AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2917702737
Éditeur : Stéphane Million (24/01/2013)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Après une série d’attentats à Paris, trois amis, Lodka Place, Brune Farrago, Ari Saint-Thomas et leur chien Ferdinand Griffon vont se réfugier dans une maison de campagne. Alors que le chaos menace.
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Syl
  18 mai 2016
Devant mon écran de télévision, alors que je regarde les informations qui détaillent les attentats du 13 novembre, je me demande si les gens ont pressenti quelque chose juste avant. Puis juste après, dans la fraction qui suit l'horreur. Dans son roman, Fanny Salmeron traduit cet instant par un temps blanc. Je trouve que le blanc représente bien cet intervalle qui précède le chaos.
« La place de l'Opéra attendait l'orage. Surplombées d'un ciel menaçant, les statues brillaient, dorées comme des phares. Il y avait des bus qui faisaient du bruit. Des voitures qui faisaient du bruit. Les gens, pas tellement. Les gens, ils regardaient autour d'eux, perdus pour la plupart ou dans l'attente d'un rendez-vous, énervés par le ciel électrique. On pouvait compter ceux qui sortaient de la grande bouche de métro au milieu de la danse des moteurs. Une île. On pouvait voir disparaître ceux qui y entraient. Envie de leur dire « n'entrez pas ». Mais personne n'a ce pouvoir.
Juste avant il y a eu ce silence d'une demi-seconde. Un silence d'un seul coup, toutes les mesures des bus, des voitures, des gens, coordonnées sur ce temps très bref. Un blanc irréel. Et puis. le bruit de l'explosion s'est mêlé à celui du premier coup de tonnerre. Personne n'a su quoi en penser avant les premiers cris et la fumée. »
Brune Farrago et ses amis Lodka Place et Ari Saint-Thomas, sans oublier le chien Ferdinand Griffon, ont décidé de quitter la capitale juste après l'attentat. Une petite maison en pierre dans la campagne, un jardin avec des tilleuls, des champs autour et du soleil. Leur frontière les protègera de la fin du monde, des bombes et de l'astéroïde Tarpeia qui file droit sur la Terre.
Brune nous présente son monde.
D'abord son portrait. Blonde, jeune, jolie, encore un peu enfantine, elle se donne à des liaisons d'un soir qu'elle harponne en un clic sur le net. Elle ne veut aucune attache et ne donne pas facilement sa confiance. Longtemps elle a souffert de l'absence de son père décédé alors qu'elle avait trois ans. Son premier amoureux ? Son chat, Olivier, mort lui aussi. Son deuxième amoureux ? Navel Senza, celui qu'elle n'a jamais vu, son correspondant inconnu. Ils se sont rencontrés sur un forum de musique et n'ont jamais osé se voir. Leurs contacts se font par l'écriture, mails, sms, lettres ; elle lui raconte tout. Elle lui racontait tout. Les nuages d'étourneaux, la couleur du ciel, le parfum des glaces… Doit-elle conjuguer Navel au passé ? Depuis quelques temps leur relation se délie, tristement, c'est implacable.
Lorsqu'elle a vu pour la première fois la comédienne Lodka Place sur scène, elle est tombée en amour. Elle a voulu être discrète et elle ne l'a pas du tout été … Lodka lui a présenté Ari, son ami, écrivain et metteur en scène. Les liens se sont soudés comme une fatalité et ils forment à présent un trio d'amis, une famille dit-elle. Un quatuor avec Ferdinand.
Après l'attentat, ils ont voulu faire leur Résistance à l'écart, et maintenant, ils se retrouvent
à l'abri dans se cocon champêtre. Ari écrit, Lodka écoute Bach, Brune fume, et ils arpentent la campagne en friche.
Chaleur, silence, soupirs. Brune pense à Moune sa mère, à son beau-père, à Navel.
Sa mère pense à Brune, sa Noune. Son beau-père pense au temps qui passe et qui le vieillit. Il aime toujours autant Line. Navel pense au message qu'il va envoyer à Brune. Peut-être son dernier. Oui, certainement sa dernière déclaration, « le désir avant le verbe ».
Puis un jour, il faudra passer le portail et revenir…
Des sentiments lourds, exacerbés, égratignés, émouvants et beaucoup de générosité. Une fille fleur qui se découvre et qui fait la paix. Une frontière qui partage deux univers, l'un chaotique comme un enfer, l'autre un véritable éden. Il y a de la musique, de l'écriture, de l'amitié et de l'amour. Des microcosmes qu'on se plaît à observer. Des mots qui nous rappellent des évènements, blessures, morts, Bataclan, métro, anarchie. C'est violent, brut, assourdissant, mais aussi poétique et doux. Fanny écrit « fin du monde », mais ce n'est pas encore l'heure. L'intrigue se tisse et se dévoile sur la fin ; une agression pour un outrage…
C'est un tout petit livre que je vous recommande.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
myriampele
  24 septembre 2018
Fuyant les attentats perpétrés à Paris, et le chaos qui règne dans le monde, trois personnages et un chien se retrouvent à la campagne, dans un endroit calme loin de la ville. Une belle prose empreinte de poésie pour décrire les liens qui unissent les personnes, et les émotions du chien dans tout cela....ce n'est ni rassurant ni mièvre.
