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ISBN : 2742789308
Éditeur : Actes Sud (10/04/2010)

Note moyenne : 4.19/5 (sur 249 notes)
Résumé :
Ce matin, quand Méréana se réveille, elle sait que la journée qui l'attend ne sera pas comme les autres. Elles sont une quinzaine à casser des blocs de pierre dans une carrière au bord d'un fleuve africain. Elles viennent d'apprendre que la construction d'un aéroport a fait considérablement augmenter le prix du gravier, et elles ont décidé ensemble que le sac qu'elles cèdent aux intermédiaires coûterait désormais plus cher, et que Méréana serait leur porte-parole da... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (74) Voir plus Ajouter une critique
carre
  09 juin 2014
Une quinzaine de femmes rentre en lutte contre l'injustice faite à leur travail , sous payé. Une lutte pour apporter à leurs enfants un minimum de nourriture et de décence. Mais ici bas, de surcroit en Afrique, vivre au jour le jour est un combat de chaque instant.
Avec une forme narrative qui peut surprendre, Emmanuel Dongala nous offre un magnifique hommage à la femme africaine, réduite à baisser la tête, à supporter la violence des hommes, leur infidélité aussi, la corruption des politiques qui se gavent pendant que le peuple se meurt de faim, de maladie, d'indifférence.
Méréana et ces compagnes n'ont rien à perdre, leur abnégation face à un pouvoir manipulateur (conférence internationale des femmes oblige) est leur seule chance.
Elles sont bien décidées à aller au bout de leur revendications malgré les menaces et la violence. Dongala leur donne la parole, les faire vivre avec une empathie qui fait mouche. Il signe un roman plein d'espoir, pour nous rappeler que la misère n'est pas forcément une fatalité. Même si la route est encore bien longue.
Qu'elles sont belles ces femmes africaines conté par Emmanuel Dongala.
Elles méritent bien cette photo au bord du fleuve.
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Maxie
  29 mai 2016
Méréana Rangi est séparée de son mari, elle s'occupe seule de ses deux garçons et de la fille de sa soeur. Tous les jours, elle se rend au bord du fleuve pour y casser du caillou et en remplir des sacs, qu'elle vend ensuite pour la construction de routes. Elles sont quinze, comme elle, à effectuer ce travail très dur pour échapper à la misère. Un jour, estimant à juste titre que leur travail n'est pas payé justement, elles décident d'augmenter le prix du sac. Leur tentative de revendication est rapidement réprimée par la force et s'en suivra une lutte de ces femmes pour un traitement plus juste. Mais dans ce pays d'Afrique centrale, il y a beaucoup à faire pour que les femmes soient mieux traitées et considérées. On le voit tout au long du récit, quand on en apprend un peu plus sur l'histoire de toutes ces femmes, et qu'on découvre le fonctionnement de la société dans cette Afrique corrompue et où tellement de modes de pensée archaïques subsistent côte à côte avec la modernité. Photo de groupe au bord du fleuve est un magnifique récit qui révolte et fait réfléchir à la situation de la femme africaine contemporaine, véritablement laissée pour compte et qui doit lutter contre bon nombre de fléaux.
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fanfanouche24
  30 décembre 2016
Un coup de coeur fulgurant que ce roman et que cet auteur congolais,... dont je découvrais jusqu'au nom... D'autant plus jubilatoire que je l'ai découvert par le plus grand des hasards en fouinant avec attention dans le fond "Littérature" d'une des librairies de ma ville,Chantelivre, souhaitant emporter un auteur complètement inconnu (de moi) pour quelques jours de congé !
Un roman qui embrase de multiples sujets: la condition terrible et violente faite aux femmes en Afrique, la corruption et la terreur semées par les gouvernements en place, la torture dans les prisons, les structures hospitalières défaillantes, les écoles pauvres en matériel et lieux appropriés, les mariages forcés, les viols, les femmes veuves, jetées à la rue, spoliées très fréquemment par leurs belles-familles, etc.
Un système de société où l'homme possède tous les droits [ mais pas... de devoirs !], toutes les prérogatives, sans parler des mêmes tyrannies et abus de pouvoir à la tête des gouvernements.
Un écrivain au style dynamique, regorgeant d'ironie et d'humour pour dénoncer les travers de son pays, le Congo, mais aussi de l'Afrique dans sa majeure partie !
Un écrivain-homme, authentiquement féministe, dans le sens large du mot !...
Cet auteur a quitté son Congo natal en 1997, lorsque la guerre civile a éclaté. Il a émigré aux Etats-Unis, et enseigne présentement la chimie et la littérature.
Très intriguée autant que fort curieuse de ses textes précédents, car en parcourant sa bibliographie, je réalise qu'il a commencé à publier en 1973.
Plus de quatre décennies !!...
