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EAN : 9782020849531
256 pages
Éditeur : Seuil (16/02/2006)

Note moyenne : 3.79/5 (sur 335 notes)
Résumé :
Verre Cassé est un client assidu du Crédit a voyagé, un bar congolais crasseux. Un jour, le patron lui propose d'écrire les histoires héroï-comiques des habitués, une troupe d'éclopés aux destins pittoresques ... Dans cette farce métaphysique où le sublime se mêle au grotesque, Alain Mabanckou nous offre le portrait truculent d'une Afrique drôle et inattendue.

«Quand il lira tout ça je ne serai plus un client de son bar, j'irai traîner mon corps squel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
Yassleo
  07 janvier 2016
Bref.
J'ai découvert Verre cassé.
J'étais au resto chinois, un midi. Pause déjeûner vite fait avec une collègue. J'hésite entre rouleau de printemps et nems. Donc je prends une salade chinoise: une pousse de soja et une crevette. Mais taille xxl. Deux crevettes.
J'entends glousser à la table voisine.
Une femme, seule. Des nems dans l'assiette, un livre dans la main.
J'enquête. Pas longtemps, car je regarde les Experts: je suis une pro.
J'me dis: "C'est pas le nem qu'est drôle".
Je comprends que c'est le bouquin qui la fait rire. J'ai prévenu. Je suis une pro.
J'attends, l'ouïe en éveil. Elle rit encore.
J'me dis: "Mmmm... une nouvelle mission. Trouver le titre de ce bouquin."
Je me transforme en Horatio Caine. Rayban sur le nez et tête penchée. Incognito.
J'essaie de lire le titre à l'envers. J'vois pas le titre.
Je me contorsionne sur ma chaise pour voir le titre. J'vois pas le titre. 
Je fais tomber un truc par terre pour mieux voir le titre. J'vois pas le titre.
Je demande à ma collègue de lire le titre. Elle me dit: "Salade vietnamienne aux crevettes".
Plan B. Je décide de passer à l'interrogatoire direct. Je me donne une contenance, je la joue pro. Je garde mes lunettes de soleil et je continue à pencher la tête. Horatio Caine à s'y méprendre.
Je dis: "Echcusez moi m'dame, ch'est quoi che bouquin qui vous fait rire?" J'avais une crevette coincée entre les dents. Horatio Caine croisé avec Isabelle Mergault.
Elle dit: "Euh... c'est un petit livre conseillé par ma libraire."
Je dis: "Hey calmos. T'emballes pas. J'te demande pas de me raconter ta vie, j'veux juste le titre."
Bon j'dis pas vraiment ça en fait. Je suis polie.
Je dis plutôt: "Ah sympa votre libraire. Et le titre?"
Elle dit : "Verre cassé d'Alain Mabanckou. L'auteur qui a écrit Mémoires d'un porc-épic."
Je voulais pas avoir l'air cruche. Je pense: "Porc-épic et colégram?" Mais je dis: "Ouais ouais, je vois bien."
Bon je voyais que dalle en fait. Enfin si, je voyais. Mais de loin. Jamais lu Mabanckou, mais le nom me parlait vaguement. Donc je voyais sans voir. Je voyais plus le petit piment que le porc-épic mais je voulais pas entrer en terre inconnue. J'avais pas la tenue de Lopez.
Un hochement de tête, un clin d'oeil, un sourire, je fais genre on se comprend. J'ai quand même eu l'air cruche.
Je dis: "Ça parle de quoi?"
Elle dit: "C'est compliqué à expliquer. Mais c'est drôle. Enfin pas que drôle. Faut le lire."
Super. Elle joue aux énigmes l'insolente. J'avance à rien là. Je patine dans le canard laqué. Et elle se fout de moi en plus.
Du coup, j'abrège.
J'enfourne la deuxième crevette et je dis: "Merchi, bon appétit." Je suis polie.
Je remets ma tête droite, j'enlève mes Rayban. Et j'ai plus de crevettes.
C'était il y a un mois. J'ai trouvé le bouquin, j'ai lu le bouquin.
