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ISBN : 2226181075
Éditeur : Albin Michel (31/10/2007)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.75/5 (sur 981 notes)
Résumé :
Pour guérir d'une rupture sentimentale, un homme se réfugie à Ostende. Sa logeuse, une vieille dame solitaire et mystérieuse, Emma Van A., se confie peu à peu à lui et, un soir, finit par lui avouer son grand secret : une étrange et incroyable passion amoureuse. Fiction ou réalité?

Cinq histoires - "La rêveuse d'Ostende", "Crime parfait", "La guérison", "Les mauvaises lectures", "La femme au bouquet" - où Eric-Emmanuel Schmitt montre le pouvoir de l'i... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (126) Voir plus Ajouter une critique
Malaura
29 décembre 2012
Avec des oeuvres primées, comme la magnifique « L'Evangile selon Pilate » en 2000, théâtralisées, telle « Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran » en 2001 ou encore adaptées au cinéma, à l'instar d'« Odette Toulemonde et autres histoires » en 2006, l'écrivain, dramaturge, réalisateur, Eric-Emmanuel Schmitt est devenu l'un des plus populaires de nos auteurs français.
Une popularité pas toujours bien perçue car depuis son entrée sur la scène littéraire, ce touche à tout de Schmitt n'a pas toujours offert des textes de même qualité. On ne peut pas être bon à chaque fois ! Néanmoins, des titres comme « La part de l'autre » ou « L'évangile selon Pilate » sont de vraies belles oeuvres, intenses, captivantes, porteuses de réflexion, d'esprit, et avant tout, d'humanisme.
Et c'est peut-être de cet humanisme affiché et revendiqué que tient pour bonne part la popularité de cet ancien professeur de philosophie. de cette manière simple et naturelle de nous amener à réfléchir sur notre existence et le monde qui nous entoure, sans y toucher, sans en avoir l'air, avec mesure et indulgence. de cet art de la philosophie qu'il met entre nos mains avec simplicité. Avec lui, la philosophie - c'est-à-dire la faculté de penser le monde - n'est pas l'apanage d'une élite, d'intellectuels au verbiage pompeux ou de spéculateurs abscons aux postulats nébuleux, mais plutôt un questionnement humain, une réflexion sur l'Homme accessible à tous, à la portée de tous.
Il y a de l'humain chez Eric-Emmanuel Schmitt, une bienveillance que le lecteur ressent et accueille avec plaisir.
Par un savant jeu d'échos et de thèmes entrelacés, un va-et-vient constant entre le théâtre et la fiction, Schmitt est parvenu à créer une oeuvre imposante, sensible et personnelle. Une oeuvre à l'humour plein de finesse, des fantaisies toujours renouvelées, soulignées par des thèmes récurrents comme l'enfance, la foi ou la liberté.
Avec « La rêveuse d'Ostende », recueil de cinq nouvelles, l'auteur s'interroge sur le pouvoir du rêve et de l'imagination sur nos existences et montre à quel point nos vies sont influencées par nos désirs, nos fantasmes, nos hantises ou nos rêves secrets…En même temps, il sonde le coeur féminin avec toute la tendresse qu'il voue depuis toujours à ce sexe.
Des portraits de femmes que Schmitt peint avec délicatesse et dont il décortique les états d'âme avec cet art consommé de la mise-en-scène théâtrale et du dialogue.
Toutes ces femmes portent en elles un désir inassouvi et une part de rêve et d'amour qui va se révéler au contact des autres :
- Amour interdit, secret et fantasmé pour Emma dans la nouvelle qui donne son titre au recueil
- Passion mêlée de haine pour Gabrielle dans « Crime parfait »
- Douce attirance pour Stéphanie dans « La Guérison »
- Attente d'un amour perdu comme dans la nouvelle « La femme au bouquet »
Une atmosphère sensible, profonde, drôle ou tendre se crée autour de chaque portrait et si la lecture, portée par une constante fluidité du style, est très récréative et nous entraîne sans effort dans une sphère qui tient à la fois du romanesque, de l'intrigue policière, de l'énigme, de la fable ou du récit poétique, ces nouvelles brèves sont aussi plus profondes et plus sombres qu'on ne le croit dès lors qu'elles montrent, avec le ton juste et désinvolte de l'auteur, que les rêves qui nous hantent sont l'essence même de la vie et les stimulants qui nous poussent à l'action.
