Le style est surprenant : ponctuation réduite à des virgules, pour coller à la tradition orale. On s'y fait rapidement
Beaucoup plus drôle, malgré le tragique, que les “Mémoires d'un Hérisson” du même auteur.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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mariecesttout
07 avril 2014
Un bar à Brazzaville , le Crédit a voyagé. Un narrateur, Verre Cassé, à qui le patron , l'Escargot Entêté , a demandé d'écrire l'histoire du bar et de ses habitués, et ils sont nombreux..
C'est un monologue , une seule phrase, jamais de points , un torrent de paroles.
Mais en fait, tout est construit à partir de citations utilisées telles quelles, ou tronquées ( le Crédit a voyagé est déjà une référence à Céline que l'on retrouve beaucoup) ,déformées mais complètement intégrées dans le texte , et ça devient un vrai jeu de les deviner, elles sont innombrables et viennent de toute la littérature . Beaucoup d'auteurs africains, mais tout y passe!
Verre Cassé va donc nous raconter sa vie et celle d'autres personnages de cette Cour des miracles africaine. C'est au Crédit a voyagé que se déversent tous les griefs, et Verre Cassé est un ancien instituteur déchu du corps enseignant car il boit beaucoup..
Ce n'est pas un roman très gai sur le fond,c'est même profondément pessimiste, il contient une critique sociale très forte et surtout une dénonciation des dictatures africaines.
Mais c'est un roman , c'est vrai, assez jubilatoire à lire , un tour de force littéraire, une fresque picaresque et un hommage assez extraordinaire à la littérature mondiale.
" j'ai pris la résolution de ne plus écouter son histoire de merde, j'étais à deux doigts de la retirer de cette histoire de merde, de brûler les pages consacrées à sa mort à crédit.."
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le_Bison
24 septembre 2012
« … il a commandé une bière Flag… »
La Flag… il m'en faut pas plus pour transporter mon esprit de l'autre côté de la Méditerranée, mais n'essayez pas de la goûtez dans notre contrée froide, elle ne paraîtra que trop fade car pour bien apprécier cette bière, il faut avoir pris la bateau, sentir la moiteur du port de débarquement, respirer cette air moite et cette chaleur qui vous colle à la tunique, transpirer et suer à grosses gouttes et surtout avoir en bouche ce goût âcre de la latérite, poussière rouge qui vous assèche le gosier, à ce moment-là, le bonheur n'est qu'à une capsule de Flag, et qui dit bonheur, dit jubilation
« … il a commencé par critiquer les pays européens qui nous avaient bien bernés avec le soleil des indépendances alors que nous restons toujours dépendants d'eux, puisqu'il y a encore des avenues du Général-de-Gaulle, du Général-Leclerc, du Président-Coti, du Président-Pompidou, mais il n'y a toujours pas en Europe des avenues Mobutu-Sese Seko, Idi-Amin-Dada, Jean-Bedel-Bokassa et bien d'autres illustres hommes qu'il avait connus et appréciés pour leur loyauté, leur humanisme et leur respect des droits de l'homme, donc nous sommes toujours dépendants d'eux parce qu'ils exploitent notre pétrole et nous cachent leurs idées, parce qu'ils exploitent notre bois pour bien passer l'hiver chez eux, parce qu'ils forment nos cadres à l'ENA et à Polytechnique, ils les transforment en petits Nègres blancs… »
je jubile, tu jubiles, nous jubilons tous ensemble avec Alain Mabanckou et surtout ce « Verre Cassé », l'âme africaine, l'écrivain qui écrit sur ce bar que je fréquentes assidûment depuis les premières pages depuis que j'ai soif depuis que j'ai envie ce besoin de boire une Flag depuis que je veux voir du monde, des comiques et de belles gazelles noires, des gazelles avec des nichons énormes et un cul encore plus