J'avais pas de nems mais j'ai riz aussi. Car c'est drôle. Enfin pas que drôle. Tragique, érudit, saugrenu, invraisemblable, des clins d'oeil littéraires en pagaille.
Finalement c'est vrai que c'est compliqué à expliquer Verre cassé. Elle s'est pas foutu de moi. Faut le lire.
Bref, j ai lu et adoré Verre cassé.
(Un vrai grand merci à la dame aux nems. Si elle se reconnait...)
 
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Pirouette0001
  09 octobre 2015
Voici un auteur manifestement fâché avec la ponctuation car, à part les virgules, il n'y a pas un seul point quelconque, ni de majuscules. Mais ne vous arrêtez pas à cela. Verre Cassé va nous conter les histoires singulières des assidus du Crédit a voyagé, un bar qui pourrait se trouver dans n'importe quelle ville d'Afrique noire.
L'auteur, Alain Mabanckou, a un talent certain de conteur. Je me suis laissée entraîner sans aucune difficulté dans les méandres des récits de vie qu'il nous présente avec infiniment de tendresse, malgré la souffrance et les malheurs que les protagonistes traversent.
Mais n'allez pas croire que l'histoire est simpliste. Car Mabanckou défie à tout moment son lecteur en émaillant son texte de références littéraires.
Ainsi un des clients raconte à Verre cassé que sa femme l'a fait passer pour un pédophile et se défend : "est-ce que tu me vois, moi, souiller le vestiaire de l'enfance, est-ce que tu me vois, moi, arracher les bourgeons, est-ce que tu me vois, moi, tirer sur les enfants, c'est impossible" et plus loin : " (un) policier de nationalité féminine (...) a dit que même mort elle me piétinerait, qu'elle irait cracher sur ma tombe, elle a dit que je ressemblais à un marin rejeté par la mer, que je devais savoir que chaque crime a son châtiment, (...)" et donc, si vous ne connaissez pas l'oeuvre du prix Nobel japonais Oé, celle de Vian, de Mishima, de Dostoïevski, vous êtes passés à côté de ses clins d'oeil.
Un coup de coeur assurément.
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mariecesttout
  07 avril 2014
Un bar à Brazzaville , le Crédit a voyagé. Un narrateur, Verre Cassé, à qui le patron , l'Escargot Entêté , a demandé d'écrire l'histoire du bar et de ses habitués, et ils sont nombreux..
C'est un monologue , une seule phrase, jamais de points , un torrent de paroles.
Mais en fait, tout est construit à partir de citations utilisées telles quelles, ou tronquées ( le Crédit a voyagé est déjà une référence à Céline que l'on retrouve beaucoup) ,déformées mais complètement intégrées dans le texte , et ça devient un vrai jeu de les deviner, elles sont innombrables et viennent de toute la littérature . Beaucoup d'auteurs africains, mais tout y passe!
Verre Cassé va donc nous raconter sa vie et celle d'autres personnages de cette Cour des miracles africaine. C'est au Crédit a voyagé que se déversent tous les griefs, et Verre Cassé est un ancien instituteur déchu du corps enseignant car il boit beaucoup..
Ce n'est pas un roman très gai sur le fond,c'est même profondément pessimiste, il contient une critique sociale très forte et surtout une dénonciation des dictatures africaines.
Mais c'est un roman , c'est vrai, assez jubilatoire à lire , un tour de force littéraire, une fresque picaresque et un hommage assez extraordinaire à la littérature mondiale.
" j'ai pris la résolution de ne plus écouter son histoire de merde, j'étais à deux doigts de la retirer de cette histoire de merde, de brûler les pages consacrées à sa mort à crédit.."
