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EAN : 9782707347329
176 pages
Éditeur : Editions de Minuit (02/09/2021)
3.99/5   71 notes
Résumé :
Quand il n’est pas sur un ring à boxer, Max Le Corre est chauffeur pour le maire de la ville. Il est surtout le père de Laura qui, du haut de ses vingt ans, a décidé de revenir vivre avec lui. Alors Max se dit que ce serait une bonne idée si le maire pouvait l’aider à trouver un logement.
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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Bookycooky
  09 septembre 2021
Le sujet est banal. Max le Corre, boxeur ex-star des rings, y retourne à quarante ans. Au creux de la vague le maire de la ville , Quentin le Bars , quarante huit-ans, en a fait son chauffeur. Sa fille Laura, vingt ans , étudiante, est revenu vivre avec lui. Elle a besoin d'un logement et d'un emploi . Il l'envoie chez son patron.....
Chez Viel en faites seulement l'apparence est banal. Déjà le titre que je trouve très ironique, couplé d'une séance de plainte chez les flics qui coupe le texte sporadiquement annonce qu'il y a problème 😁!
A travers le prisme des liens Père-Fille et les relations d'emprise et de pouvoir, comme dans son excellent précédent roman “Article 353 du code pénal “ Viel met en scène des rapports de force. Nourrie de sujets actuels comme magouilles politiques,
ou abus sexuels, une intrigue peuplée de personnages ambivalents , où l'intelligence couplée d'impuissance, la force physique de fragilité mentale, le pouvoir d'absence de morale, sont exprimés en majorité à travers la description physique et moteur des corps. Des corps dont les personnages ont la difficulté d'en être souverain.
La prose de Tanguy Viel est géniale . Dense et cinématographique , d'une musicalité hypnotique, bravant une économie de mots visuels, un exercice de style simple mais efficace. Sans s'acharner il réalise naturellement des récits courts , précis et profond, avec des propositions littéraires très variées. le résultat est une atmosphère, et un plaisir de lecture très particuliers. Ici par exemple les deux visages du pouvoir dans la ville, Bellec, patron du Casino de la ville, le mafiosi du coin, super pote du maire est simplement esquissé par un costume blanc, qui en dit long, alors que celui de l'autre avec un simple « l'air propret et sérieux dans ses costumes cintrés sur l'embonpoint qui gagnait ». Un seul mot « par ailleurs... » prononcé par le maire, définit leur lien désormais impossible à démêler et la métaphore qui en suit est simplement superbe, que je vous laisse le plaisir de le découvrir avec sa suite....
“La vraie vie d'un livre, c'est sa vie sociale”, dit Tanguy Viel, j'espère que ce livre en aura une très riche, celle qu'il mérite.
« ....même le diable n'a pas toujours un costume rouge ni des flammes dans les yeux. »
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Litteraflure
  13 septembre 2021
De la grande littérature.
Il y a un fil rouge dans l'oeuvre de Tanguy Viel : l'injustice, et plus précisément l'injustice sociale. Dans le monde de l'écrivain, les puissants abusent de leur situation dominante et le bas peuple n'a qu'à bien se tenir. Chaque être humain traîne son lot de turpitudes. Parfois, il faut rendre des comptes mais il semble qu'à ce jeu, les puissants bénéficient de l'immunité.
Tanguy Viel est passé maître dans la description des engrenages qui annoncent les catastrophes, dans l'observation des petits marchandages qui scellent les grandes compromissions. Son écriture, alerte et sans concession, parvient à souligner les occurrences (p32), à mesurer le poids d'une distance ou d'un silence (p37), à percevoir l'indicible courant des forces en présence (p55), à pointer la puissance symbolique d'une image (p62) ou à magnifier la scénographie d'un drame (p106).
Laura est une fille légère. Max, son père, boxe dans la catégorie mi-lourd.
Laura s'arrange comme elle peut, jusqu'à côtoyer d'un peu trop près le maire de la ville, Le Bars. « Mais emprise, elle a dit, ce n'est pas un délit ? » Éclate alors le malentendu pour les uns, le scandale pour les autres, que cette citation résume : « (…) Qu'en même temps qu'on le traiterait sans doute, lui, Le Bars, de salopard, on ne pourrait s'empêcher de la traiter, elle, de pute et qu'en le disant chacun ferait pencher la balance du côté des forces de la nature, c'est-à-dire du fardeau du désir des hommes impossibles à rassasier, et la mesquinerie des femmes à en profiter ».
Ce roman est si bon qu'on en regrette la disparition d'un Tavernier ou d'un Chabrol. Ils en auraient fait un grand film.
Je souhaite à Tanguy Viel plus de réussite dans la course aux prix que Laurent Mauvignier, l'année dernière. Il est temps que les auteurs de Minuit soient récompensés à leur juste valeur
Bilan : 🌹🌹🌹
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montmartin
  13 septembre 2021
C'est comme une vague qui l'a soulevée et l'a déposée devant le perron du commissariat. Deux flics interrogent Laura qui vient de déposer plainte pour viol, proxénétisme et abus de faiblesse.
À 16 ans, on était venue la chercher à la sortie du lycée pour faire des photos de mode, et bientôt son corps en sous-vêtements était visible sur toutes les affiches sur les murs des villes. de retour dans sa ville où Max son père est le chauffeur du maire Quentin le Bars, alors Max pense que peut-être Le Bars pourrait appuyer la demande de logement de sa fille. Laura va tomber sous l'emprise de cet homme et c'est cette histoire qu'elle vient raconter aux policiers.
Un roman noir, social et psychologique, une réflexion sur le pouvoir, l'influence et le consentement, dans une petite ville bretonne où l'on s'arrange avec la morale. Comme toujours l'écriture de Tanguy Viel est simple mais efficace, très cinématographique, le lecteur a l'impression d'être derrière une caméra. Deux portraits dominent ce roman, celui de Laure bien sûr, une jeune femme fragile et celui de Max son père, ancienne gloire de la boxe, entièrement soumis à son employeur. L'auteur restitue les faits, démontre l'ambiguïté de la situation, sans mots inutiles avec détachement et réalisme. Tanguy Viel nous assène une fin inattendue comme un dernier coup de poing et le lecteur reste KO debout.
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lucia-lilas
  13 septembre 2021
Bon, et moi qui passe mon temps à râler parce que la plupart des textes, il faut bien le dire, ne sont pas « écrits », dans le sens où il n'y a plus vraiment de travail sur la forme (ah, le style!)... Ils sont lisibles, certes, mais ça s'arrête là. Donc, je beugle, m'époumone, vitupère, peste, grogne, geins et larmoie (allez, arrête, n'en fais pas trop quand même!) Mais ici, que nenni, nul besoin de se mettre dans tous ses états : une écriture, il y en a une (qu'on aime ou qu'on n'aime pas) mais elle est bien là. Je trouve d'ailleurs qu'il y a du Proust là-dedans, dans le côté « débordant » avec des phrases « grandes marées » et des vagues qui ratissent large, des mots qu'on ne contient plus et dont on devine la tempête, pleine de furie, qu'ils renferment… Une langue impétueuse donc, rageuse, frénétique, nerveuse, violente même. Bref, une langue qui est là, puissante, intense et qui creuse, fouille, pénètre, va au fond des êtres, jusque dans leur silence, au coeur de leurs blessures. Et il faut bien le dire, Tanguy Viel, avec cette langue-là, pourrait bien nous parler de n'importe quoi, qu'on marcherait, qu'on courrait même, emporté par sa prose.
Et pourtant.
Pourtant, (comme diraient mes gosses « tu pinailles tout le temps »), oui pourtant, j'ai eu l'impression malaisante (ils disent ça les kids) de relire un texte que j'avais déjà lu (une sorte d' « Article 353 du code pénal » bis) avec, dans le fond, les mêmes thématiques ( en vrac -et à la façon liste de courses-  : revanche sociale ; emprise ; puissants vs petits ; coupables vs victimes), la même forme (une audition), avec des personnages méchants (les dominants) et des gentils (les dominés) (tous assez caricaturaux d'ailleurs…) (oh, le boxeur, un peu gros, non ? -pas lui, hein, le procédé… ), une histoire platounette à la Simenon (dont on devine l'issue dès le début d'ailleurs…)
C'est juste dommage. J'aurais préféré qu'il aborde un sujet nouveau… Avec l'écriture qu'il a, il peut tout se permettre !
Qu'il en profite donc, tonnerre de Brest!
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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tynn
  12 septembre 2021
Max, ancien boxeur, veut donner un coup de pouce à sa fille en sollicitant le maire dont il est le chauffeur.
Laura, pour un toit et un petit boulot, tombe dans le piège d'instants intimes pour service rendu, incapable d'affronter la pression sournoisement imposée par l'homme. Pas de véritable harcèlement mais une acceptation qui peu a peu s'enlise et se soumet.
Un scenario tristement banal et condamnable dans un contexte actuel où la parole se libère.
J'ai aimé la fiction, même si je l'ai trouvée parfois caricaturale dans la construction des personnages. Néanmoins l'ensemble fonctionne, et la trame narrative est originale.

La raison du peu d'étoiles est ailleurs : avec ses longues phrases qui n'en finissent pas au point d'être parfois difficilement compréhensibles, Tanguy Viel écrit de façon alambiquée, maltraitant la lectrice que je suis qui aime tant les plumes fluides. L'agacement a eu raison de cette lecture et les pages ont été sautées allègrement, en dépit d'un argument attractif sur l'emprise sexuelle, l'abus de pouvoir et la prédation masculine.
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critiques presse (3)
LaLibreBelgique   06 septembre 2021
Dans un magnifique roman, Tanguy Viel analyse l’emprise sexuelle des puissants sur leurs victimes.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   03 septembre 2021
Plus virtuose que jamais, l’écrivain démonte les mécanismes de la domination masculine et de l’emprise sociale dans une petite ville bretonne. Brillant.
Lire la critique sur le site : Telerama
LesInrocks   01 septembre 2021
Dans son dernier roman, Tanguy Viel explore les questions d’emprise dans un texte virtuose, tendu comme un polar.
Lire la critique sur le site : LesInrocks
Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
montmartinmontmartin   10 septembre 2021
Vous savez pourquoi la deuxième fois est pire que la première ? Eh bien parce que dans cette fois-là, dans cette deuxième fois, il y a toutes les suivantes. 
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studekstudek   11 septembre 2021
Et en un sens il avait raison, qu'en mème temps qu'on le traiterait sans doute, lui, Le Bars, de salopard, on ne pourrait s'empêcher de la traiter, elle, de pute, et qu'en le disant chacun ferait pencher la balance du côté des forces de la nature, c’est-à-dire le fardeau du désir des hommes impossibles à rassasier, et la mesquinerie des femmes à en profiter.
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montmartinmontmartin   09 septembre 2021
Le Bars n’avait fait que rappeler ce qu’ils étaient l’un pour l’autre : deux araignées dont les toiles se seraient emmêlées il y a si longtemps qu’elles ne pouvaient plus distinguer de quelle glande salivaire était tissé le fil qui les tenait ensemble.
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montmartinmontmartin   09 septembre 2021
 Non, rien du tout, a-t-elle dit encore aux policiers, dans un monde normal on n’aurait jamais dû se rencontrer.
Un monde normal… mais qu’est-ce que vous appelez un monde normal ? ils ont demandé.
Je ne sais pas… Un monde où chacun reste à sa place. 
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LadyDoubleHLadyDoubleH   07 septembre 2021
C’est maintenant ou jamais, a répondu Max, le temps ne joue pas pour moi. En quoi il avait raison, que la boxe à son âge, du moins la sensation qu’il en avait, c’était comme patiner sur un lac gelé à la toute fin de l’hiver, et malgré la victoire il n’était pas dupe de la fine pellicule de glace sur laquelle il continuait d’évoluer, ne craignant pas d’y effectuer encore les figures les plus délicates, mais attendant résigné qu’un jour la glace se fendille d’un coup et qu’il se noie dans l’eau trop froide.
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Vidéo de Tanguy Viel
Tanguy Viel "La fille qu'on appelle", éditions de Minuit, interviewé par Simon Gémon de la librairie Atout Livre. Rentrée littéraire 2021 librest.com / lalibrairie.com
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