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ISBN : 2803636395
Éditeur : Le Lombard (04/03/2016)

Note moyenne : 3.61/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Avec le talent de vulgarisateur qu'on lui connaît, Hubert Reeves explique, en faisant d'habiles parallèles avec la créativité humaine, ce que l'on sait aujourd'hui de la création de l'Univers. Avec ses mots et ses idées simples, épurées comme des haïkus, Hubert Reeves arrive à faire comprendre l'infiniment complexe, tout en amenant ses lecteurs au bord du gouffre métaphysique.
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
Presence
21 mars 2017
Il s'agit d'une bande dessinée de 52 pages, en couleurs. Elle est initialement parue en 2016, écrite par Hubert Reeves (1932-), dessinée par Daniel Casanave, et mise en couleurs par Claire Champion. Elle fait partie de la collection intitulée La petite bédéthèque des savoirs, éditée par Le Lombard. Cette collection s'est fixé comme but d'explorer le champ des sciences humaines et de la non-fiction. Elle regroupe donc des bandes dessinées didactiques, associant un spécialiste à un dessinateur professionnel, en proscrivant la forme du récit de fiction. Il s'agit donc d'une entreprise de vulgarisation sous une forme qui se veut ludique.
Cette bande dessinée se présente sous une forme assez petite, 13,9cm*19,6cm. Elle commence par un avant-propos de David Vandermeulen de 4 pages. Il commence par évoquer la différence qu'établit Jean-Jacques Salomon (1929-2008, philosophe des sciences, auteur par exemple de Les Scientifiques : Entre pouvoir et savoir) entre un savant et un scientifique, c'est-à-dire pour ce dernier un professionnel des sciences. Puis, il évoque le concept d'élan vital, tel que développé par Henri Bergson dans L'évolution créatrice, avec un exemple célèbre tiré de cet ouvrage. Il termine son avant-propos avec un mot sur Daniel Casanave et sa filiation artistique avec Georges Beuville.
La bande dessinée commence avec Hubert Reeves se tenant debout sous un ciel étoilé, ouvrant sa présentation par ces mots : Les étoiles ne font pas de musique, elles font du bruit, un vacarme gigantesque ! Il indique qu'il va expliquer le rapport profond qui existe entre les humains et les étoiles. Il commence par parler de plusieurs artistes de génie qui ont créé dans la douleur, celle de la surdité pour Ludwig van Beethoven (1770-1827), celle des troubles mentaux pour Vincent van Gogh (1853-1890), ou encore celle du manque d'argent pour Rembrandt van Rijn (1606-1669). Il indique ensuite qu'il ne s'agit pas d'expliquer l'art, mais d'apporter un éclairage nouveau sur cette activité créatrice.
Un livre intitulé L'Univers et écrit par Hubert Reeves est une invitation irrésistible à se plonger dans le spectacle extraordinaire et intimidant du cosmos et de l'astronomie. En outre, l'introduction de David Vandermeulen rappelle qu'Hubert Reeves n'est pas qu'un scientifique (de très haut niveau), que c'est également un être humain préoccupé par la dégradation de l'environnement, un savant engagé dans la propagation de valeurs pour préserver la biodiversité. le lecteur part avec l'a priori qu'il se lance dans une lecture qui ne sera pas aride, qui disposera d'un point de vue humain. le cheminement de la pensée d'Hubert Reeves déroute par son évocation des artistes de génie. le rapport entre ces créateurs d'exception et la conception de l'univers n'apparaît pas de tout de suite. Il faut effectivement attendre la fin pour comprendre la pertinence et l'objet de ce passage.