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aouatef79
  03 juin 2019
"Verre Cassé",publié en 2005 est le cinquième roman de l 'écrivain frano-congolais Alain Mabanckou .Il a remporté de nombreux prix et a fait
l 'objet de plusieurs lectures et adaptations au théâtre .Verre Cassé est le nom d 'un des clients les plus assidus d 'un bar de Brazzaville : "Le Crédit a voyagé".Ce dernier est le lieu de rencontre des "éclopés", des marginaux et autres gens vivant au ban de la société .Verre Cassé s 'est vu confié par l''Escargot Entêté ,le patron du bar , une mission un peu spéciale : il doit immortaliser dans un cahier les aventures fantastiques des "éclopés" qui fréquentent le bar .
l''originalité de ce roman est ce clin d 'oeil subtil aux oeuvres littéraires africaines telles "L 'enfant noir"de Camara Laye ,et d 'autres de Aimé Cesaire, d 'Amadou Hampata Bâ ,Tchicaya Utamsi, Labou Tansi Sony ,Emmanuel Dongola ...
l''auteur témoigne ainsi son estime à ces grands auteurs , véritables maîtres à penser pour lui .Il fait même une référence à Céline , écrivain français auteur du célèbre roman :"Voyage au bout de la nuit"sans oublier
"Mort à crédit" .
l''auteur congolais examine les sociétés africaines "dans leur vie quotidienne du dehors ", sous l' angle de la rue , des marginaux ou des victimes du système familial .
Pour se mettre à la porté d' un large lectorat , l 'auteur n 'utilise pas de ponctuation exceptée la virgule et tout cela pour coller à l 'oralité .
Verre Cassé est un roman écrit dans un style léger ,ludique ,mordant et truculent.
On doit saluer , Alain Mabanckou pour ce beau roman .
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Kittiwake
  14 août 2015
La vie en Afrique au travers des aventures rocambolesques des clients d'un bar “Le Crédit a Voyagé”. Les personnages se confient à Verre cassé, chargé de recueillir les aventures mi tragiques mi comiques de la "bande d'éclopés " qui désaltèrent leur soif d'échange. Au delà des brèves de comptoirs, les récits charrient de nombreuses références, Et pas uniquement les clins d'oeil à la littérature africaine qu'y glisse Alain Mabanckou. Ce sont des contes universels, magnifiés par le verbe haut des narrateurs.
Le style est surprenant : ponctuation réduite à des virgules, pour coller à la tradition orale. On s'y fait rapidement
Beaucoup plus drôle, malgré le tragique, que les “Mémoires d'un Hérisson” du même auteur.

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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critiques presse (1)
LeFigaro   03 juillet 2020
Ce roman, truculent et plein de verve, brosse le portrait des habitués d’un bar congolais des plus démunis.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (61) Voir plus Ajouter une citation
BaldricoBaldrico   08 juillet 2020
"c'est quoi ce bazar, ce souk, ce cafouillis, ce conglomérat de barbarismes, cet empire des signes, ce bavardage, cette chute vers les bas-fonds des belles-lettres, c'est quoi ces caquètements de basse-cour, est-ce que c'est du sérieux ce truc, ça commence d'ailleurs par où, ça finit par où, bordel", et je répondrais avec malice "ce bazar c'est la vie, entrez donc dans ma caverne, y a de la pourriture, y a des déchets, c'est comme ça que je conçois la vie, votre fiction c'est des projets de ringards pour contenter d'autres ringards, et tant que les personnages de vos livres ne comprendront pas comment nous autres-là gagnons notre pain chaque nuit, y aura pas de littérature
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BaldricoBaldrico   08 juillet 2020
je suis conscient que ma vie sexuelle, c'est un peu le désert des Tartares, y a rien devant, y a rien derrière, y a que des ombres de femmes qui me parlent, en fait je suis un homme au désir d'amour lointain, faut pas compter sur moi pour vous parler de l'amour et autres démons, heureusement qu'à cette époque de malheur il me restait l'amour que je portais aux bouteilles
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le_Bisonle_Bison   27 juillet 2012
