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EAN : 9782081409200
288 pages
Flammarion (28/02/2018)
4.07/5   125 notes
Résumé :
Dans ses Sept brèves leçons de physique, Carlo Rovelli confiait qu’une question avait guidé sa vie de chercheur : la nature du temps. Se hissant sur les épaules d’Isaac Newton, d’Albert Einstein, de Stephen Hawking et de bien d’autres, il nous livre enfin ses découvertes dans ce livre majeur.
Le temps est au cœur d’un étrange mystère. Tel un flocon de neige qui fond lorsqu’on s’en saisit, il s’est progressivement délité sous les assauts de la science : on sa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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En publiant ses travaux sur la relativité restreinte puis surtout ceux sur la relativité générale, Albert Einstein provoqua un séisme conceptuel dont les répliques se font encore ressentir de nos jours dans les laboratoires de physique du monde entier. Sa théorie s'est trouvée confirmée par de nombreuses expériences, et a été à l'origine de multiples avancées concrètes, comme le GPS par exemple, dont le grand public ne sait généralement pas qu'il prend en compte la relativité pour fonctionner correctement.

Carlo Rovelli est devenu une référence mondiale en physique théorique pour ses travaux sur la gravité quantique à boucles, qui n'est pas le sujet de cet ouvrage mais que je pourrais vous expliquer en quelques mots avec grand plaisir par MP ;). Cela me rappelle mes études, les années 2000, les 7 titres de l'OL et quand j'étais en bonne santé -soupir de nostalgie-.

Dans cet ouvrage il aborde l'épineuse question du temps, dont il a été prouvé, par suite de la relativité, que nous en avons une conception totalement erronée. Il rappelle que dès l'Antiquité certains théoriciens en avaient l'intuition, mais que depuis Newton la notion de temps absolu, irréversible, global s'était imposée par erreur. Il avance ensuite sa propre vision / définition du temps, qui comme toujours chez Rovelli ne laisse pas d'être poétique, ce qui d'ailleurs est toujours très appréciable à mes yeux de lecteur.

Donc n'hésitez pas à le lire si vous aimez la physique théorique, même si le mathématicien que je suis ne peut que regretter l'absence d'équations :). En effet certains sujets peuvent être vulgarisés sans le moindre calcul, mais à propos du temps on peut difficilement aller loin sans introduire quelques équations de base, à mon (très) humble avis. Mais il est tout à fait possible que je me trompe :). Ceci dit, je comprends ce parti pris qui permet de ne point s'aliéner le lecteur qui n'aurait pas de formation scientifique, ce qui est tout à fait respectable comme approche.
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Qu'est-ce que le temps ? Existe-t-il ? Est-il une réalité ou un flou ? S'écoule-t-il ? A-t-il un sens (passé, présent, futur) ? Est-il continu ou discret ?
Ces questions taraudent les esprits depuis des siècles et des siècles. de nos grands anciens grecs à nos contemporains.

Là l'auteur est un chercheur internationalement reconnu, qui oeuvre sur la théorie de gravitation quantique à boucles.
Théorie qui prédit que l'espace et le temps sont effectivement constitués d'entités fondamentales (quanta) et discrètes.
Théorie encore spéculative mais prometteuse.
Même s'il n'en parle que très succinctement, cet opus est une bonne macro-vulgarisation de cette théorie.
Pas besoin d'être Docteur en physique pour le suivre, même s'il faut un esprit ouvert aux sciences et aux concepts abstraits.

L'auteur aborde d'abord le temps dans son "sens commun" en nous démontrant que ce sens commun n'existe pas ;-)
Que notre "grammaire" (sic) -- comprendre notre vocabulaire -- est trop pauvre pour dissocier les différentes significations ou connotations du temps.

Il nous rappelle qu'il n'existe pas un temps universel mais des temps locaux et ponctuels, que le temps "s'écoule" moins vite dans la vallée qu'aux sommets, que le temps est "plus court" à haute vitesse (L'expérience de pensée des jumeaux d'Einstein, démontrée et mesurée depuis)

Ensuite il nous montre que les lois, formules, équations et théorèmes mettant en jeu la variable t (nommée temps ou "temps Newtonien) sont toutes mathématiquement réversibles.
Vous pouvez mettre en équations un verre qui tombe et qui s'éclate au sol.
Elles seront "réversibles" mais peut-on imaginer des éclats de verre qui se regroupent pour former un verre ? Evidemment non.
Hormis le "temps thermique" (lié au rayonnement d'énergie gravitationnelle, mais ne rentrons pas trop dans des concepts trop pointus), la variable t (le temps) n'a pas d'axe orienté, pas de flèche.

