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Basse-Fosse tome 1 sur 1
EAN : 9782352945444
384 pages
Bragelonne (20/01/2012)
3.54/5   79 notes
Résumé :
Basse-Fosse. La ville du crime.
Les hors-la-loi sont rois, les femmes, fatales. Disparaissez, et les gardes s’assureront que personne ne vous retrouvera jamais.
Prévôt est dealer. Il a été soldat. Il a été agent de la Couronne. Il a tout vu, et même pire. Difficile de trouver âme plus tourmentée.
Il est aussi le plus à même de traquer l’assassin qui sème derrière lui les corps d’enfants horriblement mutilés. Un sinistre jeu de piste, où le chass... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (36) Voir plus Ajouter une critique
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Basse-Fosse : un nom guère reluisant pour une ville qui ne l'est guère plus. Dealers, taverniers, macs, putains, gardes..., tout ce petit monde se mêle plus ou moins harmonieusement dans ce trou perdu réunissant la lie du royaume. Alors autant vous dire que lorsque les cadavres d'enfants commencent à s'accumuler dans le coin, l'air de Basse-Fosse se fait encore moins respirable que d'ordinaire. Sans vraiment se distinguer, le pitch de base à au moins le mérite d'intriguer, aussi est-ce avec bon espoir que je me suis plongée dans la lecture de ce premier roman de Daniel Polansky. Une lecture très mitigée, car malgré quelques bons éléments le roman peine à véritablement se débarquer. Son principal atout réside avant tout dans la plume de son auteur qui possède un style rafraîchissant qui n'est pas sans laisser penser, dans une moindre mesure, à celui employé par Cédric Ferrand dans l'excellent « Wastburg » ou encore par Jean-Philippe Jaworski dans « Gagner la guerre » : les dialogues sont crus et percutants, le protagoniste possède un certain bagout et enchaîne les répliques mordantes qui font mouche...

Les quelques bons points du livres peinent cela dit à rattraper tous les aspects négatifs qui m'ont sauté aux yeux lors de ma lecture, à commencer par l'intrigue. Car s'il serait nettement exagéré que de parler d'ennui, il faut toutefois admettre que l'auteur ne s'est pas vraiment compliqué la vie. L'identité du responsable se devine très aisément (et longtemps à l'avance), et ce malgré les nombreuses tentatives (peu subtiles) de l'auteur pour nous induire en erreur. le protagoniste rattrape heureusement un peu le tout par son charisme mais le pauvre ne peut pas porter la totalité du roman sur ses épaules ! Les personnages secondaires sont pour leur part prometteurs mais restent tout du long trop en retrait pour que l'on s'y attache ou s'y intéresse vraiment. le jeune et impertinent Pinson, le vétéran Adolphus, le vieux Héron, autant de figures emblématiques de Basse-Fosse qui auraient mérité d'être davantage étoffées afin de rendre le roman plus immersif. Car de ce côté là, on reste là aussi sur notre faim : Basse-Fosse est certes une ville mal-fâmée, dangereuse, corrompue, oui mais voilà : Basse-Fosse n'a pas d'âme...

Récompensé en 2012 par le Prix Imaginales, « Le baiser du rasoir » peine donc à se hisser à la hauteur des précédents lauréats (« Les salauds gentilshommes » ; « Rois du matin, reines du jour »...). Oui il y a de bonnes idées, oui le style est efficace, mais l'intrigue reste trop peu ambitieuse et le rythme mal maîtrisé. Dommage, car le personnage de Prévôt n'est pas sans un certain intérêt, aussi ne serais-je malgré tout pas contre poursuivre plus avant la découverte de ses aventures.

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Je suis Pinson…

Un gamin des rues comme il en existe des centaines dans Basse-Fosse. J'ai rencontré Prévôt par hasard, il devait se débarrasser de sa marchandise avant l'arrivée des cognes…

C'était le jour où il a trouvé le corps de Tara…

J'aurai pu m'enfuir avec la besace pleine de drogue, mais j'ai pensé qu'il était plus malin de bosser pour lui… Ou moins dangereux…

Je suis Adolphus…

J'ai fait la guerre avec Prévôt. J'ai vu sa chute et je sais les activités qu'il mène ici, dans Basse-Fosse pour subvenir à ses besoins. Je les réprouve un peu, mais nous sommes frères d'arme et associés puisqu'ensemble on a acheté « le Comte qui Titube », notre auberge.