… il ose me traiter de capitaliste, je pouvais encore tout accepter d’un diable qui me dit va de retro Satana, mais pas être traité de capitaliste, est-ce que moi j’exploite les pauvres, moi, est-ce que moi j’aime le profit, moi, est-ce que moi je fais l’exploitation de l’homme par l’homme, moi, je suis quand même Zéro Faute, demandez à n’importe qui et on vous dira que moi j’ai fait recouvrer la vue aux aveugles, les jambes aux paralytiques, la voix aux muets, les ovules aux femmes stériles, l’érection aux hommes qui ne bandaient plus même le matin quand le pipi gonfle normalement la chose de tous les mâles, est-ce que vous savez au passage que j’ai aidé le maire de cette ville à se faire réélire à vie, … je ne parle non plus du retour au foyer conjugal de la femme du préfet de cette région, ce n’est pas pour rien qu’on m’appelle Zéro Faute…
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mariecesttoutmariecesttout   06 avril 2014
... le président camerounais Paul Biya a dit " Le Cameroun, c'est le Cameroun", et le chef des nègres a dit "non, c'est pas bon, tout le monde sait que le Cameroun restera toujours le Cameroun, et il ne viendrait à l'idée d'aucun pays du monde de lui voler ses réalités et ses lions, qui sont de toute façon indomptables, allez, on passe", l'ancien président congolais Yombi Opangault a dit " Vivre durement aujourd'hui pour mieux vivre demain", et le chef des nègres a dit " non, c'est pas bon, faut jamais prendre les gens de ce pays pour des naïfs, et pourquoi ne pas mieux vivre dès aujourd'hui et se moquer du futur, hein, d'ailleurs ce type qui a dit ça a vécu dans l'opulence la plus choquante de notre histoire, allez, on passe", Karl Marx a dit " La religion, c'est l'opium du peuple", et le chef des nègres a dit " non, c'est pas bon du tout, nous passons notre temps à persuader le peuple que c'est Dieu qui a voulu de notre président-général des armées, et on va encore dire des conneries sur la religion, est ce que vous ignorez que toutes les églises de ce pays sont subventionnées par le président lui-même, hein, allez, on passe", le président François Mitterrand a dit " Il faut laisser le temps au temps",et le chef des nègres s'est énervé, il n'aime pas entendre parler de ce type, et il a dit "non, c'est pas bon, ce président a pris tout le temps pour lui même, et il presque laminé et ses adversaires et ses amis avant de tirer sa révérence et aller s'installer à la droite de Dieu, allez, on passe", Frédéric Dard alias San Antonio a dit " Il faut battre le frère quand il est chauve", et le chef des nègres a dit " non, c'est pas bon, y a trop de chauves dans e pays, les gens du sud du pays vont croire que c'est une phrase en patois du Nord et les gens du nord du pays vont croire que c'est une phrase en patois du Sud,il faut éviter ces quiproquos, allez, on passe", Ponce Pilate a dit "Ecce homo", et le chef des nègres a dit "non, c'est pas bon, je fais la même remarque que pour les élucubrations de Caton l'Ancien, on passe", Jésus en mourant sur la croix a dit " Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez vous abandonné", et le chef des nègres a dit "non, c'est pas bon, c'est trop pessimiste, c'est trop pleurnichard pour un gars comme ce Jésus qui avait pourtant tous les pouvoirs entre les mains pour foutre la merde ici-bas, on passe", Blaise Pascal a dit " Le nez de Cléopâtre, s'il avait été plus court, toute la face de la terre aurait changé", et le chef des nègres a dit "non, c'est pas bon, il s'agit aujourd'hui d'une question de politique et non de chirurgie esthétique, allez, on passe", donc les nègres du président ont passé en revue des milliers de citations et bien d'autres paroles historiques sans vraiment trouver quelque chose pour le premier citoyen du pays parce que le chef des nègres disait chaque fois " c'est pas bon, allez, on passe", et puis, à 5 heures du matin, avant le premier chant du coq, un des conseillers qui visionnait des documentaires en noir et blanc a fini par trouver une formule historique.....