L'homme a besoin du rêve pour se sentir vivant et en chacun de nous sommeille un peu une « rêveuse d'Ostende »…
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ondamania
25 juillet 2013
Je suis amoureuse .......
De la plume d'Eric-Emmanuel Schmitt.
Comme un ou une babeliote l'a écrit précédemment, je lis un de ses romans de temps en temps, j'en pioche un lorsque ma météo interne est perturbée. Je me plonge dans du Schmitt et c'est un tsunami de sentiments qui ballait tout ce désordre émotionnel par des sourires béats.
Ce ne sont pas que de bons sentiments, mais comme il est agréable de se lover auprès de la rêveuse d'Ostende, d'imaginer son histoire d'amour si sauvage et entière, d'apprécier les balades au bord de l'eau, on sent presque les embruns sur notre peau et le goût salé.
Huuummmm,..... comme ça fait du bien....
Vous l'aurez compris ces nouvelles sont rafraîchissantes et réconfortantes.
Elles nous offrent une tranche de vie de femmes qui vivent une histoire d'amour soit discrète, ambiguë, peu conventionnelle ou inconnue et d'un homme trop amoureux de livres scientifiques et concrets qu'il en a oublié de vivre et se laisse déborder par l'imaginaire.
L'imaginaire, ce fil rouge qui trace leur histoire et par la même nos vies.
Laissez-vous bercer par ces aventures et profitez de ces bienfaits comme une tartine de Nutella..... (Enfin sans huile de palme...;-) )
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missmolko1
07 janvier 2017
Eric-Emmanuel Schmitt est un auteur que j'apprécie beaucoup et je prends toujours énormément de plaisir a lire ses écrits.
La rêveuse d'Ostende est un recueil de 5 nouvelles toutes très belles. Bien sûr, pour moi, j'ai trouvé que deux nouvelles sortaient vraiment du lot : La guérison qui est, sans aucun doute, ma nouvelle favorite et Crime parfait dont je vais vous parler un peu plus bas.
J'ai aimé La rêveuse d'Ostende et Les mauvaises lectures. Concernant La femme au bouquet, je pense que je suis passée à côté car je n'ai pas accroché plus que cela.
La guérison nous raconte l'histoire d'une infirmière qui vit seule et qui se trouve banale. Elle n'a jamais imaginé un seul instant pouvoir plaire à un homme elle qui s'habille de manière quelconque. Elle se dévoue entièrement a ses patients. Un jour, elle fait la rencontre d'un malade, qui après un accident se retrouve tétraplégique et aveugle. Pourtant, il va l'a séduire et lui faire découvrir la féminité, la sensualité d'une odeur de peau etc... Elle va petit à petit apprendre à se connaître et à guérir de ses complexes.
Crime parfait est l'histoire d'une femme qui sous l'influence d'une amie va se mettre à haïr son mari au point de l'assassinat. Elle a tout prévu pour maquiller le meurtre en accident et espère vite rentrer chez elle pour ouvrir 4 boites a biscuit en fer que son mari cache et refuse de lui montrer. Elle rêve donc de découvrir ce qu'il cache si précieusement. Malheureusement, le sort s'acharne, puisqu'elle est arrêté par la police, jeté en prison puis vient l'heure du procès. Ce n'est que le dernier jour du procès qu'elle pourra enfin découvrir le contenu du trésor de son mari et c'est tout sauf ce qu'elle imaginait.