Au fond de lui, il ne va pas pouvoir laisser le meurtre de la petite – et les suivants – impunis…

Je suis Guiscard…

Je suis un givre, un bonhomme de neige, un glace, un diable gris comme on dit dans les rues : Un Agent de la Couronne. J'ai remplacé Prévôt. Je suis le coéquipier de Crispin aujourd'hui. Je ne sais pas bien pourquoi il a été exclu de Maison-Noire mais je vois qu'il y a toujours du respect entre lui et Crispin.

Si je supporte ses traits d'humour noir, si je suis prêt à faire un pas sur la frontière du crime, c'est que je pense que Prévôt peut trouver celui qui enlève et tue des enfants dans le quartier…

Je suis Ling Chi

J'ai l'insigne honneur d'éclairer de ma bienveillante sagesse la communauté de mes semblables Skirènes de cette auguste cité. Mes lumières s'étendent dans les recoins les plus sombres où nul individu à l'âme sans tache n'oserait demeurer.

Je bénis chaque jour l'Empereur céleste que celui que l'on nomme Prévôt me fasse la bonté de son inestimable amitié et de son partenariat commercial à nous deux profitable.

Mais je ne peux rester insensible à la mort qui transperce de pauvres enfants en les rues de nos quartiers et loue les cieux d'avoir mis mon ami sur la route de cet assassin…

Je suis Meski Mayana…

Je suis blanchisseuse à Basse-Fosse. J'ai cinq enfants, quatre filles et un garçon. Enfin…

Avraham, mon fils, comme Tara a disparu. Je crains le pire. Prévôt est passé me voir. Je lui ai fait promettre de le retrouver. Il n'a pas voulu…

Je suis le Duc Rogar Calabbra III, Seigneur de Braconfield…

On m'appelle la Lame qui Sourit. Je suis la meilleure lame de Rigus et un noble oisif…

Prévôt travaille pour moi. Il fournit mes soirées mondaines en produits festifs plutôt inhabituels. J'apprécie son sens de la discrétion et de la répartie…

Je suis Célia…

Je viens d'être élevé au rang de Première thaumaturge du royaume. C'est Prévôt qui m'a trouvée. J'étais une enfant abandonnée comme tant qui avaient perdus leurs parents durant l'épidémie de Fièvre Rouge… Il ne m'a pas vendue, il ne m'a pas violée. Il m'a confié au Héron.

Le Héron est le magicien dont le Nid d'Aigle, la tour qui surplombe le quartier de Basse-Fosse. Sans lui pour protéger la ville de sa magie, le quartier ne serait plus que ruine.

Je suis ses pas et je me souviens de notre enfance. le Héron, Prévôt et moi…

Les ruelles sombres du quartier miséreux d'une grande ville, dans un monde médiéval-fantastique. La tragique disparition de jeunes enfants innocents, retrouvés exsangues. Un anti-héro, ancien soldat, flic déchu, trafiquant de drogue qui fait contre mauvaise fortune bon coeur et « prend l'affaire en main »… de grosses ficelles avec lesquelles vous allez vous trouver les pieds et les poings liés…

Sans prendre parti, sans noirceur facile, relaté à la première personne mais sans cynisme excessif – souvent caractéristique du genre -, ce récit vise juste : Evoluer dans les ombres si familièrement lointaine, mettre ses pas dans ceux d'un archétype de l'ange déchu réinventé. Ce récit garde l'essentiel : Demi-vérités, faux-semblants, personnages en clair-obscur… Les canons du genre. On s'y accroche jusqu'à la fin, ce dénouement si terrible, si improbable… Mais ceci ne peut-être révélé ici, comme il se doit. Toujours…

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L'imperfection au masculin

A Basse-Fosse, la bien nommée, est retrouvé le cadavre de la petite Tara suivi bientôt par d'autres disparitions et meurtres d'enfants. La population de ce quartier miséreux qui croupit dans la fange ne veut pas voir ces crimes impunis - ce qui ne manquerait pas d'arriver si la police locale s'en occupait seule. Un homme, ancien agent de la Couronne, présentement dealer notoire va devoir leur prêter une main forte quelque peu forcée. 6 jours pour résoudre l'énigme de ces crimes. le compte à rebours a commencé.

