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ISBN : 2259220363
Éditeur : Plon (15/05/2014)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 5 notes)
Résumé :
21 juin 1941, l'Allemagne attaque l'URSS. Tania Smirnova, 18 ans, vit à Moscou. Harcelé à cause de son ascendance allemande, son père s'est suicidé. Dehors, les temps sont durs : le 11 octobre, sous la pression allemande, le gouvernement quitte la capitale, provoquant un début d'exode. Dans ce contexte de fin du monde, la mère de Tania lui révèle le secret de ses origines : son véritable père serait un banquier ayant quitté la Russie pour Paris, lors de la révolutio... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Clubromanhistorique
  13 octobre 2014
Une collection : "L'Histoire en roman"
Initiée en janvier 2014, cette nouvelle collection intitulée "L'Histoire en roman" propose aux lecteurs de "découvrir par l'évasion et l'aventure les grands moments du passé. En racontant le destin singulier de personnages aux prises avec les événements de leur temps, cette collection n'a qu'une seule ambition : distraire tout en permettant d'approfondir sa connaissance de l'Histoire." (source : site Internet des éditions Plon) Je connaissais de nom cette collection, dont l'objectif correspond tout à fait à ce que je recherche dans mes lectures, mais je n'avais pas encore eu l'occasion de lire l'un des romans de cette collection. Voilà qui est fait !
Une couverture attirante
Si le titre de ce roman est bien mystérieux et poétique – l'auteur en donne bien entendu l'explication au cours de son récit –, la couverture nous plonge en revanche immédiatement dans l'ambiance du roman, à savoir l'histoire d'une jeune femme russe en pleine Seconde Guerre mondiale. On y sent d'ores et déjà la lumière blafarde, l'atmosphère poisseuse, les jours difficiles, la mort et le froid rien qu'en regardant cette couverture… l'ambiance est bien installée, on s'y croit déjà ! Et ce personnage féminin de dos, anonyme, en uniforme, intrigue et donne envie d'en savoir plus…
La Seconde Guerre mondiale vue depuis l'URSS
L'histoire de la Seconde Guerre mondiale côté occidental est un thème qui a largement été exploré par les auteurs de romans historiques. En revanche, toujours dans le cadre romanesque, il me semble que le point de vue russe sur cet événement tragique l'a nettement moins été. Cet angle d'approche m'a donc beaucoup intéressée.
Malgré la signature d'un pacte de non-agression en août 1939 entre l'Union soviétique et l'Allemagne nazie, l'armée de la Wehrmacht se lance à l'attaque de l'URSS en juin 1941, prenant au dépourvu Staline. Si les troupes allemandes remportent quelques victoires (Smolensk, Kiev), elles font face à une résistance acharnée de la part de l'Armée rouge.
Pourtant, en octobre 1941, l'armée allemande est aux portes de Moscou. C'est à ce moment-là que nous faisons connaissance avec notre héroïne, Tania Smirnova. Âgée de 18 ans, cette jeune fille vit avec ses parents dans un appartement communautaire de la capitale, géré par l'exécrable Voronine et sa mère. Convoitant les espaces des autres locataires, ce Voronine n'hésite pas à les terroriser, à les menacer, à les épier, à les insulter avant de les dénoncer à la police politique.
Le 11 octobre, le régime soviétique ordonne l'évacuation du gouvernement et des administrations russes, provoquant la panique des Moscovites qui tentent de quitter la ville, comme Voronine et sa mère. La catastrophe semble imminente, mais l'ordre d'évacuation est annulé peu après ; le gouvernement se veut rassurant et encourage la population à reprendre une vie normale : toute absence au travail sera considérée comme une désertion. À son retour, Voronine reprend son poste de chef de l'immeuble, mais sa haine semble exacerbée par sa tentative de fuite honteuse. Il s'en prend alors au père de Tania. Sa faute ? Son prénom et son nom de famille, Karl Gueitz : trop allemand... Harcelé par Voronine, il finit par se suicider.