Au niveau quantique, pas besoin de la variable t, il n'y a donc ni passé, ni présent, ni futur.
Certes la cause précède l'effet, les changements sont donc partiellement ordonnés mais il n'y a pas de temps universel, pas de Chronos intersidéral.

Voilà qui est perturbant, non ? Ou plutôt jubilatoire (mais là, ce n'est que mon ressenti).

Mais alors d'où vient ces notions de temps, passé, présent et futur ? Est-ce une construction mentale de l'espèce humaine ?
C'est bien possible, car nous avons la mémoire de notre temps propre et nous avons besoin de trier les changements, expériences ou émotions que nous avons vécues, observées, entendues ou lues (Oui, je mets au féminin, Et c'est volontaire : accord de proximité).

Cet essai est (au moins pour moi) une balade jouissive entre sciences, pensées et philosophie.

Livresquement votre
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Je reste sur ma faim. Les concepts scientifiques, que je venais chercher en premier lieu dans ce livre ne sont qu'effleurés. C. Rovelli fait une bonne vulgarisation des concepts passés du temps, j'ai peu compris ce qui fait le coeur des nouvelles approches de la physique moderne. C.Rovelli se lance dans la deuxième partie du livre dans l'ambitieu projet de faire le lien entre la physique quantique et notre perception subjective et philosophique du temps, je n'ai pas bien saisi l'articulation entre les 2 mondes, le philosophique et le physique. Cette lecture reste neanmoins pour moi un agréable moment de révision de ce que j'ai déjà pu lire par ailleurs.
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Cet ouvrage constitue une avancée marquante en vue de mieux comprendre la place qu'il convient de laisser aux sciences théoriques dans l'élaboration d'un imaginaire propre, y compris poétique. Carlo Rovelli a le génie vulgarisateur: cet ouvrage est une adresse sûre, un guichet nous ouvrant une large fenêtre de compréhension sans formules. Une seule figure dans l'ouvrage, p. 39, & il s'en explique longuement. Il s'agit de celle du deuxième principe de la thermodynamique. La traductrice de l'italien, Madame Sophie Lem, assure à la langue d'arrivée une fluidité maximale au service d'une écriture souple qui prend toujours le temps de promouvoir notre compréhension de ces sujets potentiellement arides en recourant à de très nombreuses caractéristiques propres à l'écriture experte en vulgarisation scientifique:

la syntaxe est légère; peu de sous-phrases, d'incises, de parenthèses, d'apartés;
l'annonce de la structure de l'ouvrage,
le rappel des sujets abordés;
la précision sur la façon dont la matière va se déployer;
le sens de la formule mémorable;
le recours à des schémas en couleurs (réalisés par les studios Peyo !);
les métaphores marquantes,
« Notre "présent" ne s'étend pas à tout l'univers. Il forme comme une bulle autour de nous. Quelle est l'étendue de cette bulle ? Cela dépend de la précision avec laquelle nous déterminons le temps. Si... ..., si ... » 58
les comparaisons qui enfoncent le clou; ces deux-ci ont tout pour plaire sur Nulle Part (voir par ailleurs le recueil L'Inde au coeur). Elles se trouvent en entame du livre (2e §) et dans le dernier chapitre:
« La mythologie hindoue représente le fleuve cosmique par l'image divine d'un Shiva dansant: sa danse règle la marche de l'univers: elle est l'écoulement du temps. » 11
« Dans le troisième livre de la grande épopée indienne, le Mahabharata, un Yahka, un puissant esprit, demande à Yudhishira, le plus vieux et le plus sage des Pandava, quel est le plus grand mystère. .. » 233
les reprises résumantes,
« Suis-je certain qu'il s'agisse de la description correcte du monde ? Non, mais c'est l'unique façon cohérente & complète que je connaisse aujourd'hui pour penser l'espace-temps sans en négliger les propriétés quantiques. » 150, fin de deuxième partie.
l'annonce du contenu de l'ouvrage
en fin d'introduction:
« Ce livre est divisé en trois parties inégales. Dans la première, je résume... La deuxième partie décrit ce qui reste à la fin de l'opération. ... La troisième partie du livre est la plus difficile, mais aussi la plus vivante & la plus proche de nous. ...» Carlo Rovelli, L'ordre du temps, 13-14
la pratique de la concision;
& en fin de chapitre ou de partie pour annoncer le suivant,
« Je récapitule ce long plongeon qu'est cette première partie du livre. le temps n'est pas unique: il y a une durée différente pour chaque trajectoire; ... » 104

Lien : https://www.editionsdenullep..
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Un très bon livre de vulgarisation scientifique qui tente de définir ce qu'est le temps. Vaste question, aux frontières entre la Physique et la Philosophie.