Basse-Fosse, tome1

Dans ce roman préparez vous à plonger dans un vaste monde à la population hétéroclite. Rigus, nous offre un melting-pot de races comme seules des villes cosmopolites telle que New York ou Paris peuvent en recéler. Iliens, Kirènes, Tarasaihgnes, Rouendiens, référence aux Drennes (etc...). L'univers planté par Polansky s'étend à perte de vue. Il faut d'ailleurs se concentrer ou prendre des notes pour tout intégrer car l'auteur ne s'attarde pas à outrance sur les descriptions, ni ne nous fait l'historique de ces ethnies. le lecteur fera seul le travail de reconstitution et finira d'ailleurs par voir en certains de ses peuples quelques liens avec nos races humaines. J'ai aimé cette diversité malgré l'effort de mémoire et, la linguiste que je fus le temps de quelques années d'étude, n'a pas manqué d'apprécier les descriptions sur les langues parlées et leur usage qui ont ajouté à l'immersion dans ce monde.

Vrai plaisir aussi que ces joutes verbales entre notre narrateur, Prévôt, et ses interlocuteurs, amis ou ennemis d'ailleurs. le maniement des mots, de la langue se fait avec dextérité. Les réparties : piquantes, acerbes, humoristiques, pompeuses et même précieuses fleurissent à chaque page. Il n'est pas possible d'aimer la langue et les mots et de ne pas se délecter de cette lecture. le texte en est incisif, mordant, imagé. Tout ce que j'aime. Je tire mon chapeau au traducteur, Patrick Marcel pour son travail.

L'histoire qui mêle adroitement fantasy et polar noir m'a convaincue sans difficultés. Je ne suis pas une habituée de fantasy mais il me semble qu'ici on retrouve bien les codes du genre : vaste monde fantastique qui ne manquera pas de nourrir votre imaginaire, nombreux aspects mythiques. La fantasy frôle d'ailleurs ici le fantastique avec l'intrusion de l'horreur et l'utilisation d'une magie noire à la limite du surnaturel. le baiser du rasoir s'approche pour moi de l'urban fantasy par le décor dans lequel l'histoire est plantée : le quartier de Basse-Fosse, tout sauf féérique. Et de la dark fantasy pour son côté hyper sombre et où il est difficile de dire si le bien a vraiment triomphé. Je n'irais pas par exemple jusqu'à dire que notre héros Prévôt incarne le Bien ^^ Mais aussi parce que le tribu perdu (que ce soit en âmes ou illusions) par la communauté et toujours Prévôt est somme toute assez lourd.

Et le côté polar alors? Sombre à souhait. J'ai lu ça et là que les briscards du genre étaient quelque peu déçus parce que rodés aux ficelles et que donc le dénouement les a laissés sans surprise. Bien, ça peut arriver et je comprends la déception, qui ne fut pas mienne. Je dois encore être une novice ^^ Pour autant, j'ai senti arriver quelques révélations et pas des moindres. Certes celle du dénouement final m'a échappée mais ça, je pense que c'est en grande partie parce que j'avais d'autres espérances et attentes et que celles-ci m'ont empêchée de sentir le truc... C'est donc toute dépitée que j'ai accueilli le fin mot de l'histoire mais bon, pouvait-il en être autrement? Dark is dark j'ai dit et il fallait respecter ça jusqu'au bout, n'en déplaise à... non je ne peux pas le dire, ce serait spoiler!

