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EAN : 9782213672465
230 pages
Éditeur : Fayard (21/08/2013)
3.36/5   44 notes
Résumé :
J'ai créé une secte. C'était, au départ, une entreprise purement commerciale. Jusqu'à ce que j'y prenne goût: fonder une religion est la dernière oeuvre possible.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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cicou45
  02 décembre 2013
Livre assez déconcertant, il est vrai, mais qui pourtant, fait un peu rêver. Il est très utopiste, cela va sans dire, puisque le désir du narrateur est, au départ, de trouver un endroit dans Paris, qui ne serait pas couvert par les lignes téléphoniques, où l'on ne capterait pas de réseau avec son téléphone portable...bref un lieu à l'écart de tout. Mais cela est-il non seulement envisageable, et qui plus est, dans une ville telle que Paris.
Notre narrateur, dont on ignore quasiment tout, si ce n'est qu'il a environ la quarantaine et qu'il a été écrivain (enfin plutôt nègre puisqu'il écrivait des livres pour les autres) à ses heures perdues, est désormais sans emploi, et bientôt, sans logement. Sa rencontre avec André, lui aussi, ancien écrivain, va pour lui, tout bouleverser car, ce dernier, contrairement à notre protagoniste, a un projet : un Projet d'envergure puisqu'il s'agit ni plus ni moins de fonder une sorte de secte, sans pour autant que celle-ci soit qualifiée comme telle. Son projet n'est pas encore bien défini et en l'absence de celui qui aurait l'aura suffisante pour qualifier les foules, il décide d'engager notre héros afin qu'il devienne son collaborateur. A eux deux, ils vont s'engager dans de nombreuses recherches pour déterminer quelle sera la cause de leur "clan", où se réuniront-ils, la question de savoir si il y aura un leader (un gourou en quelque sorte) ou non et bien d'autres choses encore.
Mais l'intrigue est loin de s'arrêter là et je ne compte pas vous en dévoiler plus afin de ne pas gâcher le suspense. Ce qui est intéressant dans ce livre, c'est que l'on passe, au fur et à mesure des chapitres, du "je", au "nous" pour se confondre enfin dans un "on". Mais qui est ce "On" ? Dans des lieux que l'auteur nous décrivait avec moult détails au début du roman, ce fameux "on" se retrouve dans des lieux, bien que décrits, sont semblables à tant d'autres...
En ce sens-là, il s'agit, çà mon avis, d'une véritable prouesse de la part de l'auteur puisque notre narrateur à réussi à devenir invisible...Vous y croyez, vous ? Je parie que non ! Alors je vous invite vivement à venir découvrir cet ouvrage !
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MarianneL
  07 octobre 2013
Dans «Un livre blanc» (paru en 2007), recherchant des failles poétiques dans la ville contemporaine, le narrateur partait explorer les zones blanches sur la carte d'Ile-de-France, ces parcelles d'inattendu, échappatoires potentielles à des vies de plus en plus normées.
Il retourne ici arpenter ces lieux blancs, et découvre leur disparition, comblés par le trop-plein d'un monde de plus en plus vide : centres commerciaux, sièges sociaux, data-centers et nouvelles églises. Avec eux disparaissent ses fantasmes et une grande partie de ce qui remplissait sa vie.
Désocialisé, sans logement, sans argent, il croise dans ses déambulations, André, un auteur de thrillers à la renommée ternie, qui cherche un nouveau souffle. L'auteur devenu ringard se rêve entrepreneur : avec un manuel de chevet, "Le business plan en clair", André voudrait créer une secte, avec méthode et sans idées. Devenu homme de main de cet apprenti entrepreneur, le narrateur recherche pour lui des lieux et une dramaturgie pour les célébrations futures de cette religion sans croyance, cherchant l'inspiration dans les failles de la ville. Il réalise une analyse du marché des nouvelles religions, étude objective d'un objet détestable, aussi délectable que les précédents livres de Philippe Vasset, le "Journal intime d'un marchand de canons" ou celui "d'une prédatrice".
