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EAN : 9782266342759
272 pages
Pocket (28/03/2024)
3.65/5   113 notes
Résumé :
Le premier recueil de poésie d'Arthur Teboul, auteur et chanteur du groupe Feu ! Chatterton.

Comme chanteur, Arthur Teboul incarne un esprit rock et romantique, entre popanglo-saxonne (Radiohead) et chanson française (Ferré, Gainsbourg, Bashung), entre ambiance feutrée d'un jazz club et néons perçants d'une scène underground ; poétique et inspiré, il est de ces nouvelles voix talentueuses qui parlent à la jeunesse et, brouillant les frontières habitue... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
3,65

sur 113 notes
Ami(e)s de la poésie bonjour. Je viens de terminer le « déversoir « d'Arthur Teboul et je suis resté sur ma faim. Arthur c'est d'abord la voix de feu Chatterton, un groupe qui a trouvé un public dont moi.
Des chansons pleines de poésies sur des musiques qui rendent l'ensemble particulièrement intéressantes.
La poésie des surréalistes m'a toujours désarçonné, en fait je ne suis pas fan, l'écriture automatique encore moins. Vous avez sûrement entendu parler d'André Breton et sa bande de poètes qui ont inventé dans le milieu des années vingt ce courant artistique.
Arthur Teboul a repris le flambeau. Pour moi la poésie ce ne sont pas des mots les uns à la suite des autres, la poésie comme j'aime c'est un texte qui me fait frissonner, un sourire d'enfant, ma chérie qui se coiffe, un crépuscule sur une plage bref tout ce qui laisse des images dans notre coeur et dans notre corps.
J'ai quand même trouvé chaussure à mon pied, des petites merveilles, il ne faut jamais désespérer.
Un hommage à Christian Bobin, un poète que je ne connais pas très bien et que je vais découvrir grâce aux éditions Gallimard « les différentes régions du ciel «
Voilà pour le « Déversoir «
Si vous avez l'occasion allez voir Feu !!Chatterton ça vaut vraiment le coup.
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"Journal d'une nuit espérée, rendue triste par la situation en général. Il est douloureux d'imaginer que cela aurait pu être autrement. Roulis d'un soir sans crépitement, je devinais sous la profonde écriture un sens caché aux choses du monde qui attendent une heure. Qui attendent leur heure. Que quelqu'un nous donne l'heure. Avez-vous l'heure ?"

Je regarde ma montre. Peu m'importe l'heure, le temps qu'il fait dehors. Je regarde l'eau couler sur la fenêtre du salon. Un type devant un clavier, une tasse de thé, parfum pu-ehr. Une platine qui défile les titres, disque de Feu Chatterton ! Donc, ma montre me dit que j'ai cinq minutes pour finir mon pu-ehr, j'aime bien ce nom, et cinq autres avant de décapsuler une bière. le temps est compté, mais le temps ne compte pas pour la poésie. Poésie dite minute, écrite sur l'instant, sans réfléchir. Comme un brouillon de la pensée.

Alors, tu veux mon avis ? C'est bien pour ça qu'on est là. Mais mon avis n'a que peu d'importance dans ce monde-là. Après tout c'est comme des nouvelles, on en pioche une, on aime bien, on en pioche une seconde, on aime moins, mais on continue, on trouve une belle phrase, on la note, on essaie de s'en souvenir, on la garde pour soi. Et on l'écrit ici, par exemple. "Dans le noir la pudeur n'a plus d'ennemi." Puis on referme le livre et on le ré-ouvre. D'une facilité déconcertante, comme pour décapsuler une bière ou caresser les jambes d'une femme.

Mais si le véritable intérêt d'un tel bouquin était de donner envie de prendre un stylo, ou de se mettre devant son clavier, et de jeter sur le papier, ou sur l'écran, quelques phrases comme ça, comme on jetterait quelques brindilles dans la cheminée pour animer la flamme de la beauté, du souvenir ou de la poésie. Un instantanée de l'inspiration, pas besoin d'être écrivain ou musicien, les notes défilent dans la tête, faut juste les coucher sur un morceau de papier toilette, un carnet moleskine ou un prospectus qui promet de te démarabouter. Sans se prendre pour Arthur... Rimbaud ou Teboul... et prendre du plaisir à écrire son spleen.