Mais pas le temps de s'apitoyer sur son sort ou de faire son deuil, il faut déjà reprendre le chemin du travail, faire la queue pour trouver à manger, lutter contre le froid, bref survivre... Rassurée et galvanisée par un discours radiophonique de Staline appelant le peuple russe à s'unir et à résister contre l'ennemi, la population creuse des tranchées, installe des obstacles antichars, élèvent des barricades... Mais certains en profitent pour se livrer au pillage ou au marché noir. Et le régime est sans pitié pour ceux qui sont considérés comme des traîtres : ils sont tués. Inquiète quant à la suite des événements, la mère de Tania lui avoue alors que son père biologique n'est pas Karl mais Hermann, le frère de Karl, qui, en raison de sa profession de banquier, a gagné la France lors de la Révolution de 1917. Compte tenu de la situation, cette nouvelle semble anecdotique dans un premier temps pour Tania, d'autant que Slava, son petit ami, est abattu peu après sous ses yeux alors qu'il se livrait au marché noir. le choc est rude.
Après une nuit de réflexion, alors que les nouvelles du front sont bonnes et que les Allemands reculent vers l'ouest, Tania décide de s'engager dans l'armée, rêvant d'exploits, mais se retrouve au 2e régiment du génie féminin, le bataillon des nettoyeuses chargées de dépouiller les cadavres allemands : armes, munitions, vêtements, tout est recyclé et réutilisé. Comme ces femmes, majoritairement des "droits-commun" (prostituées, voleuses, criminelles…), sont corvéables à souhait, elles sont aussi chargées de creuser des tranchées et des abris. Grâce à Galina, adjudante du bataillon de nettoyeuses, Tania finit par sortir de ce guêpier mais au prix d'un pouce écrasé, d'un bras tordu et d'une épaule démantibulée.
À sa sortie de l'hôpital en 1944, elle devient cuisinière dans un camp de prisonniers allemands, à proximité de Moscou. C'est lors d'un bal organisé pour fêter la libération de Minsk qu'elle fait la connaissance d'Émile, chargé de l'intendance de l'escadrille aérienne de Normandie, un régiment qui combat au côté des Soviétiques. Elle en tombe amoureuse. Usant de ses appuis, il l'engage à demeure comme femme de ménage à la Mission militaire des Forces françaises malgré les réticences de l'Orgburo, organe du Comité central du Parti communiste, où elle doit se rendre toutes les semaines pour justifier son travail auprès du sinistre et malsain Lissitsine. Mais cela n'a qu'un temps : lorsque qu'Émile reçoit l'ordre de rentrer en France, il lui propose de venir avec lui et de l'épouser. Tania accepte, n'ayant plus rien à attendre de son pays qui a envoyé sa mère au fond d'une mine de charbon en Sibérie, espérant retrouver en France la trace de son père. Elle réussit d'ailleurs, grâce à l'entremise d'un ancien voisin, à récupérer une lettre de sa mère lui donnant les coordonnées de son vrai père. Mais, avant de prendre le départ, Tania doit convaincre les autorités soviétiques de la laisser quitter l'URSS. le NKVD lui met alors entre les mains un marché : elle devient un agent soviétique en France ou bien sa mère sera déportée...
Un équilibre entre L Histoire et l'intrigue
L'auteur est parvenu à bien équilibrer ces deux éléments sans que jamais l'un prenne le pas sur l'autre, sauf peut-être vers la fin du roman où l'intrigue est davantage mise en avant. D'ailleurs, la fin du roman évoque un peu trop rapidement à mon goût la vie de Tania en France. J'espère qu'un jour l'auteur consacrera un autre roman dans lequel il explorera cette partie de l'Histoire et cette portion de la vie de Tania, car les années 1950 et suivantes sont riches d'événements, tant sur le plan politique, économique que culturel, d'autant que l'auteur évoque certains points de la vie de Tania, qu'il me semblerait intéressant de développer.
Un tout petit bémol : comme l'histoire n'est pas chronologique – le roman débute en 1945 puis on remonte en 1941 pour revenir progressivement en 1945 –, il aurait été judicieux d'indiquer la date en tête des chapitres, car je me suis sentie un peu perdue au début du roman, ayant du mal à placer les événements les uns par rapport aux autres d'un point de vue chronologique. Mais bravo pour le glossaire en fin de roman !
