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EAN : 9782226242990
196 pages
Éditeur : Albin Michel (22/08/2012)

Note moyenne : 2.93/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Après un AVC, la vie d' Alphonse bascule. Figé dans un fauteuil roulant, impuissant, il est condamné à subir un quotidien qu' il s'apprêtait à quitter : sa femme Clarisse...
Comme derrière une vitre dépolie, Alphonse observe un monde sur lequel il n' a plus d'emprise et décrit avec une saisissante acuité les rouages et les fissures de la vie de couple.
Chloé Schmitt réussit la prouesse de créer par son écriture un rythme alerte et sans répit, qui donne... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  14 octobre 2012
Prêts à passer un sale quart d'heure? À s'en prendre plein la tronche? Malmené le lecteur? Pas autant que le narrateur... À quarante ans un AVC fait basculer le banal de sa vie dans une descente aux enfers menée tambour battant. Quand on n'a plus que la tête qui fonctionne, il en défile des idées : même un plafond est source de réflexions. le sens de l'observation est à son zénith et les comportements de l'entourage ne font pas illusion. Et tout ça sans pouvoir en exprimer la moindre bribe, prisonnier de ce corps dépendant et incapable. Il faut dire que côté entourage, pas vraiment verni, notre quadra : épouse fragile, obsessionnelle, se nourrissant du malheur et pis encore de la promesse du malheur, famille réduite à la portion congrue d'un frère délinquant, amis vite démissionnaires face au tragique de la maladie...heureusement il y a Annabelle, la jeunesse, l'espoir, la tendresse, même si elle est la reine des coups pourris...
C'est court, mais dense. Pas de complaisance, pas de longues tirades explicatives sur le mal-être physique ou psychique consécutif à une déchéance brutale : tout est clair à travers le prisme du monologue intérieur du narrateur, dont c'est la seule échappatoire, de monologuer. La communication réduite à des grognements ou des ébauches de sourires se heurte à des murs d'incompréhension, intentionnellement ou non.
Si on l'ignore, impossible de deviner que ce roman ait pu naître de l'imagination d'une jeune femme de vingt ans. Et quand on le sait...
Merci à Babélio et aux éditions Albin-Michel pour m'avoir permis ce découvrir cette auteure pleine de promesses.


Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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fee-tish
  05 décembre 2012
C'est une jeune auteure de vingt-et-un ans qui nous propose ce premier roman d'une très grande force, qui allie cruauté et fatalité. J'ai entamé ce livre sans a priori, puisque je n'avais absolument rien entendu à son sujet.
Ce roman, c'est l'histoire d'Alphonse, un homme d'une quarantaine d'années, dans la force de l'âge, qui a encore tout à vivre. Sauf que, dès les premières pages, notre narrateur est victime d'un AVC puissant, qui le marquera à jamais. En effet, lorsqu'il se réveille, il ne peut plus bouger que la main et le bras droits. Prisonnier de ce corps désormais impotent, Alphonse se rend compte qu'il ne pourra plus influer sur sa propre vie. Sa femme, Clarisse ne va pas fuir. Cela aurait dû le soulager si ce n'est qu'il allait justement prendre la décision de la quitter. Autant de situations qu'il va subir violemment. Sorte d'animal de compagnie dont il faut sans cesse essuyer la bave, le cerveau fonctionne malheureusement trop bien.
Un roman d'une violence inouïe, qu'elle soit physique ou psychologique. Et surtout, un style d'écriture très particulier, presque argotique. Ce qui pourrait déplaire m'a au contraire touché. Il correspond à l'ambiance de l'histoire et rend parfaitement compte de la cruauté des attitudes, des paroles et des actes qu'il subit. Néanmoins, je ne cacherai pas que j'ai parfois trouvé les phrases trop hachées, à coup de points de suspension utilisés à profusion.
Pour conclure, j'ai énormément apprécié cette lecture qui donne à réfléchir, incontestablement. Et puis, quelle promesse pour cette jeune écrivain. A suivre assurément.
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chriskorchi
  13 juin 2013
dans ce texte-confession où elle prend la voix d'une sorte de légume conscient, pauvre hère victime d'un AVC, immobile et lucide, totalement dépendant des autres. Une situation d'autant plus pénible que ceux que l'on charge de veiller sur lui sont, comme le dit le titre, des « affreux » : sa femme Clarisse, mauvaise, grasse et pleine de rancoeur, et son frère Patrick, violent, alcoolique et vicieux… Un quart-monde infect que le narrateur, prisonnier à l'intérieur (de cet environnement, mais aussi de son corps), commente avec un mélange de haine, d'impuissance et d'accablement, dans une langue rageuse et heurtée qui n'évite ni les clichés, ni les maladresses. le malaise vient peut-être de la complaisance de l'auteur à décrire la débâcle de son héros, en insistant sur sa crasse subie et son incontinence (ainsi que sur celle des autres : on évacue sans cesse dans ces 'Affreux', avant de revenir « moins lourd d'une pisse »…) À force d'excès, le tableau de la misère tourne au folklore, et le style au recueil de figures imposées. Restent malgré tout un ton et une forme d'audace, incontestablement.
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seb76
  19 janvier 2013
Le postulat semblait intéressant ; la vision et les réflexions d'une personne victime d'un accident vasculaire cérébral, spectateur et observateur de sa vie, qui ne peut plus bouger mais qui continue de penser.
Le sort que l'auteur en a fait de ce postulat de base, c'est affaire de goût !
J'ai lu, enfin essayé de lire, ce livre pour un comité de lecture. Je n'ai pas aimé du tout !
C'est noir, pessimiste, il n'y a pas une once d'humour dans ce livre. Les personnages sont tous odieux, est-ce que cela revient à dire que seul le personnage principal a des valeurs ? Je ne sais pas mais en tous les cas, une chose est sûre, le style d'écriture employé par l'auteur reflète bien l'état psychologique du personnage principal ; un mal être indéniable, un ras le bol, une haine vis à vis du commun des mortels. D'accord, la vie n'est pas rose pour des personnes victimes d'un AVC, celles-ci sont elles totalement dépourvues d'humour comme ce personnage principal ? Mais pourquoi, en tant que lecteur, subir ce style familier, à la limite du grossier, un style très oral. Que la lecture fut pénible !!
D'autant que tout ça pour quoi ?
A en juger par la différence des notes et des appréciations, le style de Chloé Schmitt ne laisse pas indifférent. Est-ce à dire qu'on aime ou qu'on déteste ? Si c'est le cas, je me situe du côté de ceux qui détestent ce style. Je suis totalement resté hermétique à cette histoire...
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DragonLyre
  17 novembre 2012
Imaginez-vous coincé dans un corps inerte mais l'esprit alerte. Sans même le réconfort de la parole, de la communication, sans pouvoir faire comprendre aux médecins et à votre entourage que vous êtes encore là, à travers de simples grognements… « Bienvenue » dans la vie d'Alfonse… Son calvaire…
Ce roman est constitué de très courts chapitres qui nous présentent le nouveau quotidien de ce pauvre homme, comme si nous regardions les épisodes d'une série télévisée. le ton est mordant, incisif, sans concession. L'ambiance morne, lourde, désespérée, impuissante. Les phrases sont construites comme si nous étions directement dans la tête d'Alfonse, comme si nous entendions directement ses cheminements mentaux, qui sont à peu près tout ce qu'il lui reste. le langage est familier et les négations souvent manquantes. Ce style permet une plus grande immersion mais la syntaxe m'a quelquefois contrainte à relire telle ou telle phrase.
Alfonse nous conte ici sa vie depuis un accident vasculaire cérébral, la quarantaine à peine entamée. Une vie où les heures s'égrainent à regarder le plafond, à ruminer sur sa vie passée, les opportunités manquées, les remords et les regrets lui dévorant le coeur sans la moindre possibilité d'évacuer les tensions qui en découlent. Cette terrible solitude et l'amertume de toutes ces pensées qui l'envahissent lui font porter un tout autre regard sur des choses, des personnes qu'il fréquentait au quotidien. Des détails a priori sans importance deviennent alors insupportables : la tendresse étouffante de sa femme Clarisse, la complaisance qu'elle affiche pour leurs malheurs, son pas traînant. L'univers d'Alfonse tourne autour d'elle, il est entièrement dépendant d'elle, il n'a pas le choix et la vérité se fait encore plus cruelle.
Et la débâcle se poursuit… Les rapports d'Alfonse se font antagonistes : Clarisse passe du stade de la femme à l'amour et au soutien inébranlable à celui d'une femme désespérée, à bout, qui n'en peut plus. Annabelle passera des bras d'une brute épaisse à ceux d'un homme trop mielleux. Les amis et collègues se font soit distants soit moqueurs et/ou condescendants. Comme on dit, le malheur des uns fait le bonheur des autres…
Alfonse vogue ainsi au gré des marées sur lesquelles il n'a plus aucune emprise, piégé pour toujours dans l'immobilité. Il va de Charybde en Scylla. le réconfort devient une épreuve supplémentaire, et de certaines de ces épreuves émergera une autre forme de réconfort. Les trames s'entremêlent en un curieux ballet, d'autant plus cruel et injuste qu'Alfonse ne peut justement même plus marcher. On le sent désemparé, résigné au pire, et il semble pourtant toujours y avoir une petite étincelle en lui, une volonté de trouver un peu de lumière dans son éternelle nuit, même s'il a du mal à l'admettre. On sent un homme courageux, qui veut en découdre, mais les dés sont, malheureusement pour lui, truqués et le combat perdu d'avance. La fin arrive comme un couperet et jusqu'au bout, Chloé Schmitt aura su exploiter cette ambivalence entre fatalisme et envie de croire en un lendemain meilleur… On sort ainsi de ce roman à la fois égratigné et avec cette irrépressible envie de mordre la vie à pleines dents avant que le destin ne nous rattrape.
Lien : https://dragonlyre.wordpress..
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critiques presse (1)
Actualitte   08 août 2012
Les affreux, derrière sa surenchère, laisse entrevoir un véritable talent. Un talent qui a besoin de se recentrer sur ses forces, mais qui, sans nul doute, saura faire entendre sa voix, si forte, qui sait saisir, comme si peu savent le faire, les fragments essentiels d'une vie, les saillies vitales qui la composent
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
KittiwakeKittiwake   14 octobre 2012
Quand on grandit, plus on se rapproche du plafond, moins il y a de place pour rêver
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carrecarre   07 septembre 2012
Grandir et crever. Même avec plein de choses au milieu, c'est pas une vie.
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BazartBazart   13 octobre 2012
Le gant de toilette qu'elle remplissait d'eau et qui se vidait tout aussi vite. Son étonnement quand les cheveux de ses poupées ne repoussaient pas. La cheminée étouffante chez sa grand-mère. Sa sœur chantant sous la douche. Le concierge surpris devant un film porno. Quand petite, elle croyait que les gens dans la télévision l'espionnaient. La moustache de son ancien professeur. Ses premiers dessins dans la buée. Comme elle se forçait à écrire de la main gauche. La mort de son chien, Edgard. Son amoureux timide en maternelle et leur projet de mariage. Les bandes dessinées qu'elle recopiait avec des calques. La toux à sa première cigarette. La course des gouttes d'eau sur la vitre de la voiture
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KittiwakeKittiwake   14 octobre 2012
Avec l'AVC qui me tordait la gueule, j'étais plus présentable. Si seulement la tête était partie avec! Le pire, c'est pas ce qui s'est barré, c'est de vivre avec le reste!...
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chriskorchichriskorchi   13 juin 2013
Une belle mort doit être vide de tout espoir." ou bien "Quand on s'oublie soi-même, il y a jamais personne pour vous retrouver
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