Merci A.

Sans idée de départ, je balance au vent un mot et c'est parti. Bière, un mot qui coule de source, pour ce type-là, moi. de son esprit, il cherche la rime, une pierre qui ricoche dans sa tête avant de faire des ronds sur le lac éclairé par une lune d'un bleu indécent. Elle file au-delà de l'horizon, pierre devient boule et roule, roule, comme sur un déhanché de Mick Jagger, avant de sombrer dans l'écume de mon verre. le barman vient de jeter un shot de whisky dans la pinte de bière qui attend seule sur le comptoir collant, des souillures de cacahuètes à son pied. Une voisine, parfumé de l'absence et de jasmin, s'assoit à coté et sourit face à la solitude de ce verre. Scène d'une tristesse terrible, ne trouves-tu pas.
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Prendre rendez-vous. Se rendre à l'adresse indiquée, entrer dans l'espace réservé (feutré). Une table, des chaises. Rencontre avec Arthur Teboul. Après les civilités d'usage, s'asseoir et lui donner votre prénom puis patienter quelques instants, en silence. L'écrivain est en train de composer pour vous un poème-minute. Ne pas le regarder écrire, cela risquerait de le déstabiliser. Un instant plus tard, quelques minutes seulement, le poème achevé, l'auteur vous en fait la lecture et vous le remet en mains propres. le poème est à présent le vôtre. Après quelques mots échangés avec l'auteur, quitter le Cabinet d'écriture.

Inspirée de l'écriture automatique des surréalistes, l'initiative d'Arthur Teboul est en soi originale et singulière. Elle me rappelle un peu celle du grand poète américain Richard Brautigan qui, en 1966-1967, distribuait ses poèmes en pleine rue aux passants.

Que dire de plus de ce projet d'écriture de poème-minute ? Même si André Breton aimait à dire que « Tout acte porte en lui-même sa justification, […] que la moindre glose est de nature à l'affaiblir », je vais essayer d'en dire quelque chose.

Le poème-minute est en soi une véritable performance d'écriture. La maîtrise du style, le champ lexical, le pouvoir imaginaire d'Arthur Teboul sont en soi assez remarquables. Certains textes sont très beaux, comme À Bobin (poème dédié à Christian Bobin à qui Arthur Teboul voue une grande admiration), La nuit habituelle, ou encore La Petite empreinte :


« Reviens le brumeux matin des espoirs enivrés. L'écume parlait à la mer par-dessus. On entendait l'embrun et les cris des oiseaux indélébiles et la main invisible qui les promenait faisait du vent. Un château tout au bout de la digue, luminescent. Une pierre brillait en sa hauteur, on aurait dit un miroir très lointain ou une pierre précieuse, très précieuse. Rappliquant, le chien sur le bord de la plage haletait en trottant, langue pendue comme tous les chiens.
Ah le bord de la mer, on n'y reste pas longtemps mais l'impression est profonde, c'est une empreinte même, comme sur le sable mouillé, mieux que le sceau de l'intaille du plus grand des rois humains. Une petite empreinte de pied.
De ton pied d'enfant. »


Cependant, tout n'est pas égal dans le recueil. de nombreux textes cèdent au prétexte du temps imparti à l'écriture et n'ont pas le retentissement escompté.
Les poèmes minute nés d'un projet ambitieux et louable, portent pourtant en eux une certaine contradiction.

La poésie, comme la littérature en général, est un moment particulier, privilégié, qui requiert du temps, une attention particulière, un certain retrait du monde qui nous entoure, qui poursuit alors sa course sans nous.
L'idée d'écrire des poèmes en quelques minutes me semble aller à l'encontre de tout ça. le poème-minute, c'est écrire sans perdre de temps, c'est s'enfermer dans un souci « d'efficacité », dans un dépassement de soi et des contraintes liées à l'écriture.

Même si avec le Déversoir, les Éditions Seghers publient ici quelques-uns de ses nombreux poèmes, l'initiative d'Arthur Teboul, comme celles de beaucoup d'autres poètes de sa génération, porte en elle le désir de promouvoir une poésie qui ne soit plus seulement celle des livres, qui ne soit plus seulement à lire, qui sorte des sentiers battus.

Le Cabinet d'écriture (lieu d'un rendez-vous entre un auteur et son lecteur) et les Poèmes minute (un poème-objet qui atteste de la rencontre) sont quelques-uns des marqueurs d'un nouveau courant poétique très actif, très imaginatif, qui s'affranchit des normes jusque-là encloses de la poésie, où pointe cependant une part d'incertitude :

« L'armure scintillante

Je ne sais vraiment pas où cela me mène.
J'avoue avoir quelques craintes.
Je me sens vulnérable, à moitié nu.
C'est assez difficile de persévérer dans la désinvolture.
Rester léger, s'y tenir.
Il y a quelque chose de paradoxal dans la démarche.
Faire durer le geste.
Sans gesticuler.
Je fais comme si je gardais mon sang-froid.
Je fais comme si tout cela n'avait que peu d'importance.
Mais c'est faux.
Je prie pour que ça marche. Je durcis l'armure scintillante.
Puisse-t-elle éblouir quiconque la verra portée.
Pourquoi s'accrocher si fermement à cette entreprise dérisoire?

S'accrocher à l'ombre d'un oiseau qui passe.
À ce fétu de paille emporté par le vent.
Je voudrais dire Laisse-toi aller
Laisse-toi porter
Tout flotte
Je n'y crois pas moi-même
Mes pieds sont lourds comme des pierres envasées
dans le lit d'un ruisseau

Et je ne vous parle pas de ma tête

punitive. »

.
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Arthur Teboul sort un (ne pas faire la liaison) premier recueil de ce qu'il nomme poème-minute, ce qui n'est qu'une version appauvrie (attardée ?) de l'écriture automatique. Car oui, le seul lien qu'il y a là avec l'écriture automatique est la notion de rapidité. le poème a été écrit rapidement, pas retouché : boum, c'est de l'écriture automatique ! Cela démontre surtout une vision très pauvre des surréalistes.
Ce livre a eu du succès, notamment auprès des gens qui ne lisent pas de poésie. Il est adulé par la presse et les médias qui, habituellement, ne parlent jamais de poésie. Mais que vaut leur avis ? Que vaut mon avis sur la soudure sous-marine alors que je n'en fais jamais ?
le projet de Teboul est énoncé dès la préface : il ouvre un cabinet où il écrit des poèmes-minutes pour les gens et il veut qu'on puisse aller chez ce « Déversoir » de poème « comme on va se faire les ongles ». (Notons au passage qu'un déversoir mène aux égouts, cqfd ?) Peut-on faire une vision plus bourgeoise de la poésie ? Qui ira se faire un poème-minute, si ce genre d'initiative se met en place ? Bien sûr, le cadre-sup, start-up nation, après s'être fait livrer son repas par un immigré payé une misère. La poésie oui, mais entre deux réunions au sujet d'un point litigieux auprès du service juridique seulement ! Suffit de voir sa page instagram : que des petits bobos venus rencontrer leur chanteur post-rock préféré et récupérer leur poème (médiocre [je n'en ai pas la preuve, mais au vu de ceux qui sont dans le livre… j'imagine même pas ceux balancés à la foule comme ça, l'air de rien…]) et filer au Starbucks le plus proche le prendre en photo pour le mettre en story et identifier Teboul et Seghers qui reposteront sur leur propre story.
Bon, pour la révolution poétique populaire, on repassera. D'ailleurs, la poésie populaire d'aujourd'hui, Rupi Kaur, Coulon, Bobin, n'ont pas l'aspect révolutionnaire qu'avaient Prévert et Brassens. C'est un autre sujet.
La deuxième chose prônée par Teboul, est l'association inattendue d'un nom et d'un adjectif. Après tout, Garcia Lorca disait que la poésie naît quand deux mots que personne n'aurait pu imaginer ensemble se rencontrent. Teboul reprend l'idée : « de cette association inattendue, entre ce nom venu par inadvertance et cet adjectif non désiré, naît une image nouvelle, inconnue, un trésor qui réveille la part magique des mots et notre part de mystère. Cette part de soi-même inconnue à soi-même. » écrit-il. « Hémorroïde langoureux » voilà mon poème, ma part de moi-même inconnue à moi-même. Bref, cette pauvreté intellectuelle n'est pas l'apanage de Teboul seul. Andrée Chedid définissait ainsi la poésie : « Pour moi, la poésie n'est pas quelque chose de coupé de la vie, c'est la pleine réalité. Enfin c'est la réalité qui comprend l'existence et cette essence de vie qui frémit au fond de nous. » Remplacez le mot poésie par n'importe quoi : marche en plaine, peinture, ski nautique, pêche à la mouche, sexe BDSM, sortie de corps astrale, la définition fonctionne toujours. Dans les deux cas, il n'y a aucune idée, aucun concept théorique, rien, du vide.
Mais tout cela ne dit rien sur la qualité des poèmes. C'est d'ailleurs une question difficile, si je dis qu'un tel poème est à chier, qu'on me répond « moi, il m'a touché », que dire ensuite ? Beaucoup considèrent les poèmes de « La mort viendra elle aura tes yeux » comme étant les plus faibles de Pavese, pourtant, je trouve que ce sont les plus touchants. (Vous n'avez aucune preuve qu'ils m'aient fait pleurer. Je ne pleure pas moi, je suis un mâle alpha, c'est prouvé.) Très peu de poèmes de Cendrars me touchent, pourtant je reconnais que c'est un grand poète.
Il faut donc ici avoir recours à un outil : la comparaison. Les poèmes de Teboul ont un air surréaliste (le mouvement pas l'adjectif). Mais surréaliste forcé, qui essaie d'être. Cf. « La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le boeuf » de Lafontaine. Oui madame, on connaît nos classiques ici.
Bon comparons avec Desnos, par exemple. Teboul, surréalisto-bobo, écrit : « J'ai mangé une mince affaire un soir de décembre et c'était délicieux. Tout concordait. Nous étions entourés de petits freluquets qui sautillaient en tournant autour de nous. Dehors, le ciel était sombre et comblé de promesses. Un invité éternua drôlement fort sans que beaucoup y prêtent attention. » On sent qu'il essaie de mélanger deux plans : le rêve et la réalité, surréalisme donc. Mais la mayonnaise ne prend pas. Desnos, lui écrit : « Je m'étais attardé ce matin-là à brosser les dents d'un joli animal que, patiemment, j'apprivoise. C'est un caméléon. Cette aimable bête fuma, comme à l'ordinaire, quelques cigarettes, puis je partis. // Dans l'escalier je la rencontrai. « Je mauve », me dit-elle et tandis que moi-même je cristal à pleine ciel-je à son regard qui fleuve vers moi. Or, il serrure et, maîtresse ! Tu pitchpin qu'a joli vase je me chaise si les chemins tombeaux. » On voit ici un travail surréaliste sur la langue, pas seulement sur les idées. C'est donc la conjugaison de la langue surréaliste et de la situation, des idées, qui en fait un grand poème surréaliste. Teboul veut faire du Desnos, mais Desnos était un génie, écrivait il y a cent ans et, tout autodidacte qu'il était, réfléchissait son médium. Teboul trouve juste ça cool et apaisant d'écrire vite.