« … j'avais croisé Céline au Timis, c'est une boite de nuit black très connue et qui se situe vers Pigalle là-bas, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, je ne sais pas ce qu'elle foutait au milieu de cette forêt de Nègres en rut et sans manières même si on dénombrait quelques autres Blanches dedans, mais ces autres Blanches se coltinaient des fesses si plates qu'on pouvait repasser sa chemise dessus, or Céline m'avait flashé avec son derrière, sa taille, ses deux énormes pastèques greffées à la poitrine… »
j'aime les pastèques, ça rafraichit, ça désaltère, j'aime les filles fraiches, ça désaltère aussi quand je m'accroche à leurs pastèques, je suis comme ça, un obsédé de la pastèque, grosse et mure car j'ai toujours soif, une soif sans fin et sans faim, jamais rassasié, j'en veux toujours plus et ces filles qui fréquentent le « Crédit a voyagé », ce bar malfamé de Brazzaville sur lequel j'écris mes quelques chroniques me font bander, à mon âge, faut me comprendre, je suis seul, vieux et sale et j'ai plus que le sexe et la flag pour me faire passer quelques frissons à mon âme grisonnante
« … c'est vrai que j'aime les filles du quartier Rex, oui, j'aime le goût des jeunes filles du Rex, de vraies belles du Seigneur, elles savent manier la chose en soi, elles sont nées avec ça autour des reins, jamais un homme ne vivra de telles stupeurs, de tels tremblements sous son toit conjugal, et puis les petites-là sont terribles, je te dis, Verre Cassé, c'est des volcans, ces petites, elle tes promettent le ciel et te l'offrent enroulé dans du papier cadeau alors que nos femmes de la maison ne réalisent plus aucune promesse, or les petites du quartier Rex, c'est tout chaud, c'est à la fois du caoutchouc et de l'élastique, c'est tout piquant, tout sucré, c'est fiévreux, elles te parlent à l'oreille, elles accompagnent ton érection au millimètre près, elles savent où te toucher pour réveiller l'alternateur endormi, elles savent comment ne pas te faire caler au rond-point, elles savent faire tourner la turbine, passer les vitesses, accélérer, on est heureux, on a la vie devant soi… »
un proverbe congolais dit qu'il ne faut pas mettre la turbine avant les boeufs, c'est ça l'Afrique, prendre son temps, se faire plaisir et sentir la fièvre monter en toi, sentir ce mélange de musc et de sueur, sentir ton sexe se gonfler, renifler son sexe, entendre le bruit des gamins dans la rue, le bruit des ivrognes traînant leurs loques, le bruit d'un Fanta orange qu'on décapsule, le bruit d'une Mama aguicheuse aves ses grosses fesses et son pagne autour, et le bruit de Robinnette, sacrée Robinette, qui pisse des litres et des litres de bières
« … Robinette boit plus que moi, elle boit comme les tonneaux d'Adélaïde que les Libanais vendent au Grand Marché, Robinette boit, boit encore sans même se soûler, et quand elle boit comme ça elle va pisser derrière le bar au lieu d'aller aux toilettes comme tout le monde, et quand elle pisse derrière le bar elle met au moins dix minutes à uriner sans s'arrêter, ça coule et coule encore comme si on avait ouvert une fontaine publique, c'est pas du bluff, c'est incroyable mais vrai, tous les gars qui ont essayé de la concurrencer en matière de pisse à durée indéterminée ont fait l'adieu aux armes, ils ont été vaincus, écrasés, laminés, ridiculisés, roulés dans la poussière, dans la farine de maïs… »