C'est un recueil vraiment réussi, on retrouve l'écriture et le style de l'auteur. Les nouvelles se dévorent et l'on passe un excellent moment.
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Mimeko
28 février 2016
Eric-Emmanuel Schmitt nous propose dans La rêveuse d'Ostende, cinq récits traitant de l'amour ou plutôt des formes de l'amour ou ce qu'il peut révéler de chacun. Dans la première nouvelle éponyme, le narrateur recueille les souvenir d'Eva, vieille fille paraplégique qui lui révèle avoir vécu un amour passionnel lorsqu'elle était toute jeune, mythe ou réalité ? "Le crime parfait" s'attache à la jalousie entretenue par la femme vis à vis des petits secrets de son mari. Avec "la guérison" c'est le regard posé sur une jeune femme par un homme privé de la vue qui va la révéler à elle-même et la rendre belle; "les mauvaises lectures" met en scène un professeur qui, méprisant la lecture de roman, plonge dans un thriller qui va le transformer...en mal. Enfin la dernière "la femme au bouquet" se focalise sur la fidélité et la pugnacité d'une vieille femme qui attend depuis plusieurs dizaines d'années sur un quai de gare, un bouquet à la main.
Cinq variations sur le thème de l'amour et ses effets qui peuvent sublimer ou détruire celle ou celui qui la vit que j'ai trouvées assez originales et dans un style toujours fluide pour analyser les sentiments et les pensées des protagonistes, toujours attachants et profondément humains. le regard que pose Eric-Emmanuel Schmitt est toujours bienveillant et cela s'est traduit pour moi par un bon moment de lecture.
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Ambages
29 septembre 2015
À Ostende
« Parce que le mot commençait par un O d’étonnement puis s’adoucissait avec le s, il anticipait mon éblouissement devant une plage de sable lisse s’étendant à l’infini... » (p. 10)
Une plage de sable fin tamisée d’une lumière douce. Eric-Emmanuel Schmitt a raison. Point de couleur violente, le soleil aussi est frileux dans cette contrée. « La mer du Nord avait des couleur d’huître, du vert-brun des vagues au blanc nacré de l’écume ; ces teintes altérées aux nuances précieuses, alambiquées, me reposaient ». (p. 20)
Après avoir regardé l’horizon, en me retournant j’ai découvert des « barres d’immeubles plus hautes que des paquebots » sans grand charme bâties le long de cette plage. Entre la mer et ces habitations sans vague, la couleur chaude vient de l’œuvre d'Arne Quinze. Les rouges "Rock Strangers" heurtent nos pupilles habituées à la lumière diffuse de ce ciel du Nord, et s’imposent face au monument dédié aux marins disparus. Et oui, les hommes des bords de mer partent... « Vous ne resteriez ici qu’à la condition de partir ? C’est bien une réflexion d’homme » dira Emma à l’écrivain en villégiature chez elle (p.22).
À Ostende.
Voilà une rencontre qu’il n’oubliera pas. Emma. Quel joli prénom. La rêveuse d’Ostende lui contera une histoire d’amour, incroyable. Réellement incroyable ? Je vous conseille la lecture de cette nouvelle.
Qu’ai-je vu dans ces cinq nouvelles ? Qu’il est bon de faire confiance, d’être optimiste et de garder espoir.
Que l’on vous conte une histoire merveilleuse et vous ne voulez pas la croire ! Pourquoi ? Peut-être parce que vous n’auriez pas osé la rêver... (La rêveuse d’Ostende). Qu’il est profitable de s’ouvrir au monde plutôt que de s’enfermer dans le mépris et les fausses certitudes (Les mauvaises lectures).
Alors finalement, je me suis dit : allez, ne laisse pas tes doutes et tes obsessions prendre le dessus « ma vieille » (Crime parfait). Mets tes escarpins rouges et regarde comme tu es belle (La guérison).
Rester, lutter contre ses craintes, souvent infondées, et attendre le prochain train (La femme au bouquet). Il viendra. Le rêve.. il viendra à Ostende.