Arpenteur de la ville en manque d'espaces vierges, le narrateur dérive du projet initial ; il apprend comment crocheter les portes, se fondre dans les groupes, devenir fantomatique pour pénétrer partout. Il occupe des bureaux sans être repéré, fasciné lui-même par sa nouvelle puissance, ce quasi-don d'invisibilité.
«Progressant avec effort sur les structures métalliques qui longeaient les immeubles, je me faisais l'effet d'un avatar pataud de mes héros d'enfance, les Fantômas, Arsène Lupin et autres Rocambole dont les aventures avaient constitué mes premières émotions de lecteur et qui, trente ans après, étaient toujours une sorte d'idéal littéraire tant le mouvement de cette littérature désuète était de dévoiler la ville, chacun de ces personnages manipulant monuments et immeubles comme de vulgaires boîtes, y cachant trésors ou otages et reluquant sans vergogne l'intérieur des appartements.»
Un livre étonnamment poétique et beau, sur l'horreur du marchand, les tentations de la marge, et une forme étrange de réenchantement.
«Écrire avait, pour moi, quelque chose à voir avec l'invisibilité : c'était disparaître pour n'être plus qu'une parole qui suinte des murs, un bourdonnement mêlé aux bruits de la ville, un gout de fumée affleurant soudain sur les lèvres.»
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Charybde2
  09 septembre 2013
Rares interstices urbains, marchandisation cynique du mystique, poésie tribale de la dissolution.
Publié fin août 2013 chez Fayard, le septième ouvrage de Philippe Vasset réussit une brillante synthèse, enlevée, des deux thématiques principales de ses travaux antérieurs : la géographie des espaces vides, abandonnés ou interstitiels dans un tissu urbain et péri-urbain toujours plus dense, toujours plus surchargé de sens devenu vide ("Un livre blanc", 2007 ; et déjà, en fait, "Carte muette", 2004), et la marchandisation désespérée d'activités diverses et improbables ("Journal intime d'un marchand de canons", 2009 ; "Journal intime d'une prédatrice", 2010 ; voire, déjà, "Exemplaire de démonstration", 2003).
Le narrateur, qui est peut-être celui du "Livre blanc" justement, fasciné par les friches industrielles, bâtiments abandonnés, espaces "hors la ville et hors la frénésie", se trouve en voie de paisible clochardisation, moitié par inadaptation au rythme et à la violence d'une civilisation prônant toujours plus sans le dire le lemming habillé Cerruti comme idéal social, moitié par volonté insidieuse de retrait personnel, est enrôlé par une vieille connaissance, écrivain mondain sur le retour, qui cherche à monter, juteux business, une secte, dont la partie "croyances fondamentales" est totalement secondaire, l'habillage mystique important et plutôt facile, mais le choix de lieux de culte, de célébration et de fête hallucinée autrement plus central et délicat, d'où le rôle de l' "expertise" accumulée par le narrateur.
Cette "business research" en amont du projet est ainsi l'occasion d'une savoureuse revue du "marché" de la secte et de la transe mystique, avec cette verve cynique et hautement crédible techniquement qui enchantait déjà le lecteur (lassé des palinodies de tant d'écrivains contemporains prétendant décrire de l'intérieur les pratiques de la grande entreprise ou de la haute finance, mais n'en proposant qu'une vision convenue, tronquée et souvent bien malhabile) du "marchand de canons" (marchandisation de la violence d'État ou de bande organisée, univers de la grande multinationale) ou de la "prédatrice" (marchandisation du réchauffement climatique, univers du fonds géant d'investissement).
Las, tandis que le projet avance doucement, mais patine beaucoup (ce marché n'est finalement pas aussi simple qu'il le paraissait de prime abord, au grand dam de l'écrivain en voie de reconversion et de quête effrénée d'argent facile), le narrateur, à force de fréquenter toujours davantage de lieux urbains propres à des célébrations ésotériques sauvages et rémunératrices pour leurs instigateurs, entre en fascination de plus en plus puissante avec l'occupation "invisible" de locaux d'entreprise réels, et absolument pas abandonnés.
