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Marc Saporta (Traducteur)
EAN : 9782070364657
240 pages
Gallimard (26/10/1973)
3.55/5   1250 notes
Résumé :
"Miss Stein et moi étions encore bons amis lorsqu'elle fit sa remarque sur la génération perdue. Elle avait eu des ennuis avec l'allumage de la vieille Ford T qu'elle conduisait, et le jeune homme qui travaillait au garage et s'occupait de sa voiture - un conscrit de 1918 - n'avait pas pu faire le nécessaire, ou n'avait pas voulu réparer en priorité la Ford de Miss Stein. De toute façon, il n'avait pas été sérieux et le patron l'avait sévèrement réprimandé après que... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (184) Voir plus Ajouter une critique
3,55

sur 1250 notes
Piatka
  29 avril 2014
Un tourbillon joyeux et mélancolique de souvenirs dans le Paris des années 20, où malgré la pauvreté, le jeune Hemingway et sa première épouse ont été follement amoureux et heureux de vivre.
L'écrivain commença à rédiger ses " vignettes parisiennes " ( titre original de l'ouvrage ) pendant l'été 1957, mais l'introduction nous apprend que le livre, maintes fois remanié par les éditeurs, ne parut qu'en 1964, trois ans après le suicide de l'écrivain. Fort heureusement, le texte est maintenant réédité dans sa version d'origine, introduit par Sean Hemingway, son petit-fils.
Chaque " vignette parisienne ", fragment de vie, est un peu comme une coupe de champagne - avec plus ou moins de bulles, plus ou moins fraîche, issue d'un grand cru millésimé ou d'un simple assemblage - toujours élaborée avec précision, sans artifice ou effet littéraire. Un champagne peut-être un peu sec parfois, une écriture un peu trop épurée à mon goût par moments.
Largement autobiographique comme le dit lui-même Hemingway en introduction :
" Cet ouvrage contient des matériaux tirés des remises de ma mémoire et de mon coeur. Même si l'on a trafiqué la première, et si le second n'est plus. "
C'est en cela que l'oeuvre prend toute sa valeur et a suscité mon intérêt. On ne croise pas tous les jours Gertrude Stein, Scott Fitzgerald, Ezra Pound, James Joyce... que l'auteur ressuscite pour son lecteur de façon très vivante avec des anecdotes souvent savoureuses.
Hemingway nous livre ici par touches des éléments de sa méthode de travail en cours d'élaboration, et ça, c'est aussi tout à fait passionnant.
Ode à l'amour, l'amitié, l'inspiration artistique, le talent sans oublier une vue panoramique somptueuse sur Paris !
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Marple
  07 décembre 2014
Paris est une fête, là-dessus je suis bien d'accord avec Hemingway... Pourtant, cette lecture n'a pas été la fête brillante et fascinante que j'espérais.
Le titre de travail qu'Hemingway avait donné à ce livre était 'Vignettes parisiennes', et c'est exactement de cela qu'il s'agit : une succession de morceaux de bravoure sur le Paris des années 20, celui qu'il a connu lorsqu'il y vivait avec sa première femme Hadley. Celui d'Ezra Pound, de la librairie de Sylvia Beach, des courses, des troquets, de la Closerie des Lilas, de Scott Fitzgerald, de Gertrude Stein, des jours de faim et des petits secrets d'amoureux qu'il partage avec Hadley.
Nul doute qu'Hemingway ait un talent fou pour faire revivre ses années folles et insouciantes ou pour décrire ses amis artistes, qu'ils soient fous, répugnants ou simplement gentils. Nul doute non plus que les passionnés de Paris se réjouiront de suivre ses itinéraires place de la Contrescarpe ou le long de la Seine. Nul doute enfin qu'Hemingway ait soigneusement travaillé ce texte, comme le montrent les fragments écrits et réécrits, rassemblés en fin d'ouvrage.
Cela dit, il s'agit d'une collection d'instantanés. Des instantanés certes justes et admirables, mais pas toujours liés entre eux et souvent un peu froids. J'ai parfois regretté de ne pas avoir l'histoire et les émotions, celles de sa vie avec Hadley et leur petit Bumby. Disons que j'avais bien aimé 'Madame Hemingway', le récit de cette période vue par les yeux d'Hadley, et que j'attendais d'en avoir le pendant masculin et plus littéraire. Hemingway a choisi de faire autre chose... Tant pis et tant mieux.