Est-ce que le rythme de l'enquête est soutenu, est-ce qu'il tient en haleine? Je dirai que ses prémices sont assez longs (mais pas longuets). Mais bon il faut dire que les activités illicites de notre Prévôt ne lui permettent pas de s'y consacrer à corps perdu dès le début et, il lui faudra bien quelques contraintes extérieures pour qu'elle devienne prioritaire et même vitale. A partir de là, l'action est lancée et ça va déménager! Courses poursuites, coups pour coups, oeil pour oeil, dent pour dent : si Prévôt va être mis à mal par ses anciens collègues des opérations spéciales, par les truands qui jalonnent son chemin il ne sera pas en reste côté distribution de galoches.

Parlons un peu de notre héros et narrateur principal : Prévôt est né à Basse-Fosse, il a grandi dans cette fange et s'est fait tout seul après que la peste rouge est emportée les siens ; la mort donc il la côtoie depuis toujours et s'il la contemple souvent de haut, il est assez intelligent pour la tenir à distance avec tous les moyens en sa possession. Fier, plein de morgue quand il s'agit de côtoyer de gré ou de force ses anciens collègues, arrogant mais aussi extrêmement fidèle en amitié et rusé. Caricature du héros hanté par ses démons, Prévôt est un dealer connu, reconnu, maître de son territoire. "Prince" déchu des forces spéciales, héros de guerre. Il fallait tout ça au moins pour se sortir de la mouise dans laquelle les évènements l'ont plongé. Ce n'est par hasard que l'on devient héros d'un roman ^^ Bref, ce gars-là même bourru, même laid (c'est lui qui le dit), même drogué a un charisme de malade et on s'y attache à sa carcasse, on frémit même (surtout?) pour lui! Dire que Polansky ne se prive pas d'utiliser son personnage pour faire sa critique de société serait peu dire. Système juridique, policier (armée?), place des nantis, condition et considérations sur les races tout y passe. La réalité n'est jamais bien loin derrière la fiction n'est-ce pas?

Ce tome 1 a un univers intéressant, qui demande à être plus fouillé, mieux décrit encore. Il regorge de personnages attachants et qu'on prendra plaisir à retrouver dans le/les tomes suivants. Rendez-vous pris pour moi.

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Les menaces qui pèsent sur Basse-Fosse sont nombreuses et variées… Les multiples guerres ont déjà ravi leur quota d'hommes, mais nul fléau ne fût plus redoutable et meurtrier que la grande peste qui prit la vie, sans distinction d'âge, de classe sociale ou de sexe, de milliers d'habitants de la cité. Fort heureusement, le bouclier magique créé par le Héron protège de nouveau la population. Jusqu'au jour où une nouvelle menace va poindre dans Basse-Fosse…

Des enfants disparaissent pour être retrouvés plus tard, le corps inanimé, dans de sombres ruelles. Prévôt, un ancien enquêteur au service de la Couronne, destitué de ses fonctions pour une mystérieuse raison, est devenu un dealer craint et respecté et le fournisseur principal de tout Basse-Fosse. Accro lui-même au souffle de farfadet, il va se retrouver mêlé à cette sombre affaire. Son enquête pour retrouver l'assassin va le replonger au coeur d'un sombre passé…

Certes, on ne peut pas dire que l'histoire de l'anti-héros tombé en disgrâce mais dont l'aide s'avère nécessaire pour sauver la situation soit vraiment originale, loin de là… Mais cela n'empêche pas non plus de passer un très bon moment en compagnie de cette gueule cassée qu'est Prévôt ! Daniel Polansky joue au contraire sur la noirceur et l'ambiguïté de son personnage. Les valeurs nobles côtoient les instincts les plus vils et les plus sombres chez cet homme qui a connu la misère, la faim et la violence d'une vie passée dans la rue et c'est justement ce qui le rend intéressant. La soif de justice se mêle au goût du sang, le rendant impitoyable envers ses ennemis.

