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ISBN : 2840968096
Éditeur : Parigramme (26/02/2015)

Note moyenne : 3.41/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Paris, 1925. Rose, jeune provinciale, monte à la capitale pour y devenir « demoiselle du téléphone » au central Gutenberg de la rue du Louvre. Elle y sympathise avec Sidonie, laquelle l'entraîne dans le tourbillon du Montparnasse des Années folles. Les deux amies fréquentent les artistes et les écrivains - Foujita, Kisling, Tzara, Pascin, Fitzgerald, Hemingway... - une société brillante, bohème et fantasque qui ne perd pas une occasion de s'étourdir au bal Nègre, au... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
InstinctPolaire
  22 novembre 2015
" Paris est une fête ".
Probablement qu'Ernest Hemingway savait de quoi il parlait quand il a écrit ce titre. Étourdi dans les excès des Années Folles, dans la " Ville-Lumière ". La ville où comme on dit " l'amerloque a eut l'béguin pour la belle Rose ". Rose de Paris.
Rose est une jolie bretonne qui monte à Paris avec une place : Demoiselle du téléphone. Elle se lie d'amitié avec Sidonie qui lui propose de partager son appartement. Son appartement et ses soirées endiablées. Entre la Closerie de Lilas et la Revue Nègre, au Boeuf, celui qui est sur le toit...
Rose et Sidonie mènent alors une double-vie. le jour, comme standardistes, entre salaire de misère et infortunes des collègues qui doivent s'en remettre parfois à des faiseuses d'ange. Et la nuit au bras d'Hemingway, de Fitzgerald, de Soutine ou Man Ray...
Et puis, il y a Victor, petit boxeur, petit voyou condamné à servir d'indic à la police. Alors que la coco se répand dans ce Paris des Années vingt. Et dans les narines de Sidonie.
" Paris est une fête ".
Paris, vile de contrastes saisissants. Où les voitures remplacent les carrioles. Où les troupeaux traversent encore les rues pour aller mourir aux Halles. Où les artistes dépensent chaque soir le salaire mensuel des demoiselles du téléphone. Où l'on rit au éclats, où l'on pleure à chaudes larmes. Où on se bat pour une femme et se réconcilie autour d'un verre.
Le dessin tout en nuance de gris d'Eric Puech appuie cette impression de profusion, d'agitation, de frénésie. Passant de la vie rêvée des iconoclastes aux rudes réalités des petites gens. Schlesser et Puech démontrent que le Paris d'alors était un tourbillon festif...
Et qu'Elle l'est restée.... Malgré tout...
" Paris est une fête ".
Hemingway en a fait un livre d'une criante actualité.
Et c'est un verre dans une main et un cigare dans l'autre qu'il m'accueille chaque fois que j'ouvre " Rose de Paris ".
Une dédicace d'Eric Puech faite bien des mois avant un certain vendredi 13...
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afleurdemots
  11 mars 2015
Période d'insouciance, d'audace et d'allégresse, les années folles s'apparentent à une parenthèse enchantée d'une dizaine d'années durant l'entre-deux-guerres. Débutant en 1920 comme une réaction à la folie meurtrière de la première guerre mondiale, cet intermède prit fin en 1929 avec le début de la Grande Dépression. C'est dans cette ambiance grisante qu'Eric Puech et Gilles Schlesser ont choisi de planter le décor de « Rose de Paris », fruit de leur première collaboration. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le résultat est à couper le souffle, aussi spectaculaire et époustouflant que l'époque qu'il décrit ! On ne peut en effet que s'émerveiller devant la prouesse réalisée par les deux auteurs qui signent là une oeuvre de toute beauté et un portrait saisissant de cette génération des Années Folles, avide de distractions et de plaisirs.
Paris est alors le témoin d'une ébullition artistique sans précédent. La créativité est à son apogée et on assiste à un vaste métissage artistique dans la capitale. Peintres, écrivains, musiciens de tous horizons ont élu domicile dans le quartier de Montparnasse, devenu le centre névralgique de cette vie artistique. Tous se retrouvent désormais à La Coupole, au Dôme ou à La Closerie des Lilas. La Rive gauche devient bientôt le symbole de la société des arts et lettres parisienne. Henry Miller ira même jusqu'à rebaptiser le triangle Vavin-Raspail-Montparnasse « le nombril du monde ». Ville cosmopolite, Paris accueille des gens de tous horizons dont de nombreux américains désireux de fuir la prohibition et apportant le jazz dans leurs bagages.
A travers les destins croisés de nombreux personnages, Gilles Schlesser et Eric Puech parviennent ainsi à brosser un portrait saisissant et relativement complet d'une époque fascinante et étourdissante. On se régale de cette ballade à travers le temps et les rues de la capitale. A la terrasse d'un café, on croise les personnalités les plus emblématiques de l'entre deux guerre, avant de s'enivrer dans les cabarets de cocktails et de jazz.