Toujours est-il que jamais l'on ne se sent écrasé par L Histoire tant l'intrigue est indissociable du cadre historique ; tout s'imbrique de manière naturelle, et l'intrigue, haletante, donne le rythme au roman, qui ne comporte aucun temps mort. Et ce contexte historique nous est raconté par Tania, qui en est partie prenante...
Tania, un personnage attachant et courageux
C'est par le prisme de son regard de jeune femme et ses mots que l'on vit les événements à ses côtés, que l'on partage ces sentiments – peur, tristesse, colère… Des mots souvent durs et secs, des expressions et des descriptions souvent crues, des pensées dominées par l'instinct de survie, tout cela reflétant les années noires de la guerre, la faim, le froid, la terreur instaurée par le régime stalinien, sa condition d'étrangère dès qu'elle quitte l'URSS et qu'elle se confronte au regard des autres. Mais comment en vouloir à cette jeune femme qui n'a connu que l'horreur, le suicide de son père, l'impossible deuil, l'assassinat de son petit ami, la déportation de sa mère, la vie sur les champs de bataille ?
Alors, si elle se fait plus tendre lorsqu'elle rencontre Émile, c'est pour mieux retomber dans un piège, mais chut ! Tania nous confie bien qu'elle sait qu'elle doit se méfier et nous, on cherche avec elle, on voudrait l'aider, en vain, on ne voit pas où est le problème, mais il y en a un et ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler la fin vraiment inattendue de ce roman !
Et lorsque la guerre est terminée, une autre sorte de conflit, bien plus sournois, s'impose dans la vie de Tania. Se présentant sous des formes multiples, il s'appelle rancoeur – celle des Polonaises envers les Russes –, mépris, celui des Françaises pour celles et ceux qui ne maîtrisent pas leur langue ni leurs us et coutumes...
"Pour faire ma place à Paris quand je suis arrivée, j'ai dû en avaler des couleuvres ! Alors, c'est vrai, j'en ai gardé une rancune. Une sorte de haine, même. Mais ce ne sont pas les Français en tant que tel que je haïssais. Pris un à un, je n'ai rien contre eux. C'était ma situation d'étrangère qui me mettait hors de moi. La sensation de n'être jamais à ma place, de ne jamais répondre de la bonne manière. La haine de soi..."
Dans une vidéo (visible ci-dessous), Pierre Rival indique que Tania Smirnova a réellement existé et qu'il s'est inspiré de sa vie pour rédiger ce roman… quelle surprise ! Car s'il évoque dans ses remerciements "la légende de Tania", cela reste flou et trop subtil : j'aurais aimé que cela soit indiqué plus explicitement en début de roman, car cela aurait donné encore plus de sens et de profondeur à ma lecture. Évidemment, j'ai fait quelques recherches sur Internet, mais je n'ai pas trouvé d'infos concernant Tania Smirnova et sa famille, snif, snif…
La vie au quotidien
Qui mieux que l'héroïne peut nous donner un aperçu réaliste de la vie quotidienne des Russes en plein conflit ? À mesure de ses déplacements, de ses rencontres, des événements, on se familiarise avec la petite histoire qui fait aussi partie de l'Histoire, car même si les personnages sont imaginaires, nul doute qu'il a existé des Voronine, des Lissitsine, des Karl Gueitz, des Slava, des Galina, des Constantin Kostiakis… des personnages qui, chacun à leur façon, ont réagi face aux événements, en bien ou en mal. On découvre ainsi le fonctionnement de la police politique russe, l'emprise mentale de Staline sur son peuple, les conditions de vie de la population, les opinions qui avaient alors cours au sein du peuple, l'après-guerre... Mais ma plus grande découverte a été l'existence de ces soldates nettoyeuses !
"L'effort de guerre, c'était ça aussi : faire le ménage, nettoyer le champ de bataille et laisser derrière nous cette armée d'hommes nus."
