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EAN : 9782742789306
333 pages
Actes Sud (10/04/2010)
4.23/5   392 notes
Résumé :
Ce matin, quand Méréana se réveille, elle sait que la journée qui l'attend ne sera pas comme les autres. Elles sont une quinzaine à casser des blocs de pierre dans une carrière au bord d'un fleuve africain. Elles viennent d'apprendre que la construction d'un aéroport a fait considérablement augmenter le prix du gravier, et elles ont décidé ensemble que le sac qu'elles cèdent aux intermédiaires coûterait désormais plus cher, et que Méréana serait leur porte-parole da... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (106) Voir plus Ajouter une critique
4,23

sur 392 notes

carre
  09 juin 2014
Une quinzaine de femmes rentre en lutte contre l'injustice faite à leur travail , sous payé. Une lutte pour apporter à leurs enfants un minimum de nourriture et de décence. Mais ici bas, de surcroit en Afrique, vivre au jour le jour est un combat de chaque instant.
Avec une forme narrative qui peut surprendre, Emmanuel Dongala nous offre un magnifique hommage à la femme africaine, réduite à baisser la tête, à supporter la violence des hommes, leur infidélité aussi, la corruption des politiques qui se gavent pendant que le peuple se meurt de faim, de maladie, d'indifférence.
Méréana et ces compagnes n'ont rien à perdre, leur abnégation face à un pouvoir manipulateur (conférence internationale des femmes oblige) est leur seule chance.
Elles sont bien décidées à aller au bout de leur revendications malgré les menaces et la violence. Dongala leur donne la parole, les faire vivre avec une empathie qui fait mouche. Il signe un roman plein d'espoir, pour nous rappeler que la misère n'est pas forcément une fatalité. Même si la route est encore bien longue.
Qu'elles sont belles ces femmes africaines conté par Emmanuel Dongala.
Elles méritent bien cette photo au bord du fleuve.
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Plumeetencre
  11 avril 2022

"La vraie loi, celle que nous subissons tous les jours, est celle qui donne toujours l'avantage aux hommes."
***
Sous une chaleur écrasante, marteau à la main, quinze femmes concassent des pierres  quotidiennement pour en faire du gravier. Un véritable travail de forçat auquel elles sont contraintes,  afin de subvenir aux besoins de leur famille respective.
Apprenant la construction d'un aéroport international à  proximité et de ce fait l'accroissement des besoins en matières premières, ces compagnes d'infortune décident ensemble d'augmenter le tarif proposé aux entrepreneurs qui les exploitent depuis trop longtemps. 
Ceux-ci ne l'entendent toutefois pas ainsi. Bientôt secondés par une milice armée, ils tiennent à asseoir leur autorité en réprimant le mouvement contestataire. 
Menaces, humiliations, coups, tirs, emprisonnements, réquisition de la marchandise … autant de tentatives d'intimidation qui viennent légitimer le combat désormais en marche, de ces femmes résolues à ne rien céder.
"Ces hommes qui ont volé nos cailloux pensent que parce que nous sommes femmes nous allons nous taire comme d'habitude. Quand ils nous battent au foyer, nous ne disons rien, quand ils nous chassent et prennent tous nos biens à la mort de nos maris, nous ne disons rien, quand ils nous paient moins bien qu'eux-mêmes, nous ne disons rien, quand ils nous violent et qu'en réponse à nos plaintes ils disent que nous l'avons bien cherché,  nous ne disons toujours rien et aujourd'hui ils pensent qu'en prenant de force nos cailloux, encore une fois, nous ne dirons rien. Et bien non! Cette fois-ci ils se trompent! Trop, c'est trop!"
*
Ce qui n'était au départ que simple revendication d'ordre économique - être rémunérées au prix juste - se mue  progressivement en une lutte implacable pour la reconnaissance de leurs droits. 
Portée jusqu'au sommet du gouvernement, l'affaire pourrait bien faire grand bruit. Méréana, choisie comme porte-parole des opprimées, saura-t-elle faire entendre leur voix? 