je l'aime cette Robinette, faut pas lui tchatcher ces paroles, mais putain quel effet elle me fait cette gazelle, avec son derrière de mammifère périssodactyle, c'est peut-être la femme de ma vie, allez savoir, qui sait, personne, pas même moi, ni même le bon Dieu qui me regarde pisser de là-haut, parce que après tout la Flag, ça fait quand même sacrément pisser et je sens qu'il va falloir que je me soulage bientôt, faut que je trouve un arbre
« … et donc Robinette a d'abord ôté sa chemise en pagne, il faut dire honnêtement que ce spectacle était loin de celui d'une Margot qui dégrafait son corsage, elle a ensuite soulevé son pagne jusqu'à la naissance de ses reins, et on a vu son derrière de mammifère périssodactyle, ses grosses cuisses potelées de personnage féminin de peinture naïve haïtienne, on a vu ses mollets de bouteille de bière Primus, elle ne portait pas de slip, la garce, c'est peut-être parce qu'il n'existe pas de slip qui puisse domestiquer sa montagne de fesses, et donc elle a poussé un long rot qui nous a rebutés, et elle a dit à haute voix « au plaisir de Dieu, la vérité va se voir à la lueur de l'aube, en avoir ou pas, c'est ce que nous allons vérifier, mes amis », et puis on a vu son sexe lorsqu'elle a écarté les tours jumelles qui lui servent de fesses, tout le monde a applaudi, et curieusement, j'ai même bandé à mort comme les autres témoins, faut être honnête et ne pas cacher la vérité, oui j'ai bandé parce qu'un derrière de femme c'est toujours un derrière de femme, qu'il soit petit, gros, plat, potelé, avec des zébrures, avec des pigments qui vous causent des névralgies, avec des tâches de vin de palme, on bande d'abord et on décide ensuite si on y va ou si on n'y va pas… »

sacrée Robinette, elle m'émeut cette gazelle, elle a tout pour me plaire, faudra qu'un jour je l'invite à boire une flag autour d'un poulet Maffé peut-être qu'après elle me laissera caresser ses cuisses, je lui proposerai une nouvelle Flag qu'elle s'empressera d'accepter alors j'irai lui ploter les nichons, une autre flag, oui, bien sur, et là j'irai même jusqu'à lui passer la main dans sa culotte humide et qui sait avec une dernière flag elle se mettra nue devant moi, mon bangala fera le fier, il se redressera au garde-à-vous prêt à fusiller prêt à libérer sa décharge, oui je crois que je l'aime cette Robinette
« … et moi je dis que je n'ai pas encore bu, que depuis ce matin j'ai pas bu une seule goutte d'alcool, et je ris en débitant ce mensonge gros comme une résidence secondaire d'un dictateur africain… »
des paroles, paroles, paroles, pas de mensonge, une vérité crue, celle de mon âme, celle de ma bouteille, celle de l'Afrique, de ses gens, de son peuple, noir, fidèle, perdue, amoureux, ivre, heureux, l'Afrique sous toutes ses coutures dans un bar et moi qui l'observe, la dissèque, oui j'ai tant adoré ce Verre Cassé que je l'amènerai avec moi si je devais partir là-bas et je garderai toujours une pensée pour ce livre tant il m'a marqué lorsque je sentirai les gorgées de Flag venues désaltérer mon gosier rougi par la sècheresse et la poussière de latérite, oui ce livre est un chef d'oeuvre à déguster et à puiser comme un bon Bukowski
« … « Verre Cassé, sors-moi cette rage qui est en toi, explose, vomis, crache, toussote ou éjacule, je m'en fous mes ponds-moi quelque chose sur ce bar, sur quelques gars d'ici, et surtout sur toi-même », ces paroles m'avaient cloué un moment le bec, j'avais failli verser des larmes, je ne me souvenais plus de quel écrivain ivrogne nous avions discuté, de toutes les façons y en avaient plusieurs qui buvaient, et y en a qui boivent à mort parmi les contemporains… »
je suis essoufflé, point.
Lien : http://leranchsansnom.free.f..