À Ostende
« J’ai la hantise de l’écharpe Qui s’effiloche à ton cou » mais... « Madame rêve... » encore
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Citations & extraits (107) Voir plus Ajouter une citation
lenoir_emilie_72lenoir_emilie_7225 mai 2017
Sous ses phrases et ce vouvoiement, ces amants d'un autre temps s'offraient une liberté inouïe, celle d'avouer leurs fantasmes, d'y emmener le partenaire, de pas laisser l'acte sexuel s'engluer dans la répétition mécanique mais l'élever à un moment d'invention, de poésie érotique.
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lenoir_emilie_72lenoir_emilie_7225 mai 2017
- Je me console vite de ce qui m'a chassé de Paris ; je n'ai donc pas perdu grand-chose en concluant cette liaison. Souvenez-vous, vous aviez affirmé qu'on ne se remettait que de ce qui n'était pas important ; en revanche, on ne se remettait pas d'un amour essentiel.
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fanfan50fanfan5018 mars 2014
En rentrant à la villa, pendant que la campagne désertique défilait derrière sa vitre, Maurice ne put se retenir de songer à La Chambre des noirs secrets - quel titre insensé - dont un détail avait piqué sa curiosité. Quel pouvait être le manuscrit du XVIe siècle autour duquel l'intrigue tournait ? Ce devait être une oeuvre existante, les romanciers américains manquant d'imagination, d'après ce que ses collègues littéraires affirmaient. Un traité d'alchimie ? Un mémoire des Templiers ? Un registre de filiations inavouables ? Un texte d'Aristote qu'on croyait perdu ? Malgré lui, Maurice ne cessait d'échafauder des hypothèses. Après tout, Chris Black, ou celui qui se cachait derrière ce pseudonyme, n'était peut-être pas une boursouflure qui s'octroyait du génie mais un chercheur honnête, un érudit, un de ces universitaires brillants que les Etats-Unis savent produire et ne veulent pas payer... Pourquoi pas quelqu'un comme lui, Maurice Plisson ? Ce brave lettré n'aurait accepté de rédiger cette infâme bouillie que pour honorer ses dettes ou nourrir sa famille. Tout n'était peut-être pas mauvais dans ce livre...
Maurice s'en voulut de témoigner cette indulgence et décida de penser à des sujets plus sérieux. Aussi ce fut presque malgré lui qu'il subtilisa le livre en vidant les provisions de la malle... (p. 261)
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SatoriSatori02 juin 2013
- Inutile, la joliesse masculine. Ce qui constitue la séduction d'un homme, ce n'est pas qu'il soit beau, mais qu'il convainque une femme qu'elle est belle auprès de lui.
- blabla!
- inutile, je vous assure. Gênante, handicapante, la perfection physique.
- Allons!
- Bon, écoutez : le fait que vous m'estimez décoratif, ça vous inspire quoi? Confiance ou méfiance?
- Ça m'inspire le désir.
- Merci. Maintenant, soyez sincère : confiance ou méfiance?
- Méfiance.
- vous voyez! Première méfiance : on suppose que l'homme beau n'est pas sincère. Deuxième méfiance : l'homme beau inspire la jalousie.
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AmbagesAmbages26 septembre 2015
Quand je quittai le salon, la voix d'Emma Van À. m'arrêta :
- Monsieur, je repense à vos paroles, à l'instant, lorsque vous estimiez que vous alliez cicatriser. Ne vous fourvoyez pas sur ma réaction : c'était de l'approbation. Je le souhaite. J'en serais même très contente.
- Merci, madame Van À., moi aussi j'en serais content.
- Parce que si vous vous en remettez, c'est que, de toute façon, ça n'en valait pas la peine.
J'en demeurai bouche bée.
Elle me scruta intensément puis déclara d'un ton péremptoire :
- D'un amour essentiel, on ne se remet pas.

"La rêveuse d' Ostende" p. 18
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