Avec des thématiques réalistes, même hyper-réalistes ainsi que fort sombres, pour ne pas dire, totalement décourageantes, tant les puissants de ce monde abusent et sur-abusent de leur position. [Inutile de dire qu'il ne fait pas bon naître "Femme" dans ces pays-là !], il a réussi le tour de force d'écrire un roman tonique, plein d'énergie et d'espoir, qui provient de la description très vivante d'un petit groupe de femmes, "casseuses de cailloux", se serrant les coudes pour faire front à l'adversité, et à leur condition trop souvent dégradante, subalterne...Une sensibilité et une empathie communicatives.
Une lecture comme une fulgurance intense; lecture qui me restera longtemps en mémoire. A fort juste titre, ce roman est qualifié de s'intégrer dans "la plus belle tradition du roman social et humaniste, l'humour en plus".
J'ai, de plus, appris moult choses, détails sur les us et coutumes congolais, comme divers rituels, dont celui de la "reconquête de pureté" après une séparation, un divorce, ou encore celui du "départ du deuil"...La sorcellerie tient une place très prégnante dans cet environnement.
Un texte littéralement "foudroyant " d'humanité et de flamboyance; il s'en dégage en dépit d'un contexte dramatique exacerbé, une force de vie, de volonté de se faire respecter comme humain , même si on a le malheur d'être née "femme" !!...sans omettre les tonnes de courage, d'audace hors du commun... de ces misérables "casseuses de cailloux". Des destins, parcours féminins malmenés, parfois, même souvent aux limites du supportable, auxquels on ne peut que s'attacher spontanément.
Inutile de vous exprimer mon impatience à poursuivre dans l'univers de cet écrivain congolais....et de lire ses écrits antérieurs...
Je me permets de retranscrire quelques extraits pour tenter de suggérer une toute petite idée de l'atmosphère... de ce récit tour à tour poignant, bouleversant, rebondissant subitement comme par un coup de baguette magique:
- baguette magique double ,composée de la dynamique de ce groupe de femmes modestes, rebelles, décidant de faire front ensemble,
et de vaincre pour une fois l'Inexorable condition qui leur est faite depuis toujours, et aussi composée du talent fou de l'écrivain dont le style très tonique,très coloré, ne peut que captiver "son lecteur" et le faire adhérer !!!

"(...) mais où se trouve la sincérité d'une solidarité si cela n'implique aucun sacrifice ? "(p.103)
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(...) cela ne peut être qu'une de tes camarades de chantier (...)
A force d'être ensemble presque quotidiennement, tu les connais toutes, tu connais leur histoire individuelle. Même si aujourd'hui vous êtes logées à la même enseigne, chacune y a échoué en empruntant la route particulière de sa souffrance. Et chaque souffrance est unique. (p.53)
__________________________________________________________
"Tout d'un coup ta colère monte et te faire sortir de tes ruminations. Mais pour qui te prend-il, ce Tito ? Ce n'est pas parce que les circonstances t'obligent temporairement à casser la pierre pour vivre qu'il peut s'arroger le droit de se moquer de toi. Après tout, tu es allée à l'école, tu as étudié l'histoire et les mathématiques et, si ce n'était à cause de ce foutu mariage précoce, tu aurais passé ton bac, non, mieux, tu aurais comme ta soeur, Ph.D. Et puis pourquoi ce mépris des femmes qui dégouline de chaque mot tombant de sa bouche ? ça fait quoi si ces femmes sont analphabètes ? Pense-t-il qu'il faille un doctorat pour être une femme debout, une femme de courage ? Peut-être ne le sait-il pas, mais des tas de femmes à l'éducation modeste ont changé l'histoire de leur société."
Une vraie, et totale merveille ! EBLOUISSANT.....
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palamede
  06 janvier 2017
Elles cassent des pierres sous le soleil, elles sont africaines et non pas voix au chapitre. Mais un jour l'une d'entre elles décide que cela suffit. Elle organise la rébellion : " Question de dignité, mes amies. Nous ne nous battons pas seulement pour un meilleur prix pour nos sacs, mais aussi pour qu'on nous respecte. "
C'est un combat juste qu'elles mènent jusqu'au bout pour vendre leurs cailloux à leur bon prix. Un combat aussi pour retrouver leur dignité au sein d'une société africaine, gangrenée par la corruption, où elles sont humiliées et bafouées par les hommes.
Avec Photo de groupe au bord du fleuve, Emmanuel Dongala signe un bon roman sur la cruelle condition des Africaines. Il rend un chaleureux hommage à leur détermination et à leur courage. On peut toutefois regretter une forme de naïveté dans le récit et un " tu " narratif quelque peu perturbant.
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Lolokili
  19 novembre 2012
Méréana, Bileko, Laurentine, Ossolo… Cette « photo de groupe au bord du fleuve » rassemble une quinzaine de femmes congolaises, superbes et touchantes dans leur bataille solidaire pour le respect de leur travail et de leur dignité.
Evoquées tout au long du récit, les différentes destinées de ces femmes tissent ici leur histoire commune qui se révèlera finalement porteuse d'espoir, mais c'est l'occasion de découvrir avec effroi ce que l'Afrique «moderne» recèle encore de traditions violemment ancrées dans une barbarie sans nom.
Sous ce prétexte peut-être mon petit coeur fragile m'aura-t-il empêché d'apprécier pleinement ce livre. L'écriture parfois ampoulée, souvent simpliste, n'y a pas contribué non plus. Quant à cette fameuse narration à la deuxième personne… elle n'a cessé de m'embarrasser d'un bout à l'autre de ma lecture. Sans doute enfin ma très approximative connaissance de l'Afrique aura-t-elle été aussi un obstacle mais… je ne demande qu'à apprendre.

Lien : http://minimalyks.tumblr.com/
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critiques presse (1)
Actualitte   27 juin 2011
Le style est décousu, pauvre, aride, sans vocabulaire. Il ressemble par certains côtés à la pauvre rédaction d’un élève certes plein d’imagination et de bonne volonté mais totalement dépourvu de qualités constructives pour son texte.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
LolokiliLolokili   17 novembre 2012
croyez-moi, dans ce pays on peut peut-être faire des choses sans les hommes, mais on ne peut rien faire contre eux.
[…]
« Je ne fais confiance à aucun homme. Ils ont beau avoir des bourses entre les jambes, ils ne sont pas si couillus que ça ! »
Yâ Moukiétou contribuait toujours de façon très pertinente aux discussions et aux prises de décision à condition de la laisser d’abord cracher sa haine des hommes en termes souvent très colorés.
+ Lire la suite
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carrecarre   04 juin 2014
Il ne faut pas faire peur aux hommes, ils prendraient cela pour une revanche. Une revanche n'est jamais saine à cause des relents de vengeance qu'elle implique. C'est plutôt de respect qu'il s'agit. Il faut apprendre aux hommes à respecter les femmes.
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litolfflitolff   04 janvier 2011
Quand on dirige un pays, le combat contre la misère ne consiste pas à faire des campagnes médiatisées de saupoudrage de dons dans des villages et puis à s'en aller comme les ONG d'urgence. La vraie vie des gens et des femmes en particulier commence après que les télévisions qui vous accompagnent ont remis le cache sur les objectifs de leurs caméras, après que les préfets qui vous ont reçue ont fini de vous réciter leurs discours creux et laudateurs, après que la fanfare de l'accueil s'est tue et que vous-même, autosatisfaite, vous quittez le village. Vous constaterez alors, madame, que votre passage n'a rien changé. Le paludisme, l'eau impropre à la consommation, l'impossibilité d'avoir accès à des soins, le manque de bancs ou de livres dans les écoles sont toujours là ainsi que la misère de leur pauvre vie humaine jaugée à moins d'un dollar américain par jour.
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Ellane92Ellane92   15 décembre 2013
A la fin de ton compte rendu, toutes applaudissent vigoureusement et chaleureusement. Vous êtes fières de votre victoire, non pas tant d’avoir obtenu ce que vous vouliez mais surtout de la manière dont vous l’avez obtenu. Bien sûr cela n’a pas été un grand combat contre l’oppression des femmes, une de ces batailles épiques pour changer le monde qu’affectionnait ta sœur Tamara ; non, ce n’était qu’une petite lutte égoïste afin d’obtenir plus d’argent pour vos sacs de pierres. Mais, même si ça n’a pas été la prise de la Bastille, vous avez mis vos vies en jeu : vous avez été battues, emprisonnées, blessées par balles, vous avez perdu une vie. Cela compte.
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litolfflitolff   04 janvier 2011
Tout d'un coup ta colère monte et te faire sortir de tes ruminations. Mais pour qui te prend-il, ce Tito ? Ce n'est pas parce que les circonstances t'obligent temporairement à casser la pierre pour vivre qu'il peut s'arroger le droit de se moquer de toi. Après tout, tu es allée à l'école, tu as étudié l'histoire et les mathématiques et, si ce n'était à cause de ce foutu mariage précoce, tu aurais passé ton bac, non, mieux, tu aurais comme ta soeur, Ph.D. Et puis pourquoi ce mépris des femmes qui dégouline de chaque mot tombant de sa bouche ? Ca fait quoi si ces femmes sont analphabètes ? Pense-t-il qu'il faille un doctorat pour être une femme debout, une femme de courage ? Peut-être ne le sait-il pas, mais des tas de femmes à l'éducation modeste ont changé l'histoire de leur société.
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