Challenge Nobel 14/15.
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Bobby_The_Rasta_Lama
  12 novembre 2021
"Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine..."
(G. Apollinaire)
Michel-Ange a dit qu'il n'a jamais créé aucune statue, car elles vivaient déjà toutes dans le bloc de marbre de Carrare, et tout ce qu'il avait à faire était de les en libérer. "Paris est une fête" aurait très bien pu naître de façon similaire. Hemingway a seulement ramassé les souvenirs et les mots que le vent a dispersés aux quatre coins de Paris.
Et pourtant, on a failli ne jamais pouvoir s'en délecter.
Les dernières années d'Hemingway, qui comptait toute sa vie sur sa robustesse et sur son élan vital, étaient assombries par la dépression, une maladie chronique du foie, de l'hypertension, et pire encore - il commença à perdre la mémoire. Lui, toujours si fier de sa capacité dickensienne à retenir les noms et les lieux...
En novembre 1956, il a retrouvé au sous-sol de l'hôtel Ritz deux valises bourrées de notes de son séjour parisien en compagnie de sa première femme Hadley, et les retravailler sous forme de ce livre était probablement une sorte de thérapie.
"Maintenant, jamais, il n'écrirait les choses qu'il avait gardées pour les écrire jusqu'à ce qu'il eut assez appris pour les écrire bien. En tout cas, cela lui éviterait d'échouer dans sa tentative. Peut-être n'arrivait-on jamais à les écrire, et peut-être était-ce pour cela qu'on les remettait à plus tard et qu'on ne pouvait pas se résoudre à commencer", réfléchit le héros des "Neiges du Kilimandjaro", l'écrivain Harry, sur le point de mourir. Et comme première de ces choses, il nomme Paris.
Hemingway a réussi in extremis, et trois ans après sa mort, grâce à sa quatrième femme Mary Welsh, le livre est parti à la rencontre de ses lecteurs.
Qui n'aimerait pas "Paris est une fête" ? Certes, ce n'est pas pour ces "vignettes parisiennes" qu'Hemingway a reçu le Nobel, mais même son fan le plus aguerri peut parfois ressentir une certaine lassitude à la vingtième description détaillée de la chasse au koudou. Tandis que ce charmant livret ne peut ennuyer ni offenser personne.
Hemingway n'a jamais vraiment séparé la réalité de la fiction, et sa forme prosaïque mal définie reste aussi légère et pétillante que le vin blanc de Mâcon dont il est souvent question dans ces sketches parisiens.
On s'immerge avec bonheur dans cette vie bohème, où la tâche la plus difficile de la journée était de se lever avant midi, et écrire quelques pages avant de se recoucher le soir. La vie entre bars, cafés, hippodromes, littérature et rencontres au gré du hasard. C'est au lecteur de décider s'il a envie de sauter le chapitre sur l'obscur poète Ralph Cheever Dunning, et lire plutôt celui sur l'éclatante grandeur d'Ezra Pound ou celles sur Gertrude Stein, dont on sait déjà un peu plus ; si ce n'est qu'elle a beaucoup influencé le propre style d'Hemingway, même s'il ne voulait jamais l'admettre. Vous serez touchés par la rencontre avec le barde aveugle d'"Ulysse", James Joyce, et à chaque apparition de F. M. Ford ou Wyndham Lewis, vous ressentirez une très forte envie de les frapper sur la tête avec un croissant. Sans parler d'inoubliables passages tragicomiques sur le triste chevalier de la nouvelle prose américaine, F. S. Fitzgerald. Et Zelda, bien sûr...
Tout ce beau monde mis à part, le livre est aussi un intéressant témoignage sur son auteur, qui se laisse aller à une douce nostalgie. On sait qu'Hemingway était plutôt susceptible, et habitué à régler ses comptes par de mordantes allusions littéraires. On sait aussi qu'il n'était pas exactement un modèle de constance amoureuse, et qu'il savait aller durement (néanmoins honnêtement) à la poursuite de sa carrière. Mais ici on a affaire à un jeune Hemingway vertueux, un innocent écrivain débutant plein d'audace et de rêves, et un mari aimant, heureux de vivre d'amour et d'eau fraîche.
