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ISBN : 2912667895
Éditeur : Finitude (18/03/2011)

Note moyenne : 4.6/5 (sur 10 notes)
Résumé :

Comment peut-on appeler des textes courts qui " ne s'ajustent véritablement à aucun genre, car ce ne sont pas des poèmes en prose, ni les pages d'un journal intime, ni des notes destinées à un développement ultérieur " ? Julio Ramon Ribeyro décide de les appeler proses apatrides car " il leur manque un territoire littéraire qui leur soit propre ". Ces deux cents textes, parfaits exemples de son art du fragment,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
GabySensei
  06 décembre 2011
Ce livre est l'un des plus beaux que j'ai pu lire cette année. Il rassemble 200 textes courts qui sont autant des réflexions sur la littérature, sur la vie de tous les jours, sur les relations homme-femme... Il ne s'agit ni d'un roman ni de nouvelles. Ces proses sont "apatrides" car elles ne relèvent pas d'un genre particulier.
Ces pensées ont souvent été mûries pendant plusieurs décennies et nous sont livrées dans une langue délicieuse. Ribeyro en évoquant des instants fugaces parvient à toucher l'essentiel. Les grands auteurs arrivent à vous donner des "nouvelles de vous-même". Ils arrivent à mettre en mot des pensées ou des préoccupations que vous pouviez avoir de façon imprécises et ils les évoquent en faisant voler en éclat la prison des mots.
Une découverte!
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sophie
  03 avril 2011
J'aime les pensées fulgurantes, elliptiques, syncopées, celles qui avancent par brusques embardées et secrètes épiphanies. Composé de fragments, d'aphorismes et de brefs récits, Proses apatrides, du péruvien Julio Ramon Ribeyro,(1929-1994), est un livre d'une poésie impérieuse et singulière. L'auteur alterne réflexions sur les mystérieux messages de son chat ou le triste aspect de “ces plantes en pot rachitiques qui semblent avoir eu des coiffeurs pour jardiniers”, anecdotes savoureuses et portraits cinglants… Au fil des pages affleure pourtant la mélodie des regrets, des routes manquées, de la vie qui file entre les doigts. Chez ce moraliste subtil, la légèreté est la politesse de la mélancolie. Un autoportrait en creux d'une rare élégance.
Lien : http://horstemps.blog.lemond..
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pasiondelalectura
  11 mai 2013
Ce sont 200 paragraphes fragmentaires , assez courts , écrits sur une période de 30 ans, de une acuité, d'une profondeur, d'une sensibilité presque douloureuses et très mélancoliques. Il se dégage une tristesse, une ironie vectrice d'intelligence, un pessimisme existentiel qui laissent le coeur lacéré et l'âme à vif. On pourrait dire que ces textes fragmentaires répandent 200 éclats d'un miroir que l'on aurait brisé. Julio Ramón Ribeyro se proclamait un hédoniste raté. le titre de ce livre figure aujourd'hui sur l' épitaphe de sa tombe.
Lien : http://pasiondelalectura.wor..
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
GabySenseiGabySensei   13 juillet 2011
Qu'il est facile de confondre culture et érudition! En vérité, la culture ne dépend pas de l'accumulation de connaissances, même dans des domaines variés, mais de l'agencement de ces connaissances dans notre mémoire et de leur présence dans notre comportement. Les connaissances d'un homme cultivé peuvent ne pas être très nombreuses, mais elles sont toujours cohérentes, en harmonie, et surtout, en relation les unes avec les autres. Chez l'homme érudit, les connaissances semblent emmagasinées dans des espaces cloisonnés. Chez l'homme cultivé, elles sont réparties conformément à un ordre intérieur qui rend possible leur échange et leur fructification. Ses lectures, ses expériences sont en fermentation et engendrent continuellement de nouvelles richesses, tel un compte à intérêt. L'érudit, comme l'avare, conserve son patrimoine dans un bas de laine où il n'y a de place que pour la rouille et la répétition. Dans le premier cas, la connaissance engendre la connaissance. Dans le second la connaissance s'ajoute à la connaissance. Un homme qui connaît sur le bout des doigts tout le théâtre de Beaumarchais est un érudit, mais cultivé est l'homme qui, n'ayant lu que le Mariage de Figaro, a conscience du rapport qui existe entre cette œuvre et la Révolution Française ou entre son auteur et les intellectuels de notre époque. C'est précisément pourquoi tel membre d'une tribu primitive qui possède le monde en dix notions de base est plus cultivé que le spécialiste d'art sacré byzantin incapable de faire cuire un œuf.
(Chap 21)
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GabySenseiGabySensei   13 juillet 2011
Que de livres, mon Dieu, et combien nous manque le temps et parfois l'envie de les lire ! Ma propre bibliothèque, où autrefois pas un livre n'entrait sans avoir au préalable été lu et digéré, s'encombre peu à peu de livres parasites, qui souvent y arrivent sans qu'on sache comment, et qui, par un phénomène d'aimantation et d'agglutination, contribuent à élever la montagne de l'illisible -- et, au milieu de ces livres, perdus, ceux que j'ai moi-même écrits. Je ne dis pas dans cent ans, mais dans dix ans, dans vingt ans, que restera-t-il le tout cela? Peut-être seulement les auteurs qui viennent de très loin, la douzaine de classiques qui traversent les siècles, bien souvent sans être beaucoup lus, mais vaillants et vigoureux, par une sorte d’impulsion élémentaire ou de droit acquis. Les livres de Camus, de Gide, qui voilà à peine deux décennies étaient lus avec tant de passion, quel intérêt ont-ils à présent, alors même qu'ils furent écrits avec tant d'amour et d'efforts? Pourquoi dans cent ans continuera-t-on à lire Quevedo et pas Jean-Paul Sartre? Pourquoi François Villon et pas Carlos Fuentes? Que faut-il donc mettre dans une œuvre pour durer? On dirait que la gloire littéraire est une loterie et la survie artistique une énigme. Et malgré cela on continue à écrire, à publier, à lire, à gloser. Entrer dans une librairie est effrayant et paralysant pour n'importe quel écrivain, c'est comme l'antichambre de l'oubli: dans ses niches de bois, déjà les livres s’apprêtent à sombrer dans un sommeil définitif, souvent même sans avoir vécu. Quel est cet empereur chinois qui détruisit l'alphabet et toute trace d'écriture? N'est-ce pas Erostrate qui incendia la bibliothèque d'Alexandrie? Ce qui pourrait peut-être nous redonner le goût de la lecture, ce serait de détruire tout ce qui a été écrit et de repartir, allégrement à zéro.
(Chap 1)
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GabySenseiGabySensei   13 juillet 2011
Observation banale qui m'a laissé bouche bée au point d'imaginer qu'elle doit contenir une escroquerie impardonnable. Je suis parti du principe que j'ai deux parents, quatre grands-parents, huit arrière-grands-parents, seize arrière-arrière-grands-parents. Pourquoi ne pas continuer? Papier et crayon en main, j'ai fait le calcul. En 1780, j'avais 64 ancêtres (en comptant 30 ans par génération), en 1480, j'en avais 65 536, en 1240, j'en avais 16713216, en 1060, j'en avais 1069645824. Et je n'ai pas continué parce que je touchais déjà à l'absurde, à la plus grande mystification de l'histoire: tout simplement parce qu'en 1060, la population mondiale n'atteignait pas deux milliards d'habitants. Quelle explication à tout cela? L'inceste et la polygamie peuvent en partie réduire ces chiffres, mais pas au point d'annuler leur inacceptable énormité. Mystère. Paradoxe: chaque habitant du globe descend de tous les habitants du globe ayant vécu dans le passé (cône inversé), mais d'un habitant du globe et de son conjoint ayant vécu dans le passé descendent tous les habitants actuels (cône normal).
(Chap 63)
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GabySenseiGabySensei   13 juillet 2011
Arrivés à un certain âge, variable selon les gens, mais qui se situe aux alentours de la quarantaine, la vie commence à nous sembler fade, lente, stérile, sans attrait, répétitive, comme si chaque jour n'était que la pâle copie du précédent. Quelque chose en nous s'est éteint: enthousiasme, énergie, capacité à nous projeter, esprit d'aventure ou simplement soif de jouissance, d'invention ou de risque. C'est le moment de faire une halte, de reconsidérer notre vie sous toutes les coutures et de tenter de tirer parti de ses faiblesses. Le moment d'un choix suprême, car il s'agit en réalité de choisir entre la sagesse et la bêtise.
(Chap 80)
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GabySenseiGabySensei   13 juillet 2011
A l'approche de la quarantaine, on se rend compte qu'il vaut mieux vivre dans le commerce des femmes que dans celui des hommes. Elles sont loyales, attentionnées, elles s'émerveillent facilement, elles sont serviables, dévouées et fidèles. Elles ne rivalisent pas avec nous, du moins pas sur le terrain où les hommes rivalisent: la vanité et l'amour. Avec elles nous savons à quoi nous en tenir: soit elles sont avec nous, soit elles sont contre nous; jamais ces demi-teintes, cette jalousie, ces frictions courantes entre nous et nos pairs. De plus elles sont les seules à nous mettre en contact direct avec la vie, dans son sens le plus immédiat mais aussi le plus profond: la compagnie, la conjonction, le plaisir, la fécondation, la descendance.
(Chap 66)
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Video de Julio Ramon Ribeyro (1) Voir plusAjouter une vidéo
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Julio Ramón Ribeyro .Librairie El Salón del libro 21 rue des Fossés Saint-JacquesParis 5e www.salondellibro.fr
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