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Marc Saporta (Traducteur)
ISBN : 2070364658
Éditeur : Gallimard (26/10/1973)

Note moyenne : 3.55/5 (sur 846 notes)
Résumé :
« Miss Stein et moi étions encore bons amis lorsqu'elle fit sa remarque sur la génération perdue. Elle avait eu des ennuis avec l'allumage de la vieille Ford T qu'elle conduisait, et le jeune homme qui travaillait au garage et s'occupait de sa voiture - un conscrit de 1918 - n'avait pas pu faire le nécessaire, ou n'avait pas voulu réparer en priorité la Ford de Miss Stein. De toute façon, il n'avait pas été sérieux et le patron l'avait sévèrement réprimandé après qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (138) Voir plus Ajouter une critique
Piatka
  29 avril 2014
Un tourbillon joyeux et mélancolique de souvenirs dans le Paris des années 20, où malgré la pauvreté, le jeune Hemingway et sa première épouse ont été follement amoureux et heureux de vivre.
L'écrivain commença à rédiger ses " vignettes parisiennes " ( titre original de l'ouvrage ) pendant l'été 1957, mais l'introduction nous apprend que le livre, maintes fois remanié par les éditeurs, ne parut qu'en 1964, trois ans après le suicide de l'écrivain. Fort heureusement, le texte est maintenant réédité dans sa version d'origine, introduit par Sean Hemingway, son petit-fils.
Chaque " vignette parisienne ", fragment de vie, est un peu comme une coupe de champagne - avec plus ou moins de bulles, plus ou moins fraîche, issue d'un grand cru millésimé ou d'un simple assemblage - toujours élaborée avec précision, sans artifice ou effet littéraire. Un champagne peut-être un peu sec parfois, une écriture un peu trop épurée à mon goût par moments.
Largement autobiographique comme le dit lui-même Hemingway en introduction :
" Cet ouvrage contient des matériaux tirés des remises de ma mémoire et de mon coeur. Même si l'on a trafiqué la première, et si le second n'est plus. "
C'est en cela que l'oeuvre prend toute sa valeur et a suscité mon intérêt. On ne croise pas tous les jours Gertrude Stein, Scott Fitzgerald, Ezra Pound, James Joyce... que l'auteur ressuscite pour son lecteur de façon très vivante avec des anecdotes souvent savoureuses.
Hemingway nous livre ici par touches des éléments de sa méthode de travail en cours d'élaboration, et ça, c'est aussi tout à fait passionnant.
Ode à l'amour, l'amitié, l'inspiration artistique, le talent sans oublier une vue panoramique somptueuse sur Paris !
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Marple
  07 décembre 2014
Paris est une fête, là-dessus je suis bien d'accord avec Hemingway... Pourtant, cette lecture n'a pas été la fête brillante et fascinante que j'espérais.
Le titre de travail qu'Hemingway avait donné à ce livre était 'Vignettes parisiennes', et c'est exactement de cela qu'il s'agit : une succession de morceaux de bravoure sur le Paris des années 20, celui qu'il a connu lorsqu'il y vivait avec sa première femme Hadley. Celui d'Ezra Pound, de la librairie de Sylvia Beach, des courses, des troquets, de la Closerie des Lilas, de Scott Fitzgerald, de Gertrude Stein, des jours de faim et des petits secrets d'amoureux qu'il partage avec Hadley.
Nul doute qu'Hemingway ait un talent fou pour faire revivre ses années folles et insouciantes ou pour décrire ses amis artistes, qu'ils soient fous, répugnants ou simplement gentils. Nul doute non plus que les passionnés de Paris se réjouiront de suivre ses itinéraires place de la Contrescarpe ou le long de la Seine. Nul doute enfin qu'Hemingway ait soigneusement travaillé ce texte, comme le montrent les fragments écrits et réécrits, rassemblés en fin d'ouvrage.
Cela dit, il s'agit d'une collection d'instantanés. Des instantanés certes justes et admirables, mais pas toujours liés entre eux et souvent un peu froids. J'ai parfois regretté de ne pas avoir l'histoire et les émotions, celles de sa vie avec Hadley et leur petit Bumby. Disons que j'avais bien aimé 'Madame Hemingway', le récit de cette période vue par les yeux d'Hadley, et que j'attendais d'en avoir le pendant masculin et plus littéraire. Hemingway a choisi de faire autre chose... Tant pis et tant mieux.
Challenge Nobel 14/15.
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Aela
  29 juin 2012
Paris est une fête, est un hymne à la vie, à l'amitié, à la création et un magnifique hommage rendu à Paris.
Le dernier film de Woody Allen « Midnight in Paris » m'avait amenée à relire cet excellent auteur qu'est Ernest Hemingway. Ici il s'agit d'une oeuvre mineure, mais qui laisse éclater tout le talent de son auteur.
Ici il évoque son premier séjour à Paris dans les années 20, en compagnie de sa première femme Hadley.
Un séjour difficile financièrement, pauvre en revenus mais ô combien riche en joie de vivre, en découvertes, en amitié.
