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Grégoire Chamayou (Éditeur scientifique)Mathieu Triclot (Éditeur scientifique)
ISBN : 2842058569
Éditeur : 1001 Nuits (08/09/2004)

Note moyenne : 4.43/5 (sur 7 notes)
Résumé :

Pour les ouvriers dont le travail est exploité, " saboter ", c'est enrayer la machine de production. Syndicaliste militant et cofondateur de la Confédération générale du travail, Emile Pouget (1860-1931), publie vers 1911-1912 un véritable manuel de résistance. Subversif, méthodique, il expose avec humour la théorie et la pratique du sabotage, du " vas-y-mollo " à la grève du zèle, en passant par... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Luniver
  10 novembre 2012
« À mauvaise paye, mauvais travail ! », voilà le mot d'ordre que lance Emile Pouget.
En cette fin du XIXe siècle, les ouvriers n'ont pas toujours les capacités de mener les grèves jusqu'au bout : le besoin d'argent se fait trop rapidement sentir. Plutôt que d'attaquer l'ennemi, bien plus fort qu'eux, de front, plutôt utiliser la ruse : le sabotage.
Deuxième argument en faveur du sabotage, le marché du travail. Selon cette théorie, le travail est un bien qui se monnaie comme n'importe quel autre bien. Pourtant, en pratique, le patron, quel que soit le salaire versé, demande toujours la même chose à son employé : le maximum de ses capacités. D'où la nécessité de fournir un travail qui correspond exactement au salaire, et rien de plus.
Car le sabotage peut prendre plusieurs formes : ce qu'on entend aujourd'hui, à savoir la destruction des machines, n'est qu'un des aspects possibles. D'autres méthodes existent : le "Ca'Canny" (« ne te presse pas »), avoir la main lourde sur les produits coûteux, voire même respecter à la lettre tous les règlements de sécurité, ce qui se traduit généralement par un retard conséquent. La seule limite est l'imagination, la seule contrainte étant de ne nuire qu'à son patron uniquement, et à personne d'autre.
Ce petit ouvrage est délicieusement subversif et mériterait une plus large diffusion.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
LuniverLuniver   09 novembre 2012
En 1889, une grève avait éclaté à Glasgow. Les dockers unionistes avaient demandé une augmentation de salaire de 10 centimes par heure. Les employeurs avaient refusé et fait venir à grand frais, pour les remplacer, un nombre considérable de travailleurs agricoles. Les dockers durent s’avouer vaincus, et ils consentirent à travailler aux mêmes prix qu’auparavant, à condition qu’on renverrait les ouvriers agricoles.

Au moment où ils allaient reprendre le travail, leur secrétaire général les rassembla et leur dit : "Vous allez revenir travailler aujourd’hui aux anciens prix. Les employeurs ont dit et répété qu’ils étaient enchantés des services des ouvriers agricoles qui nous ont remplacés pendant quelques semaines. Nous, nous les avons vus ; nous avons vu qu’ils ne savaient même pas marcher sur un navire, qu’ils laissaient choir la moitié des marchandises qu’ils portaient, bref que deux d'entre eux ne parvenaient pas à faire l'ouvrage d'un de nous. Cependant, les employeurs se déclarent enchantés du travail de ces gens-là ; il n’y a donc qu’à leur en fournir du pareil et à pratiquer le "Ca’Canny". Travaillez comme travaillaient les ouvriers agricoles. Seulement, il leur arrivait quelquefois de se laisser tomber à l'eau ; il est inutile que vous en fassiez autant."

Cette consigne fut exécutée et pendant deux ou trois jours les dockers appliquèrent la politique du "Ca’Canny". Au bout de ce temps les employeurs firent venir le secrétaire général et lui dirent de demander aux hommes de travailler comme auparavant, moyennant quoi ils accordaient les 10 centimes d'augmentation....
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LuniverLuniver   09 novembre 2012
La morale naturelle ou zoologique, écrit Max Nordau, déclarerait que le repos est le mérite suprême, et ne donnerait à l'homme le travail comme désirable et glorieux qu’autant que ce travail est indispensable à son existence matérielle. Mais les exploiteurs n'y trouvent pas leur compte. Leur intérêt, en effet, réclame que la masse travaille plus qu'il n'est nécessaire pour elle, et produise plus que son propre usage ne l'exige. C'est qu’ils veulent précisément s'emparer du surplus de production ; à cet effet, ils ont supprimé la morale naturelle et en ont inventé une autre, qu'ils ont fait établir par leurs philosophes, vanter par leurs prédicateurs, chanter par leurs poètes : morale d'après laquelle l'oisiveté serait la source de tous les vices, et le travail une vertu, la plus belle de toutes les vertus...

Il est inutile d'observer que cette morale est à l'usage exclusif des prolétaires, les riches qui la prônent n'ayant garde de s’y soumettre : l'oisiveté n'est vice que chez les pauvres.
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LuniverLuniver   10 novembre 2012
L'obstructionnisme est un procédé de sabotage à rebours qui consiste à appliquer avec un soin méticuleux les règlements, à faire la besogne dont chacun a charge avec une sage lenteur et un soin exagéré. Cette méthode est surtout usitée dans les pays germaniques et une des premières et importantes applications en a été faite en 1905, en Italie, par les travailleurs des chemins de fer. Il est inutile d'insister pour démontrer qu'en ce qui concerne spécialement l'exploitation des voies ferrées, les circulaires et les règlements chevauchent les uns sur les autres ; il n'est pas difficile non plus de concevoir combien leur scrupuleuse et stricte application peut apporter de désarroi dans le service.
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HardivillerHardiviller   11 novembre 2017

Le mot " sabotage " n'était , il y a encore une quinzaine d'années ( avant 1900 ) , qu'un terme argotique , signifiant non l'acte de fabriquer des sabots , mais celui , imagé et expressif , de travail exécuté " comme à coups de sabots " .

Depuis , il s'est métamorphosé en une formule de combat social et c'est au congrès confédéral de Toulouse , en 1897 , qu'il a reçu le baptême syndical .

Le nouveau venu ne fut pas , dès l'abord , accueilli par tous , dans les milieux ouvriers , avec un chaleureux enthousiasme . Certains le virent d'assez mauvais œil , lui reprochant ses origines roturières , anarchiques et aussi son .....immoralité .

Malgré cette suspicion , qui ressemblait presque à de l'hostilité , le sabotage a fait son chemin ...... dans tous les mondes .

Il a désormais les sympathies ouvrières . Et ce n'est pas tout . Il a conquis droit de cité au Larousse , et nul doute que l'Académie ( à moins qu'elle n'ait été sabotée elle-même avant d'être parvenue à la lettre S de son dictionnaire ) ne se résolve à tirer au mot " sabotage " sa plus cérémonieuse révérence et à lui ouvrir les pages de son officiel recueil .
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>Economie du travail>Associations de travailleurs, syndicats, et négociation de conventi>conventions collectives, grève, boycottage (6)
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