Il fait revivre le Paris des années perdues de sa jeunesse, où le vin et la nourriture étaient bon marché, et où on pensait assister à quelque chose qui ressemblait à la grande renaissance des arts ; ces temps que personne n'a alors estimés à leur juste valeur, et tout le monde l'a regretté après.
Boulevards au printemps, cafés où on pourrait passer la journée entière à écrire devant un seul verre sans être dérangé par les serveurs, et la joie... que ce soit en observant les mots qui s'alignent aisément sur le papier, ou la belle inconnue qui attend un amant anonyme dans le même café.
"Paris" se lit facilement et laisse une agréable impression. Il coule comme la Valse n°2 de Chostakovitch. 5/5 à cette beauté pure ; qu'elle vive à jamais comme souvenir des temps insouciants !
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afriqueah
  24 septembre 2022

Hemingway est choqué quand Gertrude Stein lui jette à la face, en parlant de façon générale : « Vous êtes une génération perdue. Vous avez fait la guerre, vous ne respectez rien, vous vous tuez à boire. »
Génération perdue, moi, médite-t-il, oui, j'ai fait la guerre, et alors ? et je la respecte, d'ailleurs elle vit avec une autre femme, alors, c'est réglé et puis je bois trop, moi, MOI , et il s'arrête à la Closerie pour boire une bière.
Paris, alors qu'il n'a pas d'argent, sauf quand il réussit à vendre un conte ou un essai, lui offre une vie facile, du vin, blanc de préférence, vraiment beaucoup de vin, la bibliothèque de prêts gratuits de « Shakespeare and Cie » de Sylvia Beach, un peu de boxe avec Ezra Pound, des champs de course de chevaux, où il joue, il perd et il gagne.
Il est jeune, il est libre, sa femme Hadley est une adorable femme toujours contente, parfois ils n'ont rien à manger, c'est bon signe, c'est instructif et pousse au travail, incite à économiser pour pouvoir aller en Espagne, parfois il lui ment en disant qu'il sort de table, et, quand l'argent arrive, alors, ce sont les gueuletons qu'il décrit avec gourmandise.
Ce que Paris offre, en plus du muscadet, des huitres, des fritures de goujons et des escargots, en plus du bonheur de vivre qui s'expose à chaque page, c'est que c'est l'endroit, dit-il, le plus propice à l'écriture.
« Découvrir tout ce monde nouveau d'écrivains ( Tolstoi, Stendhal), et avoir du temps pour lire, dans une ville comme Paris où l'on pouvait bien vivre et bien travailler, même si l'on était pauvre, c'était comme si l'on vous avait fait don d'un trésor ».
Attendre de relire le lendemain pour savoir si le travail a été bon.
Oublier le récit une fois fini, et avant la relecture du lendemain.
Se promener en essayant d'observer le monde alentour, prendre des idées, travailler et travailler encore.
Chaque jour où il ne peut pas écrire, en particulier dans sa relation avec Scott Fitzgerald, est un jour perdu. Car Scott, éperdu d'amour pour Zelda, ne prend pas conscience qu'elle est jalouse de son succès - il est arrivé à Paris en 1924 avec la gloire d'avoir écrit « Gatsby le magnifique »-et qu'elle le pousse à boire pour qu'il arrête d'écrire.
« Scott n'écrivit plus rien jusqu'au moment où il sut qu'elle était folle ». dit Hemingway.
Qui boit, mais ne se laisse pas séduire par les jeux mondains, la perdition dans l'alcool de cette génération perdue,( à ce moment de sa vie) de ces années folles, ni la perversion d'une Zelda, qui détruit Scott en lui disant qu'il ne pourrait jamais rendre une femme heureuse.
C'est une question de taille, ajoute-t-elle méchamment.
La taille, pour Ernest, n'est apparemment pas un problème, et son aptitude à jouir ( de la vie, de la ville, de son écriture) non plus.