En partant des théories les plus solides comme la notion de relativité, l'auteur s'attache à analyser ce qu'est le temps, à le décortiquer et à le dépouiller de ses à priori, pour tenter d'en construire une vision la plus cohérente qui soit dans l'état actuel des connaissances. le temps comme grandeur fondamentale du monde, si cher à Newton, est rejeté et des concepts faisant intervenir la Physique Statistique et la Physique Quantique sont développés. Les travaux de Ludwig Boltzmann mais aussi du mathématicien français Alain Connes sont présentés. Les aspects philosophiques du temps sont aussi évoqués : on y retrouve entre autres la vision relativiste d'Aristote, le temps absolu de Newton et la synthèse des deux visions par Einstein.

Cette oeuvre, d'une grand richesse, parfois complexe à suivre, représente un gros travail de l'auteur qui condense toute une série de concepts en un récit articulé et clair. Un plaisir à la lecture (ou à l'écoute).
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critiques presse (1)
LeMonde
19 mars 2018
Il est temps de repenser le temps, montre le physicien dans un essai défiant nos certitudes.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
La physique du XIXème et du XXème siècle a découvert quelque chose de bien plus inattendu et déconcertant que le fait, somme toute marginal, que le temps s'écoule à des vitesses différentes à des endroits différents: la différence entre passé et futur - entre cause et effet, entre mémoire et espoir, entre remords et intention - n'existe pas dans les lois élémentaires qui décrivent les mécanismes du monde.
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On peut penser le monde comme constitué de choses. D'entités. De quelque chose qui est. Qui demeure.

Ou bien on peut penser le monde comme constitué d'événements. D'occurrences. De processus. De quelque chose qui se produit. Qui ne dure pas, qui se transforme continuellement. Qui ne persiste pas dans le temps.

La destruction de la notion de temps par la physique fondamentale implique l'écroulement de la première de ces deux conceptions, non de la seconde. C'est la réalisation de l'omniprésence de l'impermanence, et non de l'immuabilité dans un temps immobile.

Penser le monde comme un ensemble d'événements, de processus, est le mode qui nous permet de mieux le saisir, le comprendre, le décrire. C'est l'unique mode compatible avec la relativité. Le monde n'est pas un ensemble de choses, c'est un ensemble d'événements.

La différence entre les choses et les événements, c'est que les choses perdurent dans le temps. Les événements ont une durée limitée. Le prototype d'une chose est une pierre : nous pouvons nous demander où elle sera demain. Tandis qu'un baiser est un événement. Se demander où se trouvera le baiser demain n'a pas de sens. Le monde est fait de réseaux de baisers, pas de pierres.
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Le temps n'est pas unique : il y a une durée différente pour chaque trajectoire ; il passe à des rythmes différents en fonction du lieu et de la vitesse. Le temps n'est pas orienté : la différence entre le passé et le futur n'existe pas dans les équations élémentaires du monde, c'est un aspect contingent qui apparaît quand nous regardons les choses en négligeant les détails ; dans ce flou, le passé de I'univers était dans un état étonnamment « particulier ». La notion de « présent » ne fonctionne pas : dans le vaste univers, il n'y a rien que nous ne puissions raisonnablement nommer « présent». Le substrat qui détermine les durées du temps n'est pas une entité indépendante, différente des autres qui constituent le monde : c'est un aspect d'un champ dynamique. Celui-ci saute, fuctue, se concrétise seulement dans I'interaction et n'est pas défini en deçà d'une échelle minimale... Que reste-t-il du temps?
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Il suffit de quelques microgrammes de LSD pour que notre expérience du temps se dilate de façon épique et magique. "Combien de temps est toujours?" demande Alice; "Parfois seulement une seconde ", répond le lapin blanc. Il y a des rêves qui durent quelques instants où tout semble se figer pour une éternité.
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Parce que le temps n'est autre qu'une fragile structure du monde, une fluctuation éphémère dans le devenir du monde, qui a la caractéristique de donner origine à ce que nous sommes : des êtres faits de temps. Qui nous fait être, qui nous offre le don précieux de notre existence même, qui nous permet de créer cette illusion fugace de permanence à l'origine de toute notre souffrance.
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Videos de Carlo Rovelli (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carlo Rovelli

Faut-il tuer le temps ?- 3e partie : les questions avec le public
Débat (en trois parties) entre Carlo Rovelli et Patrick Peter, modéré par Michel Blay mardi 7 octobre à 19h au Palais de la découverte, Paris. http://www.dunod.com/sciences-techniques/culture...
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