En marge des négociations, dans un enchevêtrement de flash-back, les parcours individuels marqués par la misère, la guerre civile, la maladie (Sida, paludisme), les violences domestiques et sexuelles mais aussi les manquements du système corrompu se dévoilent. 
"Même si aujourd'hui  vous êtes logées à la même enseigne, chacune y a échoué en empruntant la route particulière de sa souffrance."
Ces portraits croisés particulièrement émouvants mettent en exergue une condition collective des plus déplorables et révoltantes. 
Viennent cependant contrebalancer la noirceur ambiante, une pointe d'humour salutaire ainsi que les valeurs de solidarité,  d'entraide, de courage ou encore de détermination illuminant le récit.
Écrivain d'origine congolaise, Emmanuel Dongala signe avec Photo de groupe au bord du fleuve un roman social, humaniste et engagé réellement poignant. 
Sans concession ni complaisance, il dénonce les travers de la société africaine qui profondément traditionaliste maintient abusivement les femmes sous le joug patriarcal et marital.
***
Leur combat est devenu au fil des pages le mien. Puisse-t-il devenir le vôtre…
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Maxie
  29 mai 2016
Méréana Rangi est séparée de son mari, elle s'occupe seule de ses deux garçons et de la fille de sa soeur. Tous les jours, elle se rend au bord du fleuve pour y casser du caillou et en remplir des sacs, qu'elle vend ensuite pour la construction de routes. Elles sont quinze, comme elle, à effectuer ce travail très dur pour échapper à la misère. Un jour, estimant à juste titre que leur travail n'est pas payé justement, elles décident d'augmenter le prix du sac. Leur tentative de revendication est rapidement réprimée par la force et s'en suivra une lutte de ces femmes pour un traitement plus juste. Mais dans ce pays d'Afrique centrale, il y a beaucoup à faire pour que les femmes soient mieux traitées et considérées. On le voit tout au long du récit, quand on en apprend un peu plus sur l'histoire de toutes ces femmes, et qu'on découvre le fonctionnement de la société dans cette Afrique corrompue et où tellement de modes de pensée archaïques subsistent côte à côte avec la modernité. Photo de groupe au bord du fleuve est un magnifique récit qui révolte et fait réfléchir à la situation de la femme africaine contemporaine, véritablement laissée pour compte et qui doit lutter contre bon nombre de fléaux.
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fanfanouche24
  30 décembre 2016
Un coup de coeur fulgurant que ce roman et que cet auteur congolais,... dont je découvrais jusqu'au nom... D'autant plus jubilatoire que je l'ai découvert par le plus grand des hasards en fouinant avec attention dans le fond "Littérature" d'une des librairies de ma ville,Chantelivre, souhaitant emporter un auteur complètement inconnu (de moi) pour quelques jours de congé !
Un roman qui embrase de multiples sujets: la condition terrible et violente faite aux femmes en Afrique, la corruption et la terreur semées par les gouvernements en place, la torture dans les prisons, les structures hospitalières défaillantes, les écoles pauvres en matériel et lieux appropriés, les mariages forcés, les viols, les femmes veuves, jetées à la rue, spoliées très fréquemment par leurs belles-familles, etc.
Un système de société où l'homme possède tous les droits [ mais pas... de devoirs !], toutes les prérogatives, sans parler des mêmes tyrannies et abus de pouvoir à la tête des gouvernements.
Un écrivain au style dynamique, regorgeant d'ironie et d'humour pour dénoncer les travers de son pays, le Congo, mais aussi de l'Afrique dans sa majeure partie !
Un écrivain-homme, authentiquement féministe, dans le sens large du mot !...
Cet auteur a quitté son Congo natal en 1997, lorsque la guerre civile a éclaté. Il a émigré aux Etats-Unis, et enseigne présentement la chimie et la littérature.
Très intriguée autant que fort curieuse de ses textes précédents, car en parcourant sa bibliographie, je réalise qu'il a commencé à publier en 1973.
Plus de quatre décennies !!...