Il a déjà reçu le prix Nobel en 1954 lorsqu'il remet au propre, dans sa villa de San Francisco de Paula à Cuba 30 ans après, ses notes oubliées en 1928 dans une malle Vuitton à l'hôtel Ritz, où il nous conte ses premières années magiques à Paris, sa liberté dans les rues, ses rencontres avec d'autre écrivain( exit Scott : lorsqu'on lui demande de parler de lui il parle de Karen Blixen, dont il aurait voulu qu'elle ait le prix Nobel à sa place) la vie avec sa gentille femme Hadley, leur bébé qui ne pleure jamais et qu'un chat vient surveiller et prendre dans ses bras de chat encore mieux qu'une baby-sitter, et l'écriture, toujours.
Dernières pages encore plus touchantes, l'aveu de sa liaison avec Pauline, la meilleure amie de Hadley, le chagrin de celle-ci et le sien : « Je souhaitai être mort avant d'avoir aimé une autre qu'elle », pourtant il est pris par la vie, l'amour, l'autre femme qui l'a séduit.
Paris avec la deuxième femme ne sera plus jamais le même, puisque il a changé.
LC Thématique septembre : Etat des lieux
Challenge Nobel
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Aela
  29 juin 2012
Paris est une fête, est un hymne à la vie, à l'amitié, à la création et un magnifique hommage rendu à Paris.
Le dernier film de Woody Allen « Midnight in Paris » m'avait amenée à relire cet excellent auteur qu'est Ernest Hemingway. Ici il s'agit d'une oeuvre mineure, mais qui laisse éclater tout le talent de son auteur.
Ici il évoque son premier séjour à Paris dans les années 20, en compagnie de sa première femme Hadley.
Un séjour difficile financièrement, pauvre en revenus mais ô combien riche en joie de vivre, en découvertes, en amitié.
Nous voyageons à travers le temps pour découvrir la vie nocturne dans le Paris des « années folles », les causeries à la Closerie des Lilas, la trépidante Gertrude Stein et son cercle brillant, des écrivains connus comme Ezra Pound, James Joyce et Scott Fitzgerald, moins connus comme le poète irlandais Ernest Walsh.
Son amitié avec Scott Fitzgerald est une amitié rare qui mêle envie, admiration et franchise.
Les personnages féminins ne sont pas laissés de côté et le portrait de Gertrude Stein et de Zelda Fitzgerald sont particulièrement vivants et attachants. Deux dames au caractère bien trempé, issues de milieux très différents, sudiste pour Zelda, juif new-yorkais pour Gertrude Stein.
Un livre divertissant qui nous fait voyager à travers le temps en bonne, en très bonne compagnie.
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critiques presse (3)
Lexpress   27 juillet 2011
Mieux qu'une simple réédition, Paris est une fête d'Ernest Hemingway paraît aujourd'hui dans une version augmentée, plus fidèle à l'esprit de l'auteur et commentée par ses descendants. Un must.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Lexpress   27 juin 2011
Oui, une fête perpétuelle, un hymne à la joie, une quête quasi mystique de "la vraie vie". Et un livre culte qui n'a pas pris une seule ride.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LePoint   16 juin 2011
Ah ! ce titre ! Il dit tout. Il dit, surtout, que quand on a vécu à Paris ce que lui, Hemingway, y a vécu en ce temps-là, quand tout le monde avait du talent et que le cours du dollar transformait en nabab n'importe quel exilé
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (189) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_Lama
Bobby_The_Rasta_Lama  
- Qu'est-ce qu'une canaille ? demandai-je. N'est-ce pas quelqu'un qu'on a envie d'étriller jusqu'à ce que mort s'ensuive ?
- Pas nécessairement, dit Ford.
- Ezra est-il un homme du monde ? demandai-je.
- Naturellement pas, dit Ford. Il est américain.
- Un Américain ne peut-il être un homme du monde ?
- Peut-être John Quinn, expliqua Ford. Certains de vos ambassadeurs.
- Myron T. Herrick ?
- Peut-être.
- Henry James était-il un homme du monde ?
- Presque.
- Êtes-vous un homme du monde ?
- Naturellement. J'étais officier de sa Majesté.
- C'est très compliqué, dis-je. Suis-je un homme du monde ?
- En aucune façon, dit Ford.
- Alors, pourquoi buvez-vous en ma compagnie ?
- C'est en qualité de confrère. Je prends un verre avec un jeune écrivain qui promet.
- Vous avez bien de la bonté, dis-je.
- Vous pourriez être tenu pour un homme du monde en Italie, dit Ford avec magnanimité.
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Aela
Aela  
Scott Fitzgerald m'interrogea sans fard:
- Ernest, dites-moi; est-ce que votre femme et vous avez couché ensemble avant d'être mariés?
- Je ne sais pas.
- Comment, vous ne savez pas? Qu'est-ce que vous voulez dire?
- Je ne m'en souviens pas.
- Mais comment pourriez-vous avoir oublié une chose aussi importante?
- je ne sais pas, dis-je. Bizarre, n'est-ce pas?
- C'est pis que bizarre, dit Scott. Il faut que vous soyez capable de vous en souvenir.
- Je regrette. C'est désolant, n'est-ce pas?
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Piatka
Piatka  
Si vous donnez aux histoires que vous écrivez à la première personne une vraisemblance telle que les gens finissent par y croire, le lecteur pensera presque forcément qu'elles vous sont effectivement arrivées. Ce qui est tout à fait naturel puisque, au moment où vous les inventez, il faut bien que vous donniez l'impression qu'elles sont arrivées à celui qui les raconte. Si votre entreprise est réussie, vous amenez celui qui les lit à croire que ces choses-là lui sont arrivées à lui.
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Piatka
Piatka  
Quand j'écrivais quelque chose, j'avais besoin de lire après avoir posé la plume. Si vous continuez à penser à ce que vous écrivez, en dehors des heures de travail, vous perdez le fil et vous ne pouvez le ressaisir le lendemain. Il vous faut faire de l'exercice, fatiguer votre corps, et il vous est alors recommandé de faire l'amour avec qui vous aimez. C'est même ce qu'il y a de meilleur. Mais ensuite, quand vous vous sentez vide, il vous faut lire afin de ne pas penser à votre œuvre et de ne pas vous en préoccuper jusqu'au moment où vous vous remettez à écrire. J'avais déjà appris à ne jamais assécher le puits de mon inspiration, mais à m'arrêter alors qu'il y avait encore quelque chose au fond, pour laisser la source remplir le réservoir pendant la nuit.
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Sachenka
Sachenka  
Une fille entra dans le café et s'assit, toute seule, à une table près de la vitre. Elle était très jolie, avec un visage aussi frais qu'un sou neuf, si toutefois l'on avait frappé la monnaie dans de la chair lisse recouverte d'une peau toute fraîche de pluie, et ses cheveux étaient noirs comme l'aile du corbeau et coupés net et en diagonale à hauteur de la joue.
Je la regardai et cette vue me troubla et me mit dans un grand état d'agitation. Je souhaitai pouvoir mettre la fille dans ce conte ou dans un autre, mais elle s'était placée de telle façon qu'elle pût surveiller la rue et l'entrée du café, et je compris qu'elle attendait quelqu'un. De sorte que je me remis à écrire.
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Malade et condamné, un homme réapprend à sourire.
1953. Dans un Londres encore blessé par la Seconde Guerre mondiale, M. Williams, fonctionnaire à la mairie, est un homme « un tantinet glacial », comme le dit le jeune Peter, nouvelle recrue de ce service administratif où s'empilent les dossiers et où le premier réflexe est de les remiser à plus tard, ou à jamais. Quand M. Williams apprend qu'il n'a plus que six mois à vivre, cet Anglais raide comme un piquet se demande s'il ne serait pas temps de se mettre à vibrer. Pour la première fois, le vieil homme ne vient pas travailler. Sa chaise vide a tout d'une révolution dans ce bureau typique de l'imperturbable Albion. Sa rencontre avec un écrivain digne de Hemingway, son coup de coeur platonique pour une jeune fille qui « rend tout joyeux », et un projet d'aire de jeux dans un quartier troué par les bombardements vont le réveiller et lui offrir des bonheurs de dernière minute…
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