Commenter  J’apprécie          80
claraetlesmots
  27 juin 2013
Des attentat sont perpétrés à Paris, un astéroïde menace d'entrer en collision sous peu avec la terre : un air de fin du monde plane. La confusion et la peur gangrènent lentement les gens. Brune Lodka et Ari, trois amis , décident de passer la frontière et de se réfugier à la campagne afin d'être en sécurité.
Entre fable et conte, ce petit roman est surprenant ! D'emblée Fanny Salmeron surprend et nous entraîne dans une histoire où la fantaisie et l'humour sont omniprésents. Loin de tout stéréotype conventionnel, même le chien Ferdinand nous livre ses pensées tandis que Brune et ses amis à chemin jeunes adultes baignées d'insouciance et de rêveries s'amusent à occupent le temps comme ils le peuvent. Est-il trop tard pour faire le pas et découvrir de visu une personne avec qui on a échangé 14032 sms, 523 mms, 1925 mails, 14 lettres, colis et cartes postales et 26 h heures au téléphone en quelques mois ? Et sous des airs légers, des questions plus profondes s'invitent.
Un petit roman bourré de charme, de cette fantaisie comme je les aime ! Une très jolie découverte !
http://fibromaman.blogspot.fr/2013/06/fanny-salmeron-les-etourneaux.html
Lien : http://fibromaman.blogspot.f..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Carotte3000
  17 avril 2016
Un petit livre qui se dévore. Un petit livre intemporel, et pourtant, cruellement d'actualité. Un petit livre d'une beauté troublante, brûlante. Un petit livre sur la fascination, l'amour, l'urgence de vivre, la rebélion, la folie d'un monde, la folie des hommes. Un petit livre comme un grand film. Un petit livre que je n'oublierai pas.
Commenter  J’apprécie          10
Moumoub
  30 avril 2017
Pour être franc, je n'ai pas été happé par l'histoire, contrairement à "Si peu d'endroits confortables", mais l'auteur a cette faculté de donner de la poésie à ses phrases, son contexte, ses personnages, cette sensibilité qui ne laisse pas indifférent de ci de là. Ma note est donc la résultante de ma non adhésion à ce qui est narré mais je retournerai volontiers lire l'artiste
Commenter  J’apprécie          00
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Lisou33Lisou33   19 février 2013
” Mais quel est notre pouvoir, quand on aime? Et quelles sont nos limites ? Infinies? Infinies, les limites, les barbelés entre les gens, c’est infranchissable. Se prendre dans les bras ne sert à rien, les frontières entre nous sont des précipices, chacun sur son continent. Et quand on est triste, quand on a peur, quand c’est bientôt la fin du monde, les autres avec tout leur amour, toutes leurs promesses, ils sont bien jolis mais il n’y peuvent rien. Frustrant d’aimer. Frustrant d’être attaché. Frustrant l’empathie. Inutlie, l’affection. Parfois on essaie d’aller plus loin, on croit que faire l’amour, la chair nue contre sa chair nue, alors les barbelés se détachent mais c’est faux. Se posséder ne donne rien. Jouir sous la peau de l’autre ne change rien. Frustration, toujours. Frustration d’être un autre. Vouloir être toi, bien sûr, être dans toi pour savoir ou te consoler, comment sécher les larmes depuis l’intérieur. Vouloir être toi, te connaître par coeur et savoir les formules pour te faire sourire. ça ne fonctionne jamais. On n’est jamais rien d’autre qu’un autre. Incapable inutile et les bras ouverts impuissants. On ne sert à rien. Je me reveille” Les étourneaux, Fanny Salméron
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70
SylSyl   18 mai 2016
"La place de l'Opéra attendait l'orage. Surplombées d'un ciel menaçant, les statues brillaient, dorées comme des phares. Il y avait des bus qui faisaient du bruit. Des voitures qui faisaient du bruit. Les gens, pas tellement. Les gens, ils regardaient autour d'eux, perdus pour la plupart ou dans l'attente d'un rendez-vous, énervés par le ciel électrique. On pouvait compter ceux qui sortaient de la grande bouche de métro au milieu de la danse des moteurs. Une île. On pouvait voir disparaître ceux qui y entraient. Envie de leur dire "n'entres pas". Mais personne n'a ce pouvoir.
Juste avant il y a eu ce silence d'une demi-seconde. Un silence d'un seul coup, toutes les mesures des bus, des voitures, des gens, coordonnées sur ce temps très bref. Un blanc irréel. Et puis. Le bruit de l'explosion s'est mêlé à celui du premier coup de tonnerre. Personne n'a su quoi en penser avant les premiers cris et la fumée."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
claraetlesmotsclaraetlesmots   27 juin 2013
Parce que dans la solitude, il y a toute la place pour se dire "j'ai la trouille". Alors on se colle. On s'agrippe. Surtout ne pas trébucher. Ne pas quitter la meute.
Commenter  J’apprécie          30
Sophie_BazarSophie_Bazar   10 juillet 2013
Je mets des majuscules à tous les mots quand j'écris des textos. Ce serait vraiment bien que tous les mots aient des majuscules. Et agir en conséquence.
Commenter  J’apprécie          00
Sophie_BazarSophie_Bazar   10 juillet 2013
Nous avant nous c'est un peu comme le sable avant que quelqu'un coure dessus.
Commenter  J’apprécie          00
autres livres classés : roman d'anticipationVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr





Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
2745 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre