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Laurent Vannini (Traducteur)
EAN : 9782381961132
320 pages
Monsieur Toussaint Louverture (05/01/2024)
3.88/5   70 notes
Résumé :
À Harlowe, paradis rural du New Hampshire, Mim et John Moore vivent une vie à l’écart, travaillant la terre de leurs ancêtres. Jusqu’au jour où Perly Dunsmore, commissaire-priseur au charme diabolique, s’allie au shérif pour organiser des enchères : il faut renflouer les caisses de la police locale pour protéger la commune de la violence des grandes villes. Les Moore et leurs voisins sont appelés à donner ce qu’ils ont pour la bonne cause, sans soupçonner la sombre ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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Qui aurait pu imaginer qu'une chose aussi terrifiante pouvait arriver dans la ville tranquille de Harlowe, Une population agricole, qui cohabite depuis des décennies, sans anicroches. L'histoire est principalement basé sur la famille Moor , qui subissent ce drame comme tout leur entourage. Un commissaire priseur vient s'installer en ville, et tout change, installant un sentiment de peur. Tout débute par une vente aux enchères en bonne uniforme.Cela va vite se transformer en cauchemars, avec l'aide du sheriff et quelques hommes de Harlow, ce dernier, ce démon va dépouiller au fur et à mesure la population de leurs biens , jusqu'à mettre aux enchères de jeunes enfants, tout cela est abominable. le but de faire fuir la population pour pouvoir créer une ville luxueuse. La famille Moor , malgré d'être dépouillée, victime de cet enfer, décide de se battre et de ne pas quitter la ville, de ne pas abandonner leur maison, et de céder leurs terres. Une tension monte crescendo au fur et à mesure.Un jeu s'installe qui remportera la mise, entre acception, et impuissance, un roman d'une extrême noirceur, où la psychologie des personnages est travaillée en profondeur, existentielle dans ce récit, comme toutes les descriptions. Une histoire qui fait froid dans les dos , qui nous donne la chair de poule. Une véritable empathie pour la famille Moor, une envie de rentrer dans l'histoire, pour les sauver et de ne pas rester impuissant à leur malheur. Peut on imaginer que cela puisse arriver dans la réalité?
Un roman remarquable.
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Joan Samson (1937-1976) est une écrivaine américaine. En 1975, bien qu'elle ne se soit jamais essayée à la fiction, elle se décide à écrire une nouvelle d'une dizaine de pages sur l'arrivée dans un village du New Hampshire d'un étranger venu de la ville. L'idée lui serait venue d'un cauchemar. Ce texte devenu roman paraitra en janvier 1976 et en peu de temps se hisse sur la liste des meilleures ventes. Ce sera son unique roman car Joan Samson meurt à l'âge de 38 ans, d'un cancer du cerveau, quelques semaines après la parution de ce livre qui vient enfin d'être traduit.
Harlowe, une petite ville rurale du New Hampshire non loin de Boston. John Moore et sa famille, Mim son épouse, Hildie leur fillette et Ma, sa mère, vivent heureux et tranquilles du travail de leurs terres. Enfin tout ça c'était avant que n'arrive en ville, Perly Dunsmore, un inconnu, commissaire-priseur de son état, beau parleur doté d'un certain charme. Très vite il organise avec le shérif des enchères publiques pour doter la police locale de moyens supplémentaires afin de lutter contre la violence des grandes villes qui pourrait déborder jusqu'ici, sans avoir à augmenter les impôts locaux. le nombre de policier augmente et les habitants donnent volontiers ce qui encombre leurs caves et greniers pour alimenter les ventes qui attirent des villes alentour de potentiels acheteurs. Chaque semaine les ventes se succèdent, chaque jeudi Perly et le shérif se présentent chez les habitants pour réclamer des objets… réclamer ou réquisitionner ?
Quel roman !
Une intrigue qui débute gentiment, un village tranquille, une collecte de vieux objets et encombrants vendus au profit de la sécurité générale, puis lentement quand les greniers sont vidés, Perly soutire habilement à leurs propriétaires des objets de leur quotidien qui soi-disant ne leur servent pas ou plus. S'exprimant bien, paroles douces, gentillesse apparente envers les enfants ou les personnes âgées, quelques petits billets, un pourcentage modeste sur les ventes de leurs biens, le tout enveloppé dans le désir de sauvegarder les valeurs morales de l'ancien temps… Son pouvoir de persuasion tout en subtilité monte en puissance, les maisons sont vidées, les meubles, le bétail, les tracteurs… Un vaste projet immobilier est envisagé et il a besoin de « dégager » les occupants des terres visées.
Une lecture qui met mal à l'aise le lecteur. On assiste impuissant à la dépossession de leurs biens de braves gens, qui ne s'en rendent pas compte dans un premier temps, puis cèdent par peur : si résister était pire que d'être appauvri ? D'autant que ceux qui bronchent légèrement sont victimes d'accidents. Les Moore rouscaillent dans leur coin mais cèdent leurs affaires, se promettant que c'est la dernière fois, et le jeudi suivant, rebelote !
L'angoisse monte, l'agacement de ne voir aucune réaction, la rage devant l'emprise malfaisante et s'élargissant de Perly, ses partisans qui surveillent tout le monde et John qui semble bien faible. Jusqu'à quand ?
Excellent roman. Une formidable allégorie ou métaphore intemporelle sur la soumission. Chaque lecteur pourra y voir une allusion à des faits récents ou en cours, chez nous ou à l'étranger.
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Perly le sauveur ! Lorsque ce commissaire-priseur débarque à Harlow, bled paumé du New Hampshire, la population considère son arrivée comme un don du ciel. le projet du bonhomme est simple, il souhaite demander aux fermiers du coin de se débarrasser de leurs vieilleries pour les vendre aux enchères. En contrepartie il s'engage à ce que le bénéfice des opérations serve à doter la police locale de nouveaux équipements et de nouveaux adjoints.
Les époux Moore commencent par jouer le jeu avec un certain enthousiasme, trop heureux de vider leur grange et leur grenier poussiéreux pour récupérer quelques billets. Mais une fois leur stock d'encombrants épuisé, le bon samaritain continue à les solliciter. Charismatique, il leur explique qu'une réponse négative de leur part n'est pas envisageable. D'abord poliment, puis en laissant planer des menaces de moins en moins insidieuses. Comprenant qu'ils risquent de perdre jusqu'à leur dernier meuble, voire bien davantage, les Moore n'ont plus que deux solutions : quitter les terres ancestrales de leur famille ou commettre l'irréparable.
Écrit en 1975 par une autrice qui succombera d'un cancer fulgurant à l'âge de 38 ans quelques mois après sa publication, ce roman jusqu'alors inédit en France est considéré par Stephen King comme un chef d'oeuvre de l'épouvante. Rien d'horrifique à proprement parler mais la terreur se veut ici psychologique. Et le mal se cache autant dans le capitalisme sauvage que dans la soumission des gens de peu face aux puissants.
Perly le désintéressé se révèle au final un démon incarné. Un homme mystérieux, charmeur, inspirant une fascinante répulsion. Un homme auquel il est impossible de dire non, qui déclarera pour se dédouaner après avoir répandu la souffrance et le chaos autour de lui : « Tout ce que j'ai fait, vous m'avez laissé le faire. »
Incontestablement un grand roman américain, suffocant huis-clos en pleine nature qui parle de la perte d'identité, de la dépossession et de la résignation des plus faibles face à la loi du plus fort. du moins jusqu'à un certain point.

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Cet extrait nous place au coeur de la famille Moore qui accueille avec curiosité puis appréhension et peur la venue chaque jeudi de Perly Dunsmore. Cette famille qui mêle plusieurs générations témoigne par ses nombreux sentiments, du doute, du malaise provoqué par cet étrange visiteur. Les Moore ne voient pas en quoi vendre quelques objets inutiles ferait mal à qui que ce soit, surtout quand ils peuvent en récupérer de l'argent, un argent toujours nécessaire, un argent qui lie les Moore comme les autres habitants à ce commissaire-priseur. Face à cet homme, la romancière observe la famille Moore se fissurer. La grand-mère, les parents ou la petite fille sont victime, bientôt pris au piège d'un mécanisme de manipulation. Ils perdent leur repère, le sens de leur vie, de leur quotidien. Les Moore sont des personnes comme les autres. Cette banalité du quotidien facilite l'identification.

On voit alors une situation s'installer et très rapidement échapper aux habitants de la petite ville. Ils se rendent qu'ils n'ont plus prise sur rien. Ils se sont débarrassés des objets mais résistent quand il s'agit de leur terre. L'autrice, Joan Samson, maitrise admirablement son récit parce qu'elle reste au coeur de cette famille, de cette maison vidée petite à petit. le commissaire-priseur reste une figure mystérieuse, angoissante dont on sent l'étendue du pouvoir de nuisance. Son arme, la rhétorique. Par ses mots, il séduit, amadoue. le commissaire-priseur est insaisissable et cela fait de lui un méchant incroyable. Il représente à lui tout seul un mouvement capitaliste, dominateur, manipulateur, froid et sans valeurs.

Le roman est énormément basé sur les dialogues. On sent l'impact des mots prononcés sur les personnages. C'est une déflagration qui se met en place. Ce commissaire-priseur m'a fait penser au film le Charlatan interprété par Burt Lancaster, un homme qui embrouille et manipule son auditoire en se dissimulant derrière des valeurs et des peurs. Ici, le point de départ est quand même ce désir de sécurité. On pourrait penser à certaines personnalités politiques d'hier ou d'aujourd'hui. On commence ce livre sans réaliser jusqu'où nous mène Joan Samson. Par la finesse de son écriture et la rigueur de sa narration, la romancière américaine saisit les sujets naissants de son époque. Ce roman est le seul qu'elle ait écrit, étant décédée peu après la publication en 1976. À la lumière d'aujourd'hui, le roman éblouit par sa lucidité. Il captive autant qu'il effraie.
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J'ai la difficile tâche d'ouvrir le bal des critiques ! le petit dernier de Monsieur Toussaint-Louverture pioche dans la littérature américaine un roman sombre. Comme toujours, chaque livre de ces éditions nous ouvre une porte sur un univers propre, une âme singulière.