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Citations & extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
mariecesttoutmariecesttout06 avril 2014
... le président camerounais Paul Biya a dit " Le Cameroun, c'est le Cameroun", et le chef des nègres a dit "non, c'est pas bon, tout le monde sait que le Cameroun restera toujours le Cameroun, et il ne viendrait à l'idée d'aucun pays du monde de lui voler ses réalités et ses lions, qui sont de toute façon indomptables, allez, on passe", l'ancien président congolais Yombi Opangault a dit " Vivre durement aujourd'hui pour mieux vivre demain", et le chef des nègres a dit " non, c'est pas bon, faut jamais prendre les gens de ce pays pour des naïfs, et pourquoi ne pas mieux vivre dès aujourd'hui et se moquer du futur, hein, d'ailleurs ce type qui a dit ça a vécu dans l'opulence la plus choquante de notre histoire, allez, on passe", Karl Marx a dit " La religion, c'est l'opium du peuple", et le chef des nègres a dit " non, c'est pas bon du tout, nous passons notre temps à persuader le peuple que c'est Dieu qui a voulu de notre président-général des armées, et on va encore dire des conneries sur la religion, est ce que vous ignorez que toutes les églises de ce pays sont subventionnées par le président lui-même, hein, allez, on passe", le président François Mitterrand a dit " Il faut laisser le temps au temps",et le chef des nègres s'est énervé, il n'aime pas entendre parler de ce type, et il a dit "non, c'est pas bon, ce président a pris tout le temps pour lui même, et il presque laminé et ses adversaires et ses amis avant de tirer sa révérence et aller s'installer à la droite de Dieu, allez, on passe", Frédéric Dard alias San Antonio a dit " Il faut battre le frère quand il est chauve", et le chef des nègres a dit " non, c'est pas bon, y a trop de chauves dans e pays, les gens du sud du pays vont croire que c'est une phrase en patois du Nord et les gens du nord du pays vont croire que c'est une phrase en patois du Sud,il faut éviter ces quiproquos, allez, on passe", Ponce Pilate a dit "Ecce homo", et le chef des nègres a dit "non, c'est pas bon, je fais la même remarque que pour les élucubrations de Caton l'Ancien, on passe", Jésus en mourant sur la croix a dit " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez vous abandonné", et le chef des nègres a dit "non, c'est pas bon, c'est trop pessimiste, c'est trop pleurnichard pour un gars comme ce Jésus qui avait pourtant tous les pouvoirs entre les mains pour foutre la merde ici-bas, on passe", Blaise Pascal a dit " Le nez de Cléopâtre, s'il avait été plus court, toute la face de la terre aurait changé", et le chef des nègres a dit "non, c'est pas bon, il s'agit aujourd'hui d'une question de politique et non de chirurgie esthétique, allez, on passe", donc les nègres du président ont passé en revue des milliers de citations et bien d'autres paroles historiques sans vraiment trouver quelque chose pour le premier citoyen du pays parce que le chef des nègres disait chaque fois " c'est pas bon, allez, on passe", et puis, à 5 heures du matin, avant le premier chant du coq, un des conseillers qui visionnait des documentaires en noir et blanc a fini par trouver une formule historique.....
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le_Bisonle_Bison27 juillet 2012
… il ose me traiter de capitaliste, je pouvais encore tout accepter d’un diable qui me dit va de retro Satana, mais pas être traité de capitaliste, est-ce que moi j’exploite les pauvres, moi, est-ce que moi j’aime le profit, moi, est-ce que moi je fais l’exploitation de l’homme par l’homme, moi, je suis quand même Zéro Faute, demandez à n’importe qui et on vous dira que moi j’ai fait recouvrer la vue aux aveugles, les jambes aux paralytiques, la voix aux muets, les ovules aux femmes stériles, l’érection aux hommes qui ne bandaient plus même le matin quand le pipi gonfle normalement la chose de tous les mâles, est-ce que vous savez au passage que j’ai aidé le maire de cette ville à se faire réélire à vie, … je ne parle non plus du retour au foyer conjugal de la femme du préfet de cette région, ce n’est pas pour rien qu’on m’appelle Zéro Faute…
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mariecesttoutmariecesttout07 avril 2014