Avec des thématiques réalistes, même hyper-réalistes ainsi que fort sombres, pour ne pas dire, totalement décourageantes, tant les puissants de ce monde abusent et sur-abusent de leur position. [Inutile de dire qu'il ne fait pas bon naître "Femme" dans ces pays-là !], il a réussi le tour de force d'écrire un roman tonique, plein d'énergie et d'espoir, qui provient de la description très vivante d'un petit groupe de femmes, "casseuses de cailloux", se serrant les coudes pour faire front à l'adversité, et à leur condition trop souvent dégradante, subalterne...Une sensibilité et une empathie communicatives.
Une lecture comme une fulgurance intense; lecture qui me restera longtemps en mémoire. A fort juste titre, ce roman est qualifié de s'intégrer dans "la plus belle tradition du roman social et humaniste, l'humour en plus".
J'ai, de plus, appris moult choses, détails sur les us et coutumes congolais, comme divers rituels, dont celui de la "reconquête de pureté" après une séparation, un divorce, ou encore celui du "départ du deuil"...La sorcellerie tient une place très prégnante dans cet environnement.
Un texte littéralement "foudroyant " d'humanité et de flamboyance; il s'en dégage en dépit d'un contexte dramatique exacerbé, une force de vie, de volonté de se faire respecter comme humain , même si on a le malheur d'être née "femme" !!...sans omettre les tonnes de courage, d'audace hors du commun... de ces misérables "casseuses de cailloux". Des destins, parcours féminins malmenés, parfois, même souvent aux limites du supportable, auxquels on ne peut que s'attacher spontanément.
Inutile de vous exprimer mon impatience à poursuivre dans l'univers de cet écrivain congolais....et de lire ses écrits antérieurs...
Je me permets de retranscrire quelques extraits pour tenter de suggérer une toute petite idée de l'atmosphère... de ce récit tour à tour poignant, bouleversant, rebondissant subitement comme par un coup de baguette magique:
- baguette magique double ,composée de la dynamique de ce groupe de femmes modestes, rebelles, décidant de faire front ensemble,
et de vaincre pour une fois l'Inexorable condition qui leur est faite depuis toujours, et aussi composée du talent fou de l'écrivain dont le style très tonique,très coloré, ne peut que captiver "son lecteur" et le faire adhérer !!!

"(...) mais où se trouve la sincérité d'une solidarité si cela n'implique aucun sacrifice ? "(p.103)
------------------------------------------------------------------------------------------------------
(...) cela ne peut être qu'une de tes camarades de chantier (...)
A force d'être ensemble presque quotidiennement, tu les connais toutes, tu connais leur histoire individuelle. Même si aujourd'hui vous êtes logées à la même enseigne, chacune y a échoué en empruntant la route particulière de sa souffrance. Et chaque souffrance est unique. (p.53)
__________________________________________________________
"Tout d'un coup ta colère monte et te faire sortir de tes ruminations. Mais pour qui te prend-il, ce Tito ? Ce n'est pas parce que les circonstances t'obligent temporairement à casser la pierre pour vivre qu'il peut s'arroger le droit de se moquer de toi. Après tout, tu es allée à l'école, tu as étudié l'histoire et les mathématiques et, si ce n'était à cause de ce foutu mariage précoce, tu aurais passé ton bac, non, mieux, tu aurais comme ta soeur, Ph.D. Et puis pourquoi ce mépris des femmes qui dégouline de chaque mot tombant de sa bouche ? ça fait quoi si ces femmes sont analphabètes ? Pense-t-il qu'il faille un doctorat pour être une femme debout, une femme de courage ? Peut-être ne le sait-il pas, mais des tas de femmes à l'éducation modeste ont changé l'histoire de leur société."
Une vraie, et totale merveille ! EBLOUISSANT.....
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palamede
  06 janvier 2017
Elles cassent des pierres sous le soleil, elles sont africaines et non pas voix au chapitre. Mais un jour l'une d'entre elles décide que cela suffit. Elle organise la rébellion : " Question de dignité, mes amies. Nous ne nous battons pas seulement pour un meilleur prix pour nos sacs, mais aussi pour qu'on nous respecte. "
C'est un combat juste qu'elles mènent jusqu'au bout pour vendre leurs cailloux à leur bon prix. Un combat aussi pour retrouver leur dignité au sein d'une société africaine, gangrenée par la corruption, où elles sont humiliées et bafouées par les hommes.