Mais aussi la nature réellement impitoyable du régime stalinien. Certes, je connaissais l'existence des goulags, mais comment imaginer le sort réservé aux prisonniers russes de retour dans leur patrie alors que dans les autres pays, pendant ce temps, les prisonniers de guerre libérés étaient fêtés ? Les considérant comme des déserteurs, alors qu'ils avaient été maltraités par les Allemands – certes l'URSS n'avait pas signé la Convention de Genève de 1929 concernant le traitement des prisonniers de guerre, mais ce n'était pas une raison pour les laisser mourir de faim, privés de vêtements, non soignés ou bien carrément les exécuter –, la plupart de ces prisonniers russes furent condamnés au goulag pour collaboration avec l'ennemi : "Tout abandon de poste, toute reddition seront considérés comme une trahison de la patrie. Les soldats qui s'en rendront coupables seront traités comme des ennemis. Leur famille, de même sera privée du soutien de l'État..." (ordre n° 270 du 16 août 1941).
Un roman poignant, qui prend aux tripes !
Je remercie les Éditions PLON !
Lien : http://romans-historiques.bl..
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Hamisoitil
  27 novembre 2014
J'ai voulu lire ce livre à cause de la trilogie Tatiana de Paullina Simons qui m'avait tant fait rêver il y a quelques années. Un peu comme si je voulais revivre, ressentir les émotions encore palpables dès que j'en parle.
Bien évidemment, on retrouve beaucoup d'éléments similaires puisque nous sommes en pleine guerre entre L'Allemagne et la Russie sous la coupe de Staline.
Tania est une jeune russe qui vit la guerre au premier plan et elle nous raconte tout ça à travers ses mots, ses phrases, ses pensées, ses doutes, sa haine, sa joie et sa peine.
Elle s'engage dans l'armée rouge en espérant être plus qu'un simple soldat avec d'autres femmes mais finalement sera amenée à ramasser les cadavres sur le champs de bataille. La nettoyeuse.
Les émotions sont au rendez-vous et on se laisse happer par la hargne de cette femme qui par la suite, tombera amoureuse deux fois.
C'est également à cette période là que sa vie prendra un nouveau virage, où les non-dits feront surfaces et qu'elle apprendra certaines vérités sur elle et sa famille.
Et bien que le récit soit à la première personne, Tania ne manque pas d'humour malgré tout ce qui se passe. Les pages défilent à vitesse grand V.
Un vrai plaisir cette lecture même si on sait très bien que cette période a été terrible, la plume de l'auteur, Pïerre Rival nous transporte. Tellement bien écrite, documentée sans trop de chichis avec des petites anecdotes ou mots en Russe (bien évidemment avec la traduction) qu'une fois le livre fermé, on se dit : Oh punaise ! Époustouflant !
Alors, je vous invite à vous plonger dans ce somptueux roman pour découvrir Tania, l'hirondelle.
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arnaud-reims
  25 juin 2014

Pierre Rival signe un nouveau roman « Où vont les Hirondelles en Hiver ».
Celui-ci nous projette brutalement dans l'enfer de la seconde guerre mondiale en Union Soviétique. C'est un roman qui se lit d'une traite au fil tranchant d'une intrigue aussi haletante que surprenante menée tambour battant par L'héroïne Tania.
Tania est une femme soldat soviétique, ses mots sont aussi froids et cyniques que gorgées de ces émotions disproportionnées propres aux slaves.
Pierre Rival comme il l'explique en postface est un spécialiste de la Russie et il rend hommage à ces quelques femmes russes qui l'ont initiées aux secrets de la Russie éternelle et lui ont livré ce récit à lire absolument.
Parfait comme roman d'été !
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PatriciadeF
  03 juin 2014
Pierre Rival nous entraine pendant la deuxième guerre mondiale en Union soviétique puis en France, sur les pas de son héroïne qui doit lutter contre le système, ses voisins, la guerre. Mais c'est aussi la quête des origines, la recherche du père.. autant de thèmes qui nous attache à ce roman qui se lit d'un trait. Passionnant !
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cuttiesteph
  20 septembre 2016
Ce roman se lit avec une aisance déconcertante. On lit page après page sans jamais être rassasié. D'abord on a envie d'en apprendre plus sur la vie de Tania qui n'a pas été gâtée par les événements, puis les commentaires de la narratrice annoncent qu'il va se passer quelque chose et on a envie de savoir quoi et ce, jusqu'au bout. Car la fin du dernier chapitre est tellement choquante qu'on a besoin de réaliser un travail d'enquêteur derrière, travail que la narratrice a fait pour nous et dont elle nous livre les résultats dans l'épilogue. Un roman qui pour moi se présentait comme un roman qui allait aborder une tranche de vie de la population russe a pris une ampleur inattendue et a su me captiver jusqu'au bout. Pas de grandes histoires d'amour passionnées comme dans les romans de Paullina Simons, mais une histoire qui respire la sincérité, qui ne cherche pas à nous protéger mais qui présente les faits froidement avec beaucoup de réalisme.
Lien : http://satindiary.eklablog.c..
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   14 octobre 2014
Comme si, en cet été 1945, nous n'étions pas tous logés à la même enseigne, Français comme Russes, Polonais comme Allemands. Il suffisait pourtant de regarder par la fenêtre. À l'infini, on n'apercevait que des tas de cailloux. Les mêmes à Smolensk, à Minsk et en Allemagne. Les mêmes aussi à Caen, au Havre ou à Boulogne-Billancourt. Rien ne ressemble plus à des décombres que d'autres décombres. Une fois détruite, une maison n'a plus de nationalité. Les gens qui couchent dehors n'ont qu'une seule patrie, celle des personnes déplacées. Communistes ou pas, des réfugiés, l'Europe en était pleine. Alors, les apitoiements sur le sort des pays prétendument totalitaires, les démocraties pouvaient se les garder. Mais non, les Occidentaux, c'était plus fort qu'eux. Il faut qu'ils vous fassent la leçon : liberté, égalité, fraternité. Ces femmes qui affectaient de me plaindre, je sentais chez elles plus que du snobisme. Un complexe de supériorité profondément ancré.
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   13 octobre 2014
Tout l'appartement communautaire était d'accord, même si, immédiatement après mon annonce, la prudence a été la plus forte. Chacun, en silence, a préféré rentrer en lui-même. C'était un réflexe typiquement soviétique, à cette époque. Devant l'incroyable, on préférait garder ses réflexions pour soi. Et quand je dis pour soi, j'entends pour soi seul. Même entre maris et femmes, ou même parents d'une même famille, on s'abstenait de tout commentaire. Tout juste, des époux mariés depuis plus de trente ans, avant la Révolution donc, ont dû en parler ce soir-là en chuchotant, après que leurs enfants se furent endormis.
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   13 octobre 2014
Pendant tout le temps que j'ai passé en Allemagne, juste après la guerre, c'est cette soumission des Allemands à leur sort qui m'a le plus frappée. Comme s'ils s'avouaient vaincus une bonne fois pour toutes et témoignaient, par leur servilité même, de leur volonté de ne plus jamais exister comme peuple, de renoncer à toute velléité d'indépendance.
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   14 octobre 2014
Pour faire ma place à Paris quand je suis arrivée, j’ai dû en avaler des couleuvres ! Alors, c’est vrai, j’en ai gardé une rancune. Une sorte de haine, même. Mais ce ne sont pas les Français en tant que tel que je haïssais. Pris un à un, je n’ai rien contre eux. C’était ma situation d’étrangère qui me mettait hors de moi. La sensation de n’être jamais à ma place, de ne jamais répondre de la bonne manière. La haine de soi…
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ClubromanhistoriqueClubromanhistorique   14 octobre 2014
Les canons tonnaient. La nourriture manquait. Notre sort dépendait de ces hommes vêtus de blanc dont on ne savait s'ils nous entraînaient dans une magnifique hécatombe ou s'ils allaient nous sauver, galvanisés par la parole d'un Staline qui s'était enfin résolu à tenir le langage de la vérité.
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Vidéo de Pierre Rival
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