.à midi pile, au moment où la population se mettait à table pour savourer le poulet-bicyclette, le président-général des armées a occupé les radios et la seule chaîne de télévision du pays, l'heure était grave, le président était tendu comme la peau d'un tambour bamiléké, c'était pas facile de choisir le moment propice pour laisser une formule à la postérité, et, en ce lundi mémorable, il était endimanché, paré de ses lourdes médailles en or, il ressemblait désormais à un patriarche à l'automne de son règne, et tel qu'il était endimanché, ce lundi mémorable, on aurait cru que c'était la Fête au bouc que nous célébrons pour perpétuer la mémoire de sa grand-mère, et alors, se raclant la gorge pour chasser le trac, il a commencé par critiquer les pays européens qui nous avaient bien bernés avec le soleil des indépendances alors que nous restons toujours dépendants d'eux puisqu'il y a encore des avenues du Général-de- Gaulle, du Général-Leclerc, du Président-Coti, du Président-Pompidou, mais il n'y a toujours pas en Europe des avenues Mobutu See Seko, Idi Amin-Dada, Jean Bedel-Bokassa et bien d'autres illustres hommes qu'il avait connus et appréciés pour leur loyauté, leur humanisme et leur respect des droits de l'homme, donc nous sommes toujours dépendants d'eux parce qu'ils exploitent notre pétrole et nous cachent leurs idées, parce qu'ils exploitent notre bois pour bien passer l'hiver chez eux, parce qu'ils forment nos cadres à l'ENA et à Polytechnique, ils les transforment en petits Nègres blanc, et donc les Nègres Banania sont bien de retour, on les croyait disparus dans la brousse, mais ils sont là, prêts à tout, et c'était ainsi que notre président s'exprimait, le souffle coupé, le poing fermé, et dans ce discours sur le colonialisme, le président général des armées s'en est pris au capitalisme avec ses outrages et ses défis, il a dit que tout ça, c'était de l'utopie, il s'en est pris en particulier aux valets locaux des colonialistes, ces types qui habitent dans notre pays, qui mangent avec nous, qui dansent avec nous dans les bars, qui prennent les transports en commun avec nous, qui travaillent avec nous aux champs, dans les bureaux, aux marchés, ces couteaux à double lame qui font avec nos femmes des choses que la mémoire de ma mère morte dans la Tchinouka m'interdit de décrire ici, or ces types sont en réalité les taupes des forces impérialistes, disons que la colère du président-général des armées est montée de dix crans parce qu'il haïssait les valets de l'impérialisme et du colonialisme comme on pouvait haïr les chiques, les punaises, les poux, les mites, et le président -général des armées a dit qu'on devait traquer ces félons, ces marionnettes, ces hypocrites, il les a carrément traités de tartuffes, de malades imaginaires, de misanthropes, de paysans parvenus, il a dit que la Révolution prolétarienne triomphera, que l'ennemi sera écrasé, qu'il sera repoussé d'où qu'il vienne, il a dit que Dieu était avec nous, que notre pays était éternel comme lui même l'était, il a recommandé l'unité nationale, la fin des guerres tribales, il a dit que nous descendions tous d'un même ancêtre, et il a enfin abordé " L'Affaire Le Crédit a voyagé" qui divisait le pays, il a vanté l'initiative de l'Escargot entêté, il a promis de lui décerner la Légion d'honneur, et il a terminé son discours par les mots qu'il voulait à tout prix laisser à la postérité, on a su que c'étaient ces mots là parce qu'il les a répété à plusieurs reprises, ses bras ouverts comme s'il enlaçait un séquoia, et il a répété " je vous ai compris", sa formule aussi est devenue célèbre dans le pays, et c'est pour ça qu'ici, pour plaisanter, nous autres de la plèbe disons souvent que "le ministre accuse, le président comprend"
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mariecesttoutmariecesttout04 avril 2014
le lendemain de l'intervention du ministre Zou Loukia, le président de la République en personne, Adrien Lokouta Eleki Mingi a piqué une colèreen écrasant les raisins qu'il aimait pourtant manger comme dessert tous les jours, et nous avons appris par Radio-Trottoir FM que le président Adrien Lokouta Ekeli Mingi, qui était par ailleurs général des armées, manifestait sa jalousie quand à la formule "j'accuse" du ministre de l'Agriculture, en fait le président-général des armées aurait voulu que cette formule populaire sorte de sa bouche à lui, il ne comprenait pas que ses conseillers n'aient pas imaginé une aussi courte formule pourtant efficace sur le terrain alors qu'on lui faisait dire des formules ampoulées du genre " Tout comme le Soleil se lève à l'horizon et se couche le soir sur le majestueux fleuve Congo", et alors, vexé, mortifié, diminué, rabaissé, frustré, le président AdrienLokouta