Rien n'est à jeter dans ce roman graphique tentaculaire, déclinant une intrigue aussi soignée qu'étoffée, qui englobe à la fois les questions sociétales et morales de l'entre-deux-guerres. Fourmillant de références relatives au contexte social, politique et culturel de l'époque, chaque case bénéficie d'un véritable soin et se révèle riche de sens, attestant d'un travail de recherche aussi considérable que méticuleux. Si certains reprocheront à ce roman graphique son côté « fourre-tout » découlant de son ambition à vouloir aborder un grand nombre de thématiques, c'est justement ce souci de restituer au plus juste le foisonnement d'une époque caractérisée par ses excès, et cette volonté de tendre à l'exhaustivité qui font toute la plus-value de cet ouvrage.
Afin d'atteindre leur objectif, les auteurs s'appuient sur une galerie de personnages éclectiques, où se mêlent de grands noms aujourd'hui entrés dans l'Histoire avec ceux de personnages fictifs mais dont les trajectoires s'avèrent néanmoins révélatrices du climat de l'époque. Coupe courte, cigarette rougeoyant au bout des doigts, ne craignant pas de briser les tabous, Sidonie incarne ainsi l'archétype de la garçonne. La jeune femme, qui se revendique indépendante et moralement libre, pose nue, se déhanche sur des airs de charleston, fume, fait la fête, et enchaîne les lignes de coco. Clamant haut et fort son rejet virulent du patriarcat de la société et refusant toute forme d'asservissement, la jolie rebelle se laissera pourtant dévorer par sa passion pour Kisling et la drogue.
Et puis il y a toutes les autres : Claudine, mère de deux enfants, qui tente désespérément de joindre les deux bouts, ou encore Madeleine et Louise, féministes engagées… A travers leurs histoires, émerge une autre facette, beaucoup plus sombre et désenchantée de cette époque. On découvre ainsi les conditions de travail harassantes de celles que l'on surnommait « les demoiselles du téléphone » ainsi que le caractère aliénant de la tâche. Afin d'accroître la productivité, des concours d'efficacité mettant en compétition les employées sont régulièrement organisés. Au sein de cette fourmilière, la colère gronde et l'insurrection guette. Car après être sorties de leur foyer pour prêter main forte à l'effort national durant la guerre, les femmes aspirent à s'émanciper, revendiquant les mêmes droits que les hommes. Elles luttent pour obtenir l'égalité des salaires, veulent être libres de disposer de leurs corps, abandonnent le corset et coupent leurs cheveux. Pour défendre leurs idéaux d'une société plus juste et égalitaire, elles sont prêtes à tout et n'ont peur de rien.
Si l'on retrouve donc bien certains stéréotypes de l'époque (à l'instar de l'héroïne, parangon de vertu, Sidonie, l'archétype de la garçonne ou encore la figure de la féministe activiste), les auteurs parviennent à étoffer suffisamment leurs personnalités pour en faire des personnages aboutis, surpassant les clichés car bien plus complexes qu'ils n'y paraissent. A leurs côtés, on vibre, on s'émerveille et on pleure parfois aussi, partageant leurs doutes et leurs déboires, leurs instants d'euphorie et leurs désillusions.
En parallèle de cette remarquable fresque sociale qui explore brillamment la condition féminine et salariale de cette époque, le lecteur assiste, papillons au ventre, à la naissance de la tendre idylle entre Victor et Rose. Mais bien que le récit accorde une place importante à cette note romantique, cela n'est jamais au détriment des autres aspects de l'intrigue. Au contraire, réaliste et évitant tout excès de mièvrerie, cette romance tour à tour intense et turbulente, apporte une douceur bienvenue tout en s'intégrant parfaitement à la narration.
S'appuyant ainsi sur un scénario solide et parfaitement maîtrisé, les auteurs parviennent à dégager des enjeux suffisamment pertinents et accrocheurs pour maintenir intact l'intérêt du lecteur. L'intrigue policière qui se dessine peu à peu autour du personnage de Victor se révèle ainsi palpitante et absolument passionnante à suivre, jusqu'au dénouement final, remarquablement orchestré. Intelligente et bien ficelée, cette enquête sur fond de trafic de drogue s'inscrit en outre avec brio dans les problématiques d'une époque où la cocaïne s'imposait alors comme le stimulant vedette d'un Paris mondain gangréné par la drogue. Narrativement et graphiquement irréprochable, « Rose de Paris » déploie ainsi une intrigue particulièrement soignée et d'une redoutable efficacité qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière page et parvient à éviter tous les écueils du genre.
* * *
Mêlant réalisme social, suspense policier et romance, Gilles Schlesser et Eric Puech signent une oeuvre épatante, qui entrelace les registres et les histoires de vie avec une rare maîtrise. Remarquablement documenté, fourmillant de références et incroyablement immersif, ce roman graphique tentaculaire, loin de se cantonner à un simple récit d'atmosphère, s'apparente ainsi davantage à un portrait méticuleux et relativement exhaustif d'une époque bouillonnante et sulfureuse, saisie à travers les trajectoires éloquentes d'une galerie de personnages fouillés et attachants.