Un glissement progressif d'univers, du "gros" interstice de la friche urbaine au "minuscule" interstice du placard à lessiveuses industrielles, dans lequel le narrateur va progressivement perdre, volontairement, son identité résiduelle, devenant sans le chercher le guide d'une étrange tribu s'agrégeant autour de lui, nouveaux nomades, chasseurs et cueilleurs, hantant les immeubles de bureaux et les appartements bourgeois la nuit, se fondant dans le décor le jour, libres et "nus". de cette errance, l'écriture de Philippe Vasset parvient à extraire à la fois une étonnante crédibilité (sur une pareille prémisse !) et une indéniable poésie.
Une lecture salubrement dérangeante sur le fond, hautement jouissive à chaque page, et nimbée d'une beauté bien mystérieuse.
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Yunali
  21 octobre 2013
Je suis ressortie assez dubitative de cette lecture. Ce ne fût pas une mauvaise lecture, ni une bonne.
On suit le narrateur, un homme dont on ne sait au final pas grand chose, dans ses parcours urbains. En effet après être partis quelques années, il revient à Paris et il nous entraîne avec lui dans des lieux auxquels il tient, des lieux qu'il apprécie.
Quand un soir il rencontre André, un écrivain assez fantasque, il se retrouve embarqué (volontairement bien entendu) dans la création d'une secte ! Ni plus, ni moins que ça ! André veut en effet se reconvertir, et fonder une secte lui semble très lucratif. le narrateur va donc être une sorte de conseiller pour André, il devra chercher un lieu convenable pour leur « entreprise ».
J'ai bien aimé la partie consacré au fondement de la secte, leur recherche tellement « scientifique » et « marketing » qui semble si éloignée mais si proche à la fois de ce qu'est le fait de fonder une religion.
Ils vont vite se rendre compte que ce n'est pas si facile que ça, et que le marché est assez exigeant.
Cette partie là nous amène aussi à suivre le narrateur dans ses explorations et explications sur différents lieux.
Au fil de ses pérégrinations il va rencontrer une jeune femme qui va lui apprendre bien des choses pour pénétrer des lieux a priori difficiles d'accès : elle va lui apprendre à crocheter des serrures, à se fondre dans le décor, à choisir le moment opportun.
Et petit à petit, le narrateur va de plus en plus se rendre marginal et il va rencontrer des gens qui comme lui pénètrent et squattent des lieux qui ne devraient pas l'être.
Il va ainsi devenir petit à petit le leader d'un groupe, de plus en plus important, où chacun veut devenir quasi-invisible pour se fondre dans n'importe quel décor et pénétrer n'importe quel lieu.
Cette partie là par contre m'a beaucoup moins plu… Cela devenait trop invraisemblable, trop exagéré parfois.
Je reconnais néanmoins une réelle poésie et douceur dans l'écriture, et même si le livre n'est pas bien long, on le lit très facilement, parce qu'on est embarqué par le narrateur et on se prend à vouloir découvrir nous aussi les lieux qu'il apprécie.
Dernière chose qui me paraît un peu dommage : la photo de couverture. Pourquoi choisir une photo d'une ville de Russie alors que le livre n'y fait absolument aucune référence, et se passe à Paris ? Je pense que trouver une photo d'un coin de Paris doit être plus que faisable. Ça reste un détail qui n'a pas vraiment entaché ma lecture, mais c'est juste incongru.
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JAsensio
  18 septembre 2013
Si je n'étais parfaitement assuré de la très profonde honnêteté intellectuelle de Yannick Haenel, cet homme qui a écrit un monceau de sornettes habillées de la plus crasse inculture historique et de contre-vérités flagrantes lorsqu'il a évoqué Jan Karski, si je n'étais assuré de la parfaite intégrité morale d'un auteur qui, naguère, a été confronté devant les tribunaux à Alina Reyes qui l'accusait d'avoir plagié certains de ses romans, si je pensais que Yannick Haenel qui, aujourd'hui, rêve du Grand Soir tout en sirotant des cocktails pour faire la promotion de son dernier livre inepte, pouvait avoir subrepticement développé des pouvoirs extra-lucides qui lui auraient permis, par le biais de son corps astral, de discuter avec celui de Philippe Vasset ou, qui sait, de se transformer en quelque discret passe-muraille venu traîner dans les locaux des éditions Fayard, si je n'étais donc assuré de la plus stratosphérique honnêteté de Yannick Haenel, j'oserais trouver troublante la ressemblance entre le dernier roman de Philippe Vasset, La Conjuration, et ladite cucurbitacée produite par notre faux paysan germanopratin grand consommateur d'engrais sollersien, fumier odorant dont la particularité est qu'il peut s'utiliser sur les courges comme sur les attachées de presse, la différence génétique, me dit-on, étant infime entre ces deux créatures merveilleuses, ce qui suffit à expliquer aisément l'universalité radieuse de l'ardent Philippe Joyaux, né le 28 novembre 1836 (quelle jeunesse !) et qui, depuis sa solaire naissance ou presque, arrose de sa nullité la plus mauvaise collection éditoriale de France et de Navarre, L'infini bien sûr.
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critiques presse (8)
LeFigaro   05 septembre 2016
Philippe Vasset, déjà auteur de livres très singuliers, dépasse le thème classique du vacillement de la foi et de la tentation.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Lexpress   03 octobre 2013
La conjuration des inutiles [...] Les portes secrètes de Philippe Vasset ouvrent sur des culs-de-sac romanesques. "Tous, on attend. Mais quoi?" s'interroge l'un des conjurés à dix pages de la fin. Le lecteur se le demande encore.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   25 septembre 2013
Le texte est savoureux, surprenant, documenté, formidablement physique et incarné.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   18 septembre 2013
Philippe Vasset est époustouflant dans l'écriture comme dans l'invention romanesque. Mais il cache derrière cet art de la fiction un talent de sociologue et de géographe [...] Explorateur du minuscule, reporter des mutations du paysage, il est l'héritier direct de Jules Verne, l'ironie en plus.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lhumanite   09 septembre 2013
Ainsi se crée un passionnant roman qui tire vers un gothique d’après les subprimes. Philippe Vasset avait fondé son texte sur un postulat risqué. Il a magistralement tenu son pari : la Conjuration est un de ces livres qu’on ne lâche pas.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Lhumanite   09 septembre 2013
Ainsi se crée un passionnant roman qui tire vers un gothique d’après les subprimes. Philippe Vasset avait fondé son texte sur un postulat risqué. Il a magistralement tenu son pari : la Conjuration est un de ces livres qu’on ne lâche pas.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Lhumanite   02 septembre 2013
Un roman fascinant, jouant sur les limites entre fiction et reportage.
Lire la critique sur le site : Lhumanite
Liberation   26 août 2013
Son roman, lui, se lit comme une belle échappée, celle d’un collectif qui se fond dans les passages secrets de la ville, qui a épousé le décor. Un espace mental.
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   09 septembre 2013
Glissant sans fin sur ces sols immaculés, j'ai invoqué en silence les forces de la désaffection, priant pour que dans dix, vingt ans, Le Millénaire connaisse une faillite ignominieuse et soit contraint d'abandonner ses "espaces de convivialité", ses décorations joviales et ses vitrines proprettes aux squatteurs et aux vandales.
La tête pleine d'images de ruines et de désastres, je me suis arrêté, juste avant la sortie, devant un local retraçant l'histoire du centre. Parmi les photographies et les plans, l'architecte Antoine Grumbach ("marchand de ville", comme il se qualifiait lui-même dans un film diffusé en boucle) avait exposé quelques livres dont la lecture avait supposément inspiré la conception du Millénaire. Parmi ces ouvrages figuraient "Molloy" de Beckett, "Ulysse" de Joyce et "Je me souviens" de Georges Perec. Le visiteur était censé comprendre que l'implantation du Millénaire à Aubervilliers participait de la création contemporaine la plus radicale. Que, bien sûr, c'était un espace d'achat, mais que c'était tellement plus que cela : un laboratoire pour la ville de demain, un jalon dans l'histoire de l'architecture durable, bref une véritable "fresque", presque une "vision" généreusement offerte aux regards des consommateurs venus remplir leur réfrigérateur ou s'équiper en électroménager.
Ainsi, non seulement on m'avait chassé de ma retraite favorite pour construire un centre commercial, mais on avait poussé le vice jusqu'à le faire au nom d'écrivains que j'aimais (la référence à Georges Perec, que je vénère, n'était ni plus ni moins qu'un affront personnel caractérisé). Une colère froide me submergea et je me mis à gribouiller, rageur, des commentaires hostiles, voire franchement insultants, sur le cahier destiné à recueillir les remarques des visiteurs.
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OreaneOreane   12 août 2013
L’accès aux appartements floutés par les reflets du double vitrage m’était interdit par un maillage serré de serrures à trois points, de détecteurs de mouvement et d’alarmescontact. Seule une fête me permit de franchir le mur de verre des façades: descendu sur un balcon où se pressaient des fumeurs, je me mêlai aux discussions du groupe puis, un verre à la main pour me donner une contenance, pénétrai dans l’appartement attenant, où une cinquantaine de convives gesticulaient au son d’une musique poussée à fond. Ma mise négligée, dont les heures d’escalade étaient venues accentuer le dé- sordre, aurait dû immédiatement me signaler comme intrus, mais personne ne remarqua ma présence. […] Enivré par ce sentiment d’invisibilité, je me mis à frôler les corps. Certains se détournaient, mais d’autres, au contraire, se laissaient faire, voire recherchaient le contact. Il y eut cette chevelure longue et rousse que j’effleurai du dos de la main avant de faire jouer mes doigts entre les boucles, sa propriétaire accompagnant mes gestes de légers mouvements de la nuque comme pour donner de l’ampleur à chaque caresse; il y eut ce pied dont les doigts vernis jouaient sous une table avec des lanières de chaussure et dont je me saisis, faisant glisser mes ongles le long de sa voûte jusqu’à ce que l’épiderme se rétracte et s’offre. Privé d’identité, je ne fus, pendant quelques heures, qu’un bouquet de nerfs sans terminaisons. Et jamais ces visages longuement embrassés dans la pénombre n’ouvrirent les paupières pour me voir, jamais ces bras déjetés dans l’étreinte ne se refermèrent sur moi .
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cicou45cicou45   02 décembre 2013
"On ne dira jamais combien il est agréable de suivre quelqu'un, d'oublier son quotidien pour s'immerger silencieusement dans celui d'un autre."
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brigetounbrigetoun   26 septembre 2013
Alors ils parcourront les rues à peau découverte, s'incorporant à l'incessant brassage jusqu'à ce que ce soient leurs voix qui crient avec les trains et grincent avec les gonds. Jusqu'à ce que ce soient eux qui réclament, d'un timbre déformé par les traitements synthétiques, l'attention des voyageurs et disent les correspondants occupés, les factures à payer et les virage imminents....
Ils feront de la ville un infini murmurant. Et la langue elle-même deviendra paysage.
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ChezLoChezLo   12 novembre 2013
J'y découvrais des tours d'aiguillage aux issues murées mais dont les verrières, certaines nuits, s'illuminaient de brusques et mystérieux incendies ; d'anciennes cabanes transformées en scènes d'exhibition où des couples s'étreignaient sous les regards de voyeurs anonymes postés derrières les parois de planches trouées ; des grottes de pierre où des rongeurs invisibles faisaient craquer la brindille des seringues usagées ; des transformateurs minutieusement dépouillés de la moindre pièce métallique et dont la silhouette régulière prenait, au crépuscule, des airs de temple antiques ; des excroissances végétales poussant hors d'atteinte, sur des murs ou des corniches, et auxquelles mon imagination attribuait des pouvoirs alternativement hallucinogènes, médicinaux ou au contraire toxiques ; et des terrasses de béton graffitées où titubaient, à l'aube, des noctambules attendant que le soleil se lève.
Vivant sur chacun de ces lieux de vies parallèles et rêvées, je ne supportais pas que l'on comble les places vides qu'ils formaient sur les cartes. Mais le mouvement de l'expansion urbaine allait dans un sens strictement opposé à mon désir et, sous l'inflation des projets immobiliers, mes repaires disparaissaient les uns après les autres.
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