le livre est ponctué de petit poème simplet du genre : « Va vers nulle part/ L'horizon n'est pas loin/ Va vers nulle part/ Tu connais le chemin ». Bon, déjà ça ressemble au refrain d'une chanson du genre Star-Ac' (chacun sa route/ chacun son chemin), d'autre part, c'est encore une fois du déjà lu, en mille fois mieux : Prévert : « J'aime mieux/ tes lèvres/ que mes livres » ou encore « Mangez sur l'herbe/ Dépêchez-vous/ Un jour ou l'autre/ l'herbe mangera sur vous ». de toute manière, Teboul essaie de faire son Prévert, de faire des inventaires, de chanter les moments suspendus et enfantins dans les rues parisiennes. Exemple tiré du premier poème : « Personne ne faisait mine de l'ignorer mais tout le monde l'ignorait quand même, parce qu'il y avait d'autres choses à penser, comme la nourriture, la joie première, l'amour et les camarades. » La phrase est maladroite, on ne sait pas trop où il veut en venir. Faire mine de l'ignorer, donc faire semblant de l'ignorer. Donc le considérer. Personne ne faisait mine de l'ignorer, donc personne ne faisait semblant de l'ignorer, donc personne ne le considérait ? Donc personne ne faisait semblant de l'ignorer, mais tout le monde l'ignorait quand même ? C'est ampoulé.
En réalité, le recueil de Teboul a été publié par Seghers, grande maison s'il en est (ils ont aussi publié Sophie Marceau) parce qu'ils étaient certains d'avoir un public déjà acquis : celui de Feu ! Chatterton (très bon groupe). N'importe quel inconnu viendrait avec ce livre qui se ferait refouler. Mais ils ont eu raison, la preuve, il a atteint les 10 000 ventes, c'est énorme. Mais c'est la poésie qui y perd. Suffit de voir leur site, où ils recensent les médias qui parlent du livre : « le premier poète vivant à intégrer le prestigieux catalogue d'une maison emblématique des lettres françaises. LÉA SALAMÉ / FRANCE INTER (ce qui est faux, je crois) ; le baptême du feu d'un poète/chanter. M, MAGASINE LE MONDE etc. » Que des faits, rien que des faits, mais qui parle de poésie ? Qui ?
Peut-être que les poèmes de Teboul ne sont pas si mauvais, mais lorsqu'on a lu Rimbaud, Desnos et Prévert, on connaît déjà tout ça, fait en mille fois mieux. Teboul est en retard de cent ans. Il réinvente la roue, mais une roue carrée, moins bien que la roue circulaire, qui roule moins bien, c'est quand même con, mais ça fait vendre.
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Feu ! Chatterton, voilà un groupe que je suis depuis le début. Je les ai vus la première fois dans une petite salle et ai été de suite fascinée par le charisme de Arthur Teboul. Je pensais même qu'il ne tarderai pas à faire du cinéma. Ce déversoir de jolies pensées fait du bien, nous réconforte de voir qu'il y a quelques brèches où passent la lumière dans cette époque si sombre. Même si parfois je n'ai pas tout compris. L'est pas toujours facile à suivre le garçon ! Mes respects face au bel hommage donné à Christian Bobin.
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critiques presse (3)
CNLJ
04 janvier 2024
Un « déversoir » oratoire magnétique à découvrir avec une centaine de petits textes courts en prose, ponctués d'aphorismes.
Lire la critique sur le site : CNLJ
LeFigaro
20 mars 2023
Un recueil de poésie surréaliste qui fait écho à un espace unique à Paris, dans lequel il propose d’écrire des poèmes à ceux qu’il rencontre.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Elle
20 mars 2023
Le chanteur de Feu! Chatterton publie son premier recueil de poésie. Dans « Le Déversoir », Arthur Teboul utilise la méthode de l'écriture automatique donnant lieu à des « poèmes minute ».
Lire la critique sur le site : Elle
Citations et extraits (123) Voir plus Ajouter une citation
À Bobin
Un peu de lumière chasse beaucoup d’obscurité, dit le sage.
Je pense à toi, la nuit est claire, c’est déjà le début de l’hiver, quelque chose scintille dans un coin.
Clarté diffuse qui ressemble à un sourire doré. Lumière et sourire sont de la même étoffe pour qui sait toucher.
Les oiseaux libres, les arbres sans maîtres, ce qui est offert sans qu’on le possède tu savais le toucher. Le cueillir et le montrer. L’accueillir serait plus juste, pour ne pas déraciner. Ne jamais déraciner. La fleur. Mais la noirceur, la prédation, patiemment, tu pouvais. Creuser la terre avec force et tranquillité, avec certitude.
Une fois, ta voix a dit les mots qui soignent, tes mots, et j’ai compris quelque chose de plus qu’en te lisant.
Le calme des profondeurs sonne parfois comme un rire.
Crépite l’or niché au fond de l’âme, quand les simples mots de tes formules magiques emplissent le puits.
Dans le puits, il y avait aussi une ombre de tragique, une permanente peine passagère. Comme est permanente et passagère l’eau de la rivière. L’ombre d’une rivière de peine traversait ta voix.
Le clapotis de la rivière de peine chantait lointainement dans ta voix. Parfois, ce chant se confondait avec le rire du fond du puits qui nous parvenait dans tes mots.
Parfois, pourtant, c’était un autre chant, plaintif, mais si lointain dans ta voix qu’on l’aurait dit venu de trois ou quatre rues plus loin.
J’aimais aussi ce lit triste où s’endormait ta voix.
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À L'ENDROIT DU TABLEAU