Pour ce deuxième tome de la série de la petite bédéthèque des savoirs, les auteurs ont choisi une forme de discours, très classique. Hubert Reeves se met en scène pour exposer son propos. Il est immédiatement sympathique, comme un grand père avec une belle barbe blanche, un air débonnaire, un visage ouvert sur lequel flotte souvent le sourire de quelqu'un heureux de vivre. Reeves a pris grand soin de limiter le volume de chaque phylactère, pour conserver un rapport en faveur de l'image, ainsi que pour préserver la fluidité de la lecture, comme dans une bande dessinée traditionnelle, les seules exceptions sont des phylactères un peu copieux dans 3 pages (p. 26, 27 et 34). le lecteur est très agréablement surpris par le registre de vocabulaire : très simple et accessible à tous les lecteurs. Il faut dire qu'Hubert Reeves est également un vulgarisateur chevronné au travers de ses ouvrages comme Dernières nouvelles du cosmos, Les secrets de l'univers, y compris pour des publics plus jeunes avec L'Univers expliqué en images, L'Univers expliqué à mes petits-enfants. Il s'agit donc d'une lecture présentant un degré de facilité inattendu et appréciable.
En outre, les auteurs s'attachent à rendre l'exposé le plus visuel possible. Au final, il s'agit d'un exposé qui respecte les codes de la bande dessinée, avec des images qui priment sur les textes, des images qui montrent ce qui est évoqué, sans se contenter de le répéter. le lecteur ressent que les auteurs se sont concertés et qu'Hubert Reeves a adapté son discours pour en augmenter la dimension visuelle. Daniel Casanave est un auteur de bandes dessinées confirmé : Percy & Mary Shelley - La vie amoureuse de l'auteur de Frankenstein avec David Vandermeulen (également directeur de la présente collection, et auteur de l'avant-propos), Les chroniques d'un maladroit sentimental avec Vincent Zabus, L'Amérique, Tome 2 : Sur la route de Ramsès d'après Franz Kafka. L'artiste détoure les formes avec un trait assez fin, et un peu lâche, ce qui confère une forme de spontanéité à ce qui est représenté, en particulier pour les personnages. Il réalise des dessins descriptifs avec un degré de simplification pour en rendre la lecture plus immédiate.
Daniel Casanave fait d'Hubert Reeves, un personnage de bande dessinée tout public, en lui donnant un air bonhomme et inoffensif, accentué par une exagération de la taille de son nez, ce qui évoque un personnage de bande dessinée pour enfant. Il n'applique pas la même forme de caricature légère aux autres personnages qui restent plus normaux, plus réels. Il sait reproduire avec conviction l'apparence des personnages historiques comme Ludwig van Beethoven, Johann Sebastian Bach ou encore Albert Einstein. Il retranscrit également avec conviction l'impression produite par de grandes toiles de maître, que le lecteur identifie sans peine. En utilisant cette approche graphique simplificatrice, l'artiste réussit à intégrer tous les éléments visuels exigés par le scénario, sans surcharge ses pages, en les faisant exister dans un même niveau de réalité, c'est-à-dire qu'il ne se produit de hiatus quand on passe d'une case avec un portrait de Bach à Reeves se promenant sur la plage, ou quand Hubert Reeves coexiste avec des personnages historiques dans une même case, toujours sur cette même plage.
Daniel Casanave réussit également à mettre sur le même plan graphique des éléments aussi hétéroclites que des hérons, un noyau atomique, un cristal de neige, une immense bibliothèque ou un champ. L'apparence anodine et inoffensive des personnages et des environnements rassure le lecteur sur le degré d'accessibilité de l'ouvrage, il est effectivement tout public, voire même il le déconcerte par son apparente innocuité. L'exposé d'Hubert Reeves produit le même effet avec ses termes simples, et les notions basiques qu'il expose. le lecteur prend conscience de la force et de l'intelligence de cet exercice de vulgarisation par l'analogie visuelle établie entre les lettres de l'alphabet, les mots, et les quarks et les atomes. L'alliance des phrases d'Hubert Reeves et des dessins de Daniel Casanave forme une explication lumineuse sur le principe de rencontres créatrices et de propriétés émergentes.
Arrivé à la fin de l'ouvrage, le lecteur reste décontenancé par la facilité de sa lecture, et par la teneur du propos. Au vu de l'identité de l'auteur et du titre, il pensait trouver un exposé d'astronomie, expliquant la nature de l'univers, son développement depuis le Big Bang, et les règles des trajectoires des corps célestes. En fait, le scientifique évoque le Big Bang en une page. Il parle des constituants fondamentaux de la matière en 2 pages, et il évoque la multitude d'espèces animales qui peuplent la Terre de manière très rapide. En termes de vulgarisation, c'est très basique. le lecteur se souvient alors que, dans l'avant-propos, David Vandermeulen a attiré son attention sur le sous-titre de cette bande dessinée : créativité cosmique et artistique. D'ailleurs, dès la troisième page de la bande dessinée, l'auteur évoque des artistes de génie. Effectivement, à plusieurs reprises il lie la création de l'univers à la création artistique.
Le coeur du propos d'Hubert Reeves n'est pas d'expliquer la création de l'univers et son évolution, mais d'exposer le principe au coeur de cette évolution, c'est-à-dire les rencontres créatrices et les propriétés émergentes. Un jeune lecteur se focalisera plus sur les éléments des sciences physiques expliquant l'univers, car ce propos est accessible à tout le monde. Un lecteur plus adulte, sera plus sensible à ce principe de créativité. Il est plus à même de comprendre la citation de Démocrite (-460 à -370) : tout arrive par hasard et par nécessité. Il identifie plus facilement les références non explicites comme celle à Citizen Kane (1941) d'Orson Welles, en page 61. Il se rend compte au final qu'il est capable d'expliquer à une autre personne ce double principe de rencontres créatrices et de propriétés émergentes en reprenant l'analogie avec les lettres de l'alphabet, et il est forcément sensible à la conclusion d'Hubert Reeves sur le sens de la vie, qu'il partage son avis ou non.
Ce deuxième tome de la collection de la petite bédéthèque des savoirs est trompeur. Il peut se lire à 2 niveaux très différents. le premier correspond à celui d'un jeune lecteur sans bagage scientifique qui va découvrir une explication sur la nature de l'univers et son historique, de manière succincte, avec des phrases simples et des dessins facilement lisibles. le deuxième niveau de lecture s'avère tout aussi facile d'accès, tout en étant plus ambitieux. Hubert Reeves et Daniel Casanave exposent le principe de créativité qui sous-tend l'évolution de l'univers (au sens astronomique du terme), et qui est à l'oeuvre chez les artistes. Une impressionnante entreprise de vulgarisation tout en douceur et en optimisme, ainsi qu'une belle leçon philosophique.
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Caro17
09 septembre 2016
Plutôt déçue par cette petite bd qui promettait pourtant de passer un bon moment de lecture et de découverte en raison du thème abordé : l'univers.
Tout d'abord, j'ai été déçue par le petit nombre de pages (d'une manière générale, je trouve qu'il n'y a jamais assez à lire dans une bd !) qui, à mon avis, n'est pas adapté au sujet traité.
Ensuite, j'ai été déçue par le sujet, je m'attendais à lire des explications sur comment l'univers a été créé et d'autres découvertes en astrophysique mais en fait, le thème abordé dans cette bd est le lien entre les êtres humains et les étoiles et les concepts de « rencontres créatrices » et « propriétés émergentes » (qui sont, par ailleurs, très bien expliqués). J'ai trouvé que le tout manquait d'approfondissement.
Malgré tout cela, la lecture de cette bd fut plaisante, le talent d' Hubert Reeves pour la vulgarisation y est pour beaucoup, même si je suis restée sur ma faim.
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lanard
29 novembre 2016
Cette courte bande-dessinée reprend tous les grands thèmes de l'oeuvre de vulgarisation de Hubert Reeves (Patience dans l'azur, l'heure de s'enivrer, Poussières d'étoiles...) en la survolant à une vitesse supra-luminique. Autant dire qu'il s'agit là moins d'un ouvrage de vulgarisation à la cosmologie qu'une brève introduction aux idées de Hubert Reeves sur l'univers, la science, la culture, l'éthique et l'esthétique et comment tout cela marche ensemble.
Ce petit livre rend compte de la philosophie de Hubert Reeves qui, sans prétendre à l'originalité, a une grande influence sur le public francophone. Dans cette collaboration avec le dessinateur Daniel Casanave, nous retrouvons tout le charme des livres de l'astrophysicien. Le dessin est ici moins didactique que poétique et prend en charge cette dimension des ouvrages du vulgarisateur dont le sens poétique sert les idées scientifiques avec la plus grande honnêteté possible.
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Ignifuge
27 juillet 2016
L'univers expliqué en toute simplicité. La BD, où les dessins et le texte se marient à merveille, est tout a fait accessible aux enfants. Cette BD retrace la composition de l'univers, des particules aux galaxies. Par des exemples concrets et des dessins parlant d'eux-même, nous arrivons à comprendre des notions telles que "rencontre créatrice" et "propriété émergente". le parallèle entre la nature et les artistes nous montre que, pour arriver à une création nouvelle, un chaos structuré est nécessaire... Une belle oeuvre qui embellit le monde.
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Yaneck
16 mars 2016
EXTRAIT: "Tiens, une collection de bd pédagogiques avec de grands noms derrière, chez le Lombard. Chouette, la réponse à la collection bientôt menée par Luc Ferry chez je ne sais quel éditeur… Hein? qui y'a comme grand nom derrière? Entre autre? Hubert Reeves? Sur l'univers… Ah mais comment vous voulez que je dise non à Reeves moi, ça voix résonne encore dans ma tête avec bonheur. Et c'est mis en dessin par qui, votre truc? Avec Reeves, c'est Daniel Casanave. Ah oui? Faites voir? Hey, mais c'est pas mal comme dessin! Il a une bonne tête le Hubert. Mais… C'est que ça donne envie en fait… Très envie, Casanave est vraiment bien, sur ce récit. "
Lien : https://chroniquesdelinvisib..
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Les critiques presse (2)
BDGest14 mars 2016
Avec son talent de conteur reconnu, Hubert Reeves écarte les savants calculs modernes et, pour répondre aux questions, se fait épistémologue par la voix de Démocrite.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario22 février 2016
Chapeau M. Reeves ! Et merci de nous avoir rappelé que malgré notre taille, nous étions indispensables dans l’univers !
Lire la critique sur le site : Sceneario
Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
SZRAMOWOSZRAMOWO22 février 2016
Les étoiles ne font pas de musique, elle font du bruit. Un vacarme gigantesque !
Mais heureusement, nous ne pouvons pas l'entendre. Il n'y a pas d'air pour transmettre le son dans le vide sidéral.
Il existe un rapport profond entre nous et les étoiles...
C'est ce que je vais essayer d'expliciter dans cette bande dessinée.
Quand on lit des biographies de nos artistes préférés : musiciens, peintres, poètes, quelque chose souvent nous frappe.
Bon nombre de ces personnes créent dans des conditions très difficiles.
(...)
Rembrandt croule sous les dettes.
Mais pourquoi persistez-vous dans une situation si pénible ?
Parce que je ne peux pas faire autrement. Si j'arrêtais de peindre, j'aurais l'impression de mourir.
Il ne s'agit pas d'expliquer l'art. (Il n'a pas besoin d'explication : il se suffit à lui-même.)
Mais d'apporter un éclairage nouveau sur cette activité créatrice.
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PresencePresence21 mars 2017
L'univers n'est pas statique. Il est en changement profond. L'univers est en expansion. L'univers a une histoire. Elle se déroule depuis près de 14 milliards d'années. C'est une des plus grandes découvertes de la science contemporaine. Nos vies s'inscrivent dans cette histoire.
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PresencePresence21 mars 2017
Ces considérations peuvent donner un sens à notre passage dans l'univers. Il s'agit d'œuvrer à embellir le monde.
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PresencePresence21 mars 2017
Le portrait achevé s'explique par la physionomie du modèle, par la nature de l'artiste, par les couleurs délayées sur la palette ; mais même avec la connaissance de ce qui l'explique, personne, pas même l'artiste, n'eût pu prévoir exactement ce que serait le portrait, car le prédire eut été le produire avant qu'il fût produit, hypothèse absurde qui se détruit elle-même.
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PresencePresence21 mars 2017
Bach a écrit plus de 354 cantates pour les paroissiens de Weimar. Nous les entendons avec grand plaisir. Si les règles avaient été totalement contraignantes, il n'aurait pu en faire qu'une seule. Vraisemblablement, on ne l'écouterait plus depuis longtemps.
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