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ISBN : 2070467473
Éditeur : Gallimard (13/11/2015)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Poète élégiaque, l'un des derniers, sinon le dernier désormais, Richard Rognet trouve son champ d'inspiration dans la nature. Mais comme elle, il ne cesse de renouveler son art par une observation journalière qu'enrichissent les souvenirs et une réflexion sur l'existence, le temps qui passe, la mort. Discrète, toujours «entre abandon et veille», sa poésie est celle d'un promeneur solitaire qui s'achemine lucidement, presque tendrement aussi, vers un épilogue automna... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Franz
  13 mars 2016
Dès les pages liminaires, trois superbes épigraphes de Francis Jammes, Robert Walser et Sandro Penna donnent le ton. Débutent ensuite les poèmes de Richard Rognet, sans titre, sans rime, emplissant les pages. Immédiatement, le lecteur pressent qu'il entame une oeuvre bouleversante, d'une densité inouïe que la limpidité de l'écriture rend accessible et percutante sous le poli des mots. le poète tout en retenue est lyrique, élégiaque sans lamento. Il use de l'anaphore en maître, place des enjambements et des rejets en fin limier, se pose aux lisières du monde, écoute l'indicible et met en correspondance le cosmos et le microcosme : « le moindre détail découvert porte en lui les remous du monde ». Déjà la préface de Béatrice Marchal éclaire l'oeuvre mais comme tout apparat critique, elle gagne à se lire en postface. le volume n° 505 de la collection Poésie Gallimard paru en octobre 2015 assemble deux livres de poèmes liés entre eux, édités précédemment dans la collection Blanche : « Elégies pour le temps de vivre » (2012) ; « Dans les méandres des saisons » suivi de « Elle était là quand on rentrait » (2014). Les derniers poèmes consacrés à la mère défunte donne à sentir l'abîme de la perte et le vertige de l'oubli. Lus et relus sans en épuiser la quintessence, ils fouaillent le coeur et font invariablement couler les larmes de la compassion. Richard Rognet est un poète humble et immense : « le petit garçon accroupi se relève,/[…] il enjambe un ruisseau, s'arrête,/hésite avant d'entrer dans la cour/où sa maison paraît, au-delà de la vie ».
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Wozniaksandy
  27 avril 2019
Richard Rognet par de brefs poèmes en vers libres, arrive à être pleinement lui-même. Avec des moyens très simples, il transmet son univers d'amour et de pensée, d'espoir et de tourment. Ses poèmes sont discrets, d'une sensibilité aiguë, toujours «entre abandon et veille» comme le souffle qui le traverse.
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oiseaulire
  26 février 2018
Cette poésie m'a ravie par l'effet hypnotique provoqué ses vagues anaphoriques qui saisissent l'âme de leur musicalité douce et prégnante.
Des choses humaines toutes simples et pourtant subtiles, une nostalgie des êtres aimés et disparus, un accord avec la nature, un dialogue de soi à soi.
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
si-bemolsi-bemol   09 juin 2018
Regarde où l'automne pose ses pas sur les
feuilles humides, et les oiseaux, regarde
où ils s'assemblent pour que le jour se
colore et reçoive du ciel une sincère

offrande. Tu es seul, chez toi, mais tu sens
que la vie a les accents de l'amour lorsque,
par la fenêtre de ta cuisine, tu aperçois,
dans son jardin, une femme courbée sur des

fleurs un peu lasses. Les brumes, au loin,
se défont. Un chien aboie. Le monde devient
lisible. N'oublie pas cette femme penchée

sur ses fleurs, et n'oublie pas non plus
cette mélancolie qui donne au temps qui
passe la douceur d'une étreinte imprévue.
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sabine59sabine59   12 septembre 2017
Il reste toujours quelque chose des amours
mortes ou perdues, un regard sur les prés,
sur une fleur qui penche vers le soir,
sur les montagnes qui émergent après

les brumes du matin, il reste toujours
sous nos paupières,des rêves inachevés,
des souvenirs de neige ou d'étoiles
filantes comptées dans les nuits d'août,

il reste aussi quelques fenêtres entrouvertes
sur les averses d'été qui sentent si bon
qu'on se sent proche d'un nouvel amour,

d'un amour tranquille et brûlant à la fois,
qui tremblerait à la lisière du temps
comme un dernier sourire, avant de s'en aller.
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coco4649coco4649   21 décembre 2015
DANS LES MÉANDRES DES SAISONS


Quelque chose vient de naître du silence,
quelque chose qu'il ne faut pas déranger,
de peur de déplacer les songes aux timides
lumières. J'avance prudemment jusqu'à

l'endroit où quelsques sapins, blottis les
uns contre les autres, forment l'abri espéré
où j'attendrai, sous les remous des branches,
que la vie qui monte du sol s'empare de

la mienne et se retire en moi. Je resterai
ici, tranquille, assis sur une pierre, puis
j'irai au-devant de la nuit, le corps aussi

léger que les bruits qui s'enroulent sous
les herbes frôlées. À chacun de mes pas,
j'épouserai le temps et l'âme des étoiles.

p.150
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DunadanDunadan   04 janvier 2017
Les premiers secrets du jour, leur lumière
qui s'attache à moi, ce sont les oiseaux
qui les préservent, les oiseaux que je
nourris lorsque le froid mordant gonfle

leur plumage, comme s'ils voulaient chasser
l'âpreté de l'hiver. Les premiers secrets
du jour, ils ne font qu'un avec moi, grâce
au pic, au geai, aux merles, aux moineaux

turbulents, au rouge-gorge, aux mésanges,
qui chassent de ma maison les encombrantes
tristesses, les regrets qui s'infiltrent

partout, les idées noires et la crainte
de ne pas pouvoir reconnaître, parmi mes
phrases, les frôlements infinis du monde.
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coco4649coco4649   23 décembre 2015
DANS LES MÉANDRES DES SAISONS


Si l’ombre qui s’enfuit emporte
avec elle les inestimables fruits
de ta mémoire, rattrape-là,
serre-la fort contre toi, jusqu’à

la faire entrer dans ton corps, car
cette ombre est peut-être le double
de toi ou ce qui des humaines joies
a résisté à l’assaut des tristesses
infinies, à l’éparpillement des chants

qu’on révérait jadis, dans un temps
qui n’existe plus, parce qu’on n’a pas
su retenir ses gloires, ses passages
sur nos mains, entre nos doigts, dans
nos regards, dans ces mille et mille

reflets qu’un peu plus d’attention, de
ferveur, aurait pu soustraire à l’oubli,
aux secrets de nos morts engloutis

dans leur nuit.

p.196
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Videos de Richard Rognet (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Richard Rognet
Lecure ac Richard Rognet. Episode3.
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