Eleki Mingi a convoqué les nègres de son cabinet qui lui vouaient un grand amour, il leur a demandé de bosser comme ils n'avaient encore jamais encore bossé jusque là, il ne voulait plus de formules ampoulées servies par une poésie faussement lyrique, et les nègres de son cabinet se sont mis au garde-à-vous, en ordre, du plus petit de taille au plus grand, comme les Dalton que traque Lucky Luke dans les champs de cactus du Far West, et ces nègres ont dit en choeur " oui, mon commandant", alors que notre président Adrien Lokouta Eleki Mingi était un général des armées, il attendait d'ailleurs avec impatience une guerre civile entre nordistes et sudistes pour écrire ses mémoires de guerre qu'il intitulerait en toute modestie " Mémoires d'Adrien" , et le président-général des armées les a tous sommés de lui trouver une formule qui pourrait rester dans la postérité comme le " j'accuse" qu'avait prononcé le ministre Zou Loukia, et les nègres du cabinet présidentiel ont travaillé la nuit entière, à huis clos, ils ont ouvert et feuilleté pour la première fois les encyclopédies qui prenaient de la poussière dans les rayons de la bibliothèque présidentielle, ils ont aussi cherché dans les grands livres écrits en tout petit, ils ont remonté depuis l'origine du monde en passant par l'époque d'un type nommé Gutenberg, et celle des hiéroglyphes égyptiens jusqu'aux écrits d'un certain Chinois qui avait parait-il disserté sur l'art de la guerre et qui avait vécu prétendument à l'époque où on ne savait même pas que le Christ allait naître par une opération du Saint-Esprit et se sacrifier pour nous autres les pécheurs, mais les nègres d'Adrien n'ont rien trouvé d'aussi fort que le "j'accuse" du ministre Zou Loukia, alors le président-général des armées a menacé de virer son cabinet entier s'il n'avait pas son mot pour la postérité, il a dit " pourquoi je vais continuer à payer un tas d'imbéciles incapables de me trouver une formule qui frappe, qui reste, qui marque, je vous préviens que si j'ai pas ma formule avant que le coq n'annonce l'aube d'un autre jour, y aura des têtes qui vont tomber comme des mangues pourries qui tombent d'un arbre, oui pour moi vous n'êtes tous que des mangues pourries, c'est moi qui vous le dis, commencez à faire vos cartons et à chercher un pays catholique pour votre exil, ce sera l'exil ou la tombe, je vous dis, personne ne sort de ce palais à partir de cette minute , que je ne sente même pas l'odeur du café depuis mon bureau, encore moins les cigares Cohiba ou Montecristo, pas d'eau à boire, pas de sandwiches non plus, rien, rien et rien, ce sera la diététique tant que vous ne trouverez pas ma formule à moi, et alors dites moi donc comment ce petit ministre Zou Loukia a trouvé son "j'accuse" dont tout le monde parle dans le pays, hein, les Services de sécurité présidentielle m'ont dit qu'il y a même des bébés qui se prénomment "j'accuse", et que dire alors de toutes ces jeunes filles en chaleur qui se sont fait tatouer cette formule sur leur paire de fesses, hein, et d'ailleurs, ironie du sort, les clients des prostituées exigent que celles-ci aient ce tatouage, vous voyez dans quelle merde vous me foutez, hein, c'était quand même pas sorcier à trouver, cette formule, voyons, est ce que les nègres du ministre de l'Agriculture sont meilleurs que vous, hein, est ce que vous êtes conscients que ses nègres à lui n'ont même pas chacun une voiture de fonction, ils prennent le bus du ministère, ils ont des salaires minables pendant que vous vous la coulez douce ici au palais, vous vous baignez dans ma piscine, vous buvez mon champagne, vous regardez tranquillement les chaînes cablées étrangères qui rapportent n'importe quoi sur moi, vous mangez mes petits fours, vous mangez mon saumon, mon caviar, vous profitez de mon jardin et de ma neige artificielle pour skier avec vos maîtresses, c'est tout juste si vous ne couchez pas avec mes vingt femmes, hein, finalement, dites moi, vous me servez à quoi dans ce cabinet, hein, est ce que je vous paye pour venir vous assoir comme des fainéants ici, hein, autant embaucher comme directeur de cabinet mon chien stupide, bande de bons à rien", et le président Adrien Lokouta Eleki Mingi a claqué la porte de son cabinet en criant de nouveau " bande de nègres, plus rien ne sera comme avant dans ce palais, y en a marre d'engraisser des limaces de votre espèce qui me bavent des conneries, vous serez jugés au résultat, et dire que parmi vous y a des énarques et des polytechniciens, mon cul, oui."