J'ai aimé également ce décor médiéval austère et crasseux, où le danger guette à chaque coin de rue. La tension engendrée par les meurtres bouillonne et ne cesse de croître au fur et à mesure que l'enquête avance, s'emparant du lecteur avec une redoutable efficacité… On se promène avec aisance entre les différents cercles de la ville, des plus pauvres aux plus nobles, mais liés tous deux par un même goût pour l'alcool et la drogue. L'écriture de Daniel Polansky est agréable, fluide, presque trop littéraire pour ce décor brut, sale et hostile. Si « le baiser du rasoir » n'est pas spécialement un coup de coeur, j'ai néanmoins passé un très bon moment de lecture.

Je tiens à remercier les éditions Folio et Livraddict pour ce partenariat.

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Le mélange fantasy et policier est efficace et a souvent donné de beaux résultats. Ici la recette fonctionne encore très bien avec la prose et l'univers de Daniel Polansky, bien mis en valeur par la très bonne traduction de Patrick Marcel.

Le Prévôt nous balade à travers sa ville de lieux en lieux et d'interlocuteurs en interlocuteurs dans la plus grande tradition des enquêtes policières à l'ancienne. Mais malgré un style et un rythme très agréable, ni la description des uns ni la personnalité des autres ne laissent de souvenirs véritablement impérissables. C'est du solide mais du classique car la plupart des rebondissements sont prévisibles sinon annoncés à l'avance pour un vieux routard du polar. Je me suis même laissé un peu endormir dans l'enchaînement des faits durant les 7 jours de survis du Prévôt qui constitue l'essentiel du roman.

Avec la narration à la 1ère personne, un personnage principal cynique qui navigue entre la voyoucratie d'en bas et la voyoucratie d'en haut, avec moult magouilles et une ambiance dignes d'un Roman Noir, le Prévôt de Daniel Polansky marche carrément sur les plates-bandes de "Garett" (Glen Cook) et de "Taltos" (Steven Brust). Il flotte aussi ici et là le parfum de "L'Ange de la Nuit" (Brent Week) et des "Salauds Gentilhommes" (Scott Lynch), il flotte aussi ici et là le parfum des espaces urbains de "Baldur's Gate" et "The Witcher".

Rigus la cosmopolite, sa ségrégation socio-spatiale en quartiers paumés (gangrenés par les mafias, les gangs, les dealers et les trafics de stupéfiants) et en quartiers huppés (très bons clients desdits dealers et desdits trafics de stupéfiants), ses communautés diverses avec son Chinatown et sa Little Italy, son racisme ordinaire et sa police aux ordres du pouvoir aristocratique en place qui s'embourbe dans les conflits d'autorités ou/et de personnalités... Toute ressemblance avec une métropole américaine moderne lambda serait-elle purement fortuite ?

Tous ces policiers au lourd passé, du flic de base qui patrouille dans les rues au sosie du tyrannique Edgard Hoover en passant par la criminelle, les experts froids et les groupes d'intervention spéciaux... Tous ces discours explicites ou implicites sur les partenaires, les ripoux, les boeufs-carottes... Et un Prévôt qui a une bonne tête de Michael Chiklis de la série culte "The Shield"... Tout cela rappelle sans conteste l'univers des séries policières américaines !

Si on ajoute un scénario dans le plus pure tradition du Hard Boiled (les autorités corrompues, les crapules en tout genre, les femmes fatales, les représentants de l'ordre blasés qui naviguent entre différents niveaux de gris)... On pourrait se demander si l'auteur n'aurait pas mieux fait d'aller plus franchement sur les terres de la fantasy urbaine.

Ce "Baiser du Rasoir" est très satisfaisant, mais il lui à nombreux niveau d'un je-ne-sais-quoi pour pouvoir passer un cap supplémentaire.

Si tout n'est pas convainquant (worldbuilding, rythme, intrigue), un 1er roman qui a assurément de la gueule. Bref, un auteur que je retrouverais avec plaisir.