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mariecesttoutmariecesttout   07 avril 2014
.à midi pile, au moment où la population se mettait à table pour savourer le poulet-bicyclette, le président-général des armées a occupé les radios et la seule chaîne de télévision du pays, l'heure était grave, le président était tendu comme la peau d'un tambour bamiléké, c'était pas facile de choisir le moment propice pour laisser une formule à la postérité, et, en ce lundi mémorable, il était endimanché, paré de ses lourdes médailles en or, il ressemblait désormais à un patriarche à l'automne de son règne, et tel qu'il était endimanché, ce lundi mémorable, on aurait cru que c'était la Fête au bouc que nous célébrons pour perpétuer la mémoire de sa grand-mère, et alors, se raclant la gorge pour chasser le trac, il a commencé par critiquer les pays européens qui nous avaient bien bernés avec le soleil des indépendances alors que nous restons toujours dépendants d'eux puisqu'il y a encore des avenues du Général-de- Gaulle, du Général-Leclerc, du Président-Coti, du Président-Pompidou, mais il n'y a toujours pas en Europe des avenues Mobutu See Seko, Idi Amin-Dada, Jean Bedel-Bokassa et bien d'autres illustres hommes qu'il avait connus et appréciés pour leur loyauté, leur humanisme et leur respect des droits de l'homme, donc nous sommes toujours dépendants d'eux parce qu'ils exploitent notre pétrole et nous cachent leurs idées, parce qu'ils exploitent notre bois pour bien passer l'hiver chez eux, parce qu'ils forment nos cadres à l'ENA et à Polytechnique, ils les transforment en petits Nègres blanc, et donc les Nègres Banania sont bien de retour, on les croyait disparus dans la brousse, mais ils sont là, prêts à tout, et c'était ainsi que notre président s'exprimait, le souffle coupé, le poing fermé, et dans ce discours sur le colonialisme, le président général des armées s'en est pris au capitalisme avec ses outrages et ses défis, il a dit que tout ça, c'était de l'utopie, il s'en est pris en particulier aux valets locaux des colonialistes, ces types qui habitent dans notre pays, qui mangent avec nous, qui dansent avec nous dans les bars, qui prennent les transports en commun avec nous, qui travaillent avec nous aux champs, dans les bureaux, aux marchés, ces couteaux à double lame qui font avec nos femmes des choses que la mémoire de ma mère morte dans la Tchinouka m'interdit de décrire ici, or ces types sont en réalité les taupes des forces impérialistes, disons que la colère du président-général des armées est montée de dix crans parce qu'il haïssait les valets de l'impérialisme et du colonialisme comme on pouvait haïr les chiques, les punaises, les poux, les mites, et le président -général des armées a dit qu'on devait traquer ces félons, ces marionnettes, ces hypocrites, il les a carrément traités de tartuffes, de malades imaginaires, de misanthropes, de paysans parvenus, il a dit que la Révolution prolétarienne triomphera, que l'ennemi sera écrasé, qu'il sera repoussé d'où qu'il vienne, il a dit que Dieu était avec nous, que notre pays était éternel comme lui même l'était, il a recommandé l'unité nationale, la fin des guerres tribales, il a dit que nous descendions tous d'un même ancêtre, et il a enfin abordé " L'Affaire Le Crédit a voyagé" qui divisait le pays, il a vanté l'initiative de l'Escargot entêté, il a promis de lui décerner la Légion d'honneur, et il a terminé son discours par les mots qu'il voulait à tout prix laisser à la postérité, on a su que c'étaient ces mots là parce qu'il les a répété à plusieurs reprises, ses bras ouverts comme s'il enlaçait un séquoia, et il a répété " je vous ai compris", sa formule aussi est devenue célèbre dans le pays, et c'est pour ça qu'ici, pour plaisanter, nous autres de la plèbe disons souvent que "le ministre accuse, le président comprend"
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Vidéo de Alain Mabanckou
Leçon inaugurale d'Alain Mabanckou, écrivain, professeur de littérature à UCLA (17 mars 2016). "L?Afrique a pendant plusieurs siècles été vue, imaginée, fantasmée par les Européens comme un continent sauvage, ténébreux, matière première des récits d?aventures et d?exploration, teintés d?exotisme, qui ne laissaient pourtant entendre qu?une seule voix, celle du colonisateur. Il faut attendre le milieu du XXe siècle pour qu?une littérature écrite par et pour les Africains se révèle. de la négritude à la « migritude », il appartient aux écrivains noirs d?aujourd?hui de penser et de vivre leur identité artistique en pleine lumière." Revoir tous les cours donnés par Alain Mabanckou au Collège de France : https://www.college-de-france.fr/site/alain-mabanckou/_course.htm
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