C'est la nuit, encore elle. Pourquoi es-tu surpris ? Elle succède toujours à elle-même. Parasite sur la bande, interfère. C'est un peu de magie. La friture nous interpelle. On se met à rêver de mondes parallèles. De lignes de fuite désaxées, à l'endroit du tableau qu'on n'avait pas bien vu. Là, regarde. Une porte minuscule est peinte. Encore plus petite est la serrure, évidemment. Qu'y a-t-il derrière ? On se prend à croire que la porte s'ouvre sur autre chose qu'une toile trouée. Sans transition, la nuit. Encore elle. Écoute les croassements des fantômes mécaniques qui peuplent la cité. Écoute le hululement des faunes terrifiés par les temps modernes. Où tout sonne hyper fort. Boules Quies dans les oreilles des faunes, masques en tissu sur la face des crapauds. Tout se passe comme prévu. C'est un grand voyage visqueux, prenez vos combinaisons.
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Décorer le labyrinthe
Le temps d’une vie
Cueillir raisins de Corinthe
Et pêche rubis
Marcher, courir nous éreinte
Là restons assis
Au milieu du labyrinthe
Sans chercher l’issue
Sois sans hâte sois sans crainte
Reste un peu ici
La porte joliment peinte
On tombera dessus
Suivre une trace, une empreinte
Nous pouvons ma fille
Mais ce chemin qu’on emprunte
On le rend aussi.
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Ça ne fera pas une chanson
Mais un collier pour ma femme
Et des pierres chaudes sur ses paupières
Quand elle dort
Ça ne fera pas un poème
Mais un papier caché dans sa poche
Quand elle ira au travail
Avec écrit dessus : je t'aime
Ça ne fera pas une chanson
Mais la joie de ses voûtes plantaires
Quand elle rentrera à la maison.
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Le poète est cuit. Dans un gros pot de terre, il signe sa fin. Empreinte légère, au revoir, adieu. Dans la glaise sculptée. il murmure un peu. Hanté par les parfums profonds, son souvenir s'épuise avant d'arriver à la main qui signe. Au carrefour, il se fait au revoir de la main. C'est lui-même qu'il laisse. Ne m'en veux pas, dit-il au poète qui était là, en lui, et qu'il laisse sur le bord de la route. Ne m'en veux pas, mais c'est trop fatigant tes yeux à l'intérieur de mes yeux, ton avidité, tes alertes, ta détresse momentanée et permanente, tu m'épuises aussi, tu me tords. Je voudrais soulager ta peine, quand tu regardes à l'intérieur de moi, depuis mon intérieur. Je voudrais poser ma main sur ton front que tu t'endormes tranquillement au moins un jour, une nuit, mais tu as peur, toujours peur. De ne pas être à la hauteur. À la hauteur de l'homme, qui veut toujours se hisser au-dessus de lui-même. Je suis fatigué de ton désir, poète. Alors je te laisse là. Une empreinte, dans le pot de terre.
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Arthur Teboul vous présente son ouvrage "L'adresse : les rendez-vous du Déversoir" aux éditions Seghers. Entretien avec Sylvie Hazebroucq.
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