Lien : http://www.chemins-khatovar...
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critiques presse (1)
Elbakin.net
20 février 2012
Le baiser du rasoir remplit donc globalement son office, en nous livrant une histoire complète tout en ouvrant bien sûr nombre de portes dans l’optique des tomes à venir…
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation

Si la race humaine a inventé une institution plus efficace que la noblesse pour la propagation des handicapés de l'intellect et de l'éthique, je ne suis pas encore tombé dessus. Prenez la progéniture d'un demi-millénaire de mongoliens consanguins, de cousins germains et d'hémophiles. Élevez-les via une série de nourrices bouffies, de confesseurs abrutis par la boisson et d'universitaires ratés, parce-que Sakra sait que Papa et Maman sont bien trop occupés à se tripoter à la Cour pour prendre en main l'éducation d'un enfant. Veillez à ce que toute la formation qu'ils reçoivent dans leur jeunesse ne concerne jamais rien de plus pratique que le maniement de l'épée et l'étude de langues que plus personne ne parle, dotez-les d'une fortune quand ils atteignent leur majorité, placez-les hors des limites de tout système légal plus développé que le code duello, ajoutez la tendance instinctive de l'humanité à la paresse, l'avarice et l'intolérance remuez soigneusement, et voilà : vous obtenez l'aristocratie

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Le Vieux, Conservateur des Opérations spéciales, un titre inoffensif pour le maître espion de l'Empire. À votre fenêtre, ce sont ses yeux ; à votre porte, ses oreilles. S'il existe sur votre compte des informations compromettantes, il les détient, et s'il n'en existe pas, il en fabriquera. Un simple signe de son doigt a causé plus de morts que la peste. Depuis un quart de siècle, il tient la barre de la plus grande organisation jamais fondée par l'homme dans le but d'usurper et de maintenir le contrôle sur ses congénères.

Et si vous le croisiez dans la rue, il vous saluerait d'un coup de chapeau et vous lui répondriez de la même façon. Le mal est comme ça, parfois.

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Nous sommes partis en guerre parce-que partir en guerre est formidable, qu'existe dans le cœur humain une portion que fait frémir de plaisir l'idée, quoique peut-être pas l'acte lui-même, de massacrer ses semblables en vastes quantités. Livrer une guerre n'est pas amusant – en fait, livrer une guerre est plutôt affreux. Mais déclarer une guerre ? Bordel, déclarer une guerre, ça dépasse une nuit entière à flotter sur du miel de daeva.

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— Salut, Tancrède, lançai-je. Quoi de neuf ?

Il m’adressa une moue hargneuse… Ou peut-être pas : difficile de juger, avec sa lèvre.

— J’ai entendu dire que tes gars avaient des soucis avec leurs pierres d’aimant, poursuivis-je.

Cette fois-ci, j’en étais certain, le regard était hargneux.

— « Des soucis », Prévôt ? Comment ça ?

— Le canal délimite la frontière entre nos deux commerces, Tancrède. Le canal… tu connais ? C’est le grand fossé, à l’est d’ici, plein d’eau.

Il sourit, la zone dénudée entre sa lèvre supérieure et son nez exposant crûment ses gencives putrides.

— Ah, c’était ça, la frontière ?

— Dans notre profession, Tancrède, il est important de se souvenir de ses accords. Si tu n’y arrives pas, il serait peut-être temps de chercher un emploi plus en rapport avec tes talents naturels. Tu serais ravissant, comme danseuse de revue.

— T’as la langue bien pendue, gronda-t-il.

— Et toi, la lèvre fendue, mais nous sommes tels que le Créateur nous a modelés. Peu importe, je ne suis pas venu débattre de théologie ; pour le moment, c’est la géographie qui nous intéresse. Alors, si tu commençais par me rappeler où s’étend notre frontière ?

Bec-de-lièvre recula d’un pas...

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Assise à la tribune, dix pas respectueux en retrait du prêtre, se trouvais la mère de la gamine, reconnaissable même à cette distance à l'expression de son visage. J'avais vu la même pendant la Guerre, sur la figure de gars qui avaient perdu un membre : l'expression de quelqu'un qui a reçu une blessure qui aurait dû le tuer, mais ne l'avais pas fait. Elle venait se plaquer comme un pansement humide, se greffer à la peau de façon permanente. Je soupçonnais que ce masque-là, la pauvre femme ne pourrai jamais s'en défaire, à moins que son tourment ne devienne trop fort et que, par une nuit froide, elle ne s'applique un lame d'acier sur le poignet.

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