Nous voyageons à travers le temps pour découvrir la vie nocturne dans le Paris des « années folles », les causeries à la Closerie des Lilas, la trépidante Gertrude Stein et son cercle brillant, des écrivains connus comme Ezra Pound, James Joyce et Scott Fitzgerald, moins connus comme le poète irlandais Ernest Walsh.
Son amitié avec Scott Fitzgerald est une amitié rare qui mêle envie, admiration et franchise.
Les personnages féminins ne sont pas laissés de côté et le portrait de Gertrude Stein et de Zelda Fitzgerald sont particulièrement vivants et attachants. Deux dames au caractère bien trempé, issues de milieux très différents, sudiste pour Zelda, juif new-yorkais pour Gertrude Stein.
Un livre divertissant qui nous fait voyager à travers le temps en bonne, en très bonne compagnie.
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isabelleisapure
  15 mars 2016
Dans les années 20 lorsqu'Hemingway arrive dans la capitale accompagné de Hadley, sa jeune épouse, il n'était pas nécessaire d'être très argenté, pour faire de chaque instant un moment unique.
Que ce soit en déambulant le long de la Seine à la rencontre des bouquinistes ou dans les bistrots de Montmartre, l'auteur nous invite à la découverte de ce Paris bon marché, bruissant de fêtes où il était facile de rencontrer les célébrités pour peu que l'on ait un peu de bagou et beaucoup d'audace.
Il fait son apprentissage d'écrivain en côtoyant d'autres Américains expatriés comme lui : Francis Scott Fitzgerald, Gertrude Stein, Ezra Pound, ainsi que l'Irlandais James Joyce.
Ma connaissance de l'auteur se limitant à « Pour qui sonne le glas » et « le Vieil homme et la mer », j'ai pris beaucoup de plaisir à la découverte de ce texte plein de nostalgie, présenté comme des instants de vie.
J'ai essayé en lisant ce livre de faire abstraction de la résonance particulière qu'il a pris après les terribles évènements du 13 novembre.

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Myriam3
  29 novembre 2016
Hemingway relate dans ce livre autobiographique ses années de vaches maigres avant d'être reconnu comme le grand écrivain qu'il est.
Le voici donc, avec sa toute jeune femme Hadley puis un peu plus tard leur fils Bumby dans le Paris des années 20, misant aux courses hippiques dans l'espoir de se faire un peu d'argent, passant les vacances d'hiver en Autriche en tant que pionniers du ski touristique.
Tout jeune écrivain, il découvre petit-à-petit son style - l'épuration des adjectifs étant une règle absolue - dans les cafés où lui et confrères s'installent pour travailler. Il n'est pas seul: il y fréquente la grande et susceptible Gertrude Stein, aperçoit de temps en temps James Joyce en famille déjeunant chez Michaud, rencontre Cendrars à la Closerie des Lilas, devient l'ami d'Ezra Pound, entend parler de Picasso, et se souvient, enfin, de drôles d'aventures avec Scott Fitzgerald. C'est d'ailleurs l'un des passages les plus savoureux du livre, bien qu'il n'y soit pas vraiment tendre avec l'auteur à succès de Gatsby le Magnifique!
Il y apparaît comme souffreteux, hypocondriaque, faible, lunatique et manipulé par sa femme Zelda, mais ce passage du livre vaut le détour!
Les chapitres sont assez inégaux dans leur intérêt et plus ou moins bien rédigés... si j'ai moins aimé les passages de sa vie à Paris du temps du bonheur, j'ai apprécié ceux en autriche, et surtout les derniers fragments contradictoires de ses tentatives.
Intéressant, c'est vrai, mais plutôt anecdotique.
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critiques presse (3)
Lexpress   27 juillet 2011
Mieux qu'une simple réédition, Paris est une fête d'Ernest Hemingway paraît aujourd'hui dans une version augmentée, plus fidèle à l'esprit de l'auteur et commentée par ses descendants. Un must.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   27 juin 2011
Oui, une fête perpétuelle, un hymne à la joie, une quête quasi mystique de "la vraie vie". Et un livre culte qui n'a pas pris une seule ride.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LePoint   16 juin 2011
Ah ! ce titre ! Il dit tout. Il dit, surtout, que quand on a vécu à Paris ce que lui, Hemingway, y a vécu en ce temps-là, quand tout le monde avait du talent et que le cours du dollar transformait en nabab n'importe quel exilé
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (155) Voir plus Ajouter une citation
AelaAela   29 juin 2012
Scott Fitzgerald m'interrogea sans fard:
- Ernest, dites-moi; est-ce que votre femme et vous avez couché ensemble avant d'être mariés?
- Je ne sais pas.
- Comment, vous ne savez pas? Qu'est-ce que vous voulez dire?
- Je ne m'en souviens pas.
- Mais comment pourriez-vous avoir oublié une chose aussi importante?
- je ne sais pas, dis-je. Bizarre, n'est-ce pas?
- C'est pis que bizarre, dit Scott. Il faut que vous soyez capable de vous en souvenir.
- Je regrette. C'est désolant, n'est-ce pas?
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TREMAOUEZANTREMAOUEZAN   29 juillet 2016
C'était un café plaisant, propre et chaud et hospitalier, et je pendis mon vieil imperméable au portemanteau pour le faire sécher, j'accrochai mon feutre usé et délavé à une patère au-dessus de la banquette, et commandai un "café au lait". Le garçon me servit et je pris mon cahier dans la poche de ma veste, ainsi qu'un crayon, et me mis à écrire. J'écrivais une histoire que je situai, là-haut, dans le Michigan, et comme la journée était froide et dure, venteuse, je décrivais dans le conte une journée toute semblable. (...) Mais, dans le conte, je décrivais des garçons en train de lever le coude, et cela me donna soif et je commandai un rhum Saint-James. La saveur en était merveilleuse par cette froide soirée et je continuai à écrire, fort à l'aise déjà, le corps et l'esprit tout réchauffés par ce bon rhum de la Martinique.
Une fille entra dans le café et s'assit, toute seule, à une table près de la vitre. Elle était très jolie, avec un visage aussi frais qu'un sou neuf, si toutefois l'on frappait la monnaie dans la chair lisse recouverte d'une peau toute fraîche de pluie, et ses cheveux étaient noirs comme l'aile du corbeau et coupés net et en diagonale à hauteur de la joue.
Je la regardai et cette vue me troubla et me mit dans un grand état d'agitation. Je souhaitai pouvoir mettre la fille dans ce conte ou dans un autre, mais elle s'était placée de telle façon qu'elle pût surveiller la rue et l'entrée du café, et je compris qu'elle attendait quelqu'un. De sorte que je me remis à écrire.
Le conte que j'écrivais se faisait tout seul et j'avais même du mal à suivre le rythme qu'il m'imposait. Je commandait un autre rhum Saint-James et, chaque fois que je levais les yeux, je regardais la fille, notamment quand je taillais mon crayon avec un taille-crayon tandis que les copeaux bouclés tombaient dans la soucoupe placée sous mon verre.
Je t'ai vue, mignonne, et tu m'appartiens désormais, quel que soit celui que tu attends et même si je ne dois plus jamais te revoir, pensais-je. Tu m'appartiens et tout Paris m'appartient, et j'appartiens à ce cahier et à ce crayon.
Puis je me remis à écrire et m'enfonçai dans mon histoire et m'y perdis. C'était moi qui l'écrivais, maintenant, elle ne se faisait plus toute seule et je ne levai plus les yeux, j'oubliai l'heure et le lieu et ne commandai plus de rhum Saint-James. J'en avais assez du rhum Saint-James, à mon insu d'ailleurs. Puis le conte fut achevé et je me sentis très fatigué. Je relus le dernier paragraphe et levai les yeux et cherchai la fille, mais elle était partie. J'espère qu'elle est partie avec un type bien (...).
("Un bon café sur la Place Saint-Michel", pp. 12-14)
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PiatkaPiatka   26 avril 2014
Quand j'écrivais quelque chose, j'avais besoin de lire après avoir posé la plume. Si vous continuez à penser à ce que vous écrivez, en dehors des heures de travail, vous perdez le fil et vous ne pouvez le ressaisir le lendemain. Il vous faut faire de l'exercice, fatiguer votre corps, et il vous est alors recommandé de faire l'amour avec qui vous aimez. C'est même ce qu'il y a de meilleur. Mais ensuite, quand vous vous sentez vide, il vous faut lire afin de ne pas penser à votre œuvre et de ne pas vous en préoccuper jusqu'au moment où vous vous remettez à écrire. J'avais déjà appris à ne jamais assécher le puits de mon inspiration, mais à m'arrêter alors qu'il y avait encore quelque chose au fond, pour laisser la source remplir le réservoir pendant la nuit.
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SachenkaSachenka   01 avril 2017
Une fille entra dans le café et s'assit, toute seule, à une table près de la vitre. Elle était très jolie, avec un visage aussi frais qu'un sou neuf, si toutefois l'on avait frappé la monnaie dans de la chair lisse recouverte d'une peau toute fraîche de pluie, et ses cheveux étaient noirs comme l'aile du corbeau et coupés net et en diagonale à hauteur de la joue.
Je la regardai et cette vue me troubla et me mit dans un grand état d'agitation. Je souhaitai pouvoir mettre la fille dans ce conte ou dans un autre, mais elle s'était placée de telle façon qu'elle pût surveiller la rue et l'entrée du café, et je compris qu'elle attendait quelqu'un. De sorte que je me remis à écrire.
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PiatkaPiatka   06 mai 2014
Dans Dostoievski, il y avait certaines choses croyables et auxquelles on ne pouvait croire, mais d'autres aussi qui étaient si vraies qu'elles vous transformaient au fur et à mesure que vous les lisiez ; elles vous enseignaient la fragilité et la folie, la méchanceté et la sainteté et les affres du jeu, comme Tourgueniev vous enseignait les paysages et les routes, et Tolstoï les mouvements de troupes, le terrain et les forces en présence, officiers et soldats, et le combat.
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