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ISBN : 222617348X
Éditeur : Albin Michel (17/08/2006)

Note moyenne : 3.57/5 (sur 23 notes)
Résumé :

Goûter le vent, écouter le bruit du silence au-dehors et en soi, s'appliquer aux gestes à faire. Et éprouver l'infini des limites. Plus qu'une déclaration, la luxueuse austérité dont parle Marie Rouanet est un murmure, une invitation à la vigilance des sens, au dépouillement de nos émotions. À la redécouverte de l'essentiel. À l'image de cette vie dépouillée, source d'insoupço... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Cath36
  24 novembre 2013
C'est un très joli petit livre qu'a écrit là Marie Rouanet. Une jolie mélodie sur le temps passé, le temps qui passe et l'attention prêtée à l'instant "comme si, en me concentrant sur le bonheur, j'allais réussir à l'éterniser." Il y a dans ce texte le charme un peu désuet des vieilles armoires de province que l'on entr'ouvre pour redécouvrir des souvenirs enfouis. Mais je trouve un peu dommage cette relative idéalisation d'un passé que ceux qui l'ont vécu alors auraient sans aucun doute préféré moins dur et où le labeur extrême ne permettait pas de s'attendrir. La nostalgie ne nous aide guère à vivre et l'amour enjolivé paraît quelquefois bien fade.
Il reste de merveilleux passages sur la nature, la vie à la campagne et la découverte de cette vérité intérieure qu'apporte le dépouillement, la renonciation à tout ce qui n'est pas indispensable pour vivre et aux excès qui étouffent l'âme sous un trop-plein de matérialité. Marie Rouanet a une belle écriture, toute en douceur , elle n'hésite pas à appeler un chat un chat , mais le fait avec cet humour délicat qui ajoute une petit touche de couleur et de réalisme à ses descriptions.
J'aime beaucoup, mais à petites doses, un peu comme une madeleine trempée dans du thé.
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madameduberry
  22 avril 2015
Pour l'inspiration, et la connection à la terre, la proximité au monde animal et végétal qui nous entoure et nous enserre, si peu que nous quittions la protection du confort et de la ville, elle m'évoque Colette. Mais Colette sans le lyrisme, sans les affèteries auxquelles notre bourguignonne nationale se risquait parfois, et qui font parfois qualifier son écriture de démodée.
Marie Rouanet décrit diverses maisons réduites au rudimentaire et à l'essentiel, où elle passa des moments de sa vie.Dans ce cadre la première proximité est celle du corps humain, ses odeurs, ses humeurs, ses excréments. Un cadre dépouillé de tout confort : pas d'eau courante, pas de "cabinets d'aisance", pas de ramassage des déchets, juste une bonbonne de gaz qu'il faut monter sur l'épaule.. toutes les fonctions vitales s'effectuent au prix d'un effort et d'un raisonnement.A contrario, les bonheurs sensuels des repas de poissons, de coquillages, de salades sauvages,à l'abri des chênes ou sous les étoiles retrouvées car n'étant pas éteintes par la pollution lumineuse, le silence très relatif, traversé par le vent, les cris animaux..Mais Marie Rouanet ne nous épargne pas l'envers du décor ,et sa propre enfance encore paysanne lui permet d'éduquer ses enfants : ils s'accomoderont donc de l'absence de lieux clos pour les fonctions excrétrices, de la présence persistante du pot de chambre à travers "l'odeur légère qui imprègne le bois de la table de nuit où il est enfermé" (je cite de mémoire), ils contribuent largement à la subsistance en ramenant quotidiennement le produit de leur pêche, tandis que les parents se résignent parfois à aller acheter le pain et les légumes pas encore trop flêtris de l'unique épicerie du village voisin.L'entrecroisement des souvenirs d'enfance de Marie Rouanet et de méditations plus contemporaines sur l'agréable, l'utile, que l'on disjoint à tort, et le divertissement pascalien des plaisirs de la ville, qu'elle pratique également,ne font pas de ce petit ouvrage une apologie de la vie sauvage, ni un pamphlet contre le progrès, ni une oeuvre passéiste voire réactionnaire. Toute la rudesse, le pénible de la vie paysanne d'autrefois sont bien évoqués et même détaillés, ainsi que leurs efffets sur le corps et l'âme qui la traversent.Mais Marie Rouanet , comme tous les voyageurs du temps, est confrontée au paradoxe d'une subjectivité qui, elle, sera forcément anachronique.C'est cette lucidité, cette division subjective qui font aussi le prix d'un livre que je trouve honnête et sincère, en même temps que remarquablement écrit.
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Pixis
  14 août 2015
Ce livre se lit assez vite. Bien écrit : une indéniable très agréable écriture.
J'ai beaucoup aimé les premières pages. Puis je me suis un peu lassée à cause de cette espèce de leçon donnée. Enfin cela a même fini par m'agacer bien qu'il y ait là, certes une vérité vraie.
Il y a des passages excellents, pas mal de redites sous des aspects différents et cette espère de critique du monde d'aujourd'hui qui finit par me mettre mal à l'aise : mais alors pourquoi a t'elle fait installer l'eau et cirer le parquet.
Dommage, car cela m'a fait penser aux livres d'Henri Vincenot tels La Billebaude qui sait nous raconter la vie de naguère aux fins fonds de la province, les bonheurs et malheurs d'alors sans pour autant donner des leçons à propos de la vie d'aujourd'hui tout en restant sans concession.
Dans cette maison, on y retrouve la description de la vie des anciens avec des mots perdus de vue, parfois durs mais toujours poétiques.
Son objectif : nous faire redécouvrir l'essentiel de la vie par la vigilance des sens, le dépouillement des émotions sources d'insoupçonnables luxes.
Voir sur le site d'Albin Michel la présentation du livre par l'éditeur qui le dit mieux que moi.
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Floccus
  16 novembre 2015
« L’absence de distractions habituelles, y compris des horaires des activités, crée un autre rapport à soi comme au monde. Un creux se met en place, qui laisse au bord du vertige. » (155)
Oh mais je ne savais pas que ce livre parlait précisément de mon coin, que Marie Rouanet et moi avions la même terre volcanique sous les pieds ! J’ai moins de mouches, cependant, qu’elle n’en avait en ces temps d’avant les insecticides. L’eau courante, l’électricité, profitent à ma maison. Mais je trouve cette expression de « luxueuse austérité » tout à fait merveilleuse et m’interpelant comme un gant.
« Vivre ici clarifie et simplifie les problèmes vestimentaires. » (104)
Jusqu’à l’enthousiasmant chapitre sur les excréments, je me suis peu liée à ce texte, dont l’écriture est brute, rude comme un éboulis de rochers. Les objets proches, les insectes, les éléments naturels, forment un monde aride, à portée de main, limité aux gestes qu’on leur tend. Tout en retrait, peu personnel, encadré par une morale de vie, le récit ne s’offre pas naturellement. Et puis soudain, ce délicieux compte-rendu, vivant, stupéfiant, habité.
« Ce qui mettait, plus que tout autre démarche en face de son corps, étaient les odeurs et surtout celles des excréments. Pourtant j’en ai une expérience réelle et prolongée. » (76)
Suivent des pages inspirées sur l’ordinaire de la vie, des considérations saisissantes sur la mort, un hommage profond à la vie d’autrefois, aux gens d’autrefois et aux traces qui en restent.
Prudente face aux nostalgies des temps anciens trop appuyées, fort peu emballée par certains éloges de la religion, j’aime au-delà de tout cet esprit puissamment terrien qui remet les idées en place.
Lien : http://versautrechose.fr/blo..
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cathlivres
  05 août 2015
Roman qui convient à la vague écolo et anticonsumériste actuelle.
Je ne suis pas certaine que les contemporains de ce passé porté aux nues l'aient autant apprécié que ça, même s'il est vrai qu'un peu de dépouillement ne fait pas de mal.
En tout cas j'ai adoré le passage sur le traitement des excréments humains, il est extra !
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
madameduberrymadameduberry   22 avril 2015
Me colleter sans cesse avec l'évidence du corps, de la terre, de la nourriture, des nettoyages, des triages et de leurs divers corollaires, fut une expérience contraignante dont naquit un allègement. Je ma suis retrouvée sans masque, comme pelée, j'ai senti la femme et non l'eau de cologne, j'ai senti et aimé l'odeur humaine des autres.Devoir préserver le territoire de la maison de l'envahissement des palntes et des bêtes, y songer sans arrêt, obtenir un résultat imparfait, me tenir, intérieurement, sans la défense des divertissements, affrontée à moi-même, fut d'autant plus libérateur que ces bagarres continuaient de jour en jour.
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MimimelieMimimelie   21 mars 2018
Des gens venaient nous voir. "Passaient" comme ils disaient. Quand nous les avions nourris, sous l'ombre aérée des mûriers, de poisson grillé, d'une anchoïade de légumes, de vin frais, ils disaient que nous étions "au paradis". ....
... Ne leur apparaissaient pas les gestes incommodes, cet évier où il était nécessaire de serrer les coudes conte le corps de peur de se cogner, l'eau saumâtre, l'absence de salle de bain, la fameuse glacière.... Ne leur restaient que la douceur des heures, l'excellence de la table, notre bonne mine de grand soleil.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   07 novembre 2011
Il faut savoir s'arrêter pour que la quantité de bien-être,de nourriture,de voyages,de sexe,d'amitiés ne devienne contrainte,fardeau à porter,abus de l'autre. Dire: assez pour n'être pas blasé,entrainé dans une course infinie mangeuse d'énergie et jamais satisfaite.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   06 novembre 2011
L'excès de tout,d'amis,d'amour,de nourriture,de place,de voyages,transforme les êtres en nomades de l'excès, en boulimiques de plaisirs vite éventés,en blasés,en gavés de la vie.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   06 novembre 2011
La ville d'Agde était jugée triste à cause de ses maisons,de ses quais,de son église monumentale,de ses pavés et colonnes de ce noir qui,en fait, était gris et irisé ,quand il pleuvait, d'insaisissables reflets.
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