les nègres du cabinet présidentiel se sont mis au travail...
à suivre..



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mariecesttoutmariecesttout05 avril 2014
..sans désespérer les nègres du président-général des armées ont trouvé un autre truc de dernière minute , ils ont décidé de mettre leurs idées et leurs découvertes dans une corbeille, ils ont dit que c'était ça qu 'on appelait le brainstorming dans les grandes écoles que certains d'entre eux avaient fréquentées aux Etats-Unis et ils ont écrit chacun sur une feuille de papier plusieurs formules qui sont entrées dans la postérité de ce monde de merde, et ils ont commencé le dépouillage comme on le fait dans les pays où on a le droit de voter, et ils ont commencé à tout lire d'une voix monocorde sous l'autorité du chef des nègres , on a débuté par Louis XIV qui a dit " L'Etat c'est moi", et le chef des nègres du président-général des armées a dit "non, c'est pas bon cette citation, on ne la garde pas, c'est trop nombriliste, on nous prendrait pour des dictateurs, on passe", Lénine a dit " Le communisme, c'est le pouvoir des Soviets plus l'électrification du pays ", et le chef des nègres a dit " non,c'est pas bon, c'est prendre le peuple pour des cons, surtout les populations qui n'arrivent pas à payer leur facture d'électricité, on passe", Danton a dit " De l'audace, encore de l'audace", et le chef des nègres a dit " non, c'est pas bon, trop répétitif, en plus on risque de croire qu'il nous manque de l'audace, on passe " ,Georges Clémenceau a dit " La guerre, c'est une chose trop grave pour la confier aux militaires", et le chef des nègres a dit "non, c'est pas bon, les militaires risquent de se fâcher, et c'est le coup d'Etat permanent, n'oublions pas que le président lui-même est général des armées,faut savoir où on met les pieds, on passe, Mac Mahon a dit " J'y suis, j'y reste", et le chef des nègres a dit " non, c'est pas bon, c'est comme si quelqu'un n'était pas sûr de son charisme et se raccrochait au pouvoir, on passe", Bonaparte a dit lors de sa campagne en Egypte " Soldats, songez que du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent", et le chef des nègres a dit"non, c'est pas bon,c'est prendre les soldats pour des ignares, pour des gens qui n'ont jamais lu les livres du grand historien Jean Tulard, or nous avons pour mission de montrer au peuple que les militaires ne sont pas des imbéciles, on passe", Talleyrand a dit " Voilà le commencement de la fin" et le chef des nègres a dit "non, c'est pas bon, on croirait au commencement de la fin de notre propre régime, or nous sommes censés être au pouvoir à vie, donc on passe", Martin Luther King a dit " J'ai fait un rêve", et le chef des nègres s'est énervé, il n'aime pas entendre parler de ce type qu'il oppose toujours à Malcolm X son idole, et il a dit " non, c'est pas bon, y en a marre des utopies, on attend toujours que son rêve en question se réalise, et je vous dis qu'on attendra encore un bon paquet de siècles, allez on passe",.......
à suivre...

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