Ce roman-ci se tient à la croisée du thriller, du roman psychologique et du nature writing. Ce n'est pas forcément ma tasse de thé… que j'ai d'ailleurs un peu bu de travers !

Mais je lui reconnais une très grande qualité : l'efficacité de l'écriture. le style, le ton servent admirablement bien le propos. Ils font autant que l'histoire en elle-même.

L'écriture est froide et précise, très dépouillée à l'image de ce qu'elle raconte et à celle de ses personnages principaux, la famille Moore, qui vivent une existence très simple dans l'Amérique rurale. le roman décrit sans pitié aucune les rouages de la dépossession, du pouvoir des plus forts sur les plus pauvres, et la soumission impuissante de ces derniers.

Le lecteur aussi devient un témoin impuissant.

L'auteur ne perd pas de temps : l'engrenage est rapide et implacable. Dès le début, la menace sourd, la peur devient latente, l'injustice nous fait bondir, tout comme l'horreur de certaines situations, enchères aux enfants ou accidents aussi soudains qu'étranges. Violence, capitalisme sauvage et pouvoir de l'argent, pointe de racisme : une peinture des USA dans ce qu'ils ont de moins reluisant.

Jusqu'aux dernières pages, on se ronge les sangs pour savoir où mènera cette spirale infernale. Car jusqu'où accepter de se vendre ? Mais aussi… jusqu'où suivre un leader charismatique, se renier, fermer les yeux en tant que complice ? le Mal se déguise souvent en Bien. Sans aucun doute, ce roman marque.
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critiques presse (1)
FocusLeVif
27 février 2024
Dans Délivrez-nous du bien , une communauté rurale voit débarquer un sauveur autoproclamé. Les éditions Monsieur Toussaint Louverture publient le premier, et unique, roman de Joan Samson qui signait là, en 1976, une fable dans la plus pure tradition du grand roman américain.
Lire la critique sur le site : FocusLeVif
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Les pendules parties, la vieille demeure des Moore était silencieuse, mais chaque mouvement semblait marquer un pas vers l’inexorable venue du jeudi. La liste habituelle des corvées automnales se dissolvait. Il n’y avait aucune vache à soigner, aucun dollar en trop pour acheter de la peinture, aucun outil pour couper du bois ou réparer des meubles. Même les innombrables babioles à dépoussiérer et à briquer avaient été emportées. Maintenant que le poste de télévision n’était plus là, les Moore maintenaient l’électricité coupée pour économiser de l’argent. Leurs routines prirent un rythme primaire qui aurait rapidement pu paraître commode, s’il n’avait pas été entièrement bouleversé par chaque visite du jeudi.
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Le feu s'élevait en un cône parfait comme suspendu à la fine volute de fumée qui montait en ligne droite vers le vaste ciel printanier. Mim et John tiraient du bois mort d'un tas près du mur de pierre et le jetaient dans les flammes, se reculant rapidement tandis que les feuilles sèches s'embrasaient dans un sifflement.
Hildie, quatre ans, entendit le camion arriver avant même que leur vieux chien de berger ne dresse l'oreille. Elle trottina vers le bord du chemin et attendit fébrilement. C'était le pick-up de Gore. Il roulait à vive allure et s'enlisait profondément dans la boue en la faisant gicler de part et d'autre. John et Mim convergèrent derrière l'enfant, chacun passant en revue ce qui pouvait clocher pour que le shérif vienne jusqu'à la dernière ferme du bout de la route. (page 9)
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Il y avait la cadence discrète des horloges tictaquant les unes contre les autres - l’horloge coucou, l’horloge huit jours avec son ancolie peinte sur le verre, et l’horloge de parquet dans l’entrée. Les différents carillons et le gazouillis du coucou n’étaient plus synchronisés, et la maison était remplie de tic-tac aléatoires que les Moore entendaient à peine, un contrepoint au chant des oiseaux qui filtrait du dehors.
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- Mim, écoute-moi, dit-il en l’attirant sous les couvertures. Les choses sont ce qu’elles sont. Mais ils ne peuvent pas te prendre la chair de ta chair. Et ils ne peuvent pas prendre la terre, parce qu’on est dessus. – Des mots, John. Ca, ça ne les arrête pas. Qu’est-ce qu’ils ont fait tout cet été et cet automne ? – C’est encore l’Amérique. Ils peuvent pas. Il y a des limites. – Réfléchis. Toute la terre sous les grandes villes, c’étaient des fermes avant. Et d’une façon, je ne sais pas comment, ils ont fait partir les fermiers.
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Je dis qu'on a compris foutrement trop bien depuis foutrement trop longtemps et qu'on est restés foutrement trop silencieux !
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