Avec Photo de groupe au bord du fleuve, Emmanuel Dongala signe un bon roman sur la cruelle condition des Africaines. Il rend un chaleureux hommage à leur détermination et à leur courage. On peut toutefois regretter une forme de naïveté dans le récit et un " tu " narratif quelque peu perturbant.
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critiques presse (1)
Actualitte   27 juin 2011
Le style est décousu, pauvre, aride, sans vocabulaire. Il ressemble par certains côtés à la pauvre rédaction d’un élève certes plein d’imagination et de bonne volonté mais totalement dépourvu de qualités constructives pour son texte.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (101) Voir plus Ajouter une citation
PlumeetencrePlumeetencre   06 avril 2022
Tu te réveilles le matin et tu sais d'avance que c'est un jour déjà levé qui se lève. Que cette journée qui commence sera la sœur jumelle de celle d'hier, d'avant-hier et d'avant-avant-hier. Tu veux traîner un peu plus au lit, voler quelques minutes supplémentaires à ce jour qui pointe afin de reposer un brin plus longtemps ton corps courbatu, particulièrement ce bras gauche encore endolori par les vibrations du lourd marteau avec lequel tu cognes quotidiennement la pierre dure. Mais il faut te lever, Dieu n'a pas fait cette nuit plus longue pour toi.
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carrecarre   04 juin 2014
Il ne faut pas faire peur aux hommes, ils prendraient cela pour une revanche. Une revanche n'est jamais saine à cause des relents de vengeance qu'elle implique. C'est plutôt de respect qu'il s'agit. Il faut apprendre aux hommes à respecter les femmes.
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litolfflitolff   04 janvier 2011
Quand on dirige un pays, le combat contre la misère ne consiste pas à faire des campagnes médiatisées de saupoudrage de dons dans des villages et puis à s'en aller comme les ONG d'urgence. La vraie vie des gens et des femmes en particulier commence après que les télévisions qui vous accompagnent ont remis le cache sur les objectifs de leurs caméras, après que les préfets qui vous ont reçue ont fini de vous réciter leurs discours creux et laudateurs, après que la fanfare de l'accueil s'est tue et que vous-même, autosatisfaite, vous quittez le village. Vous constaterez alors, madame, que votre passage n'a rien changé. Le paludisme, l'eau impropre à la consommation, l'impossibilité d'avoir accès à des soins, le manque de bancs ou de livres dans les écoles sont toujours là ainsi que la misère de leur pauvre vie humaine jaugée à moins d'un dollar américain par jour.
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LoloKiLiLoloKiLi   17 novembre 2012
croyez-moi, dans ce pays on peut peut-être faire des choses sans les hommes, mais on ne peut rien faire contre eux.
[…]
« Je ne fais confiance à aucun homme. Ils ont beau avoir des bourses entre les jambes, ils ne sont pas si couillus que ça ! »
Yâ Moukiétou contribuait toujours de façon très pertinente aux discussions et aux prises de décision à condition de la laisser d’abord cracher sa haine des hommes en termes souvent très colorés.
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Ellane92Ellane92   15 décembre 2013
A la fin de ton compte rendu, toutes applaudissent vigoureusement et chaleureusement. Vous êtes fières de votre victoire, non pas tant d’avoir obtenu ce que vous vouliez mais surtout de la manière dont vous l’avez obtenu. Bien sûr cela n’a pas été un grand combat contre l’oppression des femmes, une de ces batailles épiques pour changer le monde qu’affectionnait ta sœur Tamara ; non, ce n’était qu’une petite lutte égoïste afin d’obtenir plus d’argent pour vos sacs de pierres. Mais, même si ça n’a pas été la prise de la Bastille, vous avez mis vos vies en jeu : vous avez été battues, emprisonnées, blessées par balles, vous avez perdu une vie. Cela compte.
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