Le trait dynamique et réaliste d'Eric Puech se révèle particulièrement immersif et porte avec brio les intentions de l'album. On se régale de cette ballade à travers le temps et les rues de la capitale et on s'émerveille de voir surgir au détour de chaque page des figures emblématiques de cette époque, telles que Fitzgerald, Hemingway ou encore Josephine Baker…
Nourri des hésitations morales de ses personnages, porté par de nombreux rebondissements, « Rose de Paris » déroule en outre une intrigue intelligente et captivante, qui s'inscrit habilement dans les problématiques de son temps.
On ne peut que s'émerveiller devant la prouesse réalisée par les deux auteurs qui signent là une oeuvre de toute beauté et un portrait virtuose de cette génération des Années Folles, avide de distractions et de plaisirs. Une collaboration particulièrement concluante que l'on espère bien voir se réitérer !
Lien : https://lectriceafleurdemots..
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Hiromichi
  04 avril 2015
Rose est une jeune femme de la campagne montée à Paris pour y travailler comme standardiste. Une grande ville comme Paris, elle ne connaît pas trop, entraînée par Sidonie, une collègue et amie, elle découvre le monde de la nuit. Entre danse, alcool, et flirt, la vie est bien légère, jusqu'à ce qu'elle tombe sur Victor, même si un certain Hemingway lui fait la cour.
De son côté, Victor est un homme qui échappe de peu à la police. Il infiltre un circuit faisant tourner de la drogue, et doit essayer de déterminer d'où part la drogue et son cheminement s'il ne veut pas se retrouver en prison.
En parallèle nous suivons l'éternel combat des femmes afin d'être considérées à l'égal des hommes. On y observe avec intérêt les avis de l'époque, les arguments et la manière de faire. Femmes exploitées mais également insultées. "Elles volent le travail des hommes" peut-on entendre... Et le parallèle avec la situation actuelle concernant par exemple les salaires est frappant ; les faits n'ont que peu évolué depuis 1925.
Cette bande dessinée est plutôt intéressante, elle nous fait voir avec un oeil neuf le Paris des années folles. On ressent ce tourbillon, cette vie où personne ne se pose. Les relations évoluent, les filles jouent, la "coco" est presque banalisée.
On regrettera cependant un style de dessins donnant un effet brouillon, chargé. Les actions ne sont pas toujours claires comme le fait que certains personnages sont assez semblables donc il faut un peu de temps pour les replacer correctement.
C'est une histoire intéressante qui finit par nous surprendre un peu vers la fin. Tout s'accélère, les évènements se confrontent et se gênent. Mais ça nous offre une conclusion optimiste et pleine d'espoir.
Lien : http://onirik.net/Rose-de-Pa..
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JulieDionaea
  14 décembre 2015
Un très joli roman graphique sur le Paris des Années Folles. L'émancipation des femmes ainsi que l'ébullition littéraire et artistique de l'époque en sont les thématiques principales et sont évoquées à travers l'histoire de Rose, une jeune femme originaire de Bretagne qui arrive à Paris pour être demoiselle du téléphone.
J'ai aimé l'histoire racontée par les auteurs, par contre, les dessins ne m'ont pas vraiment convenu et m'ont parfois un peu perdu.
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Olibabe
  04 avril 2017
Une jolie bande dessinée qui narre l'histoire de Rose, une jeune bretonne qui débarque à Paris en plein coeur des années folles. Elle va y croiser Hemingway, Fitzgerald, Kisling… mais aussi la pègre, la misère, et peut-être même l'amour… Moi qui ne suis pas une grande amatrice de bande dessinée, j'ai passé un moment agréable.
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Les critiques presse (4)
BoDoi   07 avril 2015
Plongée romanesque et quasi touristique dans la Ville Lumière de l’époque, Rose de Paris possède un certain charme et ne souffre d’aucune baisse de rythme.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDGest   10 mars 2015
Ayant pour vocation de faire connaître et aimer leur cité, les éditions Parigramme réussissent un bel essai en offrant un panorama complet du Paris des années vingt.
Lire la critique sur le site : BDGest
Sceneario   04 mars 2015
Un roman graphique sur les années folles superbement orchestré, à porter au crédit de deux artistes qui ont su plonger leur lectorat dans une équipée contemporaine mixant intelligemment rêves et désillusions.
Lire la critique sur le site : Sceneario
Auracan   26 février 2015
Cet album allie romance et polar. C'est un peu convenu, mais attendrissant. Les personnages sont joliment campés à la manière des dessinateurs des tribunaux avec des traits particulièrement expressifs. Eric Puech réalise vraiment l'un de ses plus beaux ouvrages. Malgré quelques transitions parfois abruptes, la lecture est agréable et envoûtante jusqu'à la dernière planche.
Lire la critique sur le site : Auracan
Citations & extraits (1) Ajouter une citation
LadydedeLadydede   08 février 2016
- C'est qui Cocteau ?
- C'est un mec qui a l'égo si vaste qu'il prend la raie de son